A son retour à Cuba, Che Guevara est accueillie très froidement par Fidel Castro.
On ne critique pas ses alliés.
Ils se sont retrouvés dans une maison et se sont entretenus pendant 40 ou 42 heures.
Lorsque le tché en sort, il n'est plus commandant et il n'est plus ministre.
Il n'est pratiquement plus rien. Il n'a plus aucune responsabilité.
D'après Castro, le parti communiste de Bolivie devait soutenir le petit groupe de rebelles.
Mais ce parti et l'URSS sont contre toutes les aventures révolutionnaires de Guevara.
Ils déplacent son groupe dans la forêt tropicale.
Mais là non plus, les guerriers rosses ne bénéficient d'aucun soutien.
Quand nous sommes arrivés en Bolivie, 95% de ce qu'avait promis Fidel avait soudain disparu.
Guevara et ses hommes sont trahis par un indique.
1800 soldats boliviens les encerclent.
Blessés par balle à la jambe, Che fait prisonnier.
On est allé chercher un petit banc sur lequel il s'assit.
Il est déligoté depuis un moment et c'était pas facile pour lui de s'étirer.
Puis nous avons commencé à discuter.
D'après Félix Rodriguez, sa mission est de garder Che Guevara en vie.
La rupture entre lui et Fidel Castro était connue de la CIA.
Mais le président bolivien en a décidé autrement.
Je lui ai demandé si je devais transmettre quelque chose à sa famille.
Son expression a changé.
Dites à Fidel que bientôt la révolution vaincra en Amérique centrale.
Puis son visage change à nouveau.
Et dit à ma femme qu'elle se remarie et qu'elle soit heureuse.
Nous sommes serrés à la main.
Sa jambe ne semblait plus le faire souffrir.
Nous nous sommes pris dans les bras puis il s'est mis en position.
Il pensait que c'était moi qui allait l'exécuter.
Je suis sorti et j'ai ordonné à un soldat d'exécuter.
Ne tirez pas dans la tête, lui, et je dis.
Il doit avoir l'air d'être tombé pendant la bataille.
À Cuba, la situation est désespérée.
Avec l'aide de la délégation américaine et d'autres ambassades,
mais aussi clandestinement par la mer,
des milliers de Cubains rejoignent les États-Unis.
Udor Bachev voulait de la clarté, de la transparence, de l'honnêteté.
Vous imaginez?
Fidel était un opposant convaincu de la transparence et de l'honnêteté.
Il était clair pour lui que ce serait la fin de l'Union soviétique.
Et ce le fut.
Une crise en Union soviétique a forcément des conséquences à Cuba
car Cuba est totalement dépendante de l'URSS.
Cinq milliards de dollars d'aide pour l'économie
et un milliard pour l'armée parent.
L'île sombre dans l'une des crises les plus dures de son histoire.
Fidel n'a plus que l'arme du bluff.
Encore une fois,
Castro bénéficie du soutien involontaire américain.
Il s'appelle James Quezon.
Il est nommé chef de la section des intérêts américains à Cuba
et il invite les dissidents Cubains.
Lorsque j'ai pris mes fonctions,
il y avait dans Cuba un grand mouvement d'opposition
qui se manifestait à travers des groupes indépendants,
des journalistes, des médecins
et un tas de librairies indépendantes.
Il y avait un grand mouvement d'effervescence
dans toute cette opposition
qui a tenté de repousser les limites de la liberté d'expression
aussi loin qu'il le pouvait.
Dans un premier temps,
le gagne cubaine reçoit pour consigne de ridiculiser Quezon.
Depuis la révolution,
la dissidence est réprimée.
Les opposants croupissent dans les prisons
où sont exilés de force.
Alors, lorsque la guerre d'Irak éclate en 2003,
Fidel n'hésite plus.
Qui se souciera de ce qu'il fait à Cuba?
Ces services de sécurité montent un piège.
Des agents infiltrés chez les dissidents
poussent à la tenue d'une conférence de presse
comme avec le diplomate américain, James Quezon.
Les participants tombent dans le piège
et l'Américain apparaît comme complice de l'opposition.
Castro peut frapper.
Le 20 mars 2003,
il organise une rafle dans tout le pays.
75 dissidents sont arrêtés et jetés en prison.
La méthode utilisée par les autorités
a été d'une extrême dureté.
Pour mon père et pour tout Cuba,
la conséquence a été la décapitation totale
de toute l'opposition.
C'était également un message clair
adressé à tous les Cubains.
Un message de terreur qui leur a dit
« Nous sommes ceux qui donnons les ordres.
Vous, peuple et cubain,
ne pensez pas un seul instant
de pouvoir de changer les choses ».
Mais en 2004,
le premier a vraiment tombé physiquement.
C'est Fidel Castro lors d'un meeting à Santa Clara.
À ce problème s'ajoute une question plus grave
pour la survie du régime.
Le modèle en place dans ce pays
ne fonctionne plus du tout.
J'ai un frère de 17 ans
et si vous lui parlez de la révolution
et de ses icônes,
il décroche.
Il n'écoute pas le discours traditionnel.
Par contre, je peux discuter
avec lui de la Ligue des Champions,
de Bibule et là, il connaît tout par cœur.
Le reste ne l'intéresse
plus du tout comme toute la jeunesse cubaine.
La solution passe par un nouvel apport d'oxygène
à une population coupée du reste du monde
depuis si longtemps.
Et politiquement,
cela doit passer par l'ouverture d'un dialogue
avec les États-Unis.
Overture à l'extérieur,
mais à l'intérieur,
le régime est toujours totalitaire.
Les Cubains peuvent devenir propriétaires,
mais vivent avec 20 dollars par mois.
L'initiative individuelle
est depuis si longtemps étouffée.
Dans ce pays,
c'est l'État et sa pesante administration
qui emploie la majorité des Cubains.
Je crois qu'autoriser pleinement,
librement l'usage d'internet
est une nécessité pour les Cubains
et la société en général.
Tant que la société cubaine
n'aura pas cet accès libre
aux nouvelles technologies
et les opportunités qui en découlent,
nous serons coincés quelque part dans le siècle dernier.
Je pense qu'il est impossible
que moi.
À mon avis, le vrai rendez-vous
pour un début de changement
sera en 2018, lorsque Raoul Castro
quittera ses fonctions comme il l'a dit.
Que laisse fidèle
à ses successeurs?
Un peuple sidéré
par un demi-siècle de stalinisme tropical,
quelques rêves nationalistes,
des millions d'exilés,
entre les deux c'était headlines.
