Imaginez que vous levez le matin et que l'espace a disparu sur un côté, que dans cet espace
disparu, il n'y ait plus personne avec qui interférer. Que quand vous lisez un livre,
vous ne voyez que la moitié des mots. Quand vous écrivez sur une feuille, vous n'utilisez
que la moitié de la feuille. C'est quelque chose qui est totalement inconpensable. Vous
ne pensez même pas à tourner la tête ni les yeux parce que vous n'avez pas conscience
que cet espace a disparu. Même la partie du corps qui correspond à cet espace a disparu.
Vous ne vous rasez, vous ne vous maquillez que d'un côté. Vous ne pensez même pas à
bouger cet hémicord disparu tant qu'il paraît paralysé. Il se peut même que vous attribuez
cette partie du corps à quelqu'un d'autre. Et le pire, c'est que vous n'avez même pas
conscience que vous avez un problème. Et bien sachez que cela existe et cela pourrait
vous arriver. C'est un auron handicap qui est pas si rare que ça, particulièrement grave,
qui s'appelle la négligence spatiale unilatérale. Alors beaucoup d'entre vous connaissent l'hémiliplégie
qui est l'apparésie d'un côté du corps lié à l'atteinte des réseaux moteurs du
cerveau. Beaucoup de vous connaissent sans doute la phase qui sont les difficultés
à parler liés à une lésion des circuits du langage qui sont situés dans l'hémisphère
gauche du cerveau, l'hémisphère dominant. La négligence spatiale unilatérale est liée
à la fonction appelée la cognition spatiale visuelle ou visio spatiale et au processus
attentionnel. Toutes ces fonctions sont localisées dans l'hémisphère droit, qu'on appelle curieusement
l'hémisphère mineur comparé à l'hémisphère dominant, celui qui parle, celui qui contient
le langage. Alors toute lésion de l'hémisphère droit peut entraîner cette négligence spatiale
unilatérale, ça peut être un accident resculaire, mais ça peut être aussi les séquelles d'une
opération neurochéorgicale qui a été réalisée pour enlever une tumeur ou traiter une épilepsie.
Pourtant, maintenant la neurochéorgie a les moyens de diminuer les risques de neuroendicapes
suite à une intervention. On peut en particulier opérer les patients sous l'esthésie locale,
ce qu'on appelle en condition éveillée, et profiter de la coopération du patient pour
localiser les airs cérébrales qui sont dévolus à la motricité ou au langage, ils peuvent
varier d'ailleurs d'un patient à l'autre et donc de les respecter pendant l'intervention
pour diminuer le risque de handicap. Alors les principes de cette intervention, de ce
repérage peropératoire, en fait on peut changer depuis que Penfield, un neurochéorgien
canadien au début du 20e siècle, a montré que quand il stimulait avec une électrode
bipolaire, avec quelques milliers en pairs, à une fréquence de 60 Hz, les zones motrices
du cerveau, il déclenchaient des mouvements dans les micors qui correspondaient à la
partie du cerveau qu'il stimulait. De même, si on stimule pendant une chirurgie éveillée
les zones qui sont impliquées dans le langage, on va paralyser, suspendre ce langage, le
temps de la stimulation, ce qui peut être tout à fait visible, qu'on te fait par exemple
dénommé des images sur une tablette tactile comme vous pouvez le voir sur cette image.
Alors cela s'appelle la cartographie cérébrale en chirurgie éveillée et c'est quelque chose
qui est couramment réalisé maintenant. Cela s'est certes raffiné depuis Penfield et
en particulier grâce à la contribution d'équipes françaises et donc tous les jours, dans des
services neurochangiers sont pratiqués en chirurgie éveillée, des cartographies, soit
des réseaux moteurs, soit du langage quand la lesion est située dans l'hémisphère
gauche. Par contre, cartographier en pairs opératoires, la condition visio-spatiale et processus
attentionnel dont je vous ai parlé, c'est un peu plus complexe techniquement et c'est
vrai que nous sommes un petit peu limités dans les tests que nous pouvons appliquer
à nos patients aux blocs opératoires. Alors l'idéal, bien sûr, serait d'amener le
patient à la géode, par exemple, pour pouvoir lui présenter un espace à 180 degrés et
c'est un petit peu compliqué. C'est pour ça qu'il a fallu s'intéresser à cartographier
la fonction visuelle chez un patient. Alors la fonction visuelle, c'est quoi? Le champ
visuel exactement, le champ visuel, c'est quand vous êtes assis à regarder la télé
et que vous pouvez voir que quelqu'un finalement rentre dans la pièce par la porte d'à côté.
