Bonjour. Je suis heureuse d'être parmi vous ce soir. Je suis également avec Jérémie,
mais je vais faire la présentation toute seule et puis Jérémie me rejoindra ensuite au moment
des questions. Donc ça va être plutôt ma vision de l'aventure et de ce que j'ai vécu et puis
Jérémie répondra ensuite aux questions avec moi. Donc derrière moi des fils des photos,
des photos d'expédition en Antarctique, en arctique au Pôle Nord, au Pôle Sud également
que nous avons prise. Donc j'ai 33 ans, je vis aujourd'hui à Paris, j'ai exercé la profession
d'avocat après avoir étudié à l'école HEC et en même temps que mes études et mon activité
professionnelle, j'ai développé une passion pour les régions polaires. Donc j'ai arponté le
Spitzberg, le Groinland, le Pôle Nord, l'Antarctique plusieurs fois et j'ai couru aussi un marathon
au Pôle Nord géographique sur la banquise par moins 30 degrés. Alors pourquoi un marathon?
Parce que je suis également passionnée par le sport d'endurance. Donc je participe souvent
à des compétitions de course à pied sur longue distance, sur 100, 150 km, parfois plus et donc
j'essaye de concilier ma passion des régions polaires et celle du sport et notamment de la
course à pied ou du sport d'endurance, donc sur longue distance. Récemment, donc avec Jérémie,
on est rentré d'une expédition plus engagée encore, on a traversé le continent Antarctique
sur 2045 km via le Pôle Sud, Ascii, 100 voiles de traction et tout cela nous a pris 74 jours.
Donc c'était une expédition plus engagée car le continent Antarctique et le continent des
extrêmes, c'est un continent qui est très venté, qui est très grand, qui est le plus élevé de la
planète, le plus sec, le plus froid et peu de personnes ont arponté en fait ce continent sur
des longues distances. Donc l'objectif, quand on a eu cet objectif c'était il y a six ans,
c'était un objectif qui était très élevé, on s'est demandé à plusieurs reprises si on allait
y parvenir. Évidemment, il y a eu énormément de moments de vertige et de tout. Peu de personnes
ont arponté ce continent, aujourd'hui on est 27 à l'avoir traversé et 15 personnes ont
effectué une alerture depuis la côte du continent vers le Pôle Sud géographique et la première
personne c'était Amon Sen en 1911 qui a été la première personne à atteindre le Pôle Sud
géographique. Alors l'objectif était élevé pour plusieurs raisons, pour des raisons liées à la
préparation donc j'y reviendrai tout à l'heure notamment liées au financement mais concernant la
réalisation de l'expédition, il y a eu beaucoup de choses qui font que l'objectif était élevé mais
pour en donner deux exemples, le premier c'est que l'on souhaitait en fait retrouver le rapport
autant et à l'espace si particulier que l'on a lorsque l'on court sur des longues distances donc
on voulait aller lentement et donc on n'a pas utilisé de voiles de traction. La plupart des
explorateurs qui arpontent ce continent utilisent une voile de traction et ainsi bénéficient de l'aide
du vent à la fois pour faciliter l'attraction de la charge mais également pour parcourir des
distances plus grandes et pour voir ainsi plus du continent Antarctique. Il y a eu des très belles
expéditions sur 2500, 1000, 4000 kilomètres grâce à la voile. Nous on a fait le choix de ne pas
utiliser de voiles et ce qui rendait en fait la chose difficile puisqu'on avait aussi un délai
limité, on devait réaliser cette expédition en 75 jours maximum de façon à pouvoir quitter le
continent Antarctique avant que l'hiver polaire ne s'installe donc à la fin de l'été austral et
donc on a réalisé cette expédition de novembre 2014 à fin janvier 2015. Donc le délai limité
et le fait que nous progressions à ce qui s'envoie rendait l'objectif assez assez élevé mais on
y est quand même allé et on a essayé de réaliser cette expédition et on l'a réussi donc le 27
janvier. Donc pendant 74 jours il a fallu skier sur des vagues de glace. En Antarctique c'est pas tout
plat il y a des vagues de glace quasiment partout sauf sur les barrières qui reposent sur la mer donc
en dehors du continent Antarctique et autour du bol sud géographique c'est assez plat aussi mais le
reste du continent il y a des vagues de glace partout donc il faut les contourner ou les franchir
