Donc bonjour à toutes et à tous, donc je m'appelle Thierry Pond, je suis directeur d'Homme et Corses.
En français, c'est plus simple de le dire comme ça, c'est-à-dire Outre-mer et Corses pour EDF.
Et donc je suis un opérationnel, j'ai une responsabilité de service public et de fourniture d'électricité sur les habitants
qui donc résident dans le département d'Outre-mer français et en Corses.
Ce que je vais essayer de vous montrer, c'est que l'innovation s'applique très très concrètement dans nos territoires et en matière de haineur.
D'abord peut-être en précisant que ces territoires insulaires ont une particularité, ce qu'on appelle en termes électriques
des zones non interconnectées, c'est-à-dire des territoires qui ne sont pas connectées à un continent sur le plan électrique.
Ce qui veut dire qu'en permanence, comme l'avait indiqué mon collègue tout à l'heure, il faut assurer l'équilibre au fond de monde,
c'est-à-dire l'équilibre entre la production et la consommation en temps réel, il n'y a quasiment pas de stockage, entre la production et la consommation.
Ce qui veut dire que si on a un défaut sur un appareil de production, ça se traduit par un délestage voire un blackout.
Donc vous voyez que cette question d'équilibrage en permanence est très très importante pour nous opérationnels,
parce que si on délaisse la population, elle se retourne immédiatement contre nous en nous demandant des comptes,
et pourquoi ça s'est arrêté, et l'adnéminisation, etc.
Donc on est extrêmement aguerris à ces questions d'équilibrage, et du coup on va gérer cette introduction des ONR de manière un petit peu particulière.
C'est ce que je vais essayer de vous montrer.
Alors les ONR dans les systèmes insulaires, c'est pas quelque chose de nouveau.
Dans les années 80, il y a un certain nombre d'departements d'outre-mer,
bénéficiaient déjà d'une majorité de production d'électricité à base de ONR.
C'était une époque où la consommation était plus faible, le développement économique était plus faible,
il y avait moins d'usages électriques, et donc en Corse, à la Réunion par exemple, un peu plus tard en Guyane,
on a construit de grosses ouvrages hydrauliques, qui ont permis d'assurer la majorité de la production électrique avec de l'énergie hydraulique,
donc une énergie qui coûte cher à l'investissement,
qui ensuite est tout à fait intéressante en termes de coûts de fonctionnement et en termes de préservation de l'environnement.
Puis dans les années 90, il y a eu un fort développement des consommations, et en parallèle, un développement de nouvelles ONR,
l'énergie renouvelable, comme l'éolien, la biomasse à géothermie hydraulique, je reviendrai sur ces différents modes de production tout à l'heure.
Quand on parle de biomasse dans les systèmes insulaires, il s'agit de la bagasse, c'est-à-dire de la canna sucre que l'on brûle,
et qui vient compléter une importation de charbon, pour être assez précis, parce que la canna sucre n'étant pas produit tout au long de l'année
pour assurer la continuité de la production, on ajoute donc du charbon.
Dans les années 2000, ça a été le boom du PV, photovoltaïque, et en même temps, un accroissement de l'efficacité énergétique,
c'est-à-dire une attention particulière aux usages électriques au mode de consommation.
Nous en sommes là aujourd'hui avec des objectifs pour l'Outrebert qui ont été définis par le Grenelle,
qui consiste à atteindre 50% de NR, je parle en consommation, à 2020.
Aujourd'hui, nous en sommes en moyenne à 25%, c'est très différent d'un département à l'autre, en Guyagne,
c'est plus de 50%, c'est 70%, et puis en Martinique, ça va être moins de 10%, donc c'est très disparate.
Et le rêve des territoires insulaires, c'est l'autodouine énergétique, c'est-à-dire de disposer,
d'utiliser les ressources naturelles de façon à permettre une alimentation complète de l'électricité.
Alors ça, c'est, qu'on parlait de Grenelle tout à l'heure, c'est l'objectif ultime des énergéticiens
et des habitants de ces territoires, donc on en parle beaucoup, on s'en rapproche,
je pense qu'il nous faudrait un peu plus de temps pour y arriver, mais on peut toujours avoir de bonnes surprises sur le chemin.
