...
Dans le top 10 des personnalités de Marseille,
il est dans les 3 premiers, ça, c'est sûr.
De gauche à droite, au milieu, il a l'oreille de tous.
On l'écoute, on lui fait confiance.
On sait qu'on peut lui faire confiance
que jamais il ne vous trahira.
On le trouve à l'Elysée, à Matignon, dans tous les lieux de pouvoirs.
Tous les grands de ce monde, il est là en train de vendre Marseille.
Il n'arrête pas, il est toujours à droite, à gauche,
toujours attentif aux gens, toujours...
On voulait en créer un monde autour de lui.
Ce qui m'amuse beaucoup chez Michel,
c'est sa fantaisie et sa petite malise dans les yeux.
Pour moi, Michel Montana, c'est le symbole
de la réussite personnelle.
Il y a 3 choses incontournables à Marseille.
Il y a 1, l'abond de maire.
Il y a 2, je pense, qui a l'OM.
Et puis 3, il y a le mondial de pétanque à Michel Montana.
C'est l'histoire d'un homme qui a déjà vécu 1000 vies
et qui semble vouloir en vivre 1000 autres.
Un homme, dont l'histoire se confond
avec celle de sa ville.
Né en Algérie dans une famille pauvre,
il deviendra à Marseille, tour à tour,
chanteur de musical, vendeur de journaux
puis grand-many-tout de la presse,
proche des communistes, mais ami des grands patrons,
des politiques de tout bord et des stars du show business.
C'est l'histoire d'un homme qui a fait d'un simple jeu de boule
la fierté de toute une ville.
Un homme que le tout Marseille connaît,
mais qui ne s'était encore jamais raconté.
...
Demandez la Marseillais.
Bonjour.
Bonjour. Demandez la Marseillais.
Demandez la Marseillais.
C'est pas mal, c'est pas mal.
C'est le boule de la vie, c'est pas mal.
C'est le journal plus boule de la vie.
Allez, madame, on voulait faire ça, là.
Voilà.
Personne ne peut prétendre être le roi de la pétanque.
Mais Michel Montadin, c'est sûr, en est le parrain.
Il a fait de Marseille la capitale mondiale de la pétanque.
Moi, c'est toi, dans le boule.
Chaque été, depuis 55 ans,
le concours qu'il a créé réunit des milliers de joueurs
au parc Borrelli, comme un peu partout dans Marseille.
Et ce jeu inventé à la Siota en 1905
n'en finit pas d'étendre sa popularité.
En ce 1er dimanche matin de juillet,
jour d'ouverture du mondial,
les amateurs viennent des quatre coins de France
et même de la planète entière.
Michel Montadin peut alors mesurer la notoriété de son bébé.
Vous avez perdu?
Ah, là, là.
Ah, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là,
là, là, là, là, là, là, là là, là, là, là, là, là, là,
là, là, là, là, là, là, là là, là, là, là, là, là,
là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là,
là, là, là, là, là, là, là, là, là, là, là
il y a les soldats, même les flashers!
generations de conneries,
Il y a les Alsaciens, vous les voyez là?
Ah voilà, là vous avez les Lyonnais, vos chers, vous voyez?
Tous les Lyonnais, vous avez joué, vous avez joué?
Oui, on a joué.
Vous avez gagné?
Ah, ils ont gagné les Lyonnais, vous voyez?
Donc ils jouent cet après-midi, là, voilà.
Tu l'as faite ou tu l'as pas faite?
Parce que je n'ai pas vu appuyer, moi.
Ah bon, parce que je regarde, moi.
Ça, c'est les Lyonnais, pour les données, hein.
Je vais vous permettre de vous saluer, de vous dire que vous faites quelque chose de très beau.
C'est gentil à vous, monsieur.
C'est vraiment un plaisir pour les Marseillais d'avoir votre tour, c'est pas que ça.
Eh ben voilà, vous voyez?
C'est pour Marseille, elle avait éterné, voilà.
On laissait, monsieur, on laissait.
Au revoir, jeune homme. Salut, les gars.
Ça va?
Ouais, bien.
Et là, vous voyez, c'est tous ceux qui ont perdu, là, voilà.
Alors, il y a la belle casquette, elle a fait.
On a gagné la croquette, hein.
Ah, bravo, bravo, bravo.
Quel effet ça fait de voir toutes ces couples, en fait?
C'est grâce à vous qu'ils sont là tous ces jours?
Grâce à moi, grâce à l'organisation, à tout le monde, hein.
À tous ceux qui font beaucoup de choses collectivement.
Je vous ai dit, c'est un travail collective, je vous l'ai dit au départ.
Et maintenant, vous envoyez toutes les répercussions.
C'est comme fait venir 84 départements, c'est pas rien.
Vous avez vu les Alsaciens, vous avez vu les Lorins,
vous avez vu les Lilois, les Nissois qui étaient de l'autre côté,
ouais, et tout le monde est là.
Et quel effet ça fait que les gens vous reconnaissent, vous remerciez?
Ah, mais moi, ça m'a fait plaisir, parce que...
Ça veut dire que les gens sont contents de la manifestation de Bonacréé,
et qu'ils veulent que ça continue et que ce soit encore plus belle, voilà.
Je réponds à ta question, là.
Allez, on continue, va.
À le voir déambuler, ainsi...
À tout à l'heure?
On croirait voir passer une sorte de roi de Marseille.
Pourtant, le parcours de ce bonhomme-là
était loin d'être tracé d'avance.
Comme de nombreux fosséens, la vie de Michel Montana
commence de l'autre côté de la Grande Bleue, en Algérie.
