Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro « Paroles d'experts ». Aujourd'hui, nous
avons choisi de nous intéresser à l'urbanisme et l'aménagement, un vaste sujet qui rassemble
aussi bien les enjeux économiques que les enjeux énergétiques, mais aussi bien des
contrôles techniques et autres autorisations diverses. Un ensemble de maillons qui ensemble
assurent la bonne exécution de chantiers colossaux privés ou publics avec un impact
souvent direct sur notre environnement. Quelles sont les différentes spécificités
du secteur et les bonnes pratiques? Petites états des lieux d'Ecolis avec pour nous
accompagner, sur ce sujet, un expert, Olivier Nougaré, directeur opérationnel d'une société
de contrôles techniques GPS Control. Bonjour Olivier, merci d'être avec nous et de nous
accompagner. Alors quel état des lieux faites-vous du marché de la construction en
sens large? Ecoutez, la reprise du bâtiment qui
était annoncée depuis mi-2016 est annoncée et confirmée. C'est le cas encore sur le
premier semestre 2017, même s'il faut nuancer selon les segments et les régions géographiques.
Le logement neuf affiche une forte augmentation, aussi bien des permis de construire que des
mises en construction. Le non-résidentiel neuf croit également, avec une baisse quand
même, sur tout ce qui est magasin, puisque la montée d'Internet et du e-commerce laissent
les investisseurs s'interroger sur ce domaine. Et la dernière partie, qui est au sens large
à tout ce qui est entretien, laisse à penser aussi une évolution favorable.
Alors entre la réflexion et la concrétisation, le délai est assez long souvent. Quels sont
les différentes étapes pour la bonne conformité des travaux?
Effectivement, les délais peuvent varier selon les contextes politiques, locaux, mais même
si notre rôle n'est pas directement opérationnel à ce stade-là, mon expérience me laisse
à penser que, jusqu'à la phase du permis de construire, il y a une partie aléatoire.
À partir du moment où le permis de construire est plus urgent et de toute réserve, on peut
compter selon les projets entre 18 et 36 mois pour la réalisation et la livraison du bâtiment.
Quelle est la palette de compétences nécessaires à la bonne exécution d'un aménagement?
Alors la palette est variée bien sûr. Nous, on est contrôleur, donc notre rôle c'est
de vérifier et de contrôler qu'on est bien conforme par rapport aux dispositifs réglementaires.
Et donc, une des principales qualités au-delà de l'empathie, la compréhension du projet,
c'est aussi de savoir dire non et de savoir dire quand le projet ne sort des limites de
l'épure.
Alors vous êtes vous-même directeur des opérations pour une société de contrôle technique
GPS Control. Quelle est sa spécificité?
La GPS Control est une entreprise qui existe depuis 20 ans, qui contient une vingtaine
de collaborateurs. Et notre spécificité, c'est d'être sur un métier qui est très
structuré et qui comporte de très gros acteurs, d'être des artisans du métier du contrôle
technique de la construction.
Je suppose qu'en tant que garde-fou, vous devez vous-même être exemplaire.
C'est notre rôle. C'est ce à quoi on est astreint et sur lequel on s'applique quotidiennement
pour être le plus irréfrochable possible.
Alors le contrôle technique, ça va d'où?
Le contrôle technique de construction, comme son nom l'indique, se limite à la construction
d'ouvrage. Et donc nous intervenons principalement aussi bien à la conception et à la réalisation
d'un ouvrage neuf, mais aussi dans la durée, dans l'exploitation du debattiment.
Alors quelles sont vos actions au quotidien dans les grandes lignes?
Dans les grandes lignes, les thèmes des mètres d'ouvrage sont assez génériques et reviennent
assez fréquemment. On peut dire qu'on a un sujet qui revient quasiment quotidiennement,
qui est les dispositifs liés à l'incendie. Donc la plupart des mètres d'ouvrage nous
sollicitent beaucoup sur les missions type incendie et la respect de la réglementation
en matière d'un dispositif incendie. On beaucoup demande surtout ce qui est parti
accessibilité aux personnes mobilité réduite et enfin des questions sur les missions traditionnelles
du contrôle technique qui sont purement l'espèce structurelle du bâtiment.
Et alors comment se porte le secteur, le marché du contrôle technique aujourd'hui?
Alors le marché du contrôle technique est un marché qui est peu connu. C'est un marché
de 760 millions d'euros qui est le marché de la tierce partie indépendante. Notre métier
est de donner un avis fondé, appuyé sur le texte réglementaire, sur une compétence
et indépendant de toute pression. Donc c'est un métier sur lequel vous avez de très
gros acteurs internationaux et nationaux et vous avez une petite dizaine d'entreprises
à taille humaine, type PME et indépendante.
Quelles sont les difficultés législatives et administratives auxquelles vous êtes parfois
peut-être confrontés?
La principale difficulté, c'est d'assurer une surveillance réglementaire constante.
Les textes changent, évoluent, les législateurs apportent ou amendent un certain nombre de
textes et donc notre travail consiste à exercer une veille réglementaire au quotidien
sur l'ensemble des textes et des domaines que l'on couvre, de sorte à pouvoir être
au top des informations et d'émettre des avis pertinents et fondés sur des textes
actuels.
Pour terminer, vos projets à cour et moyen-term?
Nos projets à cour et moyen-term sont dans deux ordres.
La première, c'est d'assurer la croissance de l'entreprise avec la poursuite du développement
de l'entreprise et du recrutement de nouveaux collaborateurs et idéalement de nouvelles
collaboratrices.
D'autre part, d'appréhender le virage du BIM, c'est-à-dire la numérisation du bâtiment.
Aujourd'hui, l'époque où on travaillait sur plan papier existe encore, on peut pas
tout ounier, mais il n'y a pas de raison que le métier du bâtiment reste en marge
des nouvelles technologies et donc nous allons être impactés au même titre que l'ensemble
des métiers par le numérique et donc un des enjeux principaux pour nous, c'est de
nous préparer à ce virage.
Merci beaucoup Olivier Nougaré pour votre expertise.
Merci.
Merci à vous de nous avoir suivis.
On se retrouve bientôt pour un prochain numéro de Parle d'Expert.
