Et bien, bonsoir. Donc je vais présenter l'autre versant de ce qu'a présenté s'il
vient tout à l'heure, à savoir l'historique de la société imufarma qui avait un autre
nom en 2000 et qui a eu le nom d'imufarma le jour où on est passé en bourse. C'est
un texte que je suis obligé de présenter, pardon, que je suis obligé de présenter parce
que nous nous sommes des côtés et que donc juridiquement, il faut faire cette annonce,
on ne la dit pas, on la présente, c'est tout. Non, voilà. Alors imufarma PLC, donc c'est
la société anglaise, en fait, est une combinaison de quatre sociétés, trois sociétés françaises
et une société suisse. Vous avez hélofarma, imufarma et eureka et chacune de ces filiales
a un produit ou un projet spécifique. Ça permet d'éviter des allées venues et d'amener
un peu de clarté. Donc hélofarma, c'est une société qui travaille dans l'angeogenèse
sur un peptide, toujours des peptides qui a été développé en partie par Jean-Paul
Brion, Sylviens n'en a parlé, et le groupe du Crète avec José Curti à Paris. Imufarma,
c'est lui plus or et tout ce qui va avec. Et eureka, c'est une technologie de peptides,
des oligomères durées qui a été développée au départ dans l'avatoire Sylviens par un
postdoc et qui lui a migré à Bordeaux. Et en fait, imufarma l'a suivi pour développer
cette partie-là. Alors si on revient un peu sur l'historique, l'historique, c'est
en 2000 où j'ai créé une société qui n'avait pas l'école non d'imufarma. Et j'ai
pris la décision de développer des peptides parce que je pensais comme a dit Sylviens
tout à l'heure, les peptides ont deux gros avantages. On peut les produire assez facilement.
Ils sont prédictifs, c'est-à-dire les modèles animaux sont prédictifs. Une petite
collécule, vous savez jamais ce qu'elle fait. Donc les peptides sont prédictifs, on peut
facilement les produire. Les coûts sont raisonnables et si on arrive à les administrer correctement,
c'est un médicament de choix. En 2001, j'ai rencontré Sylviens parce que nous étions
tous les deux consultants d'une société tous les aines. Et le troisième laron de l'histoire,
c'est Jean Gérard Guillet qui en fait nous a rapprochés et nous a incité à faire
quelque chose en commun. Et je profite de l'occasion justement pour lui rendre hommage
parce que Jean Gérard est décédé il y a huit ans et il n'a pas pu profiter de l'évolution
de l'imufarma. Donc voilà. En 2001, donc Sylviens a dit le premier brevet lui plus
or a été déposé. En fait, ça a été une course puisque un tésar devait présenter
sa thèse et trois jours avant, on a déposé le brevet. En 2002, puisque nous étions l'un
des pionniers aussi de la loi Légre, l'article 25.2 a permis à Sylviens et à certains de
ses collaborateurs de rentrer dans le capitale de la société qui allait devenir imufarma
et nous avons signé le contrat avec le CNRS qui était espèce de contrat cadre et nous
avons continué à développer les recherches de Sylviens. Entre 2001 et 2005, on n'avait
pas de financement du tout. Donc j'ai pris la responsabilité personnelle d'investir,
de financer ses recherches. Entre parenthèses, j'ai même réussi à hipoter qui est ma maison
pour pouvoir financer des recherches. Et en 2005, nous avons réussi d'abord à avoir
des financements de l'Angleterre et non pas de France. Et en 2006, nous sommes rentrés
en bourse à Londres pour accroître nos ressources financières. Au total, nous avons
levé 17 millions de livres sur l'ensemble de l'histoire de imufarma, ce qui nous a
permis tout de suite de faire le dossier préclinique, c'est-à-dire tout ce qui est
toxicologie, pharmacologie, safety, etc., qui coûte très cher. Et la première production
industrielle est bien évidemment, nous sommes adressés à Polypeptide. Et en 2006, la grande
première, première administration du lupus oralum. Ça, c'était vraiment l'événement
clé de toute cette histoire. Donc Jean Gérard, on l'avait vu. Et en phase en 2007-2008,
il vient de la dire, nous avons les phases 2 d'efficacité d'avoir sur un petit nombre
puis sur un grand nombre. Et nous avons démontré beaucoup de choses à savoir une très belle
corrélation entre les signes cliniques, les modifications des anticorps, des anti-déna,
et la, je reprends, les anticorps, les signes biologiques à savoir l'IL-10 et la clinique.
