Bon, mes parents, tout d'abord, ils sont racistes, donc ils ont pas une bonne opinion
des arabes en particulier, et puis la sabbière pour eux, c'est les voyous, les gens dont
il ne faut pas approcher, donc il faut se méfier, qu'ils font des bêtises.
On pense à la mauvaise réputation de la sabbière quand on ne connaît personne, justement,
de la sabbière, mais à partir du moment où on connaît des garçons ou des filles de
la sabbière qu'on peut les connaître comme des personnes de l'extérieur, on peut les juger,
mais autrement qu'en pensant d'où ils viennent, c'est-à-dire qu'on les juge par rapport
à leurs idées, leurs caractères, et on les considère comme des personnes.
Pour nous, non, mais pour les gens de l'extérieur, les gens du Kermont, c'est des gens refoulés
de tout, du reste du monde, des gens inférieurs pour ainsi dire.
Oui, nous, oui, tout ceux qui sont si des transites, pré-tabriqués, tout ce qui s'en suit,
ils ont rejeté de la société, mais c'est des gens qu'il faut les mettre à part, c'est
des cas spéciaux, comme ils disent, parce que la plupart des gens, les habitants de
le Cité étrangile sont des étrangers, et automatiquement, les étrangers n'ont pas
la même culture que les français.
Vous voyez, des gens qui n'ont pas la même culture que même sont des gens inférieurs
à nous, des inalphabètes, et tout ce qu'on veut.
Tous les mauvais points sont pour nous.
Même nos parents, ils sont mal vus, tout simplement, parce qu'ils habitent.
Ah!
Ils sont venus, ils habitaient toujours, ils ont bien tous l'accord de bien en ville,
mais c'est pas une raison.
En même temps, c'est les gens de l'extérieur qui mettent la réputation.
Oui, c'est les gens de l'extérieur.
Et après, quand ils me connaissent, ils disent, non, c'est...
On préfère vous, que certains, que d'autres.
Ce que j'aurais pas compris, mais comment calais-nous la réputation.
Moi, je crois qu'au départ, c'est surtout le fait, parce qu'on habitait dans une
cité comme ça, on nous a relogé là, et c'était les gens qui nous montraient
du doigt.
C'est à partir de ce moment-là que ça déconnait.
Avec les mecs, ils se savent volter devant ça, ils se battent avec eux,
c'est un usage, je crois que c'est pour ça.
Et puis, en suite, nous, on est passés, on est hérités de tous les grands.
Tous les grands ont fait les conneries, c'est nous qui ont hérité à l'école.
C'est pour ça, c'est pour ça.
Parce que les grands, ils ont jamais rien fait,
ça cesse pas pour rien, ils ont tout jamais eu.
Ils ont jamais pris conscience.
À nous, maintenant, on ne fait pas que le petit, qu'ils subirent tout ça,
tout ce qu'on a eu.
Il faut essayer de faire quelque chose.
Les grands des mecs de la cité, ils ont tout fait un écho à l'école.
Pourquoi?
Pourquoi? Parce qu'on ne les était pas conscients à eux,
d'après départ, ils venaient pas à l'école,
ça y est, ils voyaient déjà la poignée de transition et tout ça,
ils avaient le droit de l'article scolaire.
Tu travailles actuellement?
Non.
Tu vas à l'école?
Non plus.
Tu as quitté l'école?
Oui.
Pour quelles raisons?
Je n'étais pas d'accord du tout avec des profs,
moi pour un prof qui vient pour faire son boulot,
pour gagner son pas,
mais pour faire des préférences.
Alors, moi, j'ai ouvert ma gueule,
je n'étais pas du tout d'accord,
comme on voit au fond,
que certains soient devant qu'il y ait des préférences.
J'ai ouvert ma gueule, je n'étais plus rien,
ils attendaient que j'allais 16 ans, ils m'ont acheté.
Vous avez vraiment le sentiment d'être rejeté?
Oui, vraiment.
