C'est pas assez du chose, tout.
Donc, monsoir, je m'appelle Jean-Sébastien Ferjoux et je suis le fondateur et le directeur de la publication d'Atlantico,
dont effectivement, un certain nombre de gens ont retenu l'idée qu'on était le site de droite,
bien que ça n'ait jamais été notre intention en tant que tel le matin,
parce que vous imaginez bien qu'on ne se lève pas le matin en disant,
tiens, comment je vais faire une info de droite.
Je suis venu avec un petit document qu'on avait fait à l'occasion de nos deux ans,
qui sont encore tout récents puisque c'était il y a deux mois,
pour expliquer un peu justement qui on est.
Et pour le coup, le mot qui me paraît, moi, le plus important, plus que droite,
même s'il y a après, je ne trouve pas que ce soit un qualificatif infamant loin de là,
c'était différent.
Et ce qu'on a toujours voulu et ce qu'on essaye de faire, c'est de faire des choses différentes,
et du reste, c'est un peu les retours qu'on en a parmi nos lecteurs.
Donc là, on avait détourné un logo, mais Apple avait pensé à ça,
think different, et c'est vrai que nous, ce qu'on essaye plutôt de faire,
c'est de se poser des questions de manière un peu différente,
et d'avoir un mode de fonctionnement qui ne soit pas tout à fait celui des médias traditionnels.
L'autre jour, j'en parlais avec quelqu'un qui me disait,
mais vous faites un peu du fact checking, ce concept un peu à la mode de vérifier
les informations qui sont données si tout tel ou tel chiffre est vrai,
tel ou tel information est vrai.
Et en fait, l'idée m'est venue plus que du fact checking.
Ce qu'on faisait, nous, c'était...
C'est un mélange de mots anglais et français, mais du raisonnement checking.
Si on nous annonce une réforme des retraites, est-ce que le point de départ,
est-ce que la grille d'analyse qui était au départ était la bonne
par rapport aux mesures qui ont été choisies ensuite?
Donc vraiment, nous, ce qu'on s'effort de faire, c'est de trouver les questions,
parce que tout est dans la question, parce que sinon, si ça est juste de reposer,
de faire des dépêches, on ne va pas être plus fort que le reste des médias,
il y a des médias installés qui le font mieux que nous.
Il y a des agents de presse qui, d'autre façon,
ont toujours les moyens de faire mieux que nous,
donc ça ne sert à rien d'aller se battre sur le terrain de gens qui déjà le font bien,
et au-delà de ça, en plus de moyens que nous en le faisant en étant une start-up.
Donc c'est ce que je vous disais, on est envahis d'informations,
on manque de sens, on manque de compréhension, il n'y a jamais eu autant d'informations,
il n'y a jamais eu autant d'ailleurs de sources d'informations,
puisque, mais c'est une réflexion qu'on pourrait peut-être avoir ensuite,
il me semble que jusqu'à il y a une dizaine d'années, peut-être,
il pouvait y avoir une forme d'équation qui se faisait entre information et média.
C'est plus le cas maintenant.
La plupart d'entre nous, nos sources d'informations, elles sont certes dans les médias,
on a besoin des médias, on a besoin de journalistes,
on a besoin de quelqu'un qui fasse un travail de vérification, de validation,
mais il y a aussi toute une part d'informations qui nous vient par ailleurs,
qui nous vient des réseaux sociaux notamment,
ou parce que les uns ou les autres, quand on se pose une question sur quelque chose,
on est en train de regarder la télé,
où on est dans un magasin ou dans la rue, on voit quelque chose,
et tout de suite, on se met sur Google et on pose une question
et on trouve des informations aussi ailleurs que dans la sphère des médias,
et nous, on essaye aussi de traiter ça les informations qui viennent d'ailleurs,
on essaye aussi un certain nombre de fois de répondre aux rumeurs qui circulent sur le web,
plutôt que de les laisser enfler ou de les laisser pourrir,
c'est vrai que des fois, voilà cet exemple sur la viande halale en été 1,
on n'arrêtait pas de recevoir et de se rendre compte dans les commentaires que les gens mettaient sur le site,
ou qu'il y avait des tas de messages qui circulaient sur la viande halale
et la réalité de la viande halale, plutôt que de laisser la situation pourrir,
autant affronter la question de face et la manière de faire,
c'est en trouvant les interlocuteurs qui sont les plus pertinents possibles.