Alors moi, en tant que opérationnel, ce que je cherche, c'est la performance,
c'est-à-dire que ce que je recherche, c'est une électricité qui soit techniquement utilisable,
c'est-à-dire qui correspond à notre besoin, j'ai parlé de course de consommation tout à l'heure non plus,
la production va épouser, la consommation est plus, ce sera confortable pour nous.
Je cherche une électricité qui soit économique, c'est-à-dire pas trop chère.
Dans ces territoires, on a un coût de production qui est extrêmement élevé par rapport à la métropole,
il est de l'ordre de 200 euros du mégawatteur, c'est-à-dire quatre fois plus cher, à peu près, qu'en métropole.
Pourquoi? Il n'y a pas de nucléaire, il n'y a pas d'effet d'échelle, donc on est sur des coûts de production extrêmement élevés,
donc on est constamment en recherche de moyens de production économiques.
Et puis je cherche une énergie qui soit respectueuse de l'environnement le plus possible pour éviter
l'émission de CO2, d'échets, problèmes d'environnement, de négations sonores, olfactives, etc.
Donc là, ce triptique-là, il est consensuel, c'est-à-dire que nous, en tant qu'industriels,
nous avons ces critères-là, disons, ces critères-là, pardon, sont impératifs,
mais on retrouve les mêmes critères chez nos interrecuteurs, représentants, les pouvoirs publics,
chez les consommateurs, donc on n'est pas face à des divergences de vue sur les objectifs à conduire.
Après, dans les modalités de mise en œuvre, ça va être un peu compliqué.
Pourquoi? Parce que les moyens de production sont effectués à des coûts extrêmement différents
et qu'aujourd'hui, pour réaliser une énergie de base, on a plutôt recours à des combustibles fossiles,
charbon, fuel, plutôt qu'à des ressources naturelles, parce que pour produire de l'électricité de base,
ça revient moins cher. Mais c'est pas une fin en soi.
L'objectif, c'est bien sûr de pouvoir se dégager de ça et d'arriver à améliorer le triptique.
Alors, l'introduction des ONR dans notre territoire insulaire va agir sur tous les maillons de la chaîne électrique.
La production, donc on va chercher des solutions concrètes, industriellement testées,
capables d'être mises en œuvre dans nos territoires, permettant d'accroître la production de ONR au détriment des combustibles fossiles
pour produire de l'électricité. On va chercher des solutions en termes de stockage pour notamment pallier les intermittences,
puisque le photovoltaïque se développe beaucoup dans nos territoires insulaires
et donc, comme on l'a expliqué tout à l'heure, ça crée des problèmes d'intermittence
et pour pallier ces intermittences, il n'y a pas tellement d'autres solutions que du stockage.
On peut en imaginer d'autres sur des réserves de puissance, sur des centrales thermiques, etc., mais qui coûtent de toute façon assez cher.
La gestion du système va être plus complexe. Il faut bien voir qu'on change de monde.
C'est-à-dire qu'il y a quelques dizaines d'années, le système électrique était pensé avec des moyens de production centralisés
et des consommateurs répartis. Et aujourd'hui, on a quelque chose de beaucoup plus complexe
où le client devient lui-même producteur de manière décentralisée.
Et donc, la gestion d'un système électrique consiste à gérer des injections et des sous-tirages en permanence,
sur tous les points du réseau, de façon à assurer une continuité en tenant compte des nœuds,
c'est-à-dire des engorgements possibles sur des axes électriques.
Donc, il faut répartir tout ça le mieux qu'on peut à un coût qui reste raisonnable,
parce que s'il y a à chaque fois que quelqu'un se manifeste pour dire, je produis,
on doit le raccorder et qu'on fait supporter ce coût à l'ensemble de la collectivité,
ça finira par coûter très cher. Donc, il faut qu'il y ait un dialogue entre les ressources
telles qu'elles sont disposées sur un territoire, les moyens de production,
les moyens de raccordement disponibles ou à développer, les usages qu'on va en faire,
et tout ça nécessite une coopération entre différents acteurs.
