Bonjour et bienvenue dans ce tout nouveau numéro des Têtes à Têtes Décideurs consacrés
aujourd'hui aux évolutions des plateformes VTC.
On connaissait le très populaire Huber, acteur numéro 1, incontestablement le géant venu
bouleverser il y a quelques années les usages et le marché avec sa technologie Made in America.
Mais si incontestablement l'arrivée de ce géant a été bénéfique pour le client à tout point de vue,
ce dernier a été beaucoup moins bien reçu par les acteurs historiques du marché avec les
controverses que l'on connaît, malgré les polémiques et une entrée en matière plutôt brusque de
nouvelles plateformes naissent chaque année. Chacun de ces nouveaux acteurs entend s'imposer en se
différenciant dans un marché devenu hyper concurrentiel, alors quel avenir pour le secteur,
d'un point de vue professionnel mais aussi d'un point de vue client, quelle plateforme choisir
pour garantir une meilleure rémunération aux chauffeurs pour nous accompagner sur ce sujet,
un expert bien évidemment, Simon Bibas, gérant de l'entreprise Made VTC.
Bonjour. Merci d'être avec nous. Merci de m'en recevoir.
Première question, quel état des lieux vous faites aujourd'hui des marchés VTC et plus spécifiquement des plateformes VTC?
Aujourd'hui le marché du VTC est extrêmement représentatif de l'évolution digitale de la société et de l'économie.
C'est un secteur en perpétuelle évolution, ce qui a malheureusement aujourd'hui mené les chauffeurs à
descendre dans la rue et à revendiquer beaucoup de choses. C'est un secteur tenu par de gros
leaders. Malheureusement, ceux-là n'ont pas toujours respecté les règles et notamment on tirait beaucoup trop fort
je pense sur l'accord des prix et c'est ce qui a poussé les VTC à descendre dans la rue.
Pour revenir juste sur le point des plateformes, ce qui est dommage d'ailleurs qu'on en soit venu là parce que ça reste
un point qu'ils avaient su extrêmement bien faire qui était développé un nouveau métier et ils ont développé de l'embauche,
de l'emploi pour certaines personnes qui n'étaient plus considérées je dirais par la société et ça c'était une très belle mission
qu'ils s'étaient données, ils l'ont un peu salimé malheureusement par la suite, par les revendications que vous connaissez.
Ce que vous voulez dire c'est que l'aspect technologique a été rogné par l'aspect social?
Complètement, aujourd'hui on se retrouve avec l'aspect social qui casse complètement cette évolution, tout ce que ça a pu apporter.
Aujourd'hui est-ce qu'on peut considérer que toutes les applications du marché sont à mettre dans le même sac?
Est-ce qu'elles sont toutes dans le même sac? Je ne me prononcerai pas là-dessus. Est-ce qu'elles proposent toutes plus ou moins la même chose?
Mon point de vue c'est que oui.
Partant du principe aujourd'hui que c'est plus la technologie qui différencie les plateformes parce que même les plus jeunes y ont accès,
partant du principe aussi que c'est le marché qui régule finalement les prix,
sur quelles critères se basent aujourd'hui les plateformes pour se distancer les unes des autres?
Le point phare qu'il ne faudra pas oublier, ça va être le chauffeur.
Le chauffeur est lui-même le point le plus important qui va permettre d'assurer le service encore une fois et donc d'être le représentant de la plateforme.
Malgré le fait que ce soit aujourd'hui une bonne opportunité pour les personnes sans emploi ou mal payée,
c'est quand même un métier qui reste à encadrer votre position là-dessus.
Que le chauffeur ait précédemment connu une situation précaire ou mauvaise à accepter des conditions de travail moins bonnes que X personne.
Évidemment que c'est un métier qui est à encadrer parce que du coup jusqu'à maintenant ça a laissé place à beaucoup de dérives.
De la part des plateformes qui ont souvent abusé justement de cette faiblesse et de cette opportunité de dire à certaines personnes,
on vous donne entre guillemets un emploi, ce que d'autres ne vous ont pas donné, mais vous vous pliez à nos règles.
Vous êtes aujourd'hui le fondateur de MAD VTC, quelle est sa spécificité sur le marché et votre business model du coup?
Aujourd'hui on a pris le contrepied par rapport aux plateformes existantes.