Donc, on a une preuve théorique que le mécanisme d'action qu'on pensait découvrir a bien
lieu. Ensuite, la phase 2, bien sûr, c'est celle qui nous donne les premiers résultats
s'il vient de les présenter, mais je vais tout de même vous les montrer. Alors, en trois
mois de traitement avec le lupus or, nous avons 62% de répondeurs, placebo 37, dans l'étude
Benlystas et Glaxo, le seul produit à prouver dans le lupus, on est à 43% d'actifs, oui
bien la différence, avec à peu près le même placebo. Ce qui est tout un peu intéressant,
c'est de dire que trois mois suffisent et non pas un an. Il faut 86 patients et non
pas 500. Et les sorties d'études sous-actifs sont beaucoup plus faibles que le placebo chez
nous, équivalents dans Benlystas. Donc, les médecins en fait sont assez réticents en
utilisation de Benlystas, mais c'est le seul produit qui est actuellement disponible pour
traiter le lupus en dehors des immunosuppresseurs. Bon, je reviens en arrière. En 2008, sur la base
des résultats de la phase 2, nous avons signé un contrat-dissence avec le CFC Fallon, avec
premier paiement de l'ordre de 45 millions de dollars. Ça c'est le chiffre officiel,
ce qui veut dire quoi? Ça veut dire que là-dessus, vous effacez vos dettes, vous payez le CNRS
dans le cas du contrat-dissence et vous passez par versie à 33%. Donc ce qui reste, bon,
c'est assez limité. 2008, gros problème, la crise financière mondiale, plus d'investissement,
plus rien, tout s'arrête. Heureusement qu'on a signé avant, ça nous a permis de survivre.
En 2011, je vous ai présenté les deux sociétesseurs, Elro et Eureka, parce que dans ce cadre-là,
avec cet argent-là, on s'est dit qu'il fallait diversifier et toujours utiliser des
peptides, mais dans d'autres indications. En 2011 aussi, nous avons eu le rachat de
Céphalon par une société qui s'appelle Teva, qui est connue, qui a arrêté le contrat-dissence
et donc nous avons été obligés de rechercher un financement de la phase 3. Donc ça, ce
sont des aléas qui arrivent dans le développement d'une startup. 2012, on a une production semi-industriale
de l'UPUZOR, donc on est à 100 g, toujours pas polypéptude. 100 g, ça paraît peut-être
peu, mais la dose thérapeutique, c'est 200 microgrammes par mois, en sous-cutané, donc
200 microgrammes et 120 g pour un lot clinique. Juste pour comparer, Ben Lista, ce sont des
anticorps monoclonaux, s'ils viennent la dire. Pour traiter 100 000 patients, c'est
la projection qui s'est publiée, ils ont besoin en gros d'une tonne d'anticorps,
pour traiter 100 000 patients, nous avons besoin de 250 g. Donc vous avez le rapport
entre le coût du traitement chez Glaxo et le coût du produit chez nous. 2015, début
de la phase 3, donc là, tout se passe bien pour l'instant. Nous espérons 2016, on va
faire la production industrielle, donc on passe au kilo, parce qu'il faut déposer
les dossiers pour la dose commerciale, donc on a fait ça. La fin de la phase 3, c'est
2017, les résultats, et 2018, mise sur le marché. C'est ça, après nos prévisions
pour l'instant. Coût total prévisionnel du développement, tout compris, on parle
de l'ordre de grandeur de 100 millions, ce qui n'est pas beaucoup pour un produit,
un produit pharmaceutique, c'est vraiment pas beaucoup. Mais bon, pour l'instant, heureusement,
parce que l'efficacité nous a permis de réduire les coûts des cliniques, 200 microgrammes
ne sont pas des kilos, donc là, c'est aussi, on arrive à gagner beaucoup, à économiser
de l'argent pour se ramener à un coût de développement de l'ordre de 100 millions.
