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Un sac, pas y'a là.
Un sucre à la chaise.
On va donc la toile de fond qui a servi à faire des milliers de plaques.
Je suis cherché une carte mémoire.
Ça, c'est une constante.
C'est une constante dans la photo de Coutre.
Ah non, arrêtez avec Coutre.
Non, là, ça va finir.
C'est une constante dans la photo de Coutre, l'homme de mine.
Voilà.
Voilà, donc la première fois que j'ai entendu parler du fond Bernard,
c'est à l'occasion de la revue de presse que je fais ici pour les archives.
Résidence Pernolais qu'on retrouve chez les Bernard.
Et voici donc la première article qui nous indique
qu'une lignée de photographes à Belet ont exercé depuis le début du XXe siècle.
Très ans plus tard, je suis contactée par téléphone,
par Adrien qui collecte les films amateurs pour la Cinémathèque
des pays de Savoie et de Lain,
et qui m'informe de l'existence d'un fond exceptionnel de plaques de verre, notamment,
de la famille Bernard à Belet.
Donc moi, j'ai appelé Pierrot Bernard et ça a duré une heure et demi.
Premier contact téléphonique avec Pierrot Bernard a duré une heure et demi.
Pour ça, c'est la folie.
Ce fond est incroyable.
Bon, je vous présente Marius,
ce que tout ça sera fait sous son regard.
C'est une très bonne idée.
C'est grâce à lui qu'on a les archives dans leur quasi-intégralité, quasi.
C'est incroyable, incroyable.
C'est si, il quatre et deux?
Oui, oui.
C'est une boîte de 18 plaques.
Oui, en sachant qu'une boîte peut contenir entre 15 et 20 plaques,
donc une moyenne de 18,
et j'avais fait une estimation de plus de 700 boîtes,
et que j'avais estimé à 3 tonnes.
Là, on résonne en négatif.
Et selon comment on oriente cette plaque,
on voit le petit garçon en positif.
Alors, est-ce que ça va être visible?
Et quand on voit le cliché en positif,
moi, ça, c'est...
Voilà quoi.
C'est la magie du miroir d'argent,
du gélatineau-bremure d'argent.
C'est la magie, on a un positif ou un négatif.
Mais la photo, c'est la magie, c'est déjà de la magie.
Les numéros qui sont inscrits sur les agendas de Marius, là.
Voilà, on retrouve les numéros, les personnes photographiées,
le prix que les gens ont payé au photographe.
Là, on a à la fois une vision très, très juste
de son activité professionnelle.
Et on voit qu'il travaillait tous les jours.
Tous les jours.
Et donc, moi, je suppose que là,
tous les lieux qui ne sont pas indiqués,
c'est par défaut belet.
Et là, par exemple, là, on est... Là, il y a un mariage à Pondin, un dimanche.
Voilà.
On a tendance à se focaliser sur le fait
que la photographie est née en 1939,
elle a été inventée en 1939,
et de penser que, du même coup,
le portrait photographique s'est généralisé
comme une traînée de poudre au coût de 19ème siècle,
ce qui n'est absolument pas vrai.
Évidemment, ça s'est compté en millions,
le nombre de portraits qui ont été faits au 19ème siècle,
mais ça ne concernait absolument pas
la majorité de la population.
Je pense que là, quand Marius s'installe,
tout au tournant du 20ème siècle,
il s'installe dans un contexte
où ce marché de la demande privée de photographie
est vraiment en train d'augmenter.
Il le fait dans un endroit,
l'occurrence, cette petite ville de Belet,
qui représente un véritable marché
de clientèle pour la photographie,
puisque ça a été dit, et à juste titre,
je pense, c'est une ville d'uniforme
où il y a deux catégories de population
qui portent des uniformes très différents,
les militaires d'un côté, les ecclisastiques de l'autre,
et ces deux catégories de population
sont des clients tout à fait réels
de la photographie en lien justement
avec leur statut professionnel,
leur relativaisance aussi
par rapport au reste de la population,
et le fait que ce sont des professions d'appara,
c'est-à-dire des professions dans lesquelles
on affiche son statut par un costume reconnaissable,
et une part très importante du portrait,
la tradition du portrait photographique
du 19ème siècle, est une tradition
de portrait de costume, c'est-à-dire
qu'on ne photographie pas les gens
pour ce qu'ils sont personnellement,
on les photographie pour le statut qu'ils incarnent.
Là, on a typiquement, dans cette ville,
une sur-representation des populations à statut,
qui sont donc des populations à images.