Michel Montana, de son vrai nom Albert Orgemann,
né à Oran en 1931 dans une famille juive d'origine espagnole.
Au milieu des années 30, le petit garçon a alors six ans,
la famille quitte l'Algérie, son père cherche du travail à Marseille.
Le temps a passé, mais le souvenir de ce père est encore bien présent.
Il a travaillé aux nouvelles galeries,
un ange, et les nouvelles galeries ont pris feu,
et malheureux, il s'est trouvée au chômeur.
Voilà comment elle aura ensuite.
Il a cherché du travail.
Il est devenu piqueur de sel.
Le piqueur de sel, c'est un monsieur
qui descend en bas des bateaux, dans les soutes des bateaux,
avec un marteau, mais je vous parle,
il y a 60 ans ou 80 ans.
Il frappe la rouille et il lève les morceaux de rouille
qui se sont ancrés pendant des années dans la coque du bateau.
Et toutes les deux heures, on les fait monter à l'air libre,
ils consomment un quart ou un demi litre de lait,
ils redescendent deux heures et ils faisaient quatre heures par jour, pas plus.
Mais c'était bien renuméré, il parait.
Le petit Albert découvre Marseille
et des nouveaux copains d'école de toutes origines.
À cette époque, la ville accueille de nombreux immigrés,
arméniens, mais aussi Corses, Espagnols,
fuyant la misère ou les guerres.
Michel et son jeune frère vont grandir dans un quartier
qui accueille toutes ces populations,
le 15e arrondissement.
On est à l'avenue Maxime,
qui est près du chemin de la Vendrecqueville.
J'ai habité ici en 1936 jusqu'en 1941, fin 1941.
Je vais lui faire voir où j'étais, je ne sais pas si c'est peut-être là.
Ça a dû tout changer depuis.
Il y avait une pièce grande là,
et on était quatre ans dedans, je vous dis tout là,
c'est une vieille époque.
Et vous vous habitez loin?
Oui, j'habite au fond.
En fond, à la maison.
À l'époque, les métallos étaient nombreux,
il y avait beaucoup beaucoup de travail,
il n'y avait pas le chômage qu'il y a aujourd'hui.
Il faudrait être juste.
Les gens s'entraideraient beaucoup, beaucoup,
à une époque, je parle.
Aujourd'hui, ça a tellement changé,
c'est difficile de le dire.
C'était ça.
C'est comme avant, mais c'est quand même familial.
Il est bien que le jeune le dise, c'est familial encore.
À moi, c'était par an.
Tu es doux toi.
Moi?
Je suis doux.
Non mais doux, ils sont doux de vos parents.
Un mois d'aura, ma mère.
Dis-lui que tu as parlé avec un orané.
Ok, ça se refait.
Les immigrés italiens sont alors les plus nombreux ces années-là.
Arrivant par vague successive,
pour fuir la pauvreté puis le fascisme,
comme ses voisins, la famille Livy,
dont le fils
deviendra un des Marseillais les plus connus au monde,
Yves Montan.
Michel vivait alors juste à côté de la famille Livy.
Voilà, c'est là.
Voilà, c'est la Passe du Murier.
C'est ici.
C'était sur l'appartement, sur la droite.
Et sa sœur avait un magasin de coiffure
dans ses appartements.
C'était ici.
Bonjour, madame.
Bonjour.
Bonjour.
C'est vous? C'était le salon de coiffure, ici?
Oui.
De l'idi.
Tout le monde allait se faire au coiffure, là.
C'était le tradition, il n'y avait pas les voitures
qu'il y avait aujourd'hui.
On venait à Pietre-Inquilman.
Et on s'est rencontrés dans le salon de coiffure.
Il y avait tout.
Ce qui était le salon de coiffure avant-guerre.
Il y avait une comivialité que peut-être
on ne retrouve pas aujourd'hui.
Dans ce quartier cosmopolite,
Albert et son petit frère vont à l'école,
insouciant, la famille est modeste,
mais heureuse.
L'histoire va les rattraper.
En 1940,
lorsque les Allemands envahissent la France,
le pays est coupé en deux.
Marseille est en zone libre.
La communauté juive de la ville,
la seconde de France,
est alors composée essentiellement de juifs algériens
et d'achquénaces qui ont fui les pogromes à l'est
au milieu des années 30.
Tous commencent alors à s'inquiéter.
Cette ville refuge devient dangereuse.
On nous avait obligé de mettre les toits de la juive.
Surtout les costumes, n'importe quoi, les chemises et tout.
C'est comme ma mère m'a fait, à l'époque, elle m'a la cousue.
Sans arrière ou pensée,
sans pensagne ou sa contrariée,
ou sa monnaie de choses difficiles.
Le petit Albert a alors 10 ans,
et sa vie bascule.
C'est là que je me suis rendu compte quand même
que j'étais juif, je vous le dirais,
parce que c'est pas simple,
parce qu'en voyant les petits à l'école,
tout va bien,
mais qui vous regarde un peu étrangement,
pourquoi jamais une étoile?
La famille Torchman,
ce sentant menacé,
décide de fuir,
loin de Marseille.
Le couple et leurs deux fils
se réfugient chez un ami
dans un petit village isolé,
tout au nord des Bouches-du-Rône,
ici, à Cabane.
C'était il y a plus de 70 ans,
aujourd'hui, accompagné de son épouse
et de son fils,
Michel Montana revient sur les lieux.
Robert est l'un des fils de la famille
qui l'avait accueillie.
Robert est l'un des fils de la famille
qui l'avait accueillie.
C'est mon père qui l'avait fait.
C'était très dur.