Donc après, comme vous voyez là, parfois on fait des séries,
on revient plusieurs fois sur une même question parce qu'on s'adresse à différents interlocuteurs,
parce que précisément, les interlocuteurs, c'est aussi ce qui fait la richesse du modèle.
Alors là, vous voyez, ce slide-là, c'était juste un clin d'œil pour rappeler
que l'on ne se trompe pas toujours dans nos questions.
Dès le mois de mars, quand François Hollande avait fait sa proposition à 75%,
on avait nous constaté que vraisemblablement, elle serait un constitutionnel,
ce qui effectivement a été le cas au mois de décembre, mais ça arrive un certain nombre de fois,
parce que précisément, ce qu'on fait, c'est d'aller chercher les gens qui savent.
Donc c'est-à-dire, si on veut poser une question économique,
si on veut poser une question, je voyais un graphique ce matin qui était très intéressant,
par exemple, qui comparait les résultats de l'économie américaine
et les résultats de l'économie européenne. Et qu'est-ce qu'il y a eu de différent?
Quels ont été les réponses de politique économique différente?
Et le graphique, il était très intéressant.
Donc après, c'est être capable d'aller chercher les gens qui sont capables
de nous expliquer la politique monétaire américaine,
qui sont capables d'expliquer les politiques d'assouplissement monétaire.
Et ça, on le fait aussi en croisant les regards.
On n'a pas vocation à s'enfermer dans une chapelle,
parce que quel qu'était les étiquettes qu'on nous a collées.
Moi, ça m'intéresse pas d'être libéral ou conservateur, ou ci ou ça,
mais au contraire de croiser les regards.
Alors, c'est sûr qu'on le fait en étant dans un univers idéologique.
Qu'est-ce qu'il y a?
On ne va pas devenir brutalement alter mondialistes.
Mais comment?
Oui, il y a une certaine main.
On peut parfois faire les mêmes constats,
ou s'attaquer aux mêmes questions,
mais en assumant, effectivement, qu'on le fait avec un esprit
qui est quand même relativement différent de la plupart de nos concurrents
sur le web.
En tout cas, ce n'est pas le cas dans les médias plus traditionnels,
mais sur le web, c'est vrai qu'il y a un espèce de conformité idéologique, intellectuelle,
ou peut-être même de conformisme,
où on essaye d'en sortir, quitte à ce que d'ailleurs,
on nous a beaucoup, au départ, on avait beaucoup dit nous qu'on allait être libéraux.
Parfois, les libéraux trouvent qu'on n'ait pas assez,
ou voilà, il y a toujours ce genre de...
Quoi qu'il en soit, sur ce réseau,
sur cette envie d'aller trouver les gens qui savent de quoi ils parlent,
quand on a lancé le site, on l'avait fait avec environ 300 personnes
dans notre carnet d'adresse.
Maintenant, enfin, on était à 1500 mois de février,
maintenant, on est à plus de 2000, à la limite, on ne compte plus vraiment,
parce que ce n'est pas ça qui a du sens.
Ce qui a du sens, vraiment, c'est chaque jour,
chaque question, qui était la personne, qui savait de quoi elle allait parler.
Qui savait vraiment, parce que c'est un universitaire
qui avait travaillé sur le sujet, parce que c'est quelqu'un sur le terrain
qui a été confronté à tel ou tel problématique,
parce que parfois, c'est intéressant de s'adresser à un commissaire,
si on veut parler, comme la semaine dernière,
des groupements d'extrême droite ou d'extrême gauche,
parce que eux, ils sont aussi confrontés.
Est-ce qu'il y a un durcissement ou pas dans la société française,
ils le voient aussi à hauteur du quotidien.
Donc voilà, c'est d'avoir ce spectre très large d'interlocuteur
auquel on s'adresse.
Donc voilà, il n'y a aucun interdit.
