Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro paroles d'experts consacré aujourd'hui au
crowdlending, moins connu que son cousin, le très populaire crowdlending. Le crowdlending
n'est ni plus ni moins qu'une variante du financement participatif. Les plateformes
de crowdlending proposent des maîtres en relation des investisseurs privés avec des
particuliers ou encore des entreprises. Pour les investisseurs, c'est une
alternative bien plus rémunératrice que le simple Livrea. Dans un pays où le
monopole bancaire est très présent, ces derniers se font distancés par des
acteurs plus agiles, plus rapides et moins exigeants. Pour nous accompagner sur
ce sujet, un expert, Nicolas Pereira, fondateur de Soliland. Bonjour.
Bonjour. A tout juste 26 ans, vous venez de
faire la une de Forbes pour votre projet dont on parlera dans quelques
instants. Première question déjà, quel état d'élu ont fait des différents
financements participatifs? Crowdlending, crowdfunding mais aussi equity.
Le lending donc c'est le prêt. C'est la possibilité pour des particuliers ou des
entreprises de prêter à des entreprises ou à des particuliers. Le crowd
equity c'est la possibilité pour des particuliers ou des entreprises d'investir
en d'autres entreprises via des prises de participation au capital et le don
donc c'est essentiellement tourné vers les associations et là ce sont plutôt
des particuliers qui vont pouvoir soutenir des assauts via ces plateformes de
financement participatif. Quel bilan faites-vous aujourd'hui de ces
différentes plateformes de financement participatif en France?
Alors la dynamique du financement participatif est très bonne en France donc
de 2015 à 2016 le marché a cru de 60% donc on est dans une très bonne
dynamique. Il y a eu des améliorations juridiques qui ont permis le
développement du crowdfunding et donc aujourd'hui tout est fait pour mettre en
avant ce type de financement et par ailleurs cette dynamique elle est
soutenue par la volonté des gens de pouvoir financer directement des
projets qu'ils choisissent et c'est ça qui fait la force du crowdfunding et sa
dynamique aujourd'hui. S'agissant du crowdfunding plus
spécifiquement pour quel type de client finalement vous le conseillez?
Alors le crowdfunding s'adresse donc soit à des entreprises qui veulent se
financer soit des particuliers qui veulent trouver un autre moyen de
diversifier leur épargne donc si vous êtes une entreprise le crowdfunding est
adapté pour financer tout type de projets. Une entreprise va s'y
adresser lorsqu'elle a besoin de lever de la dette rapidement puisque la force du
crowdfunding c'est la rapidité du traitement et la rapidité du
financement et quand on est un particulier à l'inverse quand on va
s'adresser au crowdfunding plutôt lorsqu'on cherche tout simplement à
diversifier son placement quand on a de l'argent à la banque et qu'on souhaite
le mettre dans d'autres placements comme tout raisonnement que peut mener un
particulier et donc on choisit le crowdfunding parce qu'on peut sélectionner
des projets qui nous tiennent à coeur sur lesquels on va effectivement
investir avec un retour sur investissement. Et on a une maîtrise de
où va notre argent pour le coup. Exactement la force du crowdfunding c'est qu'on
choisit et on sait exactement à quoi sert l'épargne que l'on peut avoir sur
ses plateformes donc c'est ça l'avantage. C'est un secteur qui juit d'un
environnement réglementaire plutôt favorable est-ce que vous pensez que ça
aide finalement à sa popularité aussi? Aujourd'hui il y a une vraie dynamique
qui est soutenue par les pouvoirs publics qui mettent en place en fait cet
environnement favorable. Très récemment a été voté une loi pour permettre de
plafonner les taxation sur les revenus de ces placements donc ça va permettre de
renforcer encore l'attractivité du crowdlundi mais de tous les
financements partifatifs tels qu'ils soient. La France est quand même un pays où le
monopole bancaire est très présent. Comment elle se positionne aujourd'hui
vis-à-vis de vous, complémentaires ou concurrentes? Les plateformes se positionnent
plutôt en concurrence des banques et donc elles avaient un discours très
virulent vis-à-vis des banques. Aujourd'hui ça a un petit peu évolué et on
voit en fait que les banques et les plateformes ont plutôt tendance à
collaborer. Comment vous expliquez aujourd'hui tout de même que des
investisseurs choisissent d'investir dans des domaines qui sont peu connus
comparativement à des institutions historiques? Alors je crois aujourd'hui
qu'il y a un environnement qui n'est pas très favorable aux institutions
historiques c'est-à-dire les banques. Moi j'ai la conviction que les gens veulent
donner du sens à leur argent, veulent donner du sens à leur épargne et demandent
de savoir à quoi sert leur argent et dans une banque lorsque vous placez de
l'argent vous ne savez pas où va votre argent, ce que ça finance, des armes, du
nucléaire, du pétrole, ça peut financer n'importe quoi. Vous n'avez pas la
maîtrise de ça. La force du crowdfunding et de tous les
financements participatifs c'est qu'on garde cette maîtrise et c'est pour ça
que les gens ont tendance à aller vers ce type de placement parce qu'au final
ça fait sens d'aller vers des projets que l'on choisit nous-mêmes.