Est-ce qu'on a retrouvé en bas,
ça équivaut à une grosse dizaine de cartons,
en plus, qu'on a...
en plus de ce qui était ici,
dans la chambre des clichés.
Tu restes toujours sur ton estimation
de 30 000 placards?
Oui, moi, je suis toujours du côté des syndicats, moi.
Toi, tu es du côté de la police.
Le dernier numéro inscrit sur la jada
en 1979, donc les deux générations photographes,
Marius et son fils Pierre,
ça se termine au numéro 34 900.
Voilà.
En sachant qu'à numéro,
vous pouvez représenter plusieurs plaques.
C'était un portrait plusieurs fois,
donc il y a plusieurs plaques pour un numéro.
Qu'on efface à un fond qui est colossal,
c'est 30 000 plaques de verre
qui couvrent une période à long de 1890 à environ 1950-60.
Donc on se retrouve ici dans une problématique,
c'est comment mettre en place une chambre de traitement.
C'est-à-dire à la fois le nettoyage et le conditionnement
pour pouvoir assurer la pérennité de ces plaques,
l'anumérisation et l'analyse intellectuelle
du contenu de ces plaques
pour pouvoir ensuite la proposer
sur le site internet des archives départementales.
C'est toute une mise en place
d'une chaîne de traitement
avec une logique qui, au départ,
est une logique archivistique.
7 680.
Une seule vue, correcte, 10 794, numéro de photographe numéro 2.
7 677.
Photographie de studio,
donc ça s'est fait chez Marius à Belé,
donc ce fameux décor qu'on retrouve systématiquement.
Pour y me dire, la photo est mal prise,
on voit ça, je vous rappelle, en fait,
que la photo va servir à faire un médaillon
et cette partie-là n'a pas d'importance.
Je crois que le photographe, il a une position
dans une société locale
où tout le monde se connaît.
Je crois que le photographe,
c'est une sorte d'équivalent visuel du notet,
on pourrait dire.
C'est quelqu'un qui suit les familles,
qui photographie les enfants au différent âge,
qui photographie les enfants devenus adultes,
les parents qui l'a photographiés,
il y a manifestement,
et c'était le cas avec la famille Bernard ici,
je crois, il y a une fidélité,
il y a des relations directes,
il y a des liens de générations aussi bien
entre les clients que la famille de photographes
qui se perpétue.
Donc il y a à ce côté-là un peu de notaire,
et quand je dis notaire, c'est simplement
parce que je crois que la photographie de mariage
peut être aussi un registre central
dans l'activité des photographes de boutiques.
La photographie de mariage peut être
à sa façon analysée comme un acte notarié.
Je vais me mettre pas loin de ces familles,
parce qu'on ne sait jamais si j'apprends d'une marche.
On va voir ceci.
Et là, on reconstitue la photo de groupe.
Papa, dégage-toi un peu, je ne te vois pas.
Voilà.
Ceci est un petit peu, parce que tu es juste derrière Vincent.
Parfait, super.
Voilà. Allez, un beau sourire.
Allez, attention.
Nous au départ, quand on a regardé le fond,
on n'a pas été regardé dans les agendas,
on ne voulait pas avoir d'informations
sur les dates de décès de Marius,
de qui faisait quoi, quand, comment.
Parce que sinon, on a déjà une idée,
tu sais, sur un a priori,
et on préfère travailler comme ça,
on les voit, c'est pour ça qu'on fait le nettoyage,
c'est pour les voir une par une.
On a commencé à avoir une vision globale du fond.
En plus, on reconnaît au niveau de l'écriture
sur les plaques, les petits numéros.
On sait à un moment que Marius doit être malade,
parce que dans les 15 000, on a beaucoup de mal
de ce qu'il fait. Et puis, à un moment donné,
Amy Lique est là, en fait, me dit...
Voilà, on a changé, en fait.
On a changé de photograph,
quand on n'a plus du tout le même type de photo.
Toujours Marius, là.
Et nous, on a tout de suite senti que c'était plus même photograph.
Donc, on a des photos, ensuite,
toujours Marius, tu vois. Donc, on va avoir des photos,
ensuite, qui sont ici. Voilà.
Donc, est-ce qu'il n'y a pas eu,
parce que je repose la question,
à un moment, une femme derrière l'objectif.
Parce que ça, ce sont des photos très féminines.
Il y a des choses qui sont... Voilà.
Après, ça repart. Voilà.
Est-ce que t'attends les photos?
Tu penses que c'est ça?