Il y avait même des actrices, mais ça, c'était un clin d'œuf.
C'était un truc qui avait été très viral sur le web,
Frédéric Bell, qui est une jeune actrice,
qui s'était fait censurer par Twitter au moment de l'élection présidentielle
pour propos que Twitter avait jugé incorrect,
mais les Américains sont assez pluritains.
Et moi, ce qui nous intéresse dans la rédaction,
c'est ce que je vous disais, aller plus loin, pas prendre.
On écoute France Info, on peut regarder des chaînes d'infos,
puis on entend des messages qui sont répétés toute la journée.
Et finalement, il y a un certain nombre de choses dont on n'est
même pas bien sûr de comprendre de quoi il s'agit.
Ou alors, des chiffres, là, c'était il y a quelques semaines,
on nous dit, ah tiens, il manque 6 milliards d'euros dans le budget 2014.
Mais de quoi est-ce qu'on est en train de parler?
6 milliards d'euros, rapporté à quoi il y a 1100 milliards d'euros
de dépenses publiques en France chaque année.
Quand on regarde, il suffit de lire les rapports de la Cour des comptes.
Il suffit de lire les rapports de l'Assemblée nationale
sur l'exécution du budget.
On voit qu'il n'y a aucune sincérité de l'exécution budgétaire.
Donc, est-ce qu'on cherche 6 ou est-ce qu'on cherche 50?
On n'en sait rien, à vrai dire.
Et c'est sans même parler des engagements hors bilan,
parce que ce qui coûte vraiment cher à l'État,
ce sont les engagements hors bilan, c'est les retraites
mon budgété des fonctionnaires.
C'est tout ce qu'on a mis pour le sauvetage des banques.
On est en train de s'en rendre compte, là, encore,
dans le sauvetage de la Grèce,
que ça nous a coûté beaucoup plus cher que ce qu'on nous avait dit.
Les Anglaises sont aussi eux rendus compte que,
sans qu'on leur ait dit officiellement, ils avaient payé,
pourquoi pas, je ne conteste pas le principe,
ils avaient payé beaucoup plus pour le sauvetage des banques irlandaises
que ce qu'on leur avait dit.
Voilà, nous, on fait ce boulot-là de lire les rapports de la Cour de compte,
de lire les rapports de l'Assemblée nationale,
d'aller au fond des choses.
Alors après, modestement, avec nos moyens,
mais c'est vrai qu'on a une force de frappe
grâce à ce réseau de contributeurs
qui a été aussi conçu comme un radar à aider
et qui, je crois, fait un peu notre originalité
par rapport à d'autres modèles éditoriaux
qui se sont développés.
Et ça, du tout, au journalisme citoyen,
dans le sens où tout le monde aurait vocation
à prendre la parole sur tout et n'importe quoi,
ce ne sont pas forcément les gens qui pensent
qu'ils ont quelque chose d'intéressant à dire,
qu'ils ont effectivement quelque chose d'intéressant à dire,
il faut plutôt aller chercher ceux qui savent
de quoi ils parlent.
Mais donc voilà, on décline sur des tas de sujets différents,
sur l'inflation, sur d'autres.
Après, on est sur le web
et on ne fait pas de la télé
ou on ne fait pas de la presse écrite,
et c'est quelque chose, évidemment,
qui a un impact énorme
parce qu'à chaque support,
sa qualité d'attention et sa durée
d'attention, on ne lit pas
sur un écran comme on lit du papier.
Ce n'est pas le même niveau de lecture,
ce ne sont même pas les mêmes zones du cerveau
qui s'éclairent quand on regarde. Il y a des études
très intéressantes qui sont faites justement
sur les IRM qui montrent comment est-ce
qu'on lit. Si on lisait là, dans la bibliothèque
de la Sorbonne, ça n'activerait pas
les mêmes zones du cerveau que quand on lit
sur un écran et encore moins que quand on lit
et donc on s'efforce de s'adapter à ça
aussi, parce qu'il faut s'adapter,
on est aussi un produit, il faut s'adapter
à faire des choix d'efficacité
par rapport à la manière dont les gens
consomment effectivement
l'information sur le support qu'il y a le nôtre
à savoir le web. Donc c'est vrai
que nous aussi, on s'efforce
d'être dans quelque chose qui est de l'ordre
de l'efficacité et du service, pas uniquement
du décryptage éditorial
mais aussi on fait des revues de presse.