A l'école ou au travail, par exemple?
Avant, non.
Quand tu ne me connaisses pas les sabillaires,
quand tu ne connaisses pas la réputation, non.
Non, je me considère comme toute une autre personne.
À partir du moment où ça provient des sabillaires,
si tu es transite, tu finis une heure et je le fais.
Moi, déjà, quand je suis une fois,
je t'ai cherché du boulot,
le patron ne voulait rien comprendre,
même pas chercher pour toi,
surtout pas toi, dégage.
Quel problème du racisme?
Parce que tu étais des sabillaires.
Oui.
Moi aussi, j'ai l'exemple,
quand j'étais avec une copine de venir,
je disais non, non, non, pas dans cette cité,
non, on va sortir un flip et tout.
Ah oui, oui, ici, ça aussi,
la réputation de...
je ne sais pas de quoi, des types.
Une fille seule, on fait de l'expérience,
on fait de l'expérience,
on fait de l'expérience,
on fait de l'expérience,
sous prétexte qu'elle aurait peur
qu'on lui en laisse son argent, qu'on la viole.
Parce que quelques-uns des grands,
ou même des adolescents comme nous,
on fait quelques bêtises,
on fait quelques bêtises, mais tout le monde en fait.
Il n'y a pas qu'ils dans cette cité,
qu'il y a des gens qui vont en prison,
ils en ont tout le monde entier.
Mais non, parce qu'on vient des sabillaires,
ils généralisent tout le monde,
ils sont tous des voleurs aussi.
Des gancers.
D'ailleurs, on surnomme les sabillaires,
le fichicago.
C'est simple,
pourtant, on n'a rien de voleur,
mais non, ça a été possible.
Bon, alors, en tout,
tu en baves,
tu en baves, bon, pour moi, est-ce que
j'ai pris un an,
et puis on m'a retiré six mois,
et puis je suis sorti,
et puis je me suis retrouvé comme ça.
Bon,
puis je suis retourné chez mes parents,
malgré que je ne m'entendais pas très bien avec eux,
je suis quand même retourné.
Et puis je me suis dit, bon,
pour un mec qui n'a pas de parents,
qui a été vraiment rejeté par ses parents,
quel moyen a-t-il pour s'en sortir?
Aucun, aucun, aucune aide ne lui faut en être,
ni autour, ni nulle part,
ni dehors, on s'en fout,
on l'arque comme ça,
puis c'est tout, et démerde-toi, c'est tout, le mec.
Si jamais,
tu vois, quand tu entoules,
tu dis putain,
mais je fais une connerie,
c'est pas vrai,
on va pas en foutre six mois pour ça,
c'est bien,
tu te ramasses six mois,
puis tu dis bon,
quand je vais sortir,
je leur montrerai que je ne suis pas un bourreurien,
et puis tu fais un cas encore plus gros,
puis tu retombes,
puis un cas encore plus gros,
tu vois,
et puis ça, eux ne comprennent pas,
et sanctionne, sanctionne,
sanctionne, et puis
sans chercher à comprendre,
sans savoir pourquoi,
arrêter comme ça.
Tiens, Michel est sorti ce matin.
Oh, il est sorti?
J'ai appris un an et demi, c'est con,
ceux qui fassent maintenant.
On n'y peut rien, c'est la vie,
c'est con, mais c'est la vie.
Mais si justement,
pour faire quelque chose,
pour dénoncer cet ajusti,
c'est pour dire qu'on peut rien faire,
qu'on va changer quelque chose.
Comment faire?
On sait pas, des réunions.
On a déjà essayé de faire des réunions avec le club,
ça n'a jamais marché.
C'est toujours terminé par fils de pute, bâtard,
alors c'est pas toi ou moi
qu'allons changer quelque chose, non?
Mais là, il y a toute la différence
avec les réunions qui se faisaient au club.
Nous, on avait l'expérience personnelle,
qu'avant, nous n'avions pas.