Oui, mais c'est celle-ci.
C'est exactement celle-ci.
On regarde plus photograph dans les yeux.
Il y a des sourires.
Comme tu dis, c'est vrai que la façon
dans le sujet, on regarde le photograph,
on sait si il regarde une femme ou un homme.
C'est pas du tout pareil.
C'est la clé perpérimarius, en fait.
Tout à fait.
Là, on est dans le domaine
de Marius,
à Pierre aussi, parce qu'on a
aussi des affaires personnelles à nous.
Et ce que je voulais vous montrer,
c'est que pour chaque prise de vue,
le travail qu'il y avait à réaliser,
pour seulement préparer l'appareil.
Je prends un coche main droite ici.
Donc, on glisse le châssis.
Tout ça se passe dans le noir complet.
Et on referme le petit volet.
Une fois que la photo est dans le châssis,
on remet le châssis
ici, à la place du verre des polis.
Et avant de faire la photo,
on rouvre à nouveau
le petit volet
qui va permettre de libérer
la surface sensible.
Et après, on n'a plus qu'à faire
l'exposition de la photo.
Pour faire une prise de vue,
il faut en faire.
Et c'est là, ce qui m'est arrivé
à mon premier mariage,
c'est que le châssis a refusé de se fermer.
Il m'a fait un truc comme ça.
D'accord.
Et alors là, au rage au désespoir,
la photo que tu as faite est morte.
Alors, comme je n'étais pas parti
sans biscuits,
j'ai abandonné l'appareil de mon papa.
Et je me suis tourné vers
mon premier...
mon premier 6-6 que j'ai eu
à la maison, qui est un same flex,
qui utilise la pellicule 6-6.
Et dès que j'ai eu
ouvert mon appareil,
j'ai su que je finirais ma carrière
avec du rôle film
et plus avec du plan film.
Le voile noir, tu te caches derrière ton appareil photo.
Donc tu te coupes de ce que tu veux
photographier. Et ça,
j'ai jamais accepté.
C'est ça.
Et ça, tu restes du côté
là parce que tu dois dominer.
Ah non.
C'est ça, c'est ça.
L'homme domine.
Ah, ça a toujours été.
Ah, ça a toujours été.
Tu peux passer ton bras,
si ça ne gêne pas autour de sa taille,
comme ça, tu la maintiens bien.
Et là, tu soutiens.
Tu comprends?
Tu penses que...
Ah, je pense que...
Christophe,
on respire.
On se laisse à l'étendrement envers ça.
Voilà.
Alors là, un panorama, on a les mariés,
on a tout pour être heureux. Et le sourire de Christophe.
C'est parfait.
Allez mon chéri.
Néline, avance un peu,
avance un petit peu.
Tu peux relever ton pied,
comme ça ne gêner. Voilà.
Christophe, on va lui mettre plein de poivre.
Mais vous baissez un petit peu moins.
Moins coucher, Delphine.
Redresse encore un peu,
parce que tu te mélanges avec Christophe.
Voilà.
Allez, on est bien là, on est prêts.
Christophe, redresse-toi un tout petit peu.
Christophe, on est bien, on regarde ici.
Delphine aussi.
Voilà, super.
C'est bien.
Donc on va aller mettre la marière.
2400.
38, 39,
51, 65,
65,
66, 78,
79,
Ta guéda, ta guéda.
J'ai fini en bas, j'ai tout vu.
Là, on est dans le col en ligne.
Ouais.
Donc je suis en train de prendre le début des mines.
Je ne sais pas, on va faire 1500 peut-être.
Quand on a vu 35 400 plaques de verre,
ça fait en gros, puisqu'il y a des plaques, il y a deux vues.
Ça fait à peu près 60 000 vues.
Donc je pense que maintenant on est une,
je ne vais pas dire une vision globale,
en fait, de la vie dans ces régions,
mais je pense qu'on a une bonne expérience.
Donc les plaques sont dans des pochettes neutres,
quatre à bas, dans des boîtes photo safe aussi,
et les plaques vont finir leur vie en magasin.
Donc avec des conditions de conservation,
normalement idéales, donc on a température basse
et un degré des gros maîtris contrôlés.
Et les plaques, normalement, ne sortent plus,
puisqu'à la numérisation, on a créé
ce qu'on appelle un substitut numérique,
qui va permettre d'éviter de les sortir.
Parce que toute manipulation,
aussi,
c'est très important.
C'est une dégradation en fait.
...