Personne n'a le temps de lire tous les ébdos
qui sortent chaque semaine. Nous on le fait
ce qui permet aux gens de savoir, en gros,
après on leur indique aussi si vous intéressez
plus à ça, aller le lire dans le point, aller le lire
et on met évidemment les liens vers les articles
concernés. Donc on avait
cette vraie logique là de service.
Autre exemple, par exemple, de la manière dont
on s'est posé la question
pour faire différemment, on n'a pas fait de choix
de rubrique, ce qui perturbait
un certain nombre de gens au départ, y compris
parmi les gens qui nous accompagnaient
financièrement nos actionnaires qui disaient
politique, économique, etc. Moi je disais non
parce que si on a ça,
tous les jours on va vouloir les remplir
et ce sera le meilleur moyen de faire quelque chose de tiède
plutôt que de se dire où est-ce qu'on a vraiment
quelque chose à dire d'intéressant
on essaierait de faire un peu tout
et c'est le meilleur moyen de gaspiller nos forces
encore une fois on est un média
qu'on n'est pas le monde, on n'est pas l'esprit
on n'a pas forcément vocation à parler de tout
on a vocation à nous se concentrer
sur les sujets sur lesquels il y avait quelque chose
d'important à dire et sur lesquels on pensait
qu'on pouvait apporter quelque chose
donc après on avait trouvé cette baseline
là parce qu'il fallait bien
nous en demander une aussi donc c'était un vent nouveau
sur l'info, on n'a pas réinventé le tiède
non plus, après c'est vrai
que vous le rappeliez, on nous a beaucoup
prêté certaines
certaines étiquettes politiques
et je pense qu'on a de fait un ton
qui tranche dans l'univers du web
pour moi la vraie différence, elle est parce
qu'on est une équipe à commencer par moi
qui ne venant pas de l'univers de la presse écrite
de la télé et de la radio et je ne sais pas
si c'est mieux ou si c'est moins bien
quoi qu'il en soit c'est différent, c'est une sensibilité
enfin un rapport à la réactivité
un rapport, une culture de l'audience
qui sont profondément différentes
juste un exemple très simple mais si on fait de la télé
de toute façon on est obligé de se soucer de la forme
plus qu'un journaliste de presse écrite
parce que si là je vous intervieuve et que vous êtes mal éclairé
ou votre micro est mal réglé, vous pourrez me dire les trucs
les plus intéressants au monde
le téléspectateur il ne regardera pas
il y a des écritures mais qui ont presque à voir
ça n'est pas que du rationnel
quand on consomme un média, il y a aussi le côté
émotionnel, finalement on est attiré
par une couleur, le décor de la météo
il peut vous faire, ou le décor du 20h
vous faire faire plus 10% d'audience
du jour au lendemain, simplement
parce que sans même qu'on en soit vraiment conscients
on est sensible à la manière dont
l'info nous est présenté, donc c'est aussi
des considérations qu'on a intégrées
dans notre manière de faire
parce qu'on ne venait pas de la presse écrite
on me disait beaucoup, un titre c'est
80 20 caractères maximum
et nous c'est mis à faire des titres très longs
et tout le monde nous disait, vous allez vous planter
et puis finalement ça marche et on bas nos records d'audience
de mois en mois, on est arrivé
à quasiment 3 millions de visiteurs uniques
en Google Analytics, ou selon mes diamétries
1 million 6 en fonction
1 million 6 en fonction des mois
et ça marche de mois en mois, on progresse
donc il semblerait qu'il y avait quand même
un terrain pour faire différemment
après c'est un autre exercice
moi je ne prétends pas qu'on fasse mieux que les autres
on fait quelque chose de différent
et comme vous voyez sur des titres
qui sont parfois très longs
cet article là ça avait été le record
de 2012, il a été lu plus
d'un million de fois
et aussi sur le ton
ce n'est pas juste une question de longueur
mais c'est une question de mettre les pieds dans le plat
d'aller plus directement de savoir dire le roi
et nu, parce que
encore une fois ça n'est pas la même chose