au risque de casser les skis. Il nous a fallu aussi résister face à des températures qui étaient
très négatives on a eu du moins 35 en moyenne mais c'est vraiment une moyenne parce que certains
jours il peut faire moins 25 et il a fait aussi moins 50 degrés pendant une dizaine de jours avant
d'atteindre le bol sud et là pour le coup on est vraiment en situation de survie et c'est quelque
chose c'est quelque chose que je n'avais pas connu avant lors d'expédition au grand land où
je vous espère j'avais jamais vécu ça et c'est très particulier parce que le corps comprend qu'il
est en situation de survie donc on skivite on fait énormément de mouvements on fait tous les
mouvements possibles pour se réchauffer parce qu'il n'y a pas d'abris donc là on sent c'est ce qui a
été dit tout à l'heure lors de la précédente présentation on sent qu'on est vivant et on a
vraiment envie de vivre à ce moment là donc on a on a intérêt à ne pas avoir d'envie d'abandonner
je pense à ce moment là à des explorateurs qui sont qui ont laissé leur vie sur ce continent
notamment Scott en 1911 il faisait la course avec Amundsen pour être le premier à atteindre le
bol sud il a atteint le bol sud en deuxième donc après Amundsen et au retour lui et ses
coéquipiers sont tous décédés pourquoi parce que il y a diverses raisons à cela mais aussi parce
qu'ils étaient beaucoup moins motivés parce qu'ils n'avaient pas été les premiers à atteindre le
bol sud et à l'époque c'était important d'être d'être le premier quand on faisait ce type
d'expédition encore récemment en 2016 en janvier un explorateur est décédé en Antarctique en
Rewardsley on a un petit peu parlé dans les médias comme quoi le continent Antarctique ne
nous laisse pas toujours passer et c'est vrai qu'on en a eu conscience avant de partir quand on est
parti pour cette expédition contrairement à d'autres expéditions au préalable quand on est
parti sur celle là on savait qu'il y avait un risque que peut-être on n'en revienne pas et ça
c'est très étonnant quand on part sur une expédition et qu'on a conscience de cela notamment
quand on quitte ses proches son domicile quand on prend l'avion pour le Chili ensuite l'Antarctique
on a conscience que c'est une expédition qui est très risquée et ça je l'avais jamais vécu sur
d'autres expéditions au préalable il ya deux risques qui sont qui sont majeurs en Antarctique
lorsque l'on part sur une expédition sans voile de traction je parle d'une expédition à ski de
randonnée nordique car les expéditions avec voiles en Antarctique je les connais pas puisque moi
celle que j'ai connue c'était à ski de randonnée nordique les deux risques c'est les risques de
déshydratation et dénutrition en fin d'expédition je faisais 39 kilos j'ai remis aussi à perdre
beaucoup de poids lors de cette expédition parce que si on prend plus de calories quotidiennes
ça pèse plus lourd et donc on dépense plus d'énergie donc c'est un cercle vicieux c'est
très difficile de trouver un équilibre et la déshydratation c'est parce que lorsque l'on
ski sur une période aussi courte donc on a 75 jours c'est un délimité et on doit faire 2045
kilomètres en fin d'expédition on a été amené à ski entre 12 à 16 heures par jour et donc le
soir on n'a pas le temps de faire fondre suffisamment de glace pour l'eau du lendemain le matin non plus
donc on s'arrête à nouveau en journée pour allumer le réchaud et faire fondre davantage de
glace tout ça ça prend du temps donc c'est des heures de sommeil en moi et donc au final on
boit moins et c'est vraiment un constat et c'est souvent le cas dans d'autres expéditions d'autres
explorateurs qui m'ont parlé aussi de ces de ces risques là donc en fait en comparaison avec
d'autres expériences que j'ai pu connaître notamment un article d'autres aventures à l'antharctique ou
aussi des compétitions du cours Saint-Pierre sur long distance ce que j'ai côtoyé en fait durant
cette expédition c'est vraiment les limites biologiques on côtoye les limites biologiques de l'homme
c'est à dire que l'homme a une capacité d'adaptation extraordinaire et ça c'est c'est vrai on peut
s'adapter on peut vivre sans confort pendant 64 jours on peut vivre en mangeant toujours la même