C'est ça la fonction du champ visuel. Et c'est sûr que c'est assez difficile à pouvoir
la tester en pairs opératoires sans avoir ce fameux espace à 180 degrés. C'est pour
ça qu'en 2014, nous avons eu l'idée avec Evelyn Klinger, qui est ingénieur et directeur
de recherche, non pas d'amener le bloc opératoire dans la géode, mais plutôt de poser la géode
sur les yeux du patient. Et en fait de géode, il s'agissait de lunettes de réalité virtuelle
qui permettent de plonger le patient dans un espace virtuel que l'on peut parfaitement
contrôler. Alors la preuve de concept a été réalisée il y a quelques mois chez un patient
qui avait déjà perdu un œil pour des raisons oftalmologiques et pour lequel le reste du
champ visuel était menacé par une tumeur qui était très proche des connexions visuelles.
Et donc ce patient a été opéré en chirurgie éveillée alors qu'il portait une lettre
de réalité virtuelle et a pu coopérer durant l'intervention, a pu nous aider. Alors que
j'enlevais la tumeur et qu'en même temps je stimulais son tissu cérébral avec cette
fameuse électrode bipolaire, nous envoyons des objets lumineux dans le champ périphérique
de ce patient. Et dès que l'électrode touchait ses fameuses connexions visuelles, des objets
lumineux disparaissaient. Ceci nous a permis de repérer ces fameuses connexions visuelles,
de les épargner, de pouvoir enlever la lesion sans abîmer le champ visuel de ce patient.
Alors maintenant nous intéressons à des cartographies un petit peu plus complexes de cette condition
visuospatiale. Il est par exemple possible par le bien d'un avatar de plonger le patient
dans une activité de la vie quotidienne alors même qu'il est allongé la tête immobilisée
sur la table d'opération. D'ailleurs cette possibilité d'utiliser l'avatar du patient
est absolument excitante. Quand on sait que ce fameux hémisphère droit, cet hémisphère
mineur, est aussi le siège de la cognition sociale qui comprend beaucoup de fonctions
dont le langage non verbal et le langage non verbal comprend lui-même par exemple la reconnaissance
ou la production d'expression faciale, la joie, la tristesse, le digout. Il existe maintenant
des nouvelles lunettes de réalité virtuelle qui comprennent un dispositif qui permet de
reproduire en temps réel les expressions faciales de celui qui les porte sur son avatar.
Et ces nouveaux systèmes nous laissent rêver que prochainement peut-être nous pourrons
en payer opératoire cartographier ces fameux réseaux impliqués dans le langage non verbal
qui est encore peu connu et pourtant si important dans la vie de tous les jours dans la cognition
sociale mais aussi dans certaines maladies comme l'autisme. Et puis parallèlement à
tout ça l'hémisphère droit et la réalité virtuelle nous ont amené vers d'autres rivages
de la recherche. Vous avez tous en tête cette image de l'adolescent boutonneux les yeux
rivés sur sa console d'ordinateur totalement insensible au cri de sa mère qui hurle de
la cuisine à table, à table. Pourquoi cet adolescent est-il totalement sourd en cri
de sa mère tout simplement parce que les ressources visiocognitives et attentionnelles
de son hémisphère droit sont monopolisées par son jeu vidéo. On sait parfaitement d'ailleurs
que quand on fait travailler cet hémisphère droit qu'on l'implique dans des tâches visiocognitives
complexes il va produire une activité électrique sur l'électroncéphalogramme qui est très
proche de certains étapes consciences modifiées comme la rêverie ou la méditation profonde.
Alors évidemment si on commençait une intervention neurochurgicale ou une prothèse de hanches
sur l'adolescent boutonneux il y a fort à parier qui serait pas tout à fait content
et sans office que ré. C'est là que apparaît notre dernier projet qui est le design de
séquences virtuelles qui vont engager et qui vont recruter de façon maximale les
fonctions visiocognitives et surtout attentionnelles de l'hémisphère droit afin que pendant une
intervention tout ce qui peut être angoisse, inconfort et même douleur lié à l'intervention
soit en quelque sorte négligé par le patient et disparaissent. Ça sera alors l'avènement
de la estésie MP4. Merci.