EDF ne peut pas être le seul décideur de ces actions-là.
En termes de réseau, il y a beaucoup d'impact, impact de raccordement, je viens d'en parler,
impact de comptage, il faut alors compter l'énergie non seulement qui est consommée, mais qui est produite par les producteurs.
Donc ça, c'est un système nouveau. Les comptages vont marcher dans...
Enfin, on va avoir plusieurs finalités. Le comptage communiqué en cela peut être une solution intéressante.
Et puis, je rajoute un maillon de la chaîne qui n'a pas été beaucoup évoqué jusqu'à présent,
qui est relatif aux usages. Là aussi, il y a des innovations dans l'air.
C'est-à-dire travailler sur les usages, essayer d'adapter avec intelligence la consommation et la production.
Ce n'est pas très marketing ça. Généralement, c'est au producteur de s'adapter au consommateur.
Mais en termes d'énergie, je pense qu'il faut faire les deux.
C'est-à-dire que si on ne travaille pas aussi sur le consommateur, on n'a pas optimisé le système.
On peut travailler sur les consommations sans forcément créer de l'inconfort.
Il suffit d'avoir des systèmes, d'analyser la façon dont l'énergie est consommée,
à quel moment de la journée, ce qu'on peut la reporter, ce qu'on peut éviter les piques.
Les piques coûtent très cher, on va dire, d'énergie.
C'est-à-dire que, typiquement, dans les systèmes insulaires, la nuit, vous l'avez remarqué,
qui tombe très vite. Donc tout le monde rentre chez soi, allume ses appareils électriques, allume la lumière, etc.
Et vous avez un pic, le pic de fin de soirée qui est caractéristique des systèmes insulaires.
Ce pic-là, si on peut le lisser, l'étaler, ça va être très intéressant pour tout le monde.
On peut travailler sur ces questions-là avec les consommateurs eux-mêmes.
Je vais prendre quelques exemples sur chacun de ces compartiments de jeu.
Je ne vais pas être exhaustif.
Je ne peux pas l'être, parce qu'il y a trop de solutions sur tous ces sujets-là pour les passer en revue.
Ce que je peux vous dire, c'est sur quoi on travaille, de manière un peu plus innovante, on va dire.
Dans les UNR, vous l'avez compris, il y a des UNR à puissance garantie et des UNR intermittentes.
Nous, en tant que énergéticien, on préfère des UNR à puissance garantie,
parce qu'on peut les déclencher quand on veut, on peut moduler leur volume.
On a des services associés à ces moindres productions qui nous intéressent sur nos systèmes.
Alors que l'énergie intermittente, elles sont, comme on l'a dit tout à l'heure, fatales.
C'est-à-dire qu'on va les utiliser quand il y a du vent et du soleil, par exemple.
Et ça ne correspond pas forcément à nos besoins.
Aujourd'hui, tout se développe par rapport à une question qui a été posée tout à l'heure.
Il y a des solutions qui se développent en matière d'énergie à puissance garantie,
stables et d'autres en matière d'énergie renouvelable.
Alors la plus connue, c'est l'hydraulique, puissance garantie.
L'hydraulique, quand il y a un réservoir, quand c'est au fil de l'eau, c'est-à-dire sur des rivières, des fleuves,
ça va dépendre du courant, donc ça va complètement garantir.
C'est un peu garantie, mais pas complètement.
Et l'hydraulique avec réservoir, il est garantie, mais pas complètement, parce qu'il faut qu'il y ait de l'eau.
C'est-à-dire que s'il ne pleut pas pendant longtemps, c'est le cas par exemple typique de la Guyane,
il y a un grand barrage en Guyane qui s'appelle Petit Saut.
Généralement, il pleut en Guyane, donc ça va, il est rempli.
Mais on peut avoir des saisons sèches.
Et quand on a un déficit d'eau dans le réservoir, on est obligé d'activer des moyennes productions
beaucoup plus coûteux, beaucoup plus polluants, parce qu'on n'a pas le choix.
La géothermie est une solution intéressante.
Je parle de géothermie profonde, je parle pas des pompages à l'heure.
