Salut Julien, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton ascension rapide au Grand-Jean-Race?
Comment s'est passée?
Écoute, ça s'est vraiment bien passé, on peut dire, des conditions exceptionnelles.
Et oui, un super feeling, pas un objectif de temps au départ, de chrono.
Et puis finalement, ça déroulait tellement que c'était super.
Mais t'avais préparé le coup et qu'on parappant, tout s'est un peu venu par hasard?
Non, c'est une vieille idée, en fait. Ça fait des années que je pense faire des sommets de cette façon-là.
Et là, le parappant actuel permet ça.
Et la légèreté des voiles permet vraiment de changer la donne en Haute-Montagne.
Donc, ce n'était pas une idée tout très sainte, en fait.
Et dans la journée, c'est des passées comment?
Écoute, Chab à Nover, tu vois, classique, comme si j'allais faire une boule d'eau en facesse du moment du Taku.
Je prends la benne et je décolle donc de l'aiguille vers Nover et demi, dans ces eaux-là.
Je me retrouve posé sur le glacier de Leschaux, donc là, je ne suis pas allé aussi loin que ce que j'espérais.
Un déco un petit peu délicat à côté Nord, il a fallu je rebascule du côté Sud.
Et après, une marge d'approche tranquille, c'était bien tracé.
Donc, finalement, ce qui est un peu risqué dans ces histoires, c'est souvent les approches sur les glaciers.
Et là, comme la trace était bonne avec les crevasses, c'était bien visible.
La rimaie aussi bien marquée, ça s'est super bien passé.
Après, la face, ça a déroulé, très bonne condition.
Et le décollage là-haut?
Le décollage là-haut n'est pas un décollage techniquement difficile.
Par bonne condition de vent, évidemment.
Donc, finalement, la grosse difficulté, c'est de savoir quand il y allait.
C'est que ça, pour avoir les bonnes conditions de vent.
Et à 4000 mètres, c'est vrai qu'on a rarement des conditions de vent faibles.
Et les orientations peuvent être variables.
Ils annoncent parfois une orientation et ça ne se passe pas comme prévu.
Donc, un déco facile, parce que des bonnes conditions de vent à ce moment-là,
voilà un bon choix, je pense, dans le créneau météo.
Estotone, tu as fait le servin et le super couloir.
Ouais, c'est ça. Ouais, le servin avant et le super couloir après les oraces.
Et voilà, j'ai vraiment surfé sur les conditions du moment
qui sont super bonnes, qui étaient super bonnes.
Donc, avec la même idée d'essayer d'allier parapente et alpinisme,
le solo, évidemment, est vitesse, parce que j'aime la vitesse.
Voilà, sans chercher à battre un corps,
mais juste de me déplacer rapidement avec un parapente sur des voies techniques.
J'adore ça, ouais.
Et au servin, par contre, tu n'as pas décollé du sommet.
Non, je ne l'ai pas tenté, je n'ai pas osé,
parce que je ne connaissais pas le sommet.
J'attendais de le reconnaître d'abord.
Et j'ai bien fait, parce que quand j'y étais là-haut,
en fait, il n'y avait pas d'air du tout.
Donc, sans assistance, c'était quelque chose de délicat.
Donc, pas cette fois.
Par contre, ta cul, nickel.
Oui, ta cul, ça reste un classique.
En parapente, ce n'est pas très difficile.
Si on a un léger vent du Nord comme c'était le cas,
ça reste un déco pas très technique.
Mais c'est un gros beau vol, ça, c'est sûr.
Et t'as des projets, là?
Ouais, j'ai plusieurs petits projets dans le massif,
encore des idées comme ça d'enchaînement de face.
Ouais, j'en parlerai quand ça sera fait.
Je suis un peu superstitieux.