On a vécu des moments avec mon père,
mon frère et ma mère,
très très difficile,
je dois vous le dire,
on mangeait pas notre fin tous les jours,
c'est ce qu'il y avait.
C'est son père qui nous a accueillis
avec ma mère,
mon père, mon frère et moi,
tous les quatre.
C'était une chance,
je connais l'histoire qui m'est arrivée.
C'est grâce à Marseille.
C'est son père, Marseille.
C'est celui que moi je le garde.
Je le garde tous.
Alors que sa mère, elle était comme ça,
elle le disait,
des israéliques ou des juifs,
mais elle était raide.
Elle était raide,
elle savait pas où ça allait.
Et lui, non, il n'a pas cédé,
il a marcellisé ça,
ils sont avec nous.
C'est la première fois que Vincent,
le fils de Michel Montana,
revient sur ce lieu de la mémoire familiale.
Le fait d'être là, effectivement,
pour le coup,
on met des images
sur ce qu'on nous a raconté,
c'est forcément émouvant.
Et pour la première fois depuis toutes ces années,
Michel Montana
entre dans cette cour où il a joué
enfant chassé par la guerre.
Ah, ça me fait
ça me fait un peu d'émotion,
moi là,
c'était la noix où je jouais un peu,
là.
Oh là là, voilà,
si vous savez,
quand je vois que
si ma mère était là,
elle se tendrait
les boyaux,
ma mère, je parle là.
Tu te souviens du Platane?
Du Platane, oui, et ici on jouait,
avec mon frère,
avec ma mère, puis il y avait les offens,
ils étaient là.
Ça, c'était tout à nous là-dedans.
Oui.
Vous savez,
quand on restait près de 5 ans,
qu'avec ce morceau,
et là, ça fait beaucoup.
Ça fait loin, oui.
On était jeunes, hein.
Et quand ça s'est fini, j'avais 14 ou 15 ans.
Et quand il y a eu la libération,
en 1944,
ça a été libéré, ici,
avec le grand Robert,
là, on a fait un acte
incroyable. Ah, ça m'en...
Je ne le referais pas aujourd'hui. Ça m'en est tonné que tu ne me parles pas un peu.
Alors on a,
avec une équipe,
il y avait des collègues, escaliers, tout ça.
C'est des jeunes,
on était une bande de jeunes. Il n'y avait rien de mes frères.
On était allés sur la route d'Avignon,
de Comang, là. On a coupé les fils
téléphoniques des Allemands,
qui, c'était la débat à clair.
Et bien sûr, on a été arrêtés.
Tous les vuites, là.
À la mairie de Comang. On regardait toute la journée.
On se demandait ce qu'on allait devenir.
C'est un maire de l'époque,
qui était intervenu auprès des Allemands.
Ils disaient, vous n'allez pas embarquer, c'est un enfant, quand même.
On n'était pas huit, il y avait huit gamins, hein.
Ça s'est passé comme ça, oui.
Les Allemands ont pris dans la panique où ils étaient.
Bah, et vous, quand vous voit plus, voilà.
Escaillé, il avait dit que c'était
pour sa mère, pour éteindre le lège.
Par cet exil forcé,
la famille Torchman échappe
à la grande rafle de janvier 1943,
où 6 000 juifs sont arrêtés
en quelques jours à Marseille.
Aujourd'hui, la ville a bien changé.
Mais les plus anciens des habitants
autour du vieux port
se souviennent d'un quartier détruit par les Allemands,
privant 30 000 personnes de leur logement.
Au sortir de la guerre Marseille renait,
le petit Torchman a maintenant 15 ans,
il n'a pas fait d'études
et il a soif de vivre.
Pourtant, son père l'envoie au fond des soutes
pour un travail qu'il connaît bien.
Grâce à un ami, à la caisse d'épargne,
et là j'étais plein de temps,
j'ouvrais les portes mon jour monsieur,
au monsieur, vous cherchez qui?
L'après-guerre a ceci de particulier
que tout semble possible.
Alors, pourquoi pas chanter?
Car le jeune homme cultive une passion secrète.
Il tente sa chance,
dans deux petits cabarets marseillais,
comme son ancien voisin,
son aîné Yves Montan,
il fait des imitations,
chante Trenet ou Fernandel,
et se choisit bientôt
un premier nom de scène.
Au départ du musical, c'est pas Montanin,
c'était Albertel, tel qu'il est.
Ça m'a fait un corrient.
Albertel, tel qu'il est.
C'était un nom rigolo,
parce qu'il y avait Fernandel,
moi je voulais m'appeler Albertel,
je raconte tout.
Albertel ne dure pas,
il choisit Montana,
parce que ça sonne comme un état
de l'Ouest américain,
et surtout Montana comme montant,
en espérant devenir aussi célèbre
que son ancien voisin.
Michel Montana,
a désormais sa nouvelle identité,
ce nom va le suivre
pour toute la vie.
Donc j'ai trouvé
deux éléments,
quasiment collecteurs,
là, pour le coup.
Là, c'est marqué de 18 novembre 1955,
ça, c'est son disque de playback
quand il partait faire les scènes,
et qu'il n'y avait pas forcément
l'orchestre derrière.
Là, je crois que ça s'appelle Rue de Marseille,
c'est une chanson, c'est Rue de Marseille,
et de l'autre côté, c'est mon pot logitant.
Et par contre,
là, par contre, vraiment dans le collector,
c'est un disque olympique,
c'est les premiers 45 tours en fait.
Marseille, c'est bien,
Paris se serait encore mieux.
C'est là que bat le cœur de la vie artistique.
Torchman, devenu Montana,
monte à la capitale.
Il devient animateur du bar
de l'Olympia.