Il faut savoir qu'il ne faut jamais oublier
ce que tu sais bien,
la plaque de verre, c'est une matrice, en fait,
le négatif, c'est-à-dire que ce personnage-là,
qui est flou, il va être supprimé,
il y a des gouachages.
On voit le brouillant de l'image, là.
À l'époque, chaque photo était repiquée.
En fait, on prenait chaque négatif,
toutes les photos étaient repiquées avec de l'encre de Chine.
Mais quand on voit l'original, en fait, sans répiquage,
bon, d'ailleurs, les gens ont des cernes,
mais retoucher les rires, ils retouchent les sourires,
ils la finaient les bras.
Donc on était déjà en 1910,
c'est l'ancette du Photoshop.
En sachant que sur les 35 000 photos,
ça fait 54 000 vues,
puisque certaines vivants de photos,
ils ont retouché.
C'est un gros, gros travail de repique, en fait.
D'ailleurs, les gens n'auraient pas commandé
de portraits d'eux au naturel.
Ils voulaient les portraits affiner,
améliorer, retoucher,
très clairement.
Alors, tu belles?
Bon, bah ça va.
Pas tout à ça, faut qu'on repense.
Tu es belle comme tout.
Tu es belle comme tout.
Quand tu as vu, on est tous beaux.
Tu es belle.
Encore plus belle.
Tu es magnifique.
Tu es belle.
T'as pas trop chaud?
Tu es belle.
Merci maman.
Alors, je vais te montrer une autre.
Donc là, on est dans une photo.
Si je regarde dans les agendas,
je crois qu'on est dans les alentours de 1925.
Là, on a clairement,
on voit clairement que les mariés
au premier rang sont très d'union entre
deux familles qui sont réparties
de part et d'autre.
C'est vraiment autour d'eux que se fait
l'union.
On voit bien sur une photo comme celle-là
l'emprise du groupe.
Ce n'est pas du tout une union
d'individus, ce genre de mariage.
C'est vraiment des familles qui s'alient
ou qui vérifient leurs alliances
puisque peut-être il y a déjà eu
des conférences dans ce sens-là.
Et les époux,
ils sont à la place qu'on leur a donné.
Alors si ils y trouvent
leur compte de l'amour et du bonheur
tant mieux et sinon tant pis,
ça se fait quand même et c'est comme ça
que les choses tournent.
On voit qu'il y a un vide
qu'il y a de les parents
d'un côté et que la mère de l'autre
avec un trou entre les deux.
Et alors lui, on ne sait pas
si le garçon, si c'est le jeune frère
de la famille, etc.
Mais il prend déjà la place
comme si c'était lui le futur patron.
Donc on voit bien quand même que cette imagerie-là
c'est une imagède dynastique.
C'est-à-dire que la question c'est
sur la photo chacun doit prendre la place
qui lui revient dans la famille,
dans la dynastie.
Et ça se matérialise physiquement
et visuellement sur les images.
Les dames derrière la mariée
vous poussez un peu sur les pointes.
C'est pour relever
la dame en rouge, voilà.
Après, on a trop quoi!
Les libéraux!
Le deuxième rang,
ce qui monte un petit peu.
Merci!
25 octobre 1946,
donc un mariage d'italien.
Un mariage d'italien,
à l'issue de la guerre,
peut-être que là on retrouve le fast,
on a toutes les demoiselles d'honneur
qui sont là.
Et peut-être que là,
sa mort, c'est quelque chose qui va être
de plus en plus fort par la suite,
qui est la mise en avant
de la mariée comme personnage principal
du mariage sacralisé.
On ne fait jamais ça avec le marié,
mais l'autre côté sur cette photo
avec les demoiselles d'honneur,
c'est qu'elle sourit toute.
On a vraiment la sensation
de quelque chose de gaie, de souriant.
Et ça, c'est de nous voter.
Dans les photos de mariage,
dans les portraits officiels en général,
jusqu'à la Seconde Guerre mondiale,
il est hors de question de sourire.
C'est absolument pas...
Le sourire ne va pas du tout avec
l'idée d'un portrait
posé,
qui doit pouvoir
rester pour des décennies
voire pour des générations.
Le sourire,
c'est l'antinomique de ça,
puisque le sourire, c'est une humeur passagère.
Donc ça a quelque chose de frivole,
de passager, etc.
Et on va voir le sourire devenir progressivement
une convention de représentation dans les portraits
après la Seconde Guerre mondiale.
Où là, au contraire, ça va être le renversement.
