Bonjour et bienvenue dans votre nouveau numéro de paroles d'experts.
Développement externe, reconversion industrielle, délocalisation, désengagement, réorganisation
industrielle. Tous ces mécanismes demandent une grande expertise afin de conseiller et
d'accompagner au mieux les sociétés qui souhaitent optimiser leur activité. Quelles
sont les solutions les plus adaptées en fonction des besoins des industriels vers qui se tourner
? Pour en parler, j'accueille madame Stéphanie Péfel. Bonjour. Merci d'être présente
aujourd'hui sur notre plateau. Donc pour commencer et poser un peu le cadre, j'aimerais savoir
ce qu'est exactement une session acquisition. Un industriel doit se poser des questions tout
au long de la vie de l'entreprise sur sa stratégie industrielle. C'est-à-dire, est-ce
que je vais développer mon entreprise dans telle direction ou telle direction? Est-ce
que je vais acquérir une société pour faire de la croissance externe rapide au lieu de
mettre un commercial dans un pays et développer au fur et à mesure? Est-ce que je vais plutôt
me désengager d'une société pour les grands groupes parce qu'elle n'est plus profitable
ou parce que les produits ne sont plus dans mon portefeuille ou c'est plus mon cœur
au métier? Dans les deux cas, il fait souvent appel à des intermédiaires qui vont accompagner
dans cette démarche pour des raisons diverses, soit parce qu'il n'a pas le temps, soit
parce que ce n'est pas son métier et que c'est un métier à part. On entend aussi beaucoup
parler de reconversion industrielle. Alors qu'est-ce que ce terme signifie et comment
cela fonctionne? Alors comment cela fonctionne? En général, ce sont donc des grands groupes
qui veulent se désengager de certains sites de production et qui vont faire appel à
un autre industriel pour reprendre ce site qui finalement a besoin du produit à apporter
et donc qui vont identifier un industriel, qui va venir s'installer pour produire d'autres
produits avec le même savoir-faire des gens, avec les machines qui restent sur place et
donc eux peuvent aller produire dans un autre pays et puis le repreneur peut reprendre
et donc finalement profiter de ce qu'il va retrouver sur place. Et c'est gagnant-gagnant
pour les deux parties et en général, ça se passe très bien même si parfois on entend
des choses. Oui c'est médiatisé. Du coup, dans la reconversion industrielle, l'ensemble
des salariés est préservé? En général, oui. Surtout si nous on est avertis assez
tôt ou l'industrielle avertit assez tôt celui qui va s'installer parce qu'évidemment
personne a un projet aujourd'hui pour 200 personnes comme ça tout de suite, en général
ça se fait dans la stratégie industrielle et donc ça prend un peu de temps. Et donc
en général ce qu'on fait c'est qu'on se construit le projet ensemble et le sédant
va laisser un petit peu de production au début pour que l'autre puisse s'installer,
former le personnel pour qu'il y ait tout le temps assez de charges pour tous les salariés
sur le site. Et si c'est bien fait, ça fonctionne très bien. Et en France, alors
dans le domaine de la réorganisation industrielle, ce qui est différent d'une reconversion
de réorganisation, est-ce qu'on est bien placé comme on se positionne par rapport
aux autres pays européens? Je sais que vous venez d'Allemagne, vous pouvez faire peut-être
un petit comparatif entre ces deux pays? Oui, alors je suis allemande, je suis passée
dans une partie dans l'industrie allemande et maintenant en industrie française. Alors
les Français sont très doués, c'est un pays très accessé sur l'ingénieur, d'ailleurs
c'est le métier noble en France, donc il y a beaucoup de savoir faire dans la réorganisation
etc. Le réel problème c'est qu'aujourd'hui, quand on constate qu'il n'y a que 12%
du PIB qui est généré par l'industrie et que le coût de la main d'œuvre finalement
est assez bon aujourd'hui en France, comparé à l'Allemagne, on est moins cher que l'Allemagne,
on n'est pas encore au niveau européen mais bon. Donc on peut se dire est-ce que la réorganisation
est le seul levier puisqu'on l'a appliqué puisque le coût de la main d'œuvre a baissé,
donc aujourd'hui on a déjà fait du manufacturing, on a fait certaines choses, on est en train
d'automatiser, ce qui manque en fait en France c'est l'investissement dans les machines,
l'industrie aujourd'hui peut survivre uniquement si elle est de plus en plus automatisée. Donc
ça passe par des budgets, qu'il faut générer avec des marches sur les produits qu'on n'a
pas toujours aujourd'hui en France. Donc il faut retravailler tout ça, on est vraiment
à un point très crucial parce que c'est pas en parlant uniquement d'industrie 4.0 que
tout va changer. Mais on va dire en général la France se positionne plutôt bien par rapport
au coût du travail aujourd'hui et par rapport à ce qui a été fait dans les usines, c'est
plus au niveau du parc machine que ça n'a pas été fait.