Après guerre, c'est l'effervescence.
Montana, brulingue avec quelques étoiles
montantes de l'époque.
Fernando,
l'amour.
Tant en tant, il dit, je regrette,
j'aurais jamais dû quitter Paris.
Alors, je pense que c'est Paris,
plus Paris que le Chaubise.
Je regrette,
parce qu'il a vécu,
c'était à Paris des années 50
qui se construisaient,
Saint-Germain, c'était le début de l'Olympia.
Donc forcément,
je pense que,
si nous, on l'avait vécu,
je pense qu'on aurait peut-être les mêmes sentiments de regret
de ne pas aller jusqu'au bout
avec tous ces gens-là.
Mais en fait, après réflexion,
je pense qu'il ne les a jamais quittés,
tous ces gens-là en fait.
Récemment,
Michel Montana a fait un beau voyage
dans le temps,
ré-enregistré les plus célèbres chansons
du Paris mythique de la pré- guerre.
C'est René Baldassini,
figure d'une grande radio marseillaise
qui a accompagné son ami Montana
dans ses retrouvailles avec le micro
et avec sa jeunesse dans le musical.
Michel est extraordinaire,
c'est-à-dire qu'en fait,
moi qui ai assisté à des grandes séances
d'enregistrement de très grands chanteurs,
alors on fait plusieurs prises,
on coupe, on monte, on refait, on refait,
on refait, on refait, on refait.
Vous savez qu'une prise d'enregistrement,
à part Céline Dion,
qui est capable de faire une prise,
eh bien Yacéline Dion et Montana,
qui est aussi capable de faire des choses pareilles.
C'est-à-dire qu'on a fait des chansons
où il a fait des buffins,
que j'ai même pas repris,
qu'on a réussi à garder la prise entière.
La musique, ça ne nourrit pas son homme.
Après ses folles années parisiennes,
le voilà de retour à Marseille.
Ses rêves de célébrité s'envolent,
Montana devient vendeur de journaux.
Ce sont ses premiers pas
à la Marseillaise,
la voie locale du Parti communiste.
On m'avait attribué
une voiture de communication,
de publicitaire.
Et je vendais les journaux.
J'ouvrais l'arrière de la voiture.
J'étais allé à la Marseillaise à l'époque,
pif le chien, il y avait pif le chien.
Mais Roy Sprint,
je mettais tous les magazines
proches du journal,
et on vendait ça à la poignée.
On donnait un hop, plus le journal,
et je vendais ça toute l'année.
Marseille, dans les boules jurenes,
il y a un peu partout.
Entre temps,
de l'autre côté de la Méditerranée,
les événements d'Algérie
sont devenus une vraie guerre.
Après avoir repoussé
la conscription plusieurs fois,
Michel Montana doit faire
son service militaire.
Nous sommes à la fin
des années 50,
Michel a 29 ans,
il part vers sa terre natale,
dans le pays.
J'étais
dans l'artillerie,
et on m'a émise
sur un petit montagnate
qu'on peut avoir en province.
On contrôlait les gens qui passaient
et sortaient à côté d'une mitraillette.
Et je comprenais rien du tout.
On m'avait montré comment ça marchait.
Et dans la nuit,
je ne pouvais pas prendre la garde, comme les autres,
je vois passer des hommes,
je me suis attiré partout
alors qu'il n'y avait personne.
Le capitaine, il s'appelait
un capitaine très sympathique d'ailleurs,
il était venu me voir, il m'a dit Michel,
ça ne t'a pas fait pour ça.
Il avait eu une vente de la vente.
Il se porte à l'heure volontaire
pour remplacer un camarade
sur le point d'être démobilisé
au service photographique des armées.
Et alors là,
l'aventure a commencé.
C'est que le photographe,
il m'a dit, bon, tu sais faire les photos et tout,
je ne sais rien du tout, je n'ai jamais touché
un appareil photo de ma vie.
Il m'a dit, mais comment tu vas faire?
Je me suis dit, tu vas m'apprendre.
Il m'a dit, d'accord.
Et je me suis mis là,
pendant un mois et demi,
du matin au soir, même à la nuit,
je travaillais avec les appareils photos.
J'ai compris la correction à la main,
sur des plaques de verre.
C'est comme j'ai été reporteur photographique
alors que je n'avais jamais touché une photo.
18 mois d'incorporation,
18 mois d'aventure,
loin de Marseille,
pendant lesquels Michel Montana fixe
la mémoire de la guerre d'Algérie.
Il photographie le général de Gaulle.
Il est aussi témoin
des attentats sanglants,
ceux de l'OAS,
comme ceux du FLN.
De retour à Marseille,
la vie reprend.
Il épouse Marie,
qui donne naissance à leur premier et seul enfant,
Vincent.
L'un et l'autre sont dans la vie de Michel Montana
un point d'ancrage essentiel.
Il faut quand même le dire,
quand on arrive à l'âge que j'ai,
j'ai eu la chance, sinon oui,
d'avoir une femme exceptionnelle, Marie.
Ça fait 55 ans que je suis mariée,
cette dame.
J'ai l'impression que j'ai rien du tout,
que j'ai ce qu'on voudra, vous voyez.
Elle a toujours été là, ma femme,
toujours, toujours.
Ça veut dire que quand vous êtes accompagné comme ça,
c'est fabuleux, et puis j'ai un fils,
alors, vous le connaissez, il est plus intelligent que moi.
Donc, là, j'ai fini ma carrière, vous voyez.
Une carrière
qui va se jouer tout entière
autour du vieux port,
là où il a toujours travaillé.
Le cours d'Estienne D'Orve,
siège du journal à Marseillaise,
est en quelque sorte son jardin.