Il va falloir sourire à tout prix jusqu'à ce que
on en fasse les espèces de contraintes
sur l'Egypte.
Regarde petit oiseau, tout ces choses-là.
Vous allez vous engager
l'un envers l'autre.
Est-ce
un choix libre et sans contraintes?
Oui.
Oui.
Je vous invite
à vous le dire.
Voilà.
Voilà.
Donc je vous propose
dans quelques instants
les cloches vont sonner.
Tranquillement, vous allez au fond.
C'est la première porte.
Donc la sortie de la cathédrale
avec
messieurs
les neveux
décédés maintenant
et bon,
l'état de gosse
de la cathédrale
de la cathédrale
de la cathédrale
de la cathédrale
de la cathédrale
de la cathédrale
de la cathédrale
et bon, l'état de gosse
enfin,
des amis qui sont là
incurieux.
Il y avait toujours beaucoup de demandes
il fallait le faire
On distribue à la famille, tout le monde attendait les photos,
on voyait des choses, donc c'était peut-être plus pour la famille.
C'était quelque chose, c'était une contrainte quand même.
C'est pas le meilleur moment.
Alors là, le portrait d'art, voilà.
Toujours les fleurs au pied, pas les abandonner.
L'année 1976, j'étais seul à faire les prises de vue.
On a réalisé 40 mariages.
Mais à l'époque, on se mariait pas uniquement du mois de juin
mais au mois d'octobre, on se mariait toute l'année.
On se mariait en hiver, on se mariait au printemps.
Les mariages étaient beaucoup plus réguliers dans l'année.
Le mois de mai a toujours été un mois un peu particulier.
Le mois de mai, c'est le mois de mari.
On entend qu'il n'y a pas une mariage au mois de mai.
Le mari c'est la virginité.
Et le mariage, c'est l'anti-virginité.
Le principal choc, je pense, au niveau de l'ensemble de la société française,
c'est à partir des années 70, c'est la chute des mariages,
qui a fait une main sociale, purement sociale.
Ceux qui continuent à se marier, on ne peut pas dire ceux qui continuent à se marier,
mais ceux qui se marient aujourd'hui, qui font donc ceux qui veulent de ce rituel,
de cette cérémonie, voire de ce spectacle,
ça devient de plus en plus spectaculaire.
On a vraiment l'impression qu'ils investissent dans tout ce qui est le mariage
et sa surface visible, des intentions beaucoup plus fortes que par le passé.
Et quand je disais tout à l'heure qu'à l'origine, le mariage,
c'était surtout l'alliance de deux familles plutôt que l'accouplement de deux personnes,
là, on a plutôt le mariage qu'aujourd'hui devient la mise en spectacle de deux personnes
et de leurs décorums.
Maman...
Attention, tu gènes un peu.
Tu me dis si je te gène.
C'est toujours émouvant, on va partir.
C'est toujours émouvant de voir partir un petit...
un de nos types de travail comme ça.
Ça te fait rien de voir partir tant...
Non.
Non, ça ne me fait rien.
On va avoir une nouvelle qui va encore marcher mieux.
Une nouvelle génération qui arrive.
Véronique, là, elle est très petite.
Elle est déjà en train de jouer avec l'appareil 666 de son père
dans notre studio photo, dans les années 60...
Avant 70.
Oui, non, mais en plus, c'était venir en 67.
Vous allez être 69.
Toujours en train de bricoler.
Et puis l'habitude de faire des photos, de poser aussi pour les photos.
Quand j'ai décidé d'être photographe à un moment ou autre...
Enfin, après ma troisième, qu'est-ce que j'allais faire?
J'ai quand même aussi...
J'avais choisi cinéma ou photo.
C'était l'un ou l'autre.
Et donc, j'aurais pu partir dans le cinéma comme dans la photo.
J'ai choisi la photo et je pense effectivement
un petit peu par devoir familial.
Loyauté, tu veux dire?
Oui, je pense.
Si ça avait été un fils?
Je pense que...
Le pauvre.
Et que pour mon mari, ça aurait été au départ beaucoup plus évident
qu'il allait prendre la succession,
puisque le grand-père Marius avait eu son fils Pierre.
Et peut-être se serait appelé Marius.
On ne sait jamais.
Et pour moi, c'était évident qu'il aurait eu un fils...
Il aurait dû être photographe.
Enfin, je pense.
On lui aurait laissé le choix.
Parce qu'à l'époque, quand même, dans les années 67,
on choisissait quand même ce qu'on avait envie de faire.