Puis j'en ai marre de faire ma gueule,
trouve ça normal,
que Michel tombe deux fois en trois mois.
Les réunions, on va s'arrêter
avec quelque chose.
Michel va pouvoir s'exprimer
et comprendre pourquoi
qu'il en est arrivé jusque-là.
Ça va servir à quoi?
Pour prendre conscience
et dénoncer la ségrégation
qui est faite à l'école et au travail.
L'incompréhension des autres
qui nous mettent des étiquettes
sans chercher à comprendre.
Regarde les difficultés financières
dans la famille s'entraînent quoi.
La bagarre, le voil et l'alcool.
Ouais, on va chercher des mecs
et trouver une solution à tous nos problèmes.
Il faut se révolter.
La solution, là, ce serait laquelle?
Bien sûr, c'est pas la prison
qu'il vient de le dire.
Ce serait quoi?
La solution, je crois que ce serait
un peu plus de compréhension.
Tu vois, qu'on ne juge pas,
qu'on ne donne pas comme ça et que...
qu'on ne voit pas la personne comme ça, tu vois.
Qu'on descend jusqu'à la racine, tu vois.
D'où est-ce que ça démarrait?
Je crois que comme ça, tu vois.
On pourra mieux comprendre les gens
pour ce qu'ils veulent, etc.
Le juge de Paris nous a mis à sa vie.
Il dit, c'est question de famille, ça.
Cette descendance de voleurs,
il va faire comme ses frères, les...
Vas-y, on va le calmer tout de suite.
Il pense, c'est sûr, dans sa tête, tu sais.
Qu'est-ce qui se passe, toi?
Tu as eu, comme tu l'as dit,
un sortant, tu avais tes parents qui t'en caillent.
Mais pour ceux qui ont personne.
C'est sans solution, je crois.
Malheureusement, c'est sans solution.
C'est un cercle vicieux.
Oui, c'est un cercle vicieux, parce que...
C'est le mec, comment tu veux trouver un boulot
quand tu sors de taux?
Bon, tu trouveras un boulot,
parce que t'as pas d'étiquette sur le front, heureusement.
Mais t'as toujours le dossier que tu es partout, tu vois.
Depuis quand t'es en prison?
Tu sors.
C'est pire qu'avant,
ou c'est la vie du jour du carnet?
C'est plus facile, puisque...
tu ressorts d'un truc plus dur.
Au début, c'est plus facile, mais...
après, c'est bien pareil.
Après, c'est bien pareil.
Tous, quand vous êtes à l'extérieur,
vous avez qu'un seul souhait, c'est revenir en la cité.
C'est l'union de la cité.
L'union entre...
entre copains, entre adolescents,
ou comme... comme mes adultes.
Oui, à l'association.
C'est comme moi, quand je suis dans mon centre,
à chaque fois, j'en ai vraiment...
je sais pas ce que j'aime, mais je peux pas,
je suis obligé de rentrer dans la cité.
Je sais pas, c'est comme une famille, la cité...
Oui, pourquoi?
Parce que je suis né ici,
puis je me sens vraiment chez moi, ici, à Ion.
Oui, tout le monde se connaît.
Tout le monde se connaît, puis c'est une bonne ambiance.
Il y a contre nous, qu'on se reprend, qu'on s'entend.
Ça va?
Est-ce que ça, tu vas d'accord?
J'essaye de fumer pour oublier la merde,
comme t'es qui de l'abandonner.
Putain, bah, je dois dormir ce soir.
On verra bien.
Quoi, tu comptes dormir les fois?
Si je vais dormir avec toi, c'est mon droit, non?
Non, comme tu veux.
Ah, mec, tu vois, par exemple,
il doit sortir, il manque d'argent,
je dois avoir des problèmes familiaire, c'est-à-dire,
pour qu'on essaye de résoudre ça.
Et tu penses que ça n'existe que à l'intérieur de votre site,
ça ne fait pas.