Géothermie profonde, c'est les réservoirs d'eau chaude,
qu'on a notamment dans l'arc Caraïbe, dans les arcs volcaniques,
on trouve ce genre de ressources géothermales intéressantes.
On utilise l'eau chaude, la vapeur qui remonte, on la recycle d'ailleurs.
C'est un système qui s'auto-entretient et l'énergie ne revient pas cher du tout.
Ce qui est difficile, c'est d'aller forer.
C'est de forer, de chercher légisement, de les exploiter, d'installer des productions qui soient de qualité.
Et puis, la biomasse, on en a parlé tout à l'heure en parlant de la bagasse.
Alors il y a une autre biomasse, qui nous intéresse beaucoup, c'est le bois.
Alors sous forme de gazéification en Guyane, c'est ce sur quoi on travaille.
L'idée, c'est d'utiliser le bois qui est naturellement produit par la forêt amazonienne, qui est immense.
Il y a chaque année une production très conséquente de bois qu'on peut récupérer.
Récupérer le bois, c'est un coup, le transporter, c'est un coup, gazerifier, c'est un coup,
produire l'électricité, c'est un coup.
Donc à l'arrivée aujourd'hui, on est sur des coûts de production un peu élevés.
On n'est pas très, très loin des 200 euros du mégawatteur dont je parlais tout à l'heure.
Donc peut-être qu'on va arriver assez vite à des solutions intéressantes.
Je parle de la Guyane.
Demain, des énergies marines.
Alors là, j'ai compris que la DCNA aurait pu faire un exposé tout à l'heure.
Elle aurait forcément parlé de ces sujets-là.
Donc je ne vais pas même pesant dire dessus, mais il y a des solutions intéressantes qui sont un peu chères aujourd'hui,
mais intéressantes pour nous.
Bon là, c'est juste une petite carte qui vous donne le potentiel de bagasse.
C'est-à-dire de cannes à sucre qui existent dans les territoires.
Vous voyez que c'est très variable.
Il y en a peu en Guyane, il y en a beaucoup en Guadeloupe.
Il y en a peu en Martinique, enfin moins en Martinique-Can Guyane, pardon, un peu plus à la Réunion.
J'ai indiqué à côté les pourcentages que ça pouvait représenter dans le mix de mixers.
C'est-à-dire la moyenne pondérée, des moyens de production utilisés sur ces territoires.
On peut monter jusqu'à 15% la Réunion, 10% aux Antilles.
C'est déjà assez significatif par rapport aux besoins énergétiques.
C'est aujourd'hui assez optimisé.
Une voie de progrès consisterait à planter de la cannellex, c'est-à-dire une canne à sucre dont la vocation ne serait pas alimentaire mais électrique.
Donc il y a des travaux qui sont faits là-dessus qui peuvent être une piste intéressante pour une ressource énergétique.
En Guyane, la forêt nous offre beaucoup de solutions.
Nous travaillons avec l'ONF.
Alors quand je dis « nous travaillons », pour que je sois précis, parce que ça peut-être un confusion, nous ne sommes pas les seuls à travailler.
C'est-à-dire que EDF n'a pas le monopole de la production dans ces territoires-là.
Nous sommes opérateurs uniques pour acheter l'électricité, la transporter, la distribuer, la facturer aux clients, mais pas pour la produire.
Donc n'importe quel producteur peut venir s'installer du moment qu'il a une solution intéressante.
C'est à lui de faire son business plan et bénéficier soit d'un gré à gré sur un coût de production qui va garantir vis-à-vis du régulateur
ou d'une obligation d'achat dans le cadre des aides qui sont apportées sur certaines formes d'énergie.
À partir de là, on le raccorde et ils produisent sur notre réseau.
Ce n'est pas un souci, enfin dit comme ça, ça a l'air de se faire vite mais ça prend quand même toujours un peu de temps.
Donc il y a des solutions qui sont recherchées par nous et par d'autres opérateurs pour exploiter la ressource bois en Guyane
avec un potentiel très intéressant qui pourra attendre 15%.
Donc on rejoute à ça le barrage hydraulique de petit saut.
On n'est pas loin des 100% qui sont rêvés par les territoires.
