Bonjour et bienvenue dans ce nouveau Parole d'Experts, consacré aujourd'hui au marché
des services informatiques, un service dont le chiffre d'affaires devrait croître d'ici
2018.
Pour certains de 3%, pour d'autres 4, face à de telles pronostiques les acteurs du
marché scrute s'est envolé le sourire au lèvres, une croissance bien évidemment
soutenue par le numérique et qui promet donc de belles perspectives aux entreprises françaises
qui accélèrent d'ores et déjà certains projets et les embauchent.
Alors que valent ces chiffres? Quelle en est la pérennité sur la durée? Avec nous
pourrez répondre et Prédéric Doumenc, fondateur de l'entreprise Optimism, bonjour.
Bonjour Linda.
Première question, quel état de lieu on peut faire aujourd'hui du marché du service
informatique en France?
Alors c'est un très gros gâteau, ça représente à peu près 33 milliards d'euros de chiffre
d'affaires et environ 400 000 consultants, ingénieurs qui travaillent en prestation.
Suivant les secteurs, la banque, assurance, finance en particulier sont beaucoup plus
importants en termes de services informatiques demandeurs que par exemple l'industrie qui
est un petit peu à la traîne.
Une dynamique forte qui est tirée principalement par ce qu'on appelle la transformation numérique
et qui finalement là est une transformation qui va toucher la structure, les processus,
les organisations, voire même la façon dont les entreprises font leur business.
Alors est-ce qu'il y a des technologies en particulier qui tirent cette croissance?
Alors oui, c'est ce que les américains appellent les SMACS.
Alors les SMACS, ça veut dire social, S pour social, c'est tout ce qui est technologie
collaborative avec les clients, les salariés ou les fournisseurs.
Le M, c'est mobile, tout ce qui est application mobile qui permet de faciliter les usages de
mobilité.
Le A, c'est pour analytics, pour essayer d'en tirer la substantifique moelle et faire
du business.
Le C, c'est pour le cloud.
Et enfin le S, c'est pour sécurité.
Donc c'est toutes les technologies qui concernent la sauvegarde, la préservation des données.
On a un exemple assez flagrant récemment avec Saint-Gobain, donc c'est des enjeux
très très importants pour les entreprises et donc des investissements en service et
en techno.
Alors ça, c'est du côté de la demande, qu'est-ce qu'il en est du côté de l'offre?
Sur les 5000 ESN qu'on dénombre, il y en a 80% qui ont moins de 100 salariés, donc
c'est un marché très dispersé.
Les grosses rachètent beaucoup les plus petites.
Pour deux raisons, la première c'est que ça leur permet de travailler avec des gros
donneurs d'ordre, pour travailler des gros donneurs d'ordre, il faut être gros.
Et la deuxième c'est que c'est la pénurie des ressources et donc racheter des petites
sociétés, ça leur permet d'accéder rapidement à des ressources formées et prêtes.
Donc si je comprends bien, c'est un peu la guerre des ressources, est-ce que ça sous-entend
qu'il n'y a pas de chômage dans l'informatique en ce moment?
Alors il y en a un peu mais beaucoup moins que dans la moyenne et en particulier, il y
en a pratiquement pas chez les jeunes où toutes les promotions d'ingénieurs sont
véritablement aspirées, d'ingénieurs en informatique sont aspirées par des start-ups
mais aussi les grosses sociétés qui se battent pour les avoir.
Les ingénieurs, les informaticiens sont moins en moins attirés par signer des salis dans
des entreprises de service, ce qui a un effet que les entreprises de service doivent ajuster
leurs modèles qui va du recrutement donc traditionnellement plus à l'achat et la
sous-traitance.
Alors de votre point de vue aujourd'hui, quels sont les attentes des clients et donc du
marché?
En matière générale, le marché consiste à trouver des entreprises de service qui maîtrisent
les technologies qui sont disponibles très vite et au bon prix.
Qu'est-ce qu'il en est des grands comptes et des grandes entreprises?
Alors les grands comptes qui représentent à peu près deux tiers des besoins en matière
de service informatique ont des besoins très spécifiques et en fait ils ont entrepris
depuis déjà plusieurs années une rationalisation, le rachat de prestation en faisant principalement
deux choses.
La première, c'est qu'ils ont limité, réduit leur panel de prestataire pour travailler
avec plutôt des grosses entreprises qui sont capables de leur fournir la totalité de leur
service.
La deuxième chose qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont externalisé à travers des centres
de service tout ou partie de leur prestation sur les études, les développements ou sur
la maintenance, la tierce maintenance applicative ou les infrastructures.
Et du coup en procédant de cette manière, ce qu'ils ont réussi à répondre à leurs
problématiques, alors besoin en service informatique.
Alors oui mais partiellement, en fait cette massification des achats leur a permis d'acheter
avec des bons prix, cependant elle a généré des effets de bord et principalement d'eux
une qualité de ressource pas forcément à la hauteur de leurs attentes et d'un niveau
d'innovation finalement pas non plus à la hauteur de leurs attentes.