chose on peut vivre sur une très longue journée parce que 64 jours pour moi ça a été comme une
très très longue journée c'est à dire que je suis partie début novembre et pour moi la fin
c'était fin janvier j'étais en sursis en contrôle permanent pendant 64 jours ça l'homme peut le faire
mais en l'antharctique c'est tellement extrême que l'on peut aussi aller trop loin sans ça
n'apercevoir et c'est probablement ce qui s'est passé en janvier avec le décès d'enri c'est ce
qu'il y a pu se passer aussi lorsque d'autres personnes ont laissé leur vie sur ce continent donc
c'est possible d'aller trop loin parce qu'on est motivé et qu'on se rend plus compte que le corps
ne suit pas forcément donc ça c'était c'était une aventure assez assez extrême qui m'a marqué et qui
m'a marquera je pense toute ma vie donc le thème aujourd'hui c'est l'aventure l'aventure il y a
la représentation que l'on s'en fait certains voyages certaines expéditions évoquent l'aventure
pourquoi parce que l'homme est sédentaire et donc le voyage les contrées lointaines
les voyages avec peu de moyens au contraire extrêmement préparés les voyages dans des
zones où personne ne va où peu de monde vont explorer évoque l'aventure en réalité c'est
c'est étonnant parce que c'est vraiment une représentation que l'on s'en fait parce que par
exemple un aller-retour à new york aujourd'hui ce n'est plus une aventure ce n'est plus considéré
comme tel il y a quelques temps lors du vol du premier vol transatlantique c'était encore une
aventure donc comme quoi c'est c'est vraiment la représentation que l'on s'en fait parce que
bah communément l'homme chez nous dans nos sociétés est sédentaire et donc le voyage évoque pour
lui le rêve et l'aventure si on prend l'exemple des sociétés fin des populations nomades qui
vivent de voyage peut-être que ces populations ce serait la sédentarité qui serait l'aventure si
on leur proposait de venir vivre à paris dans des bureaux de travail dans des bureaux dans les
tours à la défense elle vivrait cela comme une véritable aventure donc l'aventure est avant
tout personnel et je voudrais donc citer une citation d'un explorateur polaire l'aventure est
un état d'esprit elle se trouve dans le coeur de l'homme l'aventure c'est être capable de
refuser son destin être prêt à partir à tout moment pour se voir encore et toujours de nouveaux
projets ne pas être assis c'est en un mot vivre sa vie et la construire il ya plusieurs termes que
j'apprécie dans cette citation c'est un état d'esprit c'est dans le coeur de l'homme et vivre sa vie
donc l'aventure je pense qu'elle est elle existe dans tous les domaines que ce soit professionnel
familial sportif personnel c'est savoir sortir de sa zone de confort prendre des risques rompre
avec son quotidien rassurant pour donner quelques exemples en dehors du de l'univers du voyage un
salarié qui deviendrait entrepreneur vit une très grande aventure une personne qui fonde une famille
vit aussi une grande aventure une personne qui a toujours vécu dans sa même ville son même
village natal et qui viendrait un jour sur paris par exemple vivrait aussi une grande aventure moi
c'est ce que j'ai vécu puisque j'étais j'ai grandi en province je ne voyais pas du tout mes
parents n'avaient pas les moyens donc je ne sortais pas de france quand j'étais jeune et j'ai découvert
les voyages à 20 ans ça a été une aventure et une extraordinaire aventure l'innovation est
aussi une aventure et dans ça je crois que c'est votre coeur de métier pour les gens qui sont
présents aujourd'hui l'aventure c'est donc un concept personnel subjectif évolutif c'est un concept
qui dépend de notre propre zone de confort et ce qui est une aventure pour une personne ne l'est
pas forcément pour les autres alors pour ce qui est une longue expétition à l'antarctique
et c'est plus ou moins une aventure en fonction de ses expériences passées maintenant je doute
qu'un aventurier soit après avoir passé plusieurs plusieurs semaines plusieurs mois à l'antarctique
puisse considérer que ce n'est pas une aventure parce que dans ce continent extrême on est toujours
en dehors de sa zone de confort parce qu'on est confronté aux éléments et il n'y a aucune forme de