Mais je pense qu'il aurait été quand même un petit peu plus orienté.
Alors qu'il n'y avait qu'une fille, on n'y pensait pas.
...
Quand la couleur arrivait, il y avait autant d'arrêt blanc et autant de feuilles.
Et là, effectivement, c'est 57 rue Saint-Jean, c'est mon grand-père.
Et là, à Saint-Jean-Dix, c'est mon père.
Je pense que c'est l'époque où mon père travaillait avec son père.
D'accord.
Oui, donc...
Qu'est-ce que c'est?
C'est les photos de mariage de mes parents.
Ils ont été faites par le grand-père.
Oui, fait par mon grand-père, par Pierre,
parce qu'il a signé et mon père n'a jamais signé ses photos.
Voilà.
Donc, voilà.
Mon arrière grand-père signé ses photos, mon grand-père signé ses photos,
mon père n'a jamais signé et moi, je les ai signé.
Enfin.
J'ai mon beau frère, le frère Michel, qui fait des photos.
Il est pas photographe de métier,
mais il fait souvent des stages photos,
il fait des photos d'art.
Mais on voulait aussi qu'il profite de la journée.
Donc, il fera certainement de très jolis photos, aussi, à côté.
Mais voilà, on préférait avoir tous les gens qu'on invite,
disponibles, qui profitent de la journée,
en fait, qui se sentent pas obligés d'avoir du travail à faire ce jour-là.
Voilà.
Et puis, on a confiance environnique,
on sait que les photos la seront belles.
En fait, le maître, c'est le photographe,
c'est celui qui tient l'appareil photo.
Quand on fait des photos, nous, on n'est que l'objet.
Effectivement, pour le mariage, c'est différent
quand on fait des photos pour être un objet.
Puisque, malgré tout, on est quand même important.
D'où le choix de verrou qui nous connaît très bien.
Donc, elle sait exactement ce qu'on veut.
On veut être beau, on veut être jeune,
on veut un souvenir, on veut voir notre amour,
on veut que ça reste simple, malgré tout.
Alors, c'est vrai qu'on est en train de se faire maquille,
on va mettre des robes, une robe, un costume,
des bijoux, faire attention à plein de choses.
Et puis, je vous dis, être naturel.
Donc, ce soit simple.
Donc, c'est un peu contradictoire,
mais voilà, pas que ce soit sur faim, quand même.
C'est difficile de trouver des photos pour s'inspirer
parce qu'on n'a pas les mêmes yeux
que les superbes mannequins qui font des photos
qu'on retrouve sur Internet.
Je pensais qu'il ne faut pas trop de rose,
trop de bouche, trop de bordeaux, tout ça,
pour vraiment rester bêche.
Ça vous va?
Oui.
L'événement du mariage, alors actuellement,
a conçu comme un acte obligé
qui relève de l'institution.
C'est un événement choisi
et qui, à l'image de l'amour
que les époux portent l'un vers l'autre.
On ne se marie pas par tradition
ni par obligation familiale.
À l'heure actuelle, on se marie par amour.
Donc, forcément, c'est quelque chose qui associe à l'émotion.
Mais en même temps, cet amour,
c'est quelque chose qui est déjà installé
depuis plusieurs années.
L'émotion, et sans doute là,
depuis plusieurs années.
Donc, il faut aussi qu'elle soit convoquée
et qu'on soit sûr de ne pas la rater ce jour-là.
Puisque ça doit être le plus beau jour de la vie.
On ne peut pas concevoir un plus beau jour de la vie
sans émotion maximale.
Et donc, je pense que tous ces efforts
pour orchestrer le mariage,
orchestrer la cérémonie,
constituent la réalisation d'un écran
dans lequel les émotions ne peuvent pas
ne pas se produire, en fait.
Je pense que c'est
une volonté
qui va susciter l'émotion.
En tout cas, on se protège de ne pas
avoir d'émotion jour-là
en décisant de tout créer, de toute pièce.
Et alors, si les mariés apportent aussi
autant d'importance à la création du décor
et de la scénographie
pour que tout soit en place,
c'est pour réaliser des belles photos aussi.
Et les photos sont
pas simplement là pour conserver
l'émotion, qui n'est pas forcément là
finalement, sur le moment,
mais qui va susciter l'émotion à leur
décours. Et je pense que les photographies
ont cette double fonction,
c'est-à-dire de conserver
l'image de ce qui s'est produit,
mais de susciter une émotion à libération
prolongée, en quelque sorte.
Ouais, regarde
là, regarde là.