Si on regarde un peu la philosophie, ça peut s'ajouer à insister ici, comment on
est arrivé à créer cette société? En fait, c'était moi qui suis allé à rencontre
de Sylviane, on sait, on sait, et ça, je pense que c'est important parce qu'il y
a une structure qui existait, j'avais développé l'ancienne d'Himu Pharma pour développer
un brevet que j'avais moi, à titre personnel. Finalement, je l'ai jamais développé puisque
j'étais beaucoup plus intéressé par les découvertes de Sylviane. Mais c'est important, c'est
le hasard, on était consultant de la même société, un fascisillateur, Jean Gérard,
et l'opportunité, il y a des développements, il y a une idée, on va y aller. Donc, moi,
je pense que l'entrepreneur doit être personnellement, viscéralement impliqué. C'est pas ingestionnaire,
il prend des risques qui sont personnels, des risques pour la société, et on n'a pas
de capito-risqueurs qui sont un moyen classique pour financer les startups, mais un moyen dangereux.
L'autre parti intéressant, c'est les relations que nous avons avec Sylviane. Donc, comme
elle l'a dit, chacun reste dans son domaine. Je ne veux pas interférer dans ses recherches,
elle n'interfère pas dans la gestion ou les stratégies de la société. Par contre, nous
avons des impératifs communs, à savoir, réglementaires, stratégiques, donc, interactions,
bien sûr, tous les jours, toutes les semaines, tous les quinze jours. Bon, parfois, c'est
un peu sportif. Mais bon, par contre, c'est un avantage énorme, c'est qu'il y a une
espèce de grosse fertilisation. J'ai pu, le motest de moyens, amener quelques idées
à Sylviane qui a développé, vérifié, validé, etc. Et donc, on a réussi à accélérer
le développement, à trouver des choses intéressantes, en plus. Et, pour que cela se passe, l'autre
part, on s'abandonne, scientifique, c'est mon cas. Le chercheur, lui, il a le sens des
réalités économiques. Il sait très bien qu'on ne peut pas faire tout. Il sait très
bien que les autorités nous demandent des choses et qu'il faut oublier. On n'a pas
le choix. Nous avons aussi décidé, ou j'ai décidé au départ, que le développement
se ferait par sous-traitance. Bon, ce n'est pas dans l'air du temps parce que je n'ai
pas embauché beaucoup de personnes, mais ça permet de limiter les coûts fixes. Ce n'est
pas la peine de développer un laboratoire et le chercheur, c'est 200 000 euros par
an. Coups total, tout compris pour une entreprise, alors qu'il y a un laboratoire au CNRS. Ça
n'a pas de sens. Je préfère financer des chercheurs, financer des techniciens dans
le laboratoire, plutôt que de le faire en interne, dans la société. C'est économiquement,
ça n'a aucun sens. C'est comme ça que nous travaillons. On verrait tout à l'heure
le nombre de thèses et de brevets qu'on a généré. Avantages énormes, l'implication
du CNRS de Sylviane permet d'avoir des entrées dans d'autres laboratoires qui permettent
d'étauffer l'environnement, d'étauffer le développement de nos produits. Il y a
enfin le 25-2. Le chercheur, Sylviane, est actionnaire de la société. Donc ça, je pense
que c'est important parce que ça donne la vision de comment on peut créer une start-up.
Aujourd'hui, nous en sommes. On a deux sièges, en fait, Londres et Moulouse. Trois groupes
de CNRS qui travaillent en collaboration avec l'entreprise, Strasbourg-Sylviane-Muner,
Paris, Le Crète, Paris-12 et Bordeaux, l'IECB sur la chimie des peptides. Nous avons un
total de 16 collaborateurs. C'est intéressant parce qu'on peut les payer, on peut les financer
et tous les travaux sont faits à l'extérieur. Et nous avons trois directeurs de recherche
qui collaborent, qui sont consultant pour la société. Au total, nous avons un peptide
de phase 3, le lupusor. Nous avons un peptide en phase 2 pour deux indications à savoir
la cancerologie. Et en fait, c'est le traitement combiné de la gemme citabine plus le peptide
dans le cancer du pancrayat et les pathologies des génératives de l'œil et de la rétino-pathie
diabétique. Pourquoi c'est important? Parce que d'une part, on sait que ça marche, ça
marche très bien. Et surtout, on peut traiter ces pathologies par des injections IV chez
l'homme et donc pas intraoculaires. C'est donc un avantage assez énorme et ça marche
excessivement bien. Donc ça, c'est la suite des développements qu'on va faire. Et
inflammation chronique, diabète, ça, ce sont des choses qu'on est en train d'évaluer.