sur le web que sur du papier, quand on y a un journal
papier, on tourne les pages
et on va entrer dans un sujet parce qu'on voyait
une citation qui était mise en exergue
ou une photo ou un graphique qui a attiré notre attention
puis ça attire suffisamment votre attention
vous revenez en haut de l'article et vous le lisez comme ça
sur le web, nous sur la cover, sur la page d'accueil
à un instant t il va y avoir 80
entre 80 et 100 contenus
et les gens il reste 20 secondes
donc en 20 secondes il faut que je convainque quelqu'un
qu'il va me consacrer une minute de temps de cerveau
et qu'est-ce qu'il va trouver en cliquant sur ce papier là
donc après c'était
des paris qu'on a fait
dont il semblerait qu'ils émarquaient
marcher, pardon, après en assumant
parfois un ton
c'est vrai plus
décapant, peut-être un peu moins
classique, ce qui me fait plaisir
c'est que
pour le coup quand on l'analyse dans le midiométrie
on est numéro 1 en affinité
toute marque confondue, que ce soit
par rapport qu'on parle au Figaro, à l'expansion
ou à toute autre marque, sur les CSP Plus
et les cadres dirigeants, donc même si on a
un ton qui est voilà un peu
décalé, ça
semble marcher auprès des gens qui sont
comme on dit sur le marché de la pub
des décideurs
ou des vecteurs d'opinion
et après c'est aussi
savoir, enfin c'est toujours faire des choses sérieuses
mais sans se prendre au sérieux
cet article là, sous un
dehors, parce qu'un peu plus
absurde, c'est un vrai sujet
de santé publique
il se trouve qu'on se rend compte que dans les pays
occidentaux, il y a de plus en plus de maladies du système
digestif, parce que les toilettes
ne sont pas adaptées à l'anatomie humaine
parce qu'on est fait, enfin où l'homme est fait
pour être accroupi dans les bois
et pas sur des toilettes trop hautes, enfin bref
ce qui est expliquerait un certain nombre de...
mais oui
il semblerait que ce soit le cas, donc voilà, mais après
ce sont des vrais sujets aussi, mais il faut savoir
quand on fait ça, on le fait en allant voir
des médecins, des spécialistes
du sujet, on ne fait pas comme ça, juste pour le plaisir
en passant, même si on assume
de faire des titres un peu plus
absurde
et après, comme je vous disais
on nous a beaucoup collé ces étiquettes
mais ce qui revient c'est plutôt
le côté différent, et effectivement
j'assume qu'on
fasse quelque chose, on n'est pas
dans l'eau tiède, on est
sur des propos
qui sont plus singlants, quitte
à surprendre d'ailleurs parfois notre public
sur
ce papier-là, sur le
le plus grand album de l'histoire, ça peut
pas forcément dans le sens
des tenants du capitalisme financier tel
qui s'est développé ces dernières années, en même temps
c'est quand même vraiment intéressant de se poser
cette question-là, est-ce que pendant 20 ans
quand l'économie a fonctionné sur cet exigeant
de rentabilité de 15%
qui n'est pas practicable
par les entreprises, ça n'existe pas, ça existe
sur un secteur pendant un an, pendant deux ans
ça n'existe pas, il suffit de demander
un paysan, il va vous répondre, enfin le rendement
de la terre c'est 4 à 6% par an, maximum
et enfin bref
on peut aussi relire Marx de ce point de vue-là
mais on est prêt à confronter
justement toutes ces grilles d'analyse
différentes pour comprendre aussi
pourquoi on vit dans la crise
enfin la crise que nous sommes en train de vivre
et c'est vrai que c'est une période qui est fascinante
et qui est à la fois inquiétante
mais finalement curieusement
éditorialement on a de la chance
de vivre dans ce monde-là, on est dans un monde
enfin il y a un vieux monde qui est en train
qui n'en finit pas de mourir, un nouveau cacouche
et on n'a pas forcément les grilles de lecture
pour le comprendre et nous ce qu'on essaye de faire
comme je vous parlais tout à l'heure dans le raisonnement
de checking ou etc c'est de parler
essayer de comprendre
les logiques à l'œuvre
après ce qui a fait
notre différence et on a surfé
sur la vague d'un point de vue marketing