En matière d'énergie marine et fluviale, plusieurs solutions sont en test ou en développement.
Alors il y a une que j'aime bien citer, c'est la SWAC, Sea Water Air Conditioning,
ce n'est pas une solution de production d'électricité, en fait c'est une solution de production de froid.
Mais ça rend bien compte de la problématique que l'on a en ces territoires.
Comme vous l'avez compris, la production d'électricité coûte cher.
On va chercher à éviter de produire cher de l'électricité.
La production peut produire du froid puisque les besoins sont plutôt de climatiser que de chauffer dans ces territoires-là.
Donc produire du froid avec d'autres ressources que de l'électricité,
c'est intéressant parce que ça fait des économies d'électricité pour un coup qui peut être intéressant.
Une des solutions consiste à aller chercher de l'eau fraîche, à la remonter
et à faire une distribution d'eau froide pour climatiser au puto, bâtiment etc.
Donc c'est quelque chose qui n'est pas très développé aujourd'hui.
On travaille très très fermement dessus.
Vous voyez, là c'est un peu curieux, EDF qui produit et vend l'électricité,
travaille sur des solutions de distribution de froid pour éviter de produire des solutions d'électricité.
Vous voyez, on est dans cette logique économique-là, dans ces territoires-là.
En Guyane, nous allons mettre à l'eau une innovation qu'on a mise au point tout récemment
qui s'appelle l'hydraulienne fluviale.
J'ai peut-être un petit schéma qui montre comment ça marche.
En fait, ça ressemble à un catamaran.
Il y a deux turbines verticales qui sont immergées dans le lit d'un fleuve.
Le courant fait tourner ces turbines, l'une dans un sens, l'autre dans l'autre,
façon à assurer la stabilité du bateau, et on produit une petite puissance
qui peut intéresser des territoires isolés, où il n'y a pas de réseau
et où cette production peut être tout à fait pertinente économique.
Je pense que le problème qu'on va avoir sur ce type de solution, c'est la maintenance.
C'est-à-dire que dans ces territoires isolés, quand on met en place des solutions innovantes comme ça,
il faut s'assurer ensuite qu'elles seront entretenues, qu'il n'y aura pas de pillage,
qu'il n'y aura pas de dégradation du matériel.
Donc ça, c'est quelque chose qu'on va regarder près dans une approche coup complet.
On va regarder ce que coûte non pas seulement le coût de production de ce moyen-là,
ni l'économie de réseau, parce qu'il y a une économie de réseau, par exemple.
Mais c'est le coût complet, c'est in fine.
À combien ça revient pour alimenter, combien de clients et quel volume?
Ça, pour faire ça, il nous faut un peu de temps.
C'est ce qu'on appelle dans le jargon une expérimentation,
c'est-à-dire qu'on expérimente une solution qui a été testée ailleurs pendant un certain temps.
On regarde si elle est probante,
c'est-à-dire que si elle remplit tous les critères économiques, techniques,
d'environnement qu'on a fixés auparavant.
Nous travaillons également sur la solution de stockage.
Je ne reviens pas sur les différentes solutions, elles ont été exposées tout à l'heure.
Peut-être un petit zoom sur deux innovations sur lesquelles nous travaillons.
L'une, c'est un projet qu'on appelle Pégase,
qui consiste à combiner des moyens de stockage et des moyens de prévision.
C'est-à-dire que nous avons une station d'observation météo au sol
qui va essayer de deviner le lance au laimant et le vent.
On travaille pour ça avec Météo France d'une période à venir.
Ce qui va nous permettre de prévoir la production qui va être effectuée par les ONR intermittentes.
On va compléter ça par une batterie de stockage.
On a mis à la réunion qu'une batterie sodium-souffre qui est d'un mégawatt,
c'est une batterie déjà conséquente.
Et on va essayer d'optimiser ce système, c'est-à-dire UNR plus stockage centralisé,
en lisant le plus possible cette production.
Ça, c'est une innovation. Aujourd'hui, ça n'existe nulle part.
C'est quelque chose qu'on se prend par la main, on met des moyens techniques
et on fait ça en espérant que ça donne un résultat qui soit concluant pour pouvoir le généraliser.
