Bonjour à tous, donc mon propos sera également de vous montrer que d'une part les usines
sont indispensables pour fabriquer tous les objets extraordinaires que vous avez vus
hier, mais également que l'usine elle-même a ses propres enjeux en termes d'innovation
et que l'usine du futur va donner lieu à des innovations de rupture assez extraordinaires
dont finalement on a un peu moins conscience puisque je dirais que l'industrie est un
peu plus discrète et qu'on fait un peu moins partie de l'imaginaire collectif que les
domaines de l'espace, de la santé ou des télécommunications.
La légitimité de FIV pour effectivement s'exprimer sur les usines vient du fait que c'est notre
métier depuis deux siècles. FIV a été créé en 1812 sur une innovation qui était l'industrie
de la betterave à sucre dans le nord de la France. Depuis FIV s'est développée considérablement.
FIV donc qu'on soit et fournit des biens d'équipements industriels, des fours,
des machines-outils, des broyeurs, des lignes de production et des usines complètes plutôt
dans l'industrie lourde, le ciment, l'acier, l'aluminium. On voyait à priori des sujets
un peu moins fun que ceux que vous avez pu voir hier, mais également l'industrie
manufacturière plus récemment dans le domaine de l'air onotique et de l'automobile.
Fort de cette expérience historique, FIV s'est également associé à deux initiatives.
La première, nous avons créé un observatoire des usines du futur à l'occasion de notre
bicentenaire qui était l'occasion de faire réfléchir à son nombre d'experts de tout
bord des économistes, des historiens, des architectes, des sociologues sur l'avenir des usines,
leur réintégration dans l'espace social, mais également l'interrogation des citoyens.
On organisait une conférence de citoyens et nous organisons également régulièrement
des sondages auprès de l'opinion sur leur vision de l'industrie, de l'usine, de l'innovation
du progrès et des sondages comparés entre la France, la Chine et les Etats-Unis, c'est
évidemment très très intéressant, donc je vous invite à aller sur le site lesusinesdufuture.com
où vous pouvez voir rassembler l'ensemble de ces réflexions sur l'usine.
Plus récemment, en septembre 2013, le ministère du Rèdrossement Productif nous a confié
une mission copilotée avec d'associésystèmes sur les recommandations de l'industrie française
en termes d'innovation et d'accompagnement des pouvoirs publics pour justement être
au meilleur niveau technologique dans les usines, avec un volet, je dirais, innovation,
développement dans le nombre de plateformes clés d'innovation qui sont les briques des
usines du futur et des opérations de démonstration associées d'une part, et d'autre part,
un travail sur la rénovation de l'outil de production dans les PME et dans les régions
principalement avec des aides à la fois aux diagnostics et aux financements qui seront
également, nous l'espérons, très innovantes. Alors aujourd'hui l'usine, lorsqu'on interroge
le grand public, ce sont des usines extrêmement complexes, monolithiques qui éventuellement
peuvent sortir du contrôle des hommes, très polluantes et qui ont longtemps asservi l'homme
effectivement contraint par les rythmes et par les machines. Alors il est clair qu'aujourd'hui
l'industrie déjà ce n'est plus du tout ça et j'ai essayé de vous expliquer quelles sont les
grandes tendances actuelles et futures qui vont révolutionner les usines demain avec trois
grands axes, un axe environnemental, un axe économique et un axe social puisque finalement
ces usines doivent contribuer au développement durable et on retrouve le triptique classique du
développement durable dans ces domaines. Alors tout d'abord la dimension environnementale je dirais
que c'est la plus évidente, l'industrie a fait beaucoup de progrès, principalement sous l'impulsion
des réglementations en Europe mais également aux États-Unis et en Chine, il faut savoir que
maintenant les réglementations commencent à s'aligner en termes de normes en particulier
d'émissions. Il faut travailler à la fois sur l'efficacité des machines individuelles,
de l'usine dans son ensemble également dans son écosystème puisque une grande partie des économies
deviendra également de l'économie circulaire, du travail sur les flux de matière et les flux
d'énergie à l'intérieur de l'usine et entre l'usine et son écosystème qu'il soit industriel
ou urbain. Quelques exemples emblématiques. Dans le domaine des émissions, l'aluminium est
traditionnellement une industrie relativement polluante. Nous avons travaillé pour effectivement
réduire au minimum les émissions d'hydrocarbures et de fleurs qui sont inhérents au process de
fabrication de l'aluminium qui permet aujourd'hui d'implanter ces usines dans des environnements
les plus sensibles du point de vue écologique. Là, vous avez une usine en Islande par exemple.