parce que au bout d'un moment de toute façon
nous renvoyait tellement la figure que autant l'assumer
les gens avaient beaucoup dit précisément
parce que les autres sites qui existaient
étaient eux considérés comme étant
à gauche, les gens avaient beaucoup dit
que nous on était le UMP curieusement
la droite était perçue
comme UMP et je remarque
c'est heureusement quelque chose qui avec le temps
s'est décalé, c'est un procès
qu'on nous fait beaucoup moins maintenant
qu'on soit droite c'est une chose
qu'on soit
soupçonné d'être
commande
c'est aussi une question qui nous est posée
mais vous savez pourquoi parce que je pense que profondément
ce qui surprend les gens c'est quand la contestation
vient de la droite et qu'on vit dans un univers
où depuis longtemps
la contestation venait de la gauche
et quand nous on est précisément dans cette contestation
qui s'attaque, enfin qui s'attaque on ne s'attaque à rien
on pose des questions sur le système libéral
mais on pose aussi des questions évidemment
sur l'économie follement
administrée qu'est l'économie française
mais voilà quand il y a une contestation
qui vient de la gauche jusqu'à présent ces dernières années
les gens avaient tendance à croire que c'est une contestation
qui ne pouvait venir que du front national
ce qui est absolument pas notre cas
mais c'est aussi
ça fait aussi partie des mauvais procès
qu'on nous fait
et moi j'ai été très surpris en faisant ça
avant comme je vous le disais je venais de l'univers de la télé
mais il y a des gens qui se sont dit à cesser de me parler
étonnamment
j'avais des amis dans des maisons de disques
dans des maisons d'édition un jour ils ont découvert
que je faisais Atlantico ils se sont dit
il y a des gens qui ont arrêté de me parler
ce qui me paraît quand même fou mais en même temps
extrêmement révélateur sur les rapports de force
ou les rapports de violence au sein
de la société française
après on ne sait jamais rien d'interdit
sur l'UMP
ni sur Nicolas Sarkozy
on me posait beaucoup aussi cette question
au moment du lancement du site est-ce que vous allez appeler
à voter pour bidule ou truc mûche
est-ce que vous croyez vraiment que quand bien même
je le ferais ça convaincre et ne serait-ce que ma grand-mère
il y a combien d'articles dans votre vie
à vous combien d'articles vous ont fait changer
d'avis un jour
éventuellement
on progresse parce qu'il y a un élément
on se dit ah oui tel élément
je ne l'avais pas intégré à ma réflexion
mais pour l'essentiel les gens
ils pensent quelque chose au début de l'article
ils continuent à rester dans la même famille de penser
à la fin de l'article mais on est là pour leur donner
des briques de raisonnement
qu'ils intègrent et c'est à eux de faire
enfin leur propre
leur propre recette c'est pas à nous
je crois pas une seconde que les médias
évoquent à être prescripteurs et vous dire
voilà quoi penser parce que moi je pense que c'est comme ça
vous devriez penser que c'est comme ça
et il semblerait que finalement
encore une fois ça marche
c'est vrai qu'on a fait peut-être parce que c'était
la crise plus d'économie que ce qu'on imaginait
on a gagné pas mal de crédibilité
de ce point de vue là je le constate
auprès des économistes
qui travaillent volontiers
volontiers avec nous finalement
quel que soit leurs horizons
et encore une fois
enfin on a pas de sujets interdits
et si on a envie de poser des questions
sur les banques on pose des questions sur les banques
enfin bref il n'y a pas de tabou
dans les questions qu'on se pose
après mais là on revient un peu plus
sur de la forme comment s'y est pris
je sais pas si c'est très intéressant mais juste un détail
ce détail là tout le monde nous avait dit
aussi prévoyer
des budgets, des dépenses marketing, de comm
je vois pas mal de titres qui se sont lancés
depuis donc certains récemment
avec des grosses campagnes de pub
nous depuis deux ans on s'est lancés
on a dépensé 0 euros en comm
ou en pub et on est devenu