Une autre innovation un peu plus lointaine sur laquelle nous réfléchissons aussi,
c'est la station enlève, ok, tout à l'heure, une station de pompage d'eau de mer.
L'idée, c'est de se mettre en haut d'une falaise,
d'utiliser l'eau de mer comme un réservoir d'eau et donc un réservoir d'énergie.
Quand on en aura besoin, on l'asturbinera.
Et quand, au contraire, on a une disponibilité de production, on remonte l'eau pour stocker.
Et on optimise un système, on a des modèles économiques,
pour permettre de calculer l'intérêt de ce type de...
Alors on est en train de faire les calculs en ce moment.
L'intérêt, il tient beaucoup à la hauteur de la falaise,
parce que plus la falaise est haute et plus on va réduire la surface,
enfin, le volume de la station de pompage,
et plus on va avoir un intérêt économique à faire ça.
Donc on dirait de projets réservés à des configurations géographiques un peu particulières.
Il en existe une dans le monde aujourd'hui, elle est au Japon.
Donc peut-être que la deuxième sera en France, qui sait.
Une solution originale dont je voulais vous parler,
c'est pour alimenter les écargouillanes.
Les écargouillanes sont les villages qui sont souvent peuplés par des tribus en Guyane,
qui sont loin des routes et des réseaux.
Donc là, il n'est pas envisageable à nos raisons raisonnables
d'alimenter ces villages reculés par des routes et des réseaux électriques.
Donc on cherche des solutions hybrides,
qui combinent photovoltaïque, batterie et diesel en secours.
Et donc c'est cette triptique-là, cette combinaison,
qui va permettre à un village d'avoir une autonomie énergétique
et de constituer un petit réseau, un micro réseau,
autour de ce moyen de production.
C'est quelque chose d'une innovation qu'on a déjà expérimenté dans un village,
ça s'appelle Co, qui marche bien en Guyane,
et donc on essaie de l'étendre à d'autres villages de la Guyane.
Là aussi, typiquement sur ce type de problématique,
se posent aussi des questions sociétales, sociologiques.
Il y a une demande, certes, de ces villages d'électricité,
mais il y a aussi un débat sur, faut-il changer leur mode...
Est-ce que l'électricité ne va pas changer leur mode de vie?
Donc l'idée, c'est d'assurer une production d'électricité
qui vient se substituer à leur consommation actuelle,
pas forcément susciter une révolution industrielle dans ces villages.
Donc ça, on travaille avec les chefs de village là-dessus.
Donc ça, on travaille avec des sociologues, des psychologues,
des chefs de village, les pouvoirs publics,
et on regarde très précisément jusqu'où on peut aller.
On bénéficie de subventions aussi sur ces systèmes-là,
de façon à pouvoir garantir une solution
qui soit reconnue et appréciée par tous.
Et pour citer une innovation en matière de Smart Grid,
je vais vous parler aussi du projet millénaire.
Millénaire, je me place, cette fois-ci,
du côté du réseau et des usages d'électricité.
Dans millénaire, il y a 1000 et il y a ENR.
L'idée, c'est de tester des configurations originales
sur un millier de clients.
Ça se passe encore, ça se passe en Guadeloupe
et ça se passe à la Réunion.
Donc nous avons bénéficié pour ça de subventions du CGI,
la DM, si vous voulez, et des régions
pour mettre en place cette expérimentation
qui consiste à doter des clients de certains équipements,
panneaux photovoltaïques, batteries,
passerelles énergétiques, c'est-à-dire des boxes, comme on dit,
et s'équiper d'un système centralisé
de façon à pouvoir tester différentes configurations avec ces clients.
Ces clients sont volontaires, les équipements sont en grande partie financés,
les panneaux, non, mais elles resteront,
la propriété du client, quand la expérimentation s'arrêtera,
donc c'est intéressant pour eux aussi,
donc ils vont les payer, mais ils pourront ensuite
revendre l'électricité, s'ils le souhaitent,
pour bénéficier de tarifs d'achat.