Autre exemple qui est un thème commun à énormément d'industries, la combustion. Je
dirais que là, un des legrales est d'avoir des chambres de combustion avec des oxides
d'azote réduits au minimum. Et pour ça, il faut travailler à la fois sur la modélisation,
sur la conception des injecteurs, sur de l'expérimentation, de façon à maîtriser les
zones dans lesquelles les oxides d'azote se produisent. Donc, maîtriser le taux d'oxygène,
les températures et également trouver le bon compromis entre la production d'oxides
d'azote et la production de monoxyde de carbone. Aujourd'hui, les meilleurs brûleurs atteignent
ce qu'on appelle le single digit, c'est-à-dire effectivement avoir moins de 10 ppm d'oxides
d'azote par normes médicubes, ce qui permet effectivement d'être meilleur que les normes
et de pouvoir réintroduire de l'industrie dans des zones urbaines en particulier. Dans
le domaine des consommations de ressources, consommation d'eau, vous savez que le stress
hydrique est un point maintenant très important dans beaucoup de pays, nous avons par exemple
développé des technologies de broyage en particulier qui permettent aujourd'hui d'avoir
des cimenteries quasiment sans eau, sans eau de process, ce qui permet effectivement de
pouvoir les implanter dans des zones où l'eau est extrêmement rare ou extrêmement coûteuse
à produire. La consommation d'énergie, donc là vous avez un exemple de broyeur
pour la minéralurgie ou la cimenterie qui permet, c'est un broyeur par compression
de l'île matière, on peut dire c'est un gros rouleau à pâtisserie si vous voulez
une comparaison un peu rapide, qui permet d'écraser la matière et d'avoir un rendement
énergétique tout à fait exceptionnel par rapport à la consommation mécanique nécessaire
pour broyer les matériaux, nous consommons entre 30 et 60 % de moins d'énergie mécanique
par rapport aux technologies conventionnelles. Aujourd'hui ce genre de machines seront de
plus en plus instrumentés de façon à pouvoir optimiser leur fonctionnement dans tous les
domaines d'utilisation. Le deuxième volet est très intéressant parce qu'il va permettre
de rebattre les cartes entre les pays développés et les pays émergents au niveau de la production
industrielle. Il y a deux grandes tendances actuelles qui sont très importantes. La première
c'est la flexibilité des usines, auparavant une usine produisait le même produit tout
au long de l'année, et on réglait une fois pour toutes les machines quasiment. Aujourd'hui,
les machines doivent répondre à un besoin de personnalisation de masse, aussi bien dans
des domaines grand publics comme les voitures par exemple, et nous avons récemment installé
chez Jaguar une ligne d'assemblage de voitures qui permettent à la que le lieu de pouvoir
assembler des coupés, des 4x4 ou des Berlin, et ce avec des temps de changement d'outillage
de l'ordre de quelques secondes, ce qui permet effectivement d'avoir des usines extrêmement
flexibles et très compétitives. L'autre grand domaine et l'interlector, le conférencier
précédent vous en a parlé, c'est l'introduction de nouvelles technologies de fabrication
dans l'industrie, la fabrication 3D en étune, on peut parler également d'injection métallique
qui est aujourd'hui plutôt développée dans l'industrie horlogère et qui commence à
avoir des applications dans l'industrie aéronautique. Donc toutes ces technologies vont permettre
effectivement de reconfigurer les usines et sans doute d'aller vers des usines plus petites
et donc l'a également plus facile à intégrer dans l'environnement urbain. La 3ème grande
tendance c'est le fait que les usines maintenant doivent produire elles-mêmes des matériaux
de plus en plus sophistiqués, aussi bien dans le domaine des acier que dans le domaine
des poudres, la domaine des composites, et effectivement ça conduit à de nouveaux procédés, il
est clair que l'allégement des véhicules, par exemple la production des éoliennes,
que ce soit les pâles ou les mâts, va induire des besoins de technologies nouvelles. Donc
deux exemples, là vous avez un exemple de ligne de production de tôles d'acier pour
l'automobile donc à haute limite élastique. Le procédé consiste à chauffer rapidement
ces tôles et à faire ensuite un refroidissement accéléré et modulable. Donc nous pouvons
refroidir ces tôles entre 20 degrés par seconde et 2000 degrés par seconde de façon à pouvoir
obtenir des caractéristiques de limite élastique extrêmement élevés et donc de réduire l'épaisseur
des tôles de qualité automobile et infiner de pouvoir réduire jusqu'à 15% le poids