Dans toutes les cités de transit,
parce que c'est là où il y a tous les gens qui se vivent,
tout le monde dans la merde,
c'est là que les gens essaient de s'en prendre le mieux,
parce qu'ils ont les mêmes problèmes.
C'est le problème du fric, du logement,
alors les gens essaient d'être solidaires en compte.
...
Ben, Mohamed.
Il est dehors.
Qu'est-ce qu'il fait?
Il y a avec ses copains.
Ils prennent avec ce voyou!
Et c'est toujours pas que je suis venu au France pour gagner mon pain?
Ils ne me pensent qu'à poursuivre ces potes de con!
Je n'ai jamais prouvé les potes du jugement!
...
Chaque fois que je bloque le boulot, je parale du jugement de mes yeux!
...
Toi, tu dois aller au-delà que tu n'aimes!
Tout ça, c'est ta fausse!
C'est de ma fausse, c'est facile de rejeter les fautes sur moi.
Toi, tout ce que tu sais faire, c'est te cocher derrière ton litre de main.
C'est toi!
Si Mohamed est comme ça, c'est pas ta fausse seulement.
Je n'en ai pas! Je n'en ai pas!
Fonyle, tu participes à une pièce de théâtre.
Pour toi, c'était une façon de lutter, de changer les choses.
Comment tu vois ça?
Je ne sais pas, mais en faisant une pièce de théâtre,
malheureusement, faire inviter les gens à venir dans la cité
pour pouvoir voir la pièce de théâtre,
moi, je crois que c'est une forme d'expression.
Pour se faire comprendre déjà d'une part,
c'est pas des petits cons, quoi.
C'est quand cette pièce de théâtre,
pourtant, on voit des situations,
des conditions d'alcoolisme, à la drogue.
Qu'est-ce que t'as, t'as vu?
Je t'ai manqué, s'il te plaît!
Ah, mais sois tranquille!
Pas comme ça, ta mère, toi!
C'est pas de faire les mauvais sens pour ce bon à rien.
Mais c'est notre fils!
Mais oui, c'est notre fils!
Mais qu'est-ce que tu veux faire avec un fils comme lui?
Il fait que des conneries, c'est même pas ce qu'il fait.
Il rentre tard, il boit, il se drogue, tu ne sais même pas.
Si tu veux qu'une chose, laisse-moi tranquille.
Oh, moi, je suis enlémarre, moi, hein.
Du moment, c'est 18 ans qu'il se barre de cette barrage.
Je le donne comme un con!
Je le donne comme un con!
Je commence à me faire chier que ton connard de fils!
Je vais pas te pêcher, Martin Esprit!
C'est ça, tu me fous à la porte?
Bon, ben, c'est pas mal.
Sauf qu'il y a 3 conneries, 3 euros.
Il y a toi, Éric, qui a dit, parle pas comme ça, alors que c'est normalement,
tu redis, dis, parle pas tout le monde.
C'est trop rapide, vous rentrez, tu te sauves un peu.
Et puis, Éric, tu tournes un peu trop le dos aux gens.
Parce que t'es là, tu peux sortir, tu te places.
Alors, tout le monde, bon, là, on fait.
Et après la pièce,
on va certainement y avoir des adultes, des parents qui vont être là.
Est-ce que tu crois que ça va être une situation un dialogue avec les adultes?
Avec les parents, oui.
Je crois peut-être, mais enfin, dans toute la salle,
peut-être qu'il y a une ou deux familles qui ont appris conscience
que de frapper ces gosses, ça n'a absolument rien.
C'est pas ça qui va l'empêcher de recommencer, quoi.
Ben, si déjà, c'est bon,
si au moins 2 ou 3 familles qui peuvent prendre conscience là-dessus,
bon, ça serait déjà pas mal, ça serait déjà pas mal.
C'est pas vrai, quoi.
Vous vous sentez différent de la génération que vous avez procédée?
Ouais.