On est parti d'un principe que d'emputer un quart du chiffre d'affaires des chauffeurs n'était pas une bonne solution,
ni pour la plateforme en l'occurrence, ni pour le chauffeur, ni même pour le client.
Nous rémunérons nos chauffeurs sur 100% de leurs chiffres d'affaires, nous prenons 0% de commissions,
un abonnement fixe et sans engagement mensuel, celui-ci est prélevé à partir d'un certain chiffre d'affaires réalisé par le chauffeur,
et en contrepartie en fait ce business model nous a permis de proposer le prix le plus juste possible au client,
parce que je pense que dans le fond le client n'a pas non plus à avoir quelconque conséquence.
Les problématiques posées par les plateformes actuelles.
Comment vous recriter vos chauffeurs aujourd'hui sur quels critères surtout?
On a un échange, je dirais, avec tous nos chauffeurs.
Ça c'est un premier point, le deuxième point informatiquement parlant,
il peut donc s'enregistrer directement sur notre plateforme, on leur demande un nombre minimum de documents,
sinon mettre 13 donc c'est quand même un nombre assez important, on demande pas mal de choses,
mais c'est un gage de confort et de qualité pour nous de pouvoir compter sur des chauffeurs qu'on connaît.
Vous faites le parti prix de défendre l'intérêt des chauffeurs, c'est parfaitement loable,
qu'on est-il de l'intérêt des consommateurs, qu'est-ce qui change chez vous?
Pour le client, nous nous forçons déjà d'appliquer le tarif le plus juste.
Le fait de prendre 0% de commissions au chauffeur fait ce que paye le client, c'est ce que reçoit le chauffeur.
À partir de là, déjà en termes d'équité, je pense qu'on ne peut pas faire mieux.
Maintenant, notre but n'a été évidemment de ne pas mettre de côté le client,
et quand on a développé notre plateforme, nous y avons apporté des nouveautés,
comme avoir son chauffeur favori, etc.
Ce sont des points qui permettent au chauffeur de développer sa clientèle,
pour autant le client de retomber sur un chauffeur qu'il a apprécié, etc.
Donc, nous n'avons pas mis de côté le client, loin de là, mais nous avons trouvé, je dirais,
un équilibre entre ce que l'on propose au chauffeur et au client.
Vous vous retrouvez aujourd'hui en concurrence frontale avec des plateformes type Hubert.
Comment vous êtes perçue par leur chauffeur?
Je dirais qu'on est perçu un peu comme des ovenis.
Pourquoi des ovenis? Parce qu'aujourd'hui, les chauffeurs, malheureusement,
ont été tellement trompés par les géants de ce monde et des plateformes comme Hubert,
ils sont méfiants.
On ne peut pas leur en vouloir d'être méfiants.
C'est normal après ce qu'ils ont subi depuis quelques années.
Mais nous aujourd'hui, on doit racheter cette image de la plateforme,
donc on doit montrer pas de blanche à chaque inscription,
et j'ai à nous justifier, comme quoi, oui, 0% de commission, c'est possible.
C'est un secteur où la législation évolue très vite.
Vous n'avez pas peur que sur le long terme, ça tourne en votre défaveur?
Si la législation est là, je dirais, pour réguler un métier,
je ne peux pas m'y opposer, loin de là même, je ne peux qu'encourager ça.
Je pense qu'aujourd'hui, la législation ne peut pas aller à l'encontre des droits des chauffeurs
et contre le pouvoir, je dirais, du consommateur.
À partir de là, moi, je me sens entièrement dans les clous,
et au contraire, je pense que la législation ira dans le sens de MAD.
Les projets, les perspectives pour l'avenir?
Développer la technologie, faciliter l'utilisation de l'application,
que ce soit pour l'utilisateur client ou chauffeur,
puis à côté de ça, promouvoir toujours notre côté équitable, responsable et social,
qui sont trois mots, je dirais, forts dans notre projet.
On est en train aujourd'hui de construire de gros partenariats,
et j'espère de solides partenariats avec certains acteurs de l'écosystème du VTC.
Je pense que le principal atout de MAD sera, je dirais, de boucler la boucle auprès des chauffeurs.
Merci infiniment pour votre intervention.
Merci à vous.
Merci à vous de nous avoir suivis.
On se retrouve bientôt pour un prochain numéro le tête-à-tête dissideur sur bfmbusiness.com.
