Une halte pour le cœur et l'esprit. Je suis donc en Lorraine, ce sont des vacances
hivernales, dans une paroisse amie, avec un curé très accueillant et des paroisseurs aussi,
et c'est ainsi que j'ai été amené à parler des foyers de charité, puisque je suis moi-même père
de foyer de charité en Champagne, nous sommes à l'est de la Champagne ici, il y en a un à Autrôte,
en Alsace, il n'y en a pas encore en Lorraine. Les foyers de charité sont nés en 1936, c'est
l'année des congés payés, et je trouve que c'est une coïncidence pleine d'humour, puisque il est bon de
prendre des congés chaque année, mais il n'est pas moins important de souffler sur le plan spirituel,
et les foyers de charité je crois ont été voulu par le Seigneur pour ce repos, ce repos dans le Seigneur.
Le Seigneur béni sont bien aimés qui dort, comme dit un psaume, alors c'est parti dans la drôme,
d'abord, donc en 1936, de la rencontre providentielle entre une simple paysanne qui s'appelait Martin Robin,
qui est né en 1902, et un prêtre de Lyon qui s'appelait Georges Finet. J'ai eu la chance de les connaître
tous les deux, à partir de 1976 seulement, mais l'aventure a commencé beaucoup plus tôt.
Martin était une simple paysanne, la dernière d'une famille plutôt pauvre, pas très pratiquante,
mais tout de même baptisée, qui a fait son catéchisme et qui a été touché assez tôt par son contact avec le Seigneur.
Elle aimait prier, elle s'est préparée à sa première communion d'abord, à sa confirmation,
une vie d'un certain côté très banale, mais à la fin de la guerre de 1914-1918, puisqu'elle est née en 1902,
elle a été atteinte par une maladie qui a fait des milliers de morts, la grippe espagnole.
Nous pourrions penser que c'était pas grand chose quand nous savons ce que nous connaissons aujourd'hui,
et bien non, à l'époque ça a fait des ravages, elle n'en est pas morte, et elle a lutté contre une encephalite évolutive apparemment,
elle a lutté, et en même temps elle a eu des grâces de Dieu pour tenir bon malgré tout, malgré tout tenter de découragement,
et puis, 1928, avant 1936, a été un tournant, je pense, pour elle, quand son curé est arrivé dans la paroisse de Marte,
le courant n'est pas très bien passé, parce que lui pensait que c'était une maladie imaginaire, il a essayé de la squer,
et c'était pas une maladie imaginaire. Mais en 1928, elle a bénéficié d'une mission paroissiale donc de Francisquin,
de Capucin, c'est une race particulière de Francisquin, qui sont venus pour cet effort d'évangilisation dans cette paroisse
pendant une ou deux semaines, et ils ont visité, à l'époque il y avait beaucoup de plus de personnels ecclesiastiques, comme on dit aujourd'hui,
et ils ont visité toutes les familles, pratiquement, qu'ils voulaient bien, et ils ont été frappés par la qualité d'armes de Marte,
ils ont plaidé sa cause auprès du curé, et elle a bénéficié, en fin d'année 1928, d'une puissante effusion de l'esprit,
et elle a compris qu'elle ne guérirait pas, et qu'elle était appelée à continuer à souffrir, mais à offrir et à le vivre malgré tout dans la joie.
Ça, c'est un des caractéristiques de Marte dont nous pourrions parler un peu plus longuement par ailleurs.
Bref, elle a ensuite demandé à son curé d'ouvrir une école de petite fille, une école catholique, bien sûr, dans ce pays plutôt rouge,
et il l'a fait. Ça a commencé avec sept ou huit petites filles en 1934.
Ces confrères de Lavalais trouvaient qu'ils étaient un peu fous de s'engager dans cette aventure,
mais il y a tout de même eu un confrère qui connaissait mieux Marte, et qui a dit, ah, si Marte le demande, ça vient de Dieu.
Donc ça s'est fait, et ça a préparé la prière des enfants, a préparé la naissance des foyers de charité, de lumière et d'amour.
Ensuite, donc, cette rencontre providentielle, un pieu guétapant pour le père Georges Finay, qui était, à vue humaine,
vraiment beaucoup d'occasions de rencontrer Marte, puisque elle était d'une famille plutôt pauvre paysanne, pas très pratiquante.
Il était d'une famille plutôt riche de la ville de Lyon, très pratiquante, et il apportait un tableau de Marie-Médiatrice.
Il dira plus tard, je pensais amener la Sainte-Vierge, en fait, c'était plutôt la Sainte-Vierge qui m'amenaient,
et leur entrevue a duré trois heures, en tête-à-tête, entre le père Georges Finay et Marte.
Il pensait, en arrivant le matin, qu'il sentirait vite fait, c'est un homme très occupé, qui avait fait son séminaire à Rome,
et qui était sous-directeur de l'enseignement catholique à Lyon.