Déjà, on a eu comme une prise de conscience que les grands n'ont pas eu.
Par exemple, comment on fait les réunions au club,
c'est des énerves, ils veulent qu'on devienne comme eux.
Ce qui les préoccupe, c'est leur avenir à eux seuls.
Ils cherchent pas la solidarité, ils cherchent pas ce qu'ils font des problèmes des autres.
Est-ce que nous, on essaie de résoudre ce problème?
Pas seulement simplement pour nous, mais pour tout le monde,
pour tout ce qui nous entoure.
On veut pas que les gosses aussi reviennent comme nous,
qu'est-ce qu'on appelle ça.
On veut qu'ils réussissent à l'école, qu'ils ne font pas de conneries comme on a fait.
On veut que ça change.
J'ai l'impression, c'est parce qu'il y a certaine chose qu'on doit dire,
qu'on ne se dit pas d'hors,
qu'on dit plus du probablement ici que d'hors,
quand on parle entre nous.
Et tu crois qu'il y a une autre, c'est n'importe quelque chose?
Ah oui, forcément, ça me donne déjà plus à réfléchir
sur un acte que j'ai fait.
Parce que nous, si vous voulez,
les grands, ils ont fait tout pour que la réputation retombe sur nous.
Alors maintenant qu'on a la réputation,
on voudrait essayer de l'enlever pour que les petits...
n'aient pas à voir ce que nous, on a eu.
Le matin, généralement, je me lève assez tôt,
pour pouvoir aller à l'agent de l'empereur,
pour voir si il y a quelque chose d'intéressant, une place.
Des fois, je rencontre Taofi et je passe le restant de la matin avec lui.
Des fois, bon, je ne le rencontre pas.
Alors je serai chez moi, sinon après,
il y a les coups de midi, une heure,
la seule chose que je peux faire, c'est aller au Mac.
Et que je retrouve Taofi,
quelques gars de la cité qui sont au Mac.
Alors je passe le midi, le midi,
vers les coups de trois heures avec eux au Mac.
Et puis après, comme il n'y a plus d'autres distractions,
on va faire un tour en centre commercial,
on marche, on parle, on boit le café.
La journée se passe comme ça.
Un café, s'il vous plaît.
Merci.
Salut.
Salut.
Salut.
C'est un chômage, j'ai oublié?
Oui.
Eric, tu ne travailles pas, tu as eu un chômage?
Ah oui.
Il y a longtemps, ça fait quatre mois maintenant,
après quatre mois, quatre mois et demi.
Et tu as l'espoir de trouver quelque chose?
Je ne perds pas l'espoir,
ce serait belle de perdre l'espoir.
Qu'est-ce que tu as comme formation?
BEP, électricien d'équipement.
Tu n'as pas trouvé l'espoir?
Si, mais au niveau de l'équipement,
électricien d'équipement, ça me plaît parce que
c'est la préfecture qui m'a mis dans cette école
et si jamais j'aurais pas été dans cette école,
j'aurais été carrément travaillé,
alors je voulais continuer à avoir une formation,
mais je n'ai pas fait ça de mon plein gré.
Alors, le rêve, c'était quoi, le souhait?
Je ne suis pas dans la vente, le commerce,
quelque chose comme ça, dans cette zone-là.
Et ton avenir par l'instant?
L'avenir?
Tout ce que j'espère,
c'est avoir une situation qui me permet de vivre,
de ne pas me marier et de voyager,
beaucoup de voyager.
Je ne connais rien pour l'instant,
je connais Crétheu,
mais j'ai envie de vivre.
Les voyager, c'est surtout ça.
C'est surtout la curiosité,
et j'ai envie de connaître autre chose,
de voir tout ce qu'il y a,
parce que la vie, ça ne dure pas longtemps,
alors je voudrais en profiter le plus possible.
Tu m'as dit que tu ne souhaitais pas me marier?
Non, pas me marier.
Viver avec une femme et ne pas avoir des enfants, non.