Là, tu vas te cambrer un petit peu,
tu vas te laisser aller, tu mets une main.
L'échelle, tu t'appuies carrément
derrière, un petit peu,
tu vas essayer de trouver une position, peut-être moins tournée.
Mais l'échelle, plus appuyée comme ça, voilà.
Bien.
Oh ouais, tu peux
lever le...
Alors, j'ai une aura, par contre.
Ah, c'est pas facile d'avoir tout, hein.
Pas de soleil dans les yeux,
la lumière. Alors, c'est pas très naturel.
Ouais.
Ah, oui.
Super,
le mouvement de la rope.
Parfait.
Ça vous va?
Je sais pas, des blocs puis on verra.
Résulte.
Bon, après-demain, bien sûr.
Une belle DS.
Un beau château,
des beaux mariés.
Ils sont riches ces mariés?
Ils sont si jeunes,
super sympas,
très amoureux.
À la base, quand j'ai décidé
d'être photographe,
je pense que je me suis pas posée la question
est-ce que je vais être commerçante
ou est-ce que je vais être photographe?
Je pense pas. Je me suis dit
je vais être photographe
mais je me suis pas posée beaucoup de questions.
C'est même inconscient, en mon avis.
J'ai décidé d'être photographe.
Après,
les années d'après,
j'ai fait mon métier telle qu'on me demandait
de le faire. J'étais salariée,
on me demandait de faire la photo,
je faisais la photo, faire du commerce, je faisais du commerce.
Et c'est plus maintenant
où je me remets en cause.
C'est maintenant où je me dis
le commerce a pris trop place
dans mon métier de photographe.
C'est un métier de professionnel.
Ça ferme.
Il n'y a pas de soucis.
C'est très très sympa.
Et après,
c'est bien d'avoir
des mariés en situation.
C'est une photo d'un beau paysage
avec juste
deux personnes comme ça qui savent
et qui se font un petit bisou.
On a fait un côté très modern.
Ça peut être
un peu diversifié chez nous.
Et là, d'ailleurs, tu l'as signé
ici ou c'est ta première page?
Là,
ça, c'est la première.
Et ça, c'est une image de création
que je la signe comme une avant.
Après, le reste, c'est fait partie du...
Mais là, ça, je signe comme ça.
Alors, dans les albums traditionnels
où on va avoir des photos
collées, comme avant,
à l'ancienne.
Oui, d'année, j'en ai...
Oui, la mode, ça part et ça revient.
Il y a plein de trucs nouveaux aujourd'hui
qu'on faisait déjà il y a 20 ans.
C'était de nouveau à l'époque, alors on a laissé un peu tomber.
Et puis aujourd'hui, on reprend, c'est tout nouveau.
La mode a fait son tour, le turnover est revenu.
Ça, c'est une page.
Quand les mariés ouvrent leur album,
ils ouvrent et là,
wow, il y a une grande photo
comme ça qui va d'un beau à l'autre.
Et ça, ça plait alors.
C'est une surprise, ils savent pas.
Ça, c'est très, très sympa.
On arrive, on ouvre.
Ici,
un coeur.
Et c'est là, c'est naturel.
Allez, laisse-toi aller.
Oui, encore, encore, encore.
Voilà.
Avance, avance, avance.
Comme ça.
Stop. Là, hop.
Hop.
Non, reviens.
Je t'explique. Là,
c'est les épaules qui remontent un peu pour remonter, tu vois.
Ça robe, elle est comme ça.
Tu fais ça et tu tournes comme ça.
Donc ça manque un petit peu d'énergie, tu vois.
Alors que si tu remontes un petit peu...
Non, mais tu vois, tu remontes comme si tu remontais ta robe, tu vois.
Avec tes épaules qui viennent comme ça.
Hop.
Yes, wow.
Chac.
Hop, hop, hop, hop, hop, hop, hop, hop, hop, hop, hop, hop.
Ouais, allez, allez, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais.
Super.
Qu'est-ce que vous souhaitez retrouver dans une photo de mariage?
Vous pouvez voir.
Le souvenir.
Et l'émotion.
L'amour qui passe dans la photo.
Ouais.
Je sais pas que ça jaillisse, quoi, de...
Pourriez-vous aller plus ou marier sans faire de photos?
Non.
Non, je pense que c'était
une des choses très importantes du mariage.
Oui, voilà.
Oui, tout à fait.
Carille.
Avec les...
Avec les...
Il y a certaines pauses qui fait que
des fois on se sent plus à l'aise
ou plus...