Alors, pendant la première heure, tout de même, après le déjeuner chez le curé, elle lui a ouvert son cœur,
et il a été assez soufflé par la qualité d'âme.
Et puis, la seconde heure, elle parlait des grands événements à venir, c'était pas d'abord la guerre,
c'était pour l'Église une nouvelle pentecôte d'amour.
Et je pense que, contrairement aux apparences, éventuellement, nous sommes en plein dedans,
avec tout un renouveau de l'Église, le Concile Vatican II, qui a puissamment contribué à ce renouveau.
Il suffit de voir le genre de style qui change entre Pidouse, plus hieratique, plus solennelle,
et puis Jean-Paul II, qui joue avec Sacane, pendant les GMJ.
Bref, une véritable, un véritable renouveau pour l'Église, qui ne s'est pas fait sans crise, après le Concile,
mais des communautés nouvelles qui se sont fondées, un puissant travail de l'Esprit Saint,
et on peut dire que les foyers de charité sont la plus ancienne des communautés nouvelles.
Donc, 10 février 1936, c'est la première retraite, prêchée par le père Finet, va être en septembre 1936.
Donc ça, c'est ce que Marte lui explique, le 10 février, pendant la troisième heure,
elle parle de foyer de charité, de lumière et d'amour pour prêcher des retraites.
Deux ou trois jours, dit le père Finet.
Non, non, pas du tout, la Sainte-Vierge demande six jours,
parce qu'en deux ou trois jours, on ne peut pas retourner un cœur.
Avec des femmes et demande le père Finet, on va faire des carrefours.
Ah non, non, non, la Sainte-Vierge demande que tout soit entièrement en silence.
Vous croyez qu'on peut mettre des femmes en silence, dit le père Finet?
Bien sûr, puisque la Sainte-Vierge demande.
Ah oui, j'y avais pas pensé.
Et qui sait qui va s'occuper de ça?
Bah c'est vous, moi, je ne suis pas du Dieu 16.
Ah oui, ça bien sûr, il faut être déglise, déglise, déglise.
Il faut absolument demander son accord à votre évêque, à l'évêque de Lyon,
puisque le père Finet était incardiné à Lyon,
et il va être embarqué dans cette grande aventure.
Alors, c'est tout à fait la grâce des débuts.
Il y a tout de même une trentaine de retraitantes,
puisqu'au début, c'était réservé aux femmes.
Dans ce vieux château, château neuf de galore, il y a un vieux château,
qui a été racheté par le curé à la bougie avec un intermédiaire,
parce que c'était pas une maison très glorieuse avant.
Bref, ça va grossir peu à peu, peu à peu, peu à peu.
C'est un mot qui sera cher au père Finet,
et c'est pas du tout une croissance exponentielle comme d'autres communautés nouvelles.
C'est ainsi qu'il y a cette mission de, pendant 6 jours,
ce qu'on appelait d'abord la retraite de chrétienté,
et qu'on appelle plutôt une retraite fondamentale,
c'est-à-dire présentée la foi catholique.
Alors, sur le plan de ce qu'il y a sur le marché aujourd'hui,
si j'ose dire, on peut faire un parallèle avec les parcours alpha,
les cours alpha, qui sont nés aussi d'une manière tout à fait différente en Angleterre,
mais qui présentent là la foi catholique, la foi chrétienne,
sur 10 mois, à raison d'une fois par mois,
ou 10 semaines plutôt, une fois par semaine, un dîner,
une ambiance conviviale, et à la fin du dîner,
après, à tous ceux qui désirent en savoir plus sur la foi chrétienne,
un homme ou une femme qui n'est pas forcément un prêtre,
évidemment, pour les femmes, bref, expose un aspect particulier de la foi.
Alors, vous retrouvez la même ambiance conviviale dans les foyers de charité,
bon, là, il y a une idée de lieu, une idée de temps,
puisque c'est sur 6 jours, à raison du temps du perfinet,
il y a 4 conférences par jour, une heure et demi chacune,
et il avait un don pour la prédication, il racontait des histoires,
donc ça se passait très bien, et Marc tenait aussi à cette ambiance conviviale,
un accueil chaleureux, une bonne nourriture, une maison confortable,
ce qui est le cas à Baye où je suis, dans ce vieux château qui a été restauré, heureusement.
Bref, on n'attrape pas des mouches avec le vinaigre, disait Saint-François de Salle,
mais avec le miel de la charité. Donc, présentez ainsi,
donnez l'occasion à tous ceux qui viennent, qui ne sont pas forcément des catholiques,
pratiquants ni même baptisés, qui désirent simplement mieux connaître
ce trésor de la foi chrétienne et rencontrer Jésus,
sans encore le connaître bien, en même temps par l'aspect de prière,
puisqu'il a des temps de prière, bien sûr, mais aussi de charité fraternelle,
la qualité de l'accueil et puis, bien sûr, les enseignements,
puisque c'est pas le tout d'avoir un coup de cœur pour Jésus,
encore faut-il mieux le connaître pour mieux l'aimer, celui qui nous aime plus que personne ne nous aime.