Alors face à l'évolution des besoins, forcément on voit une évolution du secteur et avec
forcément aussi des nouveaux entrants, quelle est votre appréciation personnelle de ces
évolutions?
Alors forcément ce secteur du service informatique est venu se transformer aussi avec le digital
et on assiste à une forme d'hubérisation, de désintermédiation de services et donc
des nouveaux entrants permettent aujourd'hui de mettre en relation des entreprises qui
ont des besoins et des prestataires qui ont des compétences.
En essayant de réintermédier ce service avec des coûts et des marges plus faibles.
On voit fleurir maintenant beaucoup de plateformes technologiques avec un modèle 100% digital
qui permettent à des entreprises d'aller sourcer des frilences directement, donc sans
intermédiaire.
Et du coup à votre avis ces plateformes, est-ce qu'elles vont à terme remplacer les sociétés
d'ingénierie ou les cabinets de conseil?
Alors non pas du tout parce qu'en fait ce qu'on constate c'est que ce sont plutôt
ces sociétés d'ingénierie et de conseil qui utilisent ces plateformes pour les aider
à trouver, à sourcer des nouvelles ressources.
Ce qui est en train de se passer en fait c'est une segmentation en fait du marché du service
avec des sociétés d'ingénierie de services qui se développent beaucoup et qui se focalisent
sur la gestion de la relation client, du commercial, des plateformes, des technos qui
permettent de sourcer qui sont des nouveaux job boards finalement pour ces sociétés et
puis des sociétés de portage qui vont éventuellement porter une relation contractuelle avec le
consultant et un contrat de travail que la société de service n'est plus en mesure
de faire.
Vous connaissez très bien le sujet parce que vous êtes vous-même le fondateur d'une
entreprise qui s'appelle Optimist, quel est votre expertise justement particulière
sur ce marché?
Alors, nous sommes une plateforme de service qui est spécialisée dans les achats de prestations
de services informatiques, c'est-à-dire qu'on fait à la fois le sourcing des meilleurs
prestataires du marché pour le compte de clients et ensuite la gestion, la relation
contractuelle de cette relation sur des prestations dites d'assistance technique.
J'ai créé cette société il y a plus de dix ans avec la vision que premièrement
il serait de plus en plus compliqué pour des donneurs d'ordre de trouver les bons
prestataires disponibles au bon prix et deuxièmement que la technologie l'internet à l'époque
serait un vrai fascitateur pour justement répondre à cette problématique compétence
dispos et pris.
Alors, nous avons développé très tôt une plateforme web qui permettent de référencer
à tous les acteurs du marché, que ce soit les ESN et les freelance, notre valeur ajoutée
est de trouver, de sélectionner, leur proposer une shortliste des deux, trois meilleurs prestataires
disponibles et compétents très très rapidement, on parle de 24 à 48 heures.
Donc si je comprends bien ou facilité la mise en relation entre donneurs d'ordre,
petites entreprises de services, freelance, etc.
Exactement, notre rôle c'est vraiment de fluidifier ce marché où les petites entreprises
ou les freelance ont assez peu d'accès au marché et les grosses ESN leur laissent
assez peu de place.
Donc on fait travailler nous essentiellement des petites ESN de moins de 100 personnes
et de plus en plus de freelance.
Du coup vous êtes assez nombreux sur ce secteur, quelle est l'ADN d'optimisme et
pourquoi optimisme est-ce qu'il y a un autre finalement?
En fait il y a beaucoup de plateformes de freelancing mais il y a très peu finalement
de plateformes comme la nôtre qui sont globales, plus que de leur fournir un outil, une base
de données et un moteur de recherche sophistiquée pour trouver les prestataires, puisque aujourd'hui
si vous tapez freelance sur du CRM, sur n'importe quelle base de données sur LinkedIn, vous
trouvez des milliers et des milliers de prestataires.
La question c'est de savoir quel est le bon et quel est celui qui est disponible.
Votre business model?
On prend une commission qui est de l'ordre de 15% entre prix d'achat et prix de vente
tout en nous assurant que le prix final qu'on proposera aux clients sera inférieur ou égal
au prix du marché.
Nous avons aussi développé une offre premium pour les prestataires et enfin nous vendons
à des grandes entreprises ou des startups notre technologie, notre plateforme en marque
blanche sur d'autres métiers pour exercer ces services d'intermédiation.
Vos projets et perspectives pour l'avenir?
Continuer et accélérer notre croissance.
On a une croissance d'environ 30% par an depuis longtemps et une croissance rentable,
c'est important.
On continue à investir plus de 20% de notre marge dans la recherche et développement
sur notre plateforme technologique et on va accélérer ces investissements notamment
à travers le développement d'algorithmes d'intelligence artificielle pour faciliter
justement ce sourcing et ce scoring de prestataires.
Et notre ambition est de devenir d'ici trois ans la première plateforme, la première
marketplace de prestations de services informatiques en France.
Et bien vous le souhaitez vivement.
Merci à vous pour votre expertise, merci à vous de nous avoir suivis, on se retrouve
bientôt pour un prochain numéro de paroles d'experts.
