Bonjour, je m'appelle Anthony et je viens de Marseille, en France.
Aujourd'hui, je suis venu à la rencontre de Anne et Bernadette qui habitent dans une grotte sur cette falaise.
Elles ont quitté leur ville parce qu'elles ne supportaient plus les chances électromagnétiques.
En effet, elles ne supportent plus les antennes relais, le portable ou encore la wifi.
J'ai des douleurs suivies d'une immense fatigue, de problèmes digestifs et de grands froids intenses et j'avais des malaises qui se sont pratiquement estompées.
Nous sommes au fond de la grotte. Il y a à peu près 15 mètres carrés de fonds de grotte, zone blanche, on appelle ça zone blanche, zone sans champ électromagnétique artificiel.
C'est là que nous dormons, c'est là que nous reposons nos organismes, c'est là que nos symptômes se dissipent.
L'électro sensibilité et leur maladie n'est pas encore reconnue en France, mais des centaines de personnes comme Anne et Bernadette militent pour la création de zones blanches,
c'est-à-dire de zones sans ondes et pour la reconnaissance de leur maladie.
Je fais partie d'une association qui s'appelle Une Terre pour les HHS, l'essentiel de son action, c'est la demande de zone blanche. Ma fille est une adhérente et milite pour moi parce qu'elle peut aller sur internet, elle peut se renseigner,
il y a plein de choses qu'elle fait que je ne peux pas faire, elle m'assiste puisque quand je me déplace, c'est elle qui conduit le camion et moi je suis installée à l'arrière d'un camion tout au lait qui me protège des champs électromagnétiques,
des antennes relais, c'est elle qui fait les courses, je me considère comme une handicapée, je ne peux pas faire grand chose, si, du courrier, témoigner, témoigner par écrit et puis témoigner devant les médias.
Voilà, c'est la seule chose que je peux faire et encore quand je témoigne devant une caméra, je charge, je prends un peu mais voilà, il y a le tolérable et l'intolérable et quand ça ne dure pas, je tolère.
Bernadette était pendant 25 ans hôtesse de l'air, Anne vivait à Nice et travaillait comme employé dans une université, tour à tour, leur vie a basculé, l'une et l'autre peuvent vivre quelques heures par jour hors de la grotte sans se sentir agressés par les ondes,
elles peuvent alors profiter de l'aide d'amis qui leur offrent leur maison pour leurs besoins élémentaires.
C'est là, entre ciel et terre, quand j'étais chargée comme maintenant et en tirant sur la corde, je me disais, je me suis dit pendant des mois, mais est-ce vrai ce que je vis?
suis-je vraiment là? Que m'est-il arrivé? Est-ce possible? Moi je me vis comme une réfugiée. Tout à fait, je ne peux plus revenir dans mon appartement ou à Paris.
J'étais arrivée ici avec une valise pour dix jours, avec des vêtements d'été, je n'avais strictement rien et voilà, je suis toujours là.
Je vais faire ça bien, je ne pourrai pas au fond d'une grotte, l'art de vivre au fond d'une grotte.
Vous connaissiez-vous d'eux avant de vivre ensemble?
Non, en fait, Bernadette est arrivée en août 2010 et j'ai découvert Bernadette qui était en mauvaise état, elle est arrivée, pas bien, donc on a appris à se connaître justement au fil des mois.
Je peux dire que Anne m'a accueillie magnifiquement bien.
Pour moi, c'est naturel parce que je l'ai reçu comme quelqu'un souffrant de la même pathologie que moi, d'autant plus, je veux dire, on ressent un peu plus ce que l'autre ressent quand on a la même maladie, même s'il y a des billets sur les différences.
Et bien avant que ça arrive, j'étais à la retraite, on peut dire, je passais beaucoup de temps dans les musées, dans les expositions, j'allais goûter des concerts, des conférences en permanence.
Est-ce que l'art vous manque, justement, est-ce que cette vie vous manque?
Je peux dire que j'aimerais beaucoup contempler des œuvres d'art, c'était un immense plaisir pour moi de pouvoir réfléchir sur ces œuvres, mais je pense que j'ai tiré un trait, je dois en tirer un, mais je pense qu'il est tiré le trait.
Cette vie ne pourra jamais recommencer.
Les verres approches et un ébanandette vont continuer à vivre dans cette grotte, là où les températures peuvent atteindre jusqu'à moins 15 degrés.
Elles vont continuer à écrire des courriers, à alerter les médias dans l'espoir que l'Etat crée des zones blanches, ou du moins qu'on leur attribue un logement plus sain et plus respectueux.