vie qui s'est adaptée à ce continent donc il n'y a pas d'habitants en Antarctique donc je pense
qu'il y a certains voyages certaines expétitions certaines expériences qui sont parfois pas voulu
mais subies qui malheureusement sont des apes qui nous amènent à sortir de notre zone de confort
il ya quatre ingrédients dont on peut parler pour pour l'aventure le premier c'est l'audace ne pas
avoir peur dans la toile de tente en l'antarctique on avait écrit la citation de paolo cuello la seule
chose qui rend un rêve impossible et la peur de l'échec il faut pas ne pas avoir peur et tenter à
prendre à oser il y a aussi l'indépendance d'esprit et d'action savoir sortir de la
norme savoir sortir de son quotidien de ce que font les autres pouvoir s'en affranchir pour pouvoir
justement s'aventurer il faut aussi apprendre à aimer la réussite pour pouvoir s'inspirer
progresser mais aussi accepter d'avoir des ambitions de faire de vivre des aventures et puis
il faut aussi beaucoup de travail et ça on en parle pas beaucoup parce que quand on voit les images
notamment celle de voyage on a l'impression que c'est facile en fait il ya beaucoup beaucoup de
travail derrière pour la préparation de ma dernière ma dernière expédition à travers l'antarctique
j'ai énormément travaillé ça m'a pris ça m'a pris trois ans donc a eu enfin j'avais l'impression
de créer une mini entreprise c'est à dire il faut être vraiment multi tâche à côté de mon
activité professionnelle qui était déjà très prenante puisque dans le métier d'avocat il peut
arriver qu'on sort parfois très très tard du bureau à côté il a fallu trouver le financement
pour cette expédition plus convaincre une banque aussi puisque aujourd'hui on a aussi un emprunt
que l'on doit rembourser il a fallu communiquer sachant qu'aujourd'hui la communication est
très compliquée de par le fait qu'il ya énormément de médias donc c'est très très diffus et donc
c'est difficile en fait pour une personne qui est seule de communiquer il faut aussi exercer en
quelque sorte le métier d'attaché de presse et c'est pas évident il a fallu aussi s'entraîner
souvent le samedi matin à 5 heures dans les entrepôts frigorifiques d'Ori pour pouvoir tester
le matériel et j'en passe donc ça a été ça a été beaucoup d'heures de travail ça l'est encore
aujourd'hui pour partager pour donner des conférences pour exposer les photographies on a
monté également un film donc on l'a réalisé et monté seul on a écrit un livre également on
a quelques exemples ici si certains voudront le voir à la fin de la conférence alors pourquoi
l'aventure pour terminer je pense que l'aventure déjà parce que en tout cas concernant cette
aventure en Antarctique j'avais très envie de connaître ce continent j'ai lu et relu les récits
d'exploration polaires j'ai fait énormément de recherches sur ce continent ça fait plusieurs années
que je travaille sur sur le sujet à un moment donné j'ai eu envie de refermer les livres pour
connaître la réalité du terrain et j'ai su un moment donné que j'avais vraiment besoin de me
confronter au continent Antarctique pour mieux comprendre et aujourd'hui je relis les livres de
façon totalement différente parce qu'il y a des choses que je perçois dans ce que disent les
explorateurs notamment ceux du début du 20e siècle je comprend mieux ce qu'ils veulent dire et
donc j'avais besoin de connaître et pour ça j'avais besoin d'aller sur le terrain donc il y a la
connaissance il y a la curiosité il y a aussi je pense le goût de la vie tout simplement parce
qu'on dit souvent quand on part à l'aventure est ce que c'est pas une fuite en avant en réalité c'est
pas une fuite en avant au contraire il faut être très bien ancré dans le monde dans lequel on vit
il faut être vraiment très bien dans sa tête pour pouvoir à un moment donné vivre ses rêves à
prendre à oser avoir de l'audace donc c'est un goût de la vie la vie est courte et donc j'avais
envie de vivre plein d'expériences et demain ce sera probablement des aventures dans d'autres
domaines ou des voyages dans d'autres contrées que les régions polaires parce que la vie est
courte et que j'ai pas envie de me concentrer que sur un sujet voilà merci beaucoup.
