Si je calcule, c'est 47 ans. Alors ça a commencé par un tout petit atelier avec une toute petite table, presque une petite table de cuisine au sablon.
Et puis je suis descendée dans le sablon, au rue de Rolebeque, où il y a eu de magasins, et puis ça a commencé à grandir un peu.
J'étais vers la gare du midi, là j'ai eu un assez grand atelier, mais sans chauffage, sans aucune commodité.
Et puis je suis remontée vers l'Améloïsme, on est parti au Lens, où là je suis restée 25 ans.
Et un jour j'étais à la fenêtre de la maison, je regardais le jardin, et je vois une énorme bâtisse comme ça.
Et tout d'un coup je me suis dit oui, évidemment, et tout d'un coup on s'est dit mais on va vendre la maison.
Et on a vendu la maison en 20 minutes, à peu près.
Et on a décidé de faire appel à une amie qui est une des plus grandes architectes en Beijing qui s'appelle Claire Bataille.
Et on a commencé à vraiment arriver avec elle.
Je veux une cuisine, je veux un atelier très grand, je veux de la lumière, je veux un atelier de pâtisserie, je veux un jardin.
Voilà, toutes les choses que je désirais. Et puis tout d'un coup, c'est arrivé.
La lumière, l'espace et la possibilité de la couleur.
Ça veut dire que j'avais envie d'un atelier comme une page blanc et qui permette de mettre en valeur tout ce qu'on fait.
J'aime l'Italie et puis la peinture Florentine, les grands maîtres de la Renaissance, m'ont montré les robes,
qui m'ont fait perdre la tête. Et je n'ai pas bien réfléchi à ce moment-là. Je me suis jetée dedans en me disant,
mais on va raconter, les médicis, on va raconter quelque chose qui n'existe plus, puisqu'il n'y a plus de ronde.
Et donc je les ai fait que d'après les tableaux des peintres les plus célèbres.
Tout ce que je fais ne vient que d'un papier, sauf celui qui est transparent pour l'avant-tête.
Mais sinon, c'est un papier qui se transforme.
Et c'est ça, c'est ça l'illusion, c'est ça le trop-pleu, c'est ça le rêve que vous pouvez faire passer.
Pierre Le Sieur, d'abord, je voulais vraiment l'exploser, alors que la galerie, l'atelier, la galerie est à peine ouverte.
Mais il y avait urgence parce que cet homme a 89 ans et c'est une amitié d'une petite trentaine d'années.
Et c'est un homme que j'ai rencontré, j'ai rencontré sa pâtur avant lui.
Et je suis tombée folle de ces tableaux.
Et alors je suis entrée en contact avec cette merveilleuse famille qui est toute une famille d'artistes.
Et puis c'est nous et une relation très forte et tellement forte que j'avais l'impression...
Je parle picturalement parlant.
J'avais l'impression que je n'arrivais plus à peindre parce que quand je peignais, j'étais trop influencé par lui.
Et je lui ai proposé, je lui ai dit que Pierre, si tu veux, quand l'atelier sera prêt, je t'organise une exposition.
Alors ça l'a maintenu plus qu'est veillé.
Il a peint tout ce que vous voyez ici dans les deux dernières années.
Je pense que lui et moi, on était des gens plutôt de l'artiste du bonheur.
Ce n'est pas dans la tristesse qu'on trouve l'inspiration.
C'est plutôt dans la beauté, c'est dans la nature, surtout dans la nature.
Pourquoi? Pourquoi on s'assied un matin et on dit aujourd'hui je ne vais pas?
C'est qu'il y a quelque chose qui ronronne déjà dans vous et qu'on a envie de raconter.
Jusqu'au dernier moment, il a raconté son entourage, il voyagait moins parce qu'il commençait à avoir de la peine à marcher.
Donc il voyagait dans son jardin et son atelier.