en fonction des mois 1er ou 2ème
mais des sites indépendants à savoir des sites
qui ne sont pas adossés à un média préexistant
que ce soit le membre, le point RTL
ou autre donc voilà
en deux ans après
ça reste à consolider
ça reste à parfaire, on a bien des défauts
mais on a réussi
au moins
au moins ce défilat partiellement aussi
parce que vous vous y faisiez référence au début
on a su sortir
des informations en exclu
il n'y a plus à voir on était tout jeune à ce moment là
des informations sur DSK
à l'époque pas celles que les gens ont retenu paradoxalement
parce qu'il y a aussi beaucoup de fantasmes
et plus récemment
l'histoire du mur des cons
et voilà et très très vite
on a été repris
par nos confrères dans les revues de presse
voilà je constate
ce qui me fait plaisir aussi qu'à l'étranger
il y a des américains qui nous aiment bien
qui de fait travaillent avec nous
des sites comme business insider
vous devez connaitre la finitaine poste
c'est un peu l'équivalent mais version eco
voilà qui sont aussi proches de nous
donc voilà de temps en temps
c'est l'ancien start up
c'est beaucoup de travail mais de temps en temps
faut se faire plaisir aussi en sachant
voir ce qu'on a réussi
voilà quand je le disais
on est aussi sur des chiffres de trafic qui sont
en très forte progression et ça continue
on a à nouveau bêtu alors sur le mois de mai
on était plus stable par rapport au mois d'avril
parce que les ponts sont
enfin on est vraiment sur une fréquentation
du bureau donc les vacances scolaires
sont des moments qui sont mais je pense
pour l'ensemble des médias
mais sur le mois d'avril on a encore bêtu notre corps
comme je le disais tout à l'heure
à quasiment 3 millions de personnes différentes
qui viennent sur le site chaque mois donc voilà
ça c'était la courbe
qu'on avait arrêté à février mais elle a continué
et puis maintenant
nous on avait lancé
cette aventure là
pas seulement pour se faire plaisir
pas seulement pour proclamer notre vision
du monde à la population et Berluet
qui avait bien d'autres choses à faire
que d'attendre ça mais aussi parce que c'est
une entreprise et donc avec un business model
avec un business plan avec un modèle économie
et le modèle économie qu'on avait privilégié
c'était la gratuité dans un premier temps
parce que sur du généraliste
je pense qu'il est très difficile de faire payer
on peut faire payer sur des niches
on peut faire payer quand on est sur un concept
éventuellement comme médiapartes parce qu'ils font de l'enquête
on pourrait éventuellement faire payer si on faisait du turf
parce que vous trouverez un intérêt
vraiment si on le fait bien en tout cas
ou un horoscope
vous trouviez qu'il serait vraiment meilleur que le truc
d'à côté quand la même info est disponible
à un clic en gratuit je crois pas
qu'il y ait beaucoup d'avenir sur du généraliste
après je pense que le marché
est maintenant plus mûre aussi
pour des produits payants
et que nous on a créé la vitrine et que maintenant
que la vitrine est créée même si encore une fois
elle reste évidemment à développer
maintenant on va passer à des produits payants
dont la première étape
est celle de mini livres numériques
en faisant le pari
il y a beaucoup de livres de journalistes
je parle pas de livres universitaires
qui est évidemment vocation à être sur des formats plus longs
mais il y a finalement des tas de livres
quand on en a lu les bonnes feuilles on a tout lu
enfin ça c'est sur le contenu
et par ailleurs quand je le vois du point de vue du consommateur
on n'a pas forcément ni le temps ni l'argent
pour acheter 20 livres à 20 euros
chaque mois donc pourquoi ne pas se concentrer
sur des choses plus condensées plus adaptées
à des formats tablettes
donc ça c'est la première
on a lancé l'univers il y a une dizaine de jours
atlantico-édition
pour des mini livres d'actu comme ça
et puis on a d'autres projets en développement
de produits payants
솔직히 tout le monde peut jinxer le programme auto-immigré