Si ma situation me permet,
peut-être que j'en aurais un ou deux,
mais sinon, non, pas dans l'immédiat, non.
Et j'ai eu des problèmes, tout ça,
et j'aimerais pas que mon enfant passe par là,
qu'il connaisse tout ce que la plupart des gars de la cité ont connu,
ça me ferait de la peine.
C'est quitté d'école à quel âge?
Quitté d'école à quinze ans et demi.
Je suis parti parce que j'en avais marre,
puis ça, pas de se faire n'en apporter dans la vie d'école.
Ça m'a pris des choses,
et d'un côté, ça m'a rien appris.
Et on devait orienter vers quoi au niveau scolaire?
Moi, j'ai pris la CPA, puis j'ai fait un peu de pâtisserie,
puis j'ai fait cuisine,
puis j'ai fait deux mois d'être un petit cuisinier,
mais j'étais trop exploité, j'en ai eu marre,
je suis parti.
C'est important pour toi de travailler?
Oui, quand même.
Ça tient à avoir des contacts avec les gens,
puis quoi, ça me devait un petit peu de réputation,
parce que la force de connaître des gens,
pas l'ensemble, et puis on se connaît.
On t'en a à venir.
C'est fermé?
Oui, un petit peu quand même.
Pourquoi?
Je sais pas, j'arrive pas à en sortir.
En moi, il y a un mur qui me bloque.
C'est le rêve, c'était quoi?
Le rêve, c'est d'être danseur.
Et tu veux te parler autour de toi?
Ouais, un peu, ouais.
À tes parents?
Non, pourquoi t'es moi?
Pourquoi?
Ça me vient pas l'idée, je fais une fois par semaine.
Tu as peur surtout peut-être qu'on te comprenne pas
un garçon qui veut faire de la danse?
Ouais, c'est peut-être ça, ouais.
Et avec tes amis?
Avec mes amis, le comportement,
quand on parle de ça,
ça qui fait tout dire...
C'est plutôt que à chaque fois que je te dis quelque chose
à propos de ça, ils ne comprennent pas,
ils disent...
Je sais pas, attends.
C'est un pédé?
Ouais, à peu près, ouais, c'est ça.
J'exagère un peu, mais c'est ça?
Quoi, ouais?
C'est ça qui t'est frais?
Ouais, à peu près.
Souvent ils disent ça, même.
Quoi, de la danse?
C'est plutôt masculin, d'accord?
Féminin de la danse.
On peut... je trouve que...
un garçon peut aussi le faire, hein.
Bien sûr, c'est un moyen d'expression comme un autre.
Ouais.
Ça t'étend bien, en plus.
Moi, mon avenir, bon, je le fais.
Avant tout, je veux me marier,
avoir des enfants,
qu'ils soient heureux,
qu'ils soient pas...
qu'ils soient pas la jeunesse que j'ai subie,
qu'ils n'aient pas la ronde, qu'ils se sentent bien dans leur peau,
qu'ils se sentent égaux à tous les petits-enfants,
qu'ils... je sais pas qu'ils se subissent tout ce que j'ai subi, non.
Moi, je fais confiance à la vie,
mais enfin...
Bon, moi, j'étais dans la merde,
mais c'est pas ça qui va me...
Je sais pas où être devant ça,
que je vais m'abattre, quoi.
Je... je... je crois que, maintenant,
j'ai pris conscience
que je peux affronter mes problèmes, quoi, maintenant.
Je sais que je m'en sortirai, quoi.
Alors, l'avenir de la cité,
tu le vois comment?
C'est si nous, nous pourrons le changer, hein.
Ah oui, y a quoi?
Alors, c'est pour ça qu'on fait tout ce qu'il y a,
notre possibilité pour essayer de changer ça, hein.
Mais de toute manière, je crois que je pourrais être optimiste,
faut essayer de voir grand, hein.
On crie, mais le crie n'est pas assez forte,
il est encore un peu étouffé.
