En fait, à la base de ce projet, il y a deux oeuvres que j'aime beaucoup, que je joue depuis quelques années, qui sont le deuxième livre des préludes de Debussy.
Et donc ce cycle, dans les brumes ou dans les brouillards de Yannaczek.
Le cycle de Yannaczek s'appelle dans les brouillards ou dans les brumes.
Et le premier des préludes du deuxième livre de Debussy s'appelle Brouillard.
Et quand j'interroge ces oeuvres-là, j'ai l'impression que c'est au-delà uniquement d'une description d'un phénomène météorologique.
Il y a vraiment quelque chose de l'ordre, d'interroger l'avenir, de regarder devant soi sans trop savoir où on va.
Leur sensation transparait dans leur musique, mais en même temps, à travers un filtre poétique, c'est vraiment une manière d'émerger,
ce qui leur a permis justement, je pense, d'être sensible au surgissement, à l'instant chez Yannaczek, à la parole, comme ça, qui va se répéter, buter.
Et tout d'un coup, j'ai à lire sur autre chose.
Je me suis rendu compte que beaucoup d'oeuvres que j'aime sont de cette période-là,
cette période qui va en gros de 1910 à la première guerre mondiale, à 1914.
Et pour moi, c'est vraiment une période charnière de l'histoire de la musique. En recherchant un peu plus, d'ailleurs j'ai vu que c'est pas seulement dans l'histoire de la musique,
c'est aussi le moment du passage de l'abstraction chez Ankandinsky par exemple, qui était proche de Schoenberg, qui vient compléter le programme de ce disque.
Moi, ce qui m'intéressait, c'est de voir dans ce moment charnière, dans ce moment où tout d'un coup, le langage musical s'interroge sur lui-même, de voir quelles étaient les réponses, ou les amorces de réponses, comme ça, à ce moment-là,
au même moment, chez ces différents compositeurs.
Dans le projet de ce disque, on est à la fois, on pourrait dire, dans la confrontation, parce que ce sont des gens qui en leur univers, quand même, qui sont très différents,
et en même temps, des passerelles entre tout ça. Comme ces pièces étaient vraiment de la même période, et que c'est des pièces que j'aime vraiment beaucoup,
je pensais que ça apportait un petit contrepoint, je voulais rester dans la petite forme.
Donc c'est pour ça que les 6 petites pièces plus 19 de Schoenberg me paraissaient très bien, c'est pas des préludes, mais c'est un peu comme des préludes,
c'est des choses qui restent, comme on pourrait dire, laconiques, et il est près le 514 de Skriabin, qui sont un tout petit peu postérieurs de 1914,
mais qui me paraissent vraiment une magnifique synthèse.
Sous-titres par la communauté d'Amara.org
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