C'est là-dessus qu'on doit investir vraiment.
Oui.
Ok. Alors dans quel secteur d'activité, les sessions acquisition, les réorganisations,
les reconversions industrielles, sont-elles le plus fréquentes? Peut-être dans l'automobile,
je ne sais pas, moi je pense à ça.
Ce qu'on pourrait penser.
Oui.
Alors là par exemple, si vous regardez les investissements sur 2017, il y a eu le plus
d'investissement dans l'agroalimentaire, dans l'industrie agroalimentaire suivie par
le pharmaceutique. Pourquoi? Parce que c'est des métiers qui restent en général dans
le pays pour des questions de réglementation, etc. Alors que si vous regardez la mécanique
aujourd'hui, il n'y a presque plus d'investissement parce que tout est déjà parti à l'étranger.
Donc après si on regarde justement, donc les sessions acquisition vont se passer dans
tous les secteurs, là il n'y a pas vraiment de règles, chaque industriel essaye de croître
où il peut.
C'est l'industrie en général.
Voilà. Maintenant dans les reconversions, par exemple, ça va être un peu différent,
c'est plutôt le métier de la mécanique qui a beaucoup souffert et donc entre autres
l'automobile.
Quelle est la spécificité de votre cabinet? Qu'est-ce que vous proposez à vos clients?
Alors on a créé ce groupe parce qu'on a créé avec deux anciens industriels comme
moi justement pour apporter une vision plus industrielle à ce métier qui est un métier
de banquiers d'affaires souvent de financiers.
Et finalement, vous voyez quand on parle de ça qu'il faut vraiment bien connaître
la stratégie industrielle pour aider son client, il faut connaître les autres industriels
pour connaître leur vision et donc pour pouvoir faire après un matching, comme on
dit, il faut bien connaître l'industrie.
Donc on s'est dit qu'on allait plutôt regrouper les consultants autour de nous qui
sont des anciens industriels et qui ont cette vision et qui ont tous les experts du domaine
en fait.
Tout à fait, qui sont des experts du domaine et qui ont le carnet d'adresse qui permet
aussi de rapidement cerner leur cours.
En général, en six mois on a trouvé un acquéreur pour une session.
Qu'attendent les industriels lorsqu'ils font appel à votre cabinet? Quels sont les
projets sur lesquels vous travaillez?
Alors qu'est-ce qu'ils attendent? Ils attendent surtout de la rapidité, de l'efficacité
dans la recherche, bien sûr, et une expertise industrielle, comme on vient de le dire.
Aujourd'hui, les projets sur lesquels on travaille, on va dire, c'est presque moitié
moitié, c'est un peu plus de sessions acquisition que de reconversion parce que c'est des gros
dossiers et puis ça dure très longtemps.
Donc dans les deux cas, on attend de nous de bien comprendre le métier de notre client
et ensuite d'aller chercher donc de faire le matching justement et donc parfois on
nous dit c'est comme une agence matrimoniale, on va chercher en fait les deux parties qui
ne se connaissent pas toujours, c'est ça aussi, ils ne se connaissent pas, donc ils se fréquentent
même sur des salons parfois mais pas toujours et donc on les met ensemble et en général
si on a bien ciblé, ils vont rapidement signer...
Du conseil, dans l'accompagnement, une expertise.
Et bien merci beaucoup d'avoir été présente sur notre plateau.
Merci à vous.
À bientôt.
Merci de nous avoir suivies, je vous donne rendez-vous très bientôt pour un nouveau
numéro de Paroles d'Experts.
