...
Mais qu'est-ce que tu fais là?
Je sais pas. Je pense que tu passeras peut-être par là.
Hein? Quoi?
Je sais que tu passeras peut-être par là.
Non, on savait que tu serais, c'est pas pareil. Je t'ai sûre.
Non mais tu passes souvent par ici, je sais.
...
Bon, on y va?
Ouais.
Où?
...
On va se balader, non?
On se balade.
Tu fais bon?
Ouais, ok.
Je suis sûre.
On y va.
...
Come on, come on, come on.
...
J'arrive pas.
...
J'arrive pas.
...
J'arrive pas, je suis intimidée.
...
Quelques fois, je me dis que je suis pas assez féminine pour ton bout.
...
Est-ce que tu penses que je devrais être plus féminine?
Ben non.
Peut-être que je devrais être plus masculine?
Ben non.
Est-ce que tu me trouves trop féminine?
...
Si je t'aimais pas autant, ça aurait aucune importance.
Tu te souviens de la première fois qu'on s'est vus?
Sur la plage?
En pleine nuit?
Tous ces gens et ce grand feu?
...
Et la brume et les embruns?
Et cette lune?
Et tous les autres qui dansaient, qui faisaient des saupérieux,
qui rayaient aux éclats?
Et toi? Tout droit? Immobile?
Les yeux fixés sur un château de sable?
Dans ton maillot de bain si blanc?
...
Tu avais la lune derrière toi.
Devant toi.
Autour de toi.
Elle te baignait.
Elle te consumait.
Tu étais transparent.
Translucide.
Un phare.
J'étais stupéfaite.
Stupéfie.
...
Une regarde se sent rencontrée.
Le coup de foudre.
...
L'eau montait le long de mes jambes.
...
J'étais pétrifiée.
Régidifiée.
Immuable.
J'ai soutenu ton gare.
Et dans tes yeux, j'ai lu un désir sans pudeur.
Un désir brutal.
Impérieux.
Bastial.
Sans pitié.
Sans remords.
Je suis restée debout.
...
Hypnotisée, magnétisée.
Mes gestes pétrifiés.
Une araignée prise dans sa toile.
...
...
...
...
