Moi je trouve que c'est une expé très zen.
Il n'y a aucun amour, il n'y a rien du tout.
J'ai pratiquement toujours faim.
Si j'étais ici maintenant et qu'il m'arrivait quelque chose,
qu'est-ce que je ferais? Je coulerais, j'irais avec des poissons, c'est faim.
Parce que 200 km, c'est vraiment pas rien.
C'est le départ Ben?
Ouais.
Le grand départ.
Un grand jour.
Le début, on a tout préparé.
On espère qu'on n'a rien oublié.
Et là on peut plus faire une tour.
On regarde si tout le monde est là.
Et puis c'est bon, on est parti, on oublie tout.
C'est fort long parfois, on fait 15 km,
entre 10 et 15 km chaque fois, on se regarde mal aux fesses.
On pense juste à se digourdir les jambes.
Quand t'es sur ton packraft, tu ne parles pas, on va dire.
Ou très rarement, on pense à plein de choses, vraiment.
Et ça te permet de te remettre en question, d'être comme ça.
On est tout seul, comme sur la mer.
Et on s'en perdut, on réfléchit.
On pense à d'autres choses.
On chante tout seul.
Les longs portages, c'est amusant.
Mais en même temps, c'est en nuant.
Parce qu'il faut dégonfler le packraft,
enlever les boudins qu'il y a intérieur,
et mettre dans le sac.
Et j'ai un peu du mal à faire mon sac.
Heureusement que d'un mété là pour prendre les pâquets,
parce que je ne savais pas trop où les mettre.
On a marché pas mal, on a fait un azimuth de 2 km
pour arriver au premier lac.
Et quand on finit cet azimuth,
on voit cet énorme lac devant nous, et c'était assez magique.
C'est assez paradoxal, je trouve.
On est dans un espace énorme ici, dans la forêt canadienne.
Mais au final, quand on est dans cet rivière,
on est calé entre deux rangées d'arbres.
Et du coup, voir ces lacs, c'était vraiment magique.
On voit une étendue énorme autour de nous.
Quand on arrive, quelqu'un qui prépare la soupe,
on met nos affaires directement à sécher,
et on s'étale.
On s'étale bien, franchement.
Je fais le noeud juste en dessous, ça va?
Souvent, un groupe fait le feu,
et l'autre fait à manger.
On mange tout son sang,
puis le petit chocolat d'or à côté du feu.
Le groupe est chouette, en fait.
C'est deux groupes de deux,
mais on s'entend bien entre nous, je trouve.
Malgré la différence d'âge.
Il m'avait demandé de choisir un ami,
donc je lui disais assez vite penser à Adrien.
Et c'est vrai que là,
ça fait un peu plus d'un mois que je suis quasiment tous les jours avec lui.
J'en ai jamais eu marre de lui.
Il y a du fromage pour ceux qui veulent.
Est-ce qu'il y a un peu de thé pour moi ou pas?
Je crois bien, ouais.
Oui, il y aura.
Reg, je m'as un peu choqué.
Je ne pensais pas qu'il était,
on ne va pas dire capable,
mais je ne pensais pas que c'était dans sa mentalité
de faire des choses comme ça.
Et franchement, c'est chouette.
On s'entend vraiment hyper bien.
C'est une très bonne ambiance entre nous deux.
Excellent, c'est vraiment parfait.
Je m'attendais à ce qui craque un peu,
mais je vois qu'on est quand même avant dernier jour
et qu'il est toujours au top.
Donc je me dis, enfin, parfait, il tient.
Le plus dur, c'est qu'on est fatigué
et qu'on a le vent qui fait du bruit.
On sait que la pause va arriver,
mais ce n'est pas quand.
Donc on demande sur la carte,
on y est bientôt, oui, oui, plus qu'un kilomètre.
Après tout, c'est un kilomètre, ça dure une éternité.
Puis on entend le ventre,
on a vraiment faim.
Et depuis deux, trois jours,
j'ai pratiquement toujours faim.
C'est, ouais, c'est long.
Surtout le matin où tu te sens fort dans les bras.
Et c'est clair qu'à la fin des dix jours,
tu te sens un peu...
Il est rapide, tu t'en penses quoi?
Très chouette, pour l'instant, je ne suis pas encore tombé.
Peut-être que ça viendra demain,
mais bon, pour l'instant, tout va bien.
...
...
Le retour à la situation,
ça va quand même être un peu difficile parce que
ça fait quand même 11 jours
qu'on est tout seul dans les rivières,
presque tout seul,
à contomper les poissons
et donc retourner à Bruxelles avec les avions,
les trains, les voitures,
ça va pas être facile.