Ça a été un des quartiers les plus animés de la ville.
J'ai connu le marché,
il était là tous les jours.
C'était quelque chose d'exceptionnel.
Il y avait un monde de fou,
les journaux étaient là,
à Marseillaise, le Provençal,
le Méridional,
midi soir, le soir,
il était plein,
il y avait une ambiance de folie,
une convivialité,
une gentillesse et une fraternité,
et beaucoup d'affection entre les uns et les autres.
On a fait un buvien de coup quand même,
je suis au latte.
Voilà.
Là, vous avez
la Marseillaise,
l'AFR,
avec son responsable,
Casanova, c'est une équipe
exceptionnelle, que j'aime beaucoup d'ailleurs,
mais profite à le dire.
Je suis resté ici 65 ans.
Christophe était pas encore là.
Ça fait quand même une étape,
mais j'ai connu son père,
j'ai connu tout le monde,
vous voyez la jeunesse qu'il y a ici.
Bonjour.
Alors vous avez un garçon,
un garçon très connu dans cette ville,
Monsieur Purghette.
Et j'aime bien cette belle fille,
parce que ça me tient à coeur.
J'ai manqué épouser sa tanque,
il y a 60 ans, c'est pas vrai,
dit la vérité.
Pierre Daréville
est aujourd'hui le patron du journal.
Voilà.
Ça c'était une historique.
Pour moi, oui.
Et là, vous avez vu, vous avez la rotative,
c'est la dernière rotative
la dernière qui a été faite, c'est celle-là.
Elle a été inaugurée en 1919.
C'est ça.
Et elle tournait et jusqu'à il y a un an et demi,
à peu près, cette machine tournait.
Donc c'est vrai que ça fait toujours un pincement au coeur
de venir dans cette salle.
Il est toujours en état.
La Marseillaise
est un quotidien qui fait partie
de l'histoire de la ville et des Marseillais.
Créée par les résistants communistes
en 1944 au sortir de la guerre,
le journal n'a jamais quitté ses locaux.
Un journal résolument
en créé à gauche
en opposition au Provençal et au Méridional.
Michel Montana a bien sûr pris sa carte
aux partis, mais la politique
n'était pas sa passion première.
J'étais surtout, je pense,
un homme de communication
dans la propagande à l'époque,
mais un homme de communication
dans ce domaine, quoi.
J'ai jamais été un grand politique.
D'abord, je n'ai jamais voulu être candidat
Michel, il faut que tu viens
à moi, demandez-moi tout ce que vous voulez,
mais pas candidat, c'est pas mon truc, voilà.
Allez, mon cher Pierre,
je t'embrasse,
bonjour à Martig, c'est important.
Au début des années 80,
7 des 11 députés
de la ville sont communistes.
Le PCF est encore la force
politique principale de Marseille.
Et pour la présidentielle de 1981,
Michel Montana
participe activement
à l'organisation d'un meeting géant
au stade Vélodrome.
Son journal soutient ardemment
la candidature communiste
de Georges Marchet.
Et un meeting comme ça, ça ne s'improvise pas,
ça, il est venu du monde de partout.
Tout le monde voulait voir Georges Marchet.
Je tiens à vous dire qu'il a tiré beaucoup de monde,
il faut quand même être juste,
puis c'était le cas de ce qu'on connaît,
direct et sympathique.
Marseille 14 heures,
fanfare, ballon et chiffon rouge.
La Fédération du Parti
n'a pas lésiné sur les moyens.
500 quarts et 20 trains spéciaux.
Résultat, quand Georges Marchet apparaît,
le stade est comble,
un stade à faire pas dire d'envie
l'Olympique de Marseille.
Prétendant que le Parti socialiste
aura tout seul
une quasi majorité,
c'est,
bien sûr, illusoire.
C'était, pour moi, un moment exceptionnel,
parce que quand on regarde
les résultats de la présidentielle,
il y avait Mitterrand.
Georges Marchet était le premier ici,
il y avait Vincent Boursand.
C'est le premier politique
ici dans la ville.
Mitterrand,
il était le troisième.
Giscard d'Esteing,
le troisième était Mitterrand.
La figure tutelaire
de la politique marseillaise,
était alors Gaston de Fer,
un des boulonnables maires socialistes
pendant plus de 40 ans.
À sa mort,
la gauche marseillaise va s'évaporer,
grignotée par un front national
de plus en plus puissant.
Michel Montana
s'engage alors dans un combat
contre l'extrême droite.
Quitte au début des années 90,
a aidé discrètement
l'hikène, lui,
l'homme est dicté à gauche.
J'ai 25 ans.
Je me lance dans la vie politique.
J'ai l'investiture du RPR
et je me retrouve face au front national.
Et
c'est lui qui me contacte.
Parce qu'il y a des patrons de la marseillaise,
c'est les communistes,
les communistes, c'est quand même
pas trop nos amis politiques.
Quand on ouvre la presse tous les matins, on prend plein la gueule.
C'est bon.
Il m'appelle, il me dit,
il faut que tu saches une chose,
c'est que ton grand-père,
l'amiral musulier, la croix de Lorraine,
ton père déporté à Dachau,
moi, ma famille, la déportation,
tout ça,
nos familles sont quand même très proches
et il n'est pas question que le front national
gagne, je vais te soutenir.
Et ce jour-là,
j'ai découvert un homme
passionnant.
Connaissant toutes les rues et les astuces.
Et j'ai fini par gagner.
Et à partir de là,
on a créé une très longue vieille amitié
qui a perduré depuis,
maintenant, partiement 30 ans.