Plus princesse, plus princesse.
Forcément,
en tout cas pour moi, dans le couloir,
quand...
Quand je suis à l'arrière,
ça, c'est des trucs, enfin, je veux dire,
qu'on fait pas...
On ne prend pas la pose comme ça, quoi.
Voilà, c'est un moment
où on se sent plus...
Ouais, plus princesse et princesse.
Voilà, plus mariage.
...
Ce qui est frappant, c'est la grande uniformité
des photographies.
C'est-à-dire que presque tous
sont positionnés de la même façon.
La femme à la droite de l'épouse
offre de rares exceptions.
Je voulais vous montrer
la photo officielle du mariage
du grand-duc éritier du Luxembourg,
daté d'octobre 2012.
On a vraiment l'impression que les codes de la photo
sont restés identiques
à ceux du 1900.
Oui.
Ce qui est magnifique, c'est que tous les gens
sont absolument...
regardent absolument l'objectif.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas une personne
qui regarde dans l'air,
qui baisse la tête,
qui fait un sourire de gongois.
On voit vraiment aussi quand même
la classe
d'un groupe à cette capacité
à se prêter un protocole.
Ce qui n'est pas du tout possible
quand on a un groupe de gens plus communs
qui ne sont pas habitués à cette pose.
C'est-à-dire que c'est vraiment difficile
de faire une photo de groupe
dans un mariage classique
qui a la grande tente
et qui doit dresser l'oreille.
On n'a jamais de photos aussi parfaites
et aussi figées chez les gens
plus communs, on va dire.
Je trouve que c'est très intéressant
de voir que, au-delà de ces photos protocolaires
qui sont très figées et très formelles,
on a aussi des photos qui le sont un peu moins.
Par exemple, par cette photo
où les époux sont de dos,
on est dans un schéma assez classique.
C'est un grand classique à l'heure actuelle
de prendre les mariés de dos
où on les voit regarder ensemble
dans la même direction.
On les saisit tel qu'ils sont.
C'est un amoureux, une amoureuse qui regarde ensemble
et qui s'émerveille de cet instant.
Je pense que c'est très intéressant
que tout ce qui est noblesse
est très contrainte par le protocole,
mais n'a pas de cesse
de se rendre de plus en plus humain
et de plus en plus
commun, finalement.
Ce qui est assez marrant, c'est que ça va complètement
à l'encontre des gens du commun
de montrer leur noblesse
que personne ne peut voir,
mais qui savent bien dans eux.
Ils ont la noblesse de leur sentiment,
la noblesse de leur amour
qu'ils ont éprouvé l'un pour l'autre.
Ils vont grâce à leur mariage montrer
même si ils sont communs.
Ils ont quelque chose qui est noble en eux.
Ils vont faire un mariage principal,
alors que les princes vont essayer
de montrer le côté tout à fait humain
et banal de leur couple,
même si ils sont contraints
et très protocolaires,
que tout le monde le renvie
et que tout le monde essaie de reproduire.
Mais c'est quand même pas la même notoriété
et la même visibilité que quand on est granduque.
C'est plus facile pour eux quand même.
Je pense que dans le développement
de cette espèce
d'extravagance
du décor homme du mariage,
il y a une part importante des médias.
C'est bien aussi
parce que
dans nos périodes républicaines
les médias accordent
une importance incroyable
au moindre mariage de princesse,
de roi,
pour ce qu'il en reste, etc.
qu'une part des gens
vont vouloir se marier
comme la princesse de Monaco, etc.
Et là-dedans,
je ne les vois pas plus autonomes
dans leur choix que ne l'étaient
ceux qui suivaient la tradition
la plus autoritaire du début du XXe siècle.
Ils ont cette impression
de choisir,
de décider, etc.
Mais leurs critères de choix
et de décision, à mon avis,
les subissent tout autant qu'avant.
Déjà,
mais j'aime bien entre ces deux là en fait.
Sassi et Sassi.
J'aime bien...
Alors là, c'est difficile.
Nous, on a opté pour Sassi.
Parce que vous êtes plus souriant
même si vous ne vous regardez pas.
Oui.
Mais la robe est cachée.
Et puis là, effectivement,
on a bien laissé à pas en si tu bien.
Là, elle est belle.
Bon, déjà,
un petit peu plus non. Mais on est moins souriant, je trouve.
L'autre, on est plus souriant.
Ouais.
Je choisis la bonne à la.
Parfait.
Très bien.
Très bien.
Très bien.