final des véhicules, ce qui est évidemment fondamental dans les objectifs par exemple
de développement de véhicules à 2 litres au cent. Un autre exemple, les composites,
bon les composites sont de plus en plus utilisés dans les avions jusqu'à 50%, il faut donc
des machines pour construire ces structures. Aujourd'hui encore souvent de façon artisanale,
il faut donc automatiser et augmenter la cadence et par ailleurs les composites commencent
à faire leur entrée dans l'automobile et là il s'agit bien évidemment de produire
à très haute cadence des pièces de plus petites dimensions mais bien sûr à très
faibles coûts. Enfin les paléoliennes par exemple demandent également des usines de
production de structures en composites de grandes dimensions et qui vont donc nécessiter
également des machines. Là vous avez un exemple de machine robotisée syncax qui permet
le napage de composites de façon à pouvoir optimiser la matière et pouvoir relier la
conception optimisée et la fabrication automatisée de ces structures en composites. Bien évidemment
la quatrième révolution industrielle va être digitale, bon après la vapeur, l'électricité
et l'automatisation. Donc l'usine du futur va être hyper connectée justement pour
répondre à ces différents enjeux, connexion entre l'homme et la machine, connexion entre
les machines entre elles avec un double objectif, le premier optimiser la maintenance. Donc
l'idée c'est de truffer toutes ces machines de capteurs et de pouvoir analyser en temps
réel le comportement thermique, vibratoire, acoustique, électrique de ces machines de
façon à pouvoir anticiper au mieux et optimiser les périodes de maintenance et par ailleurs
bien évidemment de pouvoir corréler la qualité des produits finaux par rapport au mode opératoire
des machines et donc c'est ce qu'on appelle les lignes intelligentes qui vont permettre
de main au-delà des contrôles process classiques de pouvoir optimiser la qualité du produit
final. Enfin dernier point et c'était un peu le titre de l'intervention, la dimension
sociétale, tous les éléments que je viens de vous décrire sont nécessaires pour que
l'usine se rapproche des villes, c'est indispensable du point de vue de leur impact
global en termes environnemental. Il est clair qu'à partir du moment où nous avons
des usines plus petites, plus flexibles, reconfigurables, sobres, frugales avec moins
d'émissions, moins de risques, moins de bruit, également l'intervention des architectes
pour en faire aussi des lieux de vie acceptables et pour finir les rendre également plus attractives
puisque au-delà des technologies, nous on pense qu'il y a également de l'innovation
au niveau de l'organisation dans les usines, il est clair que l'hyperconnexion des usines
va complètement aussi révolutionner l'organisation, le management, les prises de décision et
un peu si je fais une comparaison par rapport à d'autres domaines comme l'armée de l'air
par exemple, l'idée est de redonner également du pouvoir de décision au niveau des opérateurs
qui ne seront plus simplement au service d'une machine mais qui vont plus globalement
à l'avenir et ça demandera bien sûr une qualification en évolution, pourront plus
globalement maîtriser la production de ces usines et en introduisant bien évidemment
des technologies numériques dont on a beaucoup parlé hier. Le paradoxe c'est que finalement
ces technologies numériques et de communication se sont plus développées dans les services
et auprès du grand public parfois que dans l'industrie elle-même mais l'industrie
rattrape à pas de géant son retard et il est clair que pour attirer également les jeunes
dans l'usine, il est clair qu'on ne peut plus avoir des boutons ou des écrans de contrôle
extrêmement complexe, il faut avoir des moyens simples, des tablettes, des iPhone etc pour
pouvoir piloter ces machines, c'est également une question d'attractivité et je dirais
également de retisser des liens entre les machines et les hommes et pour terminer je
dirais que bon certains disent que l'automatisation, la numérisation va sortir les hommes de
l'industrie, nous on pense que c'est le contraire parce que tout simplement l'innovation
nécessite des hommes et que s'il n'y a plus d'hommes dans les usines on ne pourra pas
les faire évoluer donc nous croyons résolument à la présence de l'homme et à la bonne
coexistence entre l'homme, les machines, la cobotique, l'humain augmenté de façon
à avoir des usines optimisées, merci d'autres attention.