Moi, je suis dans un cas,
la marseillaise,
c'est un autre cas,
mais le mondial de la marseillaise,
depuis que je suis maire,
on m'a toujours invité
le soir de la finale
à lancer le bouchon.
J'ai vu la politique Montana.
Je suis pas en train de vous dire qu'il n'y a pas de conviction.
On s'est engueulés comme du poisson pourri
la dernière fois qu'on a diné ensemble
à propos de la CGT.
Mais c'est normal, c'est pas grave.
Je l'aime quand même,
mais je sais qu'il m'aime quand même,
et tout ça finit à la fin, on s'embrasse.
À 85 ans,
Michel Montana a toujours son bureau
au journal à Marseillaise,
ou plutôt un musée qui raconte une vie.
Qui raconte aussi
que cet homme presque inconnu du grand public
est un homme d'influence
dans tous les milieux,
dans tous les univers,
avec un réseau discret
qui se noue dans les médias,
dans le show business, dans la politique.
Michel Montana est-il un homme de pouvoir?
En tout cas,
il est incontournable à Marseille.
Là, vous avez le président Chirac.
Là, vous avez Jean-Claude Godin.
C'est quand j'ai eu la première décoration
en 1992.
Là, vous avez Aragon,
qui est venu au mondial.
C'est le Jean-Jacques Bourdin.
Lui, c'est un gros jour de boule.
Ensuite, Paul Lombard.
Là, vous avez le président du canard enchaîné.
Vous voyez?
Marie Lauregrie,
Daniel Leclerc,
tout le monde, regardez.
Vous avez quand même eu cette chance
de croiser tous ces gens-là.
Est-ce que vous auriez imaginé un jour ça?
Non, pas du tout.
Moi qui viens des gens dans la rue,
on pose une question.
C'est impossible pour moi.
Parmi toutes ces relations,
l'une est décisive.
Sa rencontre avec Paul Ricard.
Au début des années 60,
la boisson du roi de l'Anisette
veut séduire les milieux populaires.
La société Ricard
patronnait les fêtes de la Marseillaise.
C'est là que j'ai connu Paul Ricard
à l'époque qui était le président
directeur général de la société Ricard.
À cette époque,
j'ai fait la connaissance d'un homme exceptionnel
qui s'appelle Charles Pasquois.
Il était directeur général des bandes.
Le dirigeant d'un journal communiste
qui fait affaire avec Charles Pasquois,
ailleurs, cela paraît très surprenant.
Pas à Marseille.
Un jour, Paul Ricard nous a demandé
de venir.
Il voulait faire une manifestation
très forte.
C'est Charles Pasquois qui voulait
faire la pétanque.
C'est un jeu qui se prête parfaitement
à la notion même de provincialité.
C'est un jeu qui se joue
à plusieurs.
C'est un jeu de partage
qui peut être très concurrentiel,
comme on le voit.
C'est un jeu qui se finit
souvent
autour d'un verre
et particulièrement
d'un verre de Ricard.
La première édition du concours
est lancée en juillet 1962.
Michel Montanard
rêve en fait de concurrencer la compétition
rival organisée par le journal
concurrent, le Provençal.
Mais les débuts
sont difficiles.
On avait démarré au Barborelli, bien sûr,
et ça n'avait pas été un grand succès.
Il y avait 300 équipes,
ça paraît important, mais
ce n'était pas grand chose à l'époque.
On se demandait si on allait continuer.
L'homme de la persévérance a été Charles
parce qu'il voulait rien lâcher.
Paul Ricard, lui,
il ne jouait pas la pétanque.
C'était pas un grand amateur de boule.
Mais Charles jouait un peu, lui.
Il jouait un peu.
Il s'est trouvé là, on continuait
à y arriver, et l'année d'après,
on a doublé, on était à 600 équipes,
ainsi de suite, ainsi de suite.
Ce ne sont pas
des joueurs du dimanche. Ils ont
d'abord été filmés cet après-midi
sous les fraises ombrages du Barborelli,
et ensuite ils opposent leurs talents confirmés
dans les épreuves du Criterium du Sud-Est
à Pétanque organisée par notre confrère,
pour la deuxième journée, les gros bras
ont succombé en nombre devant les jeunes
venus du sport bouliste,
et si le jeu a ses règles,
il laisse aux concurrents, vous le voyez,
une grande liberté de tunnel.
Un concours de boules qui attire la télé
ce n'est déjà pas si mal,
mais Montana vise plus haut,
il en veut encore plus.
Dès les années 60,
il demande à Henri Salvador
de venir l'aider à faire de la pétanque marseillaise
un événement à la mode.
Ce qui réunissait Michel et Henri,
c'est la pétanque, et d'abord,
en plus de ça, Michel a eu
l'envie de démarrer la marseillaise
à pétanque, et puis quand il a demandé
aux personnalités qui pouvaient le suivre,
il y a eu une personnalité qui l'a suivi,
c'est Henri, et donc Henri
a fait toutes les marseillaises de la première
jusqu'à sa mort.
Et tant gamins, je venais voir
le mondial de la marseillaise, je venais voir les champions
et surtout Henri Salvador que j'adorais
et je voulais le voir jouer, voilà,
et puis il faisait un numéro, bon,
il faisait rire tout le monde, et j'adorais
ce type-là, quoi, voilà.
Et c'est en hommage
à Henri Salvador que sont aujourd'hui
décernés chaque année,
les Salvador de la pétanque
sortent d'ordre d'humérité boulistique
décernés au bon vouloir de son grand maître.
Dans les années 70,
le Parisien remporte la compétition
et devient la première star de la pétanque.
Aujourd'hui encore,
Marco Foyo n'aura pas
une seule édition.