Et on travaille avec, donc c'est un consortium,
on est plusieurs partenaires à travailler sur ce projet-là,
on travaille de près avec les régions
et on cherche à tester différentes configurations.
Par exemple, l'autoconsommation,
qui n'est pas aujourd'hui une solution, vous le savez,
qui est communément développée en France en tout cas.
Elle monte en Allemagne, mais pas en France.
En France, l'intérêt d'un producteur de Photovoltaïque
c'est de vendre au réseau, c'est là qu'il a le meilleur bénéfice,
c'est pas de l'autoconsommé.
Dans les systèmes insulaires, on peut se poser la question,
je n'ai pas la réponse, mais pour ça,
il faut équiper aussi de batteries,
c'est-à-dire qu'il faut que le consommateur
puisse avoir un secours du réseau
ou d'une batterie quand il n'a pas d'ensoleillement.
L'autre idée, c'est aussi d'utiliser la batterie
comme un moyen de compensation,
en cas de coupure d'électricité.
C'est-à-dire, si jamais le réseau est des faillons,
j'ai expliqué tout à l'heure qu'il pouvait l'être,
il l'est plus qu'en métropole,
le client bénéficie d'un confort,
comme s'il avait un petit groupe électrogène,
il bénéficiait d'un certain temps,
où il peut utiliser sa batterie
pour faire la continuité de fourniture chez lui.
Par exemple, pour éviter que le congélateur
se réchauffe, vous voyez, des solutions comme ça.
Donc on teste et la passerelle permet d'agir sur les usages,
c'est-à-dire qu'à distance, on peut agir sur les usages,
c'est-à-dire inciter un client assez fassé
ou à déplacer ces usages
de façon à pouvoir agir sur la courbe de consommation.
Donc ça, c'est complètement expérimental.
Ça se passe uniquement dans les tarifs,
cette configuration n'existe que dans les systèmes insulaires
que j'ai cités tout à l'heure.
Et j'espère, elle va nous permettre de tester
à la fois des solutions techniques,
notamment celle de la batterie et l'autoconsommation,
on a besoin de la tester pour voir comment ça marche,
et de tester aussi des solutions, peut-être,
tarifaires régulatoires,
pour regarder comment on pourrait faire évoluer
la régulation économique
autour des énergies intermittentes.
En conclusion,
j'ai un peu la même conclusion que mon collègue tout à l'heure,
c'est-à-dire que le développement des ONR,
ce que j'essaie de vous montrer,
amène et nécessite des innovations
sur différents volets.
En production, c'est évident,
puisque c'est là.
On pense tout de suite à ça, disons,
les ONR, c'est des nouveaux moyens de production.
C'est pas que des nouveaux,
il y a des moyens qui existent déjà,
c'est comme l'exposé de madame Toutaleur,
c'est-à-dire qu'il y a des barrières technologiques
ou économiques qui faut faire sauter
pour qu'elles deviennent des vraies solutions industrielles,
mais il y a beaucoup de solutions qui existent.
Matières de stockage,
le stockage aujourd'hui,
il y a plusieurs solutions,
stockage de masse,
stockage individuel,
stockage stationnaire,
stockage de mobilité.
Globalement, aujourd'hui,
pour faire court,
c'est une solution qui coûte cher.
Donc, l'idée, c'est de gérer
l'abaissement des coûts
et d'essayer d'en faire une vraie solution industrielle.
Les systèmes, de façon à gérer,
c'est un système plus complexe
de consommation et de production décentralisés.
Le réseau et les usages,
en agissant sur les usages de consommation
par différents moyens.
Alors, un moyen assez connu,
c'est la tarification.
On ne teste rien là-dessus,
parce que c'est pas notre...
Enfin, on pourrait,
mais on n'est pas aujourd'hui habilités
à faire des tests de tarifaires
sur les systèmes insulaires.
Pour eux, c'est qui coûterait plus cher
que le tarif actuel.
Donc, ce n'est pas très motivant.
Mais pourquoi pas un jour?
Je ne désespère pas.
Des innovations en matière
de compteurs communicants
ou de passerelles énergétiques
qui peuvent être des solutions
technologiquement intéressantes et nouvelles.
Voilà.