Au total, nous avons financé 12 thèses par six frais autres, en bouchons payant le CNRS
ou payant aidant avec la région à financer ces thèses. Nous avons financé du personnel
qui travaille exclusivement dans les laboratoires du CNRS. Et au total, nous avons donc obtenu
trois licences du CNRS. Elles sont les travaux principaux. Et nous avons onze familles de
brevet en copropriété et tous ces brevets sont sur des peptides. Donc on a, je pense,
une propriété intellectuelle assez intéressante et que la gestion que M. Baye a décrite tout
à l'heure colle très bien avec ce qu'on a fait. C'est une collaboration intense depuis
15 ans maintenant entre le CNRS et nous avec les brevets de copropriété et les travaux.
Maintenant, j'aurais juste philosophé un tout petit peu sur la problématique si quelqu'un
veut créer une start-up, un chercheur CNRS. Je pense que le succès que nous avons aujourd'hui
provient du fait que Sylviane reste dans son labo et gère la recherche, que moi je
reste dans la société pour conduire cette recherche vers l'extérieur et la développer.
Par contre, si c'est un chercheur qui veut créer sa start-up, il aura un problème. Est-ce
qu'il va quitter son laboratoire ou pas? Au départ, ça passera bien parce qu'il y a des
avantages financiers, il y a des financements d'État, etc. Ça passe. Mais à bout d'un
certain moment, il serait obligé de prendre la décision ou bien il reste CNRS et il donne
les clés à quelqu'un d'autre ou bien il va lui-même diriger la société. Mais s'il
la dirige, ça va être très difficile de diriger son labo. Donc là, il y a un problème. Il
devra prendre sa responsabilité et faire le choix parce qu'autrement, on n'y arrive
pas. Donc ce que je dis, si quitte le labo pour la start-up, il perd un soutien essentiel
en R&D. Donc il n'a plus la force que Sylviane amène à la société. Donc des problèmes
de coût, des problèmes de réseau, des problèmes de liberté de recherche. C'est important
parce qu'il faut faire évoluer toute sa recherche. Donc qu'il remplace, si c'est un nouveau
directeur de recherche dans ce labo, il y aura un conflit et à un moment donné, le nouveau
directeur prendra ses marques et fera sa propre recherche et non plus la recherche pour la
start-up. Et alors si on écoute un peu dans les informations des gens qui sont interviewés
et qui ont créé des sociétés, donc sûrement pas dans la partie pharma, peut-être dans
l'informatique ou en, disons, comment dirais-je, intervention médiatique. Je crée ma boîte,
je la mets en bourse, 33 ans, je vais me dire sur les côtiers et ça, ça ne marche pas
du tout dans la pharma. On est à 15 ans. M. Bayille a, quand on dirait, j'ai cité
un autre exemplaire où il y en a 15 ans de développement entre la première molécule
et la phase clinique. Donc c'était déduré, long, très long. Pour l'instant, nous, on
est à 100 millions de dollars, un roche comme ça dépense un milliard à peu près, par
produit. Donc là, on a pu optimiser parce qu'on est de petites structures, parce qu'on
a eu de la chance, parce qu'on a eu de la bonne science, donc ça marche. Par contre,
il y a un autre problème, c'est le problème du financement. Au départ, les financements
de maturation institutionnelle, ça passe bien, il n'y a pas de souci. Et comment ça
passait dans les zones de quelques millions, là, il y a de la difficulté parce qu'il
faut faire appel à des investisseurs, soit des capito-risqueurs, qui ne risquent rien
entre parenthèses, ou des banques ou des industriels. Donc on perd un peu de liberté.
La problématique est comment préserver la société, son esprit, tout en ayant un financement
correct. Donc ça, c'est la vraie problématique des start-up. C'est, au bout de certains
temps, on a un 2 millions de besoins de financement, il n'y a pas de structure française qui
permette de le faire. Et là, ça commence à être un peu sportif. Donc voilà. Alors
moi, je préconise, mais bon, le résultat de l'expérience qu'on a, c'est que la
formation du couple chercheur-entrepreneur doit être faite dès le départ. Si le chercheur
commence et ensuite va chercher, ça sera un financier, ça sera un gestionnaire. Ce n'est
pas quelqu'un qui est impliqué dès le départ. Et bon, ça peut marcher, mais j'ai quelques
doutes. Donc la formation de ce couple est absolument pour moi indispensable et je crois
que l'exemple avec Sylviane le démontre. Merci.