Le champion raconte volontiers
le coup de pouce décisif que Michel Montana
lui avait donné.
À cette époque-là, j'étais au bâton
de juinville, athlète qualifiée,
j'étais dans les meilleurs français
sur 800 mètres, et j'avais une perme
pour entrer le lundi
à Paris.
Fatalité, la Marseillaise se terminait le mercredi,
donc il a fallu que Michel
à l'époque, avec
d'autres personnes
face au nécessaire,
auprès du colonel,
du bâton de juinville, tout ça,
pour m'arrêter, sinon je prenais un mois de trou
à l'époque, puisqu'à l'époque on était déserteurs
dans ces années-là.
Moi j'avais appelé son colonel,
moi j'ai un problème avec Foyo,
c'est que s'il ne reste pas,
c'était lui qui allait à la finale,
avec l'équipe.
Foyo est gentil, laissez-moi là,
qui reste là, j'ai encore 2-3 jours,
et oh, mais vous savez,
il a pétain que je lui ai foutu
complètement, certainement.
Après il a dit ça va, ça va, et surtout
qu'il gagne, je veux qu'il rentre, qu'il revienne,
et qu'il gagne.
Reste encore un pas à franchir
celui de la médiatisation
nationale.
Le sculpteur César
et d'autres célébrités
vont aider Montana.
Ainsi, la star des journalistes
de l'époque, Yves Mourouzy.
Le 1er juillet 1985,
le journal de Trésor s'ouvre en direct
sur le terrain de boule marseillais.
La France entière découvre
le Roland-Garros de la Pétanque.
Bonjour.
C'est le mondial de la
Pétanque.
Au niveau de Roland-Garros, en réalité,
c'est de compétition pour compétition, non?
Absolument, on est au niveau de Roland-Garros,
d'ailleurs nous l'appelons le Roland-Garros des boules
avec 6 636 joueurs.
Et croyez-moi, Yves Mourouzy, le titre
est disputé ici dans la Mille.
Incontestablement, le Trésor de Mourouzy
a fait énormément.
On les compte, c'était le journal le plus regardé de France
à la Mille Journée. Bonjour.
Il était là, au parc Borelli.
Tout ça parce que Michel
était copain avec lui, lui était copain
avec Michel et que Mourouzy faisait un
peu ce qu'il voulait. Il avait décidé
de mettre un coup d'éclairage
sur le mondial et c'est vrai que ça a été
un démarrage
encore plus puissant qu'il ne l'avait jamais été.
Ah oui, incontestablement.
Le mondial avait atteint sa vitesse
de croisière en 74, c'est-à-dire un peu plus
dix ans après sa création
avec 5000 joueurs et là
85, médiatisation,
journal de Trésor de TF1.
Dans ce coup, les vêtements deviennent nationales
et il va devenir international.
C'est là où on commence
à comprendre qu'il y a un enjeu
important pour la ville
et pour les gens, un enjeu populaire
et dont il est
là devenu, je dirais,
le maître quasi absolu.
L'amitié naissante entre Mourouzy et Montana
leur donne une idée.
Organiser chaque année une grande fête populaire
pour lancer la compétition.
C'est le styliste Danny Boyajan
qui accueille la première chez lui
dans son jardin.
C'est vrai que c'est à démarrer
entre ces deux êtres
qu'à un moment donné, on dit
il faut qu'on aille plus loin
et faire une très belle soirée
avant d'attaquer le mondial
à faire la marseillaise de l'époque
ça permettait à tous les investisseurs
des grands patrons ou des élus
de venir participer et surtout
porter des finances
pour que ça puisse avancer le mondial.
Eddie Barclay, Eddie Mitchell
pour attirer un maximum de stars
Michel Montana puisse dans son carnet
d'adresse mondain.
Eddie Barclay est arrivé de s'entroper
avec des stars absolument incroyables
et on s'est retrouvé de 30 personnes
la première année, à plus de 1000
dans le jardin de Danny Boyajan.
Et c'est un souvenir de fête
absolument incroyable, complètement
surdimensionné, avec des femmes
qui descendaient des marges
des musiciens, des danseurs
une immense maison, une grande piscine
plein plein de gens.
Je sais qu'à l'époque, il y a des jeunes
qui se cachaient dans les coffres de voiture
pour participer à la soirée.
Les fêtes du concours de Pétanque
deviennent l'événement mondain
de la ville.
La comédienne
Charlotte Rempling
était alors la compagne
du rédacteur en chef du journal
la Marseillaise, Jean-Noël Tassais.
Elle garde de beaux souvenirs
de ses soirées marseillaises.
Il fait vraiment
des fêtes magnifiques.
Il dit, lui, ils sont les plus belles fêtes
du monde et il croit.
Et pourquoi pas?
Il y a tout Marseille.
Quand je dis tout Marseille,
les cadeaux politiques,
il y a quelques grands chefs d'entreprise,
il y a quelques parisiens
qui viennent un peu s'en canailler un peu.
Donc tu dis, Montana,
c'est quelque chose à Marseille.
Et dire que tout avait commencé
par un petit concours de Pétanque
organisé par un journal local.
Désormais,
chaque début d'été,
Marseille devient le rendez-vous
de la personnalité du monde du spectacle,
de la politique et du sport.
Le tout Paris
débarque au palais du faro.
Michel Montana
aime à y jouer
les maîtres de cérémonies.
Il y a des acteurs qui arrivent de partout.
Parce que ce soir, on les reçoit
au Parmorelli, au Mondial,
et à la grande soirée.
Donc ils arrivent avant.
On fait un petit truc entre collègues.