Je suis convaincue comment est géré le risque d'un point de vue emprunteur et
aussi investisseur? On demande des éléments, des éléments
financiers assez poussés pour comprendre la situation financière de l'entreprise
mais également son business model et comment à l'avenir elle pourra rembourser
le prêt qu'elle va souscrire auprès de cette communauté. Par ailleurs pour les
particuliers lorsqu'ils choisissent d'investir les taux sont assez élevés
puisqu'on va être autour de 4 à 7% voire 8%. Donc ces taux élevés
rémunèrent un risque qui continue d'exister même s'il y a ce travail
d'analyse des entreprises qui vont être financées, il y a une rémunération du
risque. Alors le taux de défaut en France est faible mais malgré tout il y a
toujours ce risque qui demeure. Donc il faut investir en diversifiant
ces placements et ne pas mettre tout sur une seule entreprise ou une seule
plateforme ça a du sens de pouvoir diversifier. Aujourd'hui vous êtes le
fondateur de l'entreprise de Soliland justement une plateforme de crowd
lending. Pourquoi avoir privilégié finalement le crowd lending dans des
domaines qui sont plutôt humanitaires? Alors Soliland c'est effectivement une
plateforme de financement participatif par le prêt pour des projets d'impact.
Donc ce que j'appelle des projets d'impact c'est des projets qui lorsqu'ils
sont menés vont changer réellement la vie des gens là où ils vont être
implantés. Donc en l'occurrence Soliland aujourd'hui va plutôt développer des
projets sur les pays émergents et notamment en Afrique où on va apporter
l'électricité, on va apporter l'eau, on améliore l'accès à l'éducation, à la
santé, le développement de l'agriculture, le traitement des déchets.
Tout ça ce sont des sujets qui effectivement traditionnellement sont
plutôt traités sur du don donc on a l'habitude de donner pour ce type de
cause. Nous on a préféré prendre la part du prêt parce qu'on pense qu'aujourd'hui
cette culture du don arrive un petit peu à bout et que même si c'est très
important qu'il y ait des ONG qui soient sur le terrain il faut trouver d'autres
moyens d'accompagner les développements sur place et par le
prêt on crée en fait sur place des business model qui permettent de créer des
infrastructures qui soient durables à la fois pour l'accès à l'eau et l'accès à
l'énergie et c'est très important pour assurer le
développement et enclencher un cercle vertueux de développement pour ces
populations parce que par le don lorsque les projets sont
implémentés en général six mois ou un an plus tard plus rien ne fonctionne
parce que la maintenance n'a pas été assurée parce que les les personnes
sur place n'ont pas été formées pour entretenir donc c'est pour ça qu'on a
choisi le prêt parce que sur place on crée vraiment des écosystèmes qui
sont viables et durables. Pourquoi cette exigence éthique et morale et surtout
comment vous sélectionnez finalement les dossiers? Alors c'est ce que j'ai dit
tout à l'heure par rapport à l'exigence éthique et morale je pense qu'on est
rentré dans une ère que je vais qualifier l'ère de la preuve c'est à dire
qu'aujourd'hui les gens ne font plus confiance sans avoir de preuve que
qu'on leur vend c'est la vérité donc nous on s'associe avec des acteurs de
la mesure de pas qui sur le terrain vont voir quand on implemente des projets
qu'est ce que ça crée qu'est ce que ça fait quand j'amène l'électricité dans
un village je vous assure que ça change la vie des gens il y a aucun problème
j'en doute pas mais il faut le mesurer et donc on le mesure et ensuite on fait un
rapport qui sera trimestriel à nos emprunteurs à nos prêteurs
qui sont sur la plateforme la communauté pour qu'elles puissent suivre les
projets et cet engagement il vient de ce que je disais tout à l'heure c'est à dire
il y a une telle méfiance autour du milieu de la finance moi je crois que
pour changer le monde d'une certaine façon il faut changer la manière dont on
le finance et donc par la finance participative on peut grâce à cette
traçabilité créer une finance qui soit plus durable plus humaine et c'est ça
l'enjeu qui est pour moi le plus central sur le projet de solilin de mes deux
manières générales dans le financement participatif pour la sélection des
projets donc nous en fait on a des critères qu'on a défini qui sont en fait
des critères d'impact et donc lorsqu'on reçoit un projet on s'assure que les
porteurs de projet soit en accord avec nos valeurs ce qui est la base mais
quand même c'est important et ensuite que les projets qui vont
implémenter vont être bien gérés qu'ils sont durables qu'ils créent des emplois
sur place et que l'impact est réel et mesurable et pour tous les projets que
l'on a sélectionné jusqu'à maintenant et donc on en a un nouveau qui est en cours
et qui est lancé depuis quelques semaines et qui va permettre l'accès à
l'eau pour 16 000 personnes en code d'ivoire ce projet là on va pouvoir
mesurer concrètement que effectivement les gens actuellement ils n'ont pas
accès à l'eau ou très peu et demain ils auront de l'eau potable disponible très
peu cher et c'est ça qui finalement fait que le projet est acceptable sur
solilin. Alors les projets les plus plébiscités sur la plateforme? On a
constaté effectivement que les projets sur l'énergie et l'eau sont ceux qui
rencontrent le plus grand succès parce que ça parle à tout le monde ça fait
vraiment sens de soutenir ce type de projet. Vos projets et perspectives pour
l'avenir? Comme je l'ai disais donc solilin bénéficie d'une très bonne
dynamique aujourd'hui étant mieux ça veut dire que ce sujet l'a plé et que
les gens sont volontaires pour pouvoir participer à ce type d'aventure nous on
vise effectivement une communauté qui sera au moins de 10 000 personnes d'ici
la fin 2018 pour pouvoir financer toujours plus de projets va à partir de
l'année prochaine devenir une plateforme d'impact global donc ne plus se
contenter de financer des projets dans les pays émergents mais aussi financer
des projets d'impact en Europe où il y a une nécessité d'accompagner la
transition énergétique il y a nécessité d'inventer de nouveaux modes de
consommation et tout ça on va pouvoir soutenir les projets qui font sens et
qui vont vers un monde meilleur. Merci infiniment pour votre intervention et pour
vos initiatives surtout. Merci à vous pour votre invitation. Merci à vous de nous
avoir suivi on se retrouve bientôt pour un prochain numéro de paroles d'experts.