Et c'est ainsi que, du lundi soir, au dimanche d'après, il y a cette présentation.
Et je trouve que c'est un coup de l'Esprit Saint très intéressant pour la nouvelle évangélisation,
pour aller aux périphéries, comme nous y invite aujourd'hui le Pape François.
Nous accueillons souvent à Baye, qui est le 11ème foyer de charité,
qui est né en 1960 après une retraite du fondateur,
en tant que retraitant à Châteauneuf de Gallor, une rencontre avec Marte,
une rencontre avec le père Finet.
Et cette retraite permet ainsi à ceux qui se laissent toucher par la grâce
de poursuivre leurs chemins.
Et je crois que nous en avons tous besoin.
Parfois, ceux qui ont fait une retraite fondamentale,
pensent que ça suffit comme ça, et qu'ensuite ils peuvent faire une retraite d'approfondissement
sur un point particulier de la foi.
C'est à mon avis une tentation de consommation qui n'est pas tout à fait juste.
Parce qu'en effet, il peut y avoir ce drame de la consommation dans notre monde,
manger mais aussi bouger, je dirais, dormir et prier,
pour un bon équilibre de vie, corps, âme et esprit.
Et le père Finet disait, il faut que les foyers de charité soient comme des séminaires pour adultes.
On forme des prêtes dans les séminaires, maintenant on fait des séminaires toutes catégories,
et c'est des biscéminaires qui n'ont pas forcément grand chose à voir avec la foi.
Et il y a un rythme qui aussi, là, peut être bien plus dense que ce que nous connaissons.
Mais l'idée, c'est que le Seigneur appelle des ouvriers à la moisson toutes catégories.
Et le but, c'est que les anciens retraitants deviennent à leur tour missionnaires.
Le père Finet parlait des hommes sûrs qui peuvent être des femmes.
C'est une allusion à saint Paul, deuxième lettre de saint Paul à Timothée chapitre 2 verset 2,
confie le dépôt à des hommes sûrs qui, à leur tour, le transmettront à d'autres.
Et souvent, à l'époque où je suis allé moi-même, alors que je n'étais pas encore du tout prête, bien sûr,
on ne n'est pas prêtre, on le devient, et j'étais en formation tout de même, déjà,
et il y avait ainsi 250 retraitants à Châte-Neuve de Gallard,
qui étaient venus par le bouche à oreilles.
Martin n'était pas encore connu comme aujourd'hui, où son procès de béatification était ouvert,
il a déjà été déclaré vénérable, et c'était une grâce extraordinaire.
Martin souffrait et offrait ses souffrances pour la conversion des retraitants.
Le père Finet prêchait et les retraitants se convertissaient.
J'en ai bénéficié moi-même, donc je peux en parler en connaissance de cause,
et le trésor de notre foi, nous n'avons jamais fini de la profondir.
Le père Finet recommandait une retraite de 6 jours, comme celle-ci, tous les ans.
Et c'est nécessaire dans un monde difficile, difficile et passionnant,
mais il faut mieux être armé avec les armes de Dieu pour affronter l'adversaire,
avec un grand tas. Le démon, comme disait le père Jacques Hamel,
avant d'être assassiné par ses agresseurs,
des pauvres jeunes endoctrinés, qui étaient ainsi manipulés.
C'est par les armes de Dieu que nous pouvons changer le monde.
C'est là où il faut faire attention aux évolutions du vocabulaire.
Quand on parle de martyr au sens chrétien,
c'est des amis de Jésus qui sont prêts à se faire tuer, mais non pas à tuer.
Au nom de leur message.
Alors je rengrâce à Dieu vraiment pour tout ce que j'ai reçu.
Et je suis heureux de cette occasion de partager un peu plus ce trésor.
Je suis en vacances, mais être en vacances c'est pas forcément ne rien faire.
C'est plutôt faire autre chose.
C'est une première pour moi, d'une certaine manière,
de le faire et d'être mis en boîte.
C'est une mise en boîte qui est tout à fait appréciable
et que je l'espère servir à d'autres pour à leur tour rencontrer Jésus.
Vous avez maintenant plus de 70 foyers de charité dans le monde,
une douzaine en France.
Et je pense que quand Marte va être béatifié, canonisé,
ça va être une explosion, une bonne explosion bien sûr.
Mettre le feu de l'amour au monde, voilà le défi que tout chrétien
reçoit de la part de Jésus.
Nous ne pouvons pas garder pour nous tout seul ce trésor que nous avons reçu.
Il faut vraiment le partager si nous voulons que le plan d'amour de Dieu
qui désire le bonheur de tous les hommes soit connu et accueilli.
Merci de votre écoute bienveillante.