Il n'y a pas de discours, il n'y a rien.
Voilà, un grand acteur, vous voyez.
Michel, je vous fais pas.
Pour la télévision.
Il a même joué à Marseille,
il y a quelques mois.
Il y a quelqu'un de très généreux,
de très ouvert,
de très chaleureux.
Et chaque année,
il le reçoit
avec beaucoup de gentillesse
et d'humour aussi.
Et
il n'est pas l'assez de nous voir.
Voilà.
Bon, mes amis.
Ici, il y a M. Ives Tréard,
le directeur du faro.
M. Tréard.
C'est quelque chose.
Daniel.
Et la comédienne.
Voilà, la grande.
Tous les gens qui viennent,
c'est comme une famille.
Il est très famille.
C'est un lien.
Voilà, il a réussi à faire ça.
Je me rends compte que tous les gens
autour l'âge,
chaque année, je suis content de les voir.
C'est magnifique chez toi.
Je suis chez moi.
Salut.
On rencontre des gens
qu'on n'a pas vu depuis longtemps.
On n'a pas envie de se faire la gueule.
On a envie de trinquer.
Soit avec un verre de rosé,
soit avec un pastis.
Puis d'aller jouer au bout.
Je pense que les
grandes batailles politiques,
elles devraient se régler à la pétante.
Mesdames, messieurs,
on va fêter le
Joyeux Anniversaire du Mondial
2016.
Avec vous tous.
Merci, merci, merci.
Et puis, comme on dit la chanson,
Joyeux Anniversaire.
Joyeux Anniversaire.
Joyeux Anniversaire.
Je l'ai vraiment.
Il y a donc,
à côté de la pétanque de Monsieur Tout le Monde
et celle du concours des içes provenus du monde entier,
le trophée des personnalités
tournois amicales et très disputés et bien sûr très arrosés qui donnent à Marseille des
petits airs de Deauville et de Saint-Tropez. Montana rêvait d'un Roland Garros de la
pétanque. Il a gagné son pari. La télévision retransmet en direct les compétitions et c'est Marie
Lorogri, l'ancienne complice d'Yves Mourouzy qui les commente aujourd'hui. C'était un vrai
coup de coeur, c'était un coup de coeur d'amitié pour les gens qui organisent cette manifestation
ce qui fait que depuis 86 je suis toujours venue à Marseille et j'attends voilà il ya Noël en
descende et la Marseillaise en juillet pour moi. J'attends ça toujours avec impatience.
Chaque année, la soirée de lancement est le moment important qui emmène Michel Montana
bien loin des débuts hésitant du tournoi il y a 55 ans. En fin d'après-midi la pression monte
mais le patriarche a passé l'âge d'avoir le trac. Le mondial apétanque de la Marseillaise
est devenu une partition bien rodée, une grosse machine, à gros budget.
Marc Grillon travaille avec Michel Montana depuis 35 ans. Il connaît par coeur les exigences
du patron et en compagnie de Vincent le fils de Michel ils ont appris à s'en accommoder.
Mesdames, mes noyaux messieurs, un grand merci d'avoir répondu à l'invitation du mondial
la Marseillaise apétanque. Merci, merci et loupi de l'Université.
Pour l'instant, étonnant, on ne sait pas quand on est gueulés mais ça devrait arriver parce que souvent ça arrive pour son gueule.
Mais ça va, ça passe, c'est une façon qu'on a de vivre en travaillant.
Ces soirées d'été, lorsque toute la ville danse à ses côtés, à quoi pense Michel Montana?
Pense-t-il au quartier défavorisé de son enfance, à ses rêves de jeunesse dans le musicaule
ou autant passer sur les routes comme vendeurs de journaux?
Son mondial apétanque lui ressemble, une fête joyeuse et métissée où tous ces mondes, ceux qui l'a croisé depuis toutes ces années,
se rencontrent et se rassemblent autour de lui.
Le fils d'Immigré Horanet est bel et bien devenu, le vrai roi de Marseille.
Je crois qu'il est soucieux de mener son histoire au-delà de ce qu'il est lui.
C'est même pas une histoire d'arrêt d'ailleurs, c'est une histoire de continuité.
C'est ça qu'il est en train de faire depuis de nombreuses années.
Effectivement, je ne le vois pas s'arrêter, mais je le vois plutôt plané être là.
Plané sur Marseille, pourquoi pas?
Mais surtout, continuez à marcher autour du vieux port tous les jours.
C'est sur le vieux port que Michel Montana vit depuis 50 ans.
C'est sur le vieux port qu'il travaille, et même s'il a beaucoup voyagé,
c'est encore et toujours sur le vieux port qu'il se sent le mieux.
Vous savez, moi, quand je sors le matin, là, que je regarde un peu l'ambiance,
ce qu'il y a, les gens qui passent, c'est magnifique de voir ça.
Marseille, c'est le New York de la Méditerranée.
Il y a tout en Marseille, les Algériens, les Tunisiennes, des Marocains, des gens de couleur.
Vous avez l'Afrique, ensuite, vous avez les Amériques, tout le monde devient en Marseille.
Alors, vous connaissez le vieux port comme ça, oui, New York.
Le musical, c'est toute ma vie.
J'ai le coeur à la fête, et je souris.
C'est ma recette, je vous la confie.
Chaque fois que je dis, youpi.
Depuis tout mon homme, j'avais compris qu'il faut toujours aimer la vie, me tracasser.
J'ai pas envie.
C'est pour ça que je dis youpi.
Je dis youpi.
Je dis youpi.
Je dis youpi.
Je dis youpi.
Je dis youpi.
Je dis youpi.
Je dis youpi.
Je dis youpi.
