Paris sera toujours Paris.
Qu'est-ce tu veux qu'il fasse d'autres?
Aujourd'hui sera pareil à tous les autres.
C'est qu'il sera tout autre.
Je me laverai déjà en retard,
entraînant les pieds.
Vite.
Toujours très vite.
J'arrêterai le café tout en le buvant
et fumerai cette clope,
qui sera la première dernière de la journée.
Ou bien,
la dernière dernière.
Je perds vite le fil.
Je sortirai et arpenterai tes rues,
comme si elles étaient miennes.
Miennes depuis toujours.
Toujours steppe de pierre.
Ici, c'est chez moi.
C'est chez moi et demain je pars.
Demain on le montre au champ.
Demain je pars et je ne reviendrai pas.
Enfin,
pas tout de suite.
Pour le moment, c'est peut-être pas ta faute,
je me plains la gueule.
Pourtant si je le fais ici, je le ferai partout.
Bonne endroit pour le moment.
Très bonne endroit.
Pas toujours de bon moment.
Je marche à l'aveugle en me fondant le brouillard,
celui de l'anonyme.
L'anonyme amoureux tous les 100 mètres.
L'amoureux d'une rame de métro,
d'un croisement.
Derrière se cherche,
se perdent et se fuient pour disparaître
en imbattement de paupières.
De paupières ou de cœur.
J'ai le monde sur les épaules,
et les épaules larges.
Je suis pas là pour rien.
Mais à ce le monde,
il y en a qui crèvent pour un bout de pain, d'autres pour un bout de froid.
Il y en a qui tournent la tête à l'amour, et d'autres qui tournent la tête tout court.
Il y en a qui disent merde à la vie et s'en mettent plein la gueule jusqu'au lundi.
Et il y en a qui disent merde aussi, mais pour qu'on beléchine au Dieu de l'avoir.
À moi.
Moi plus qu'à toi.
C'est la moyenne moderne et ça nous colle autant.
Trop de mépris et trop de choix.
Trop de culture et trop enivrant.
Trop de sang qui coule et qui coula.
Trop d'espoir.
Trop de miroir qu'on brise comme des poupées qu'on casse.
Trop, trop.
Trop pour moi.
Tout pour moi.
Et rien que pour moi.
Toute l'attention de l'univers, les révoltes libertaires,
ces génie qui va repourir crever.
Tous les ponts dont on plonge et qui mènent au havre.
Là-bas ou ailleurs.
Tous les ailleurs.
Ou mieux qu'ici d'ailleurs.
Quand on se lève, quand on se couche, quand on découche.
Toujours ébloui, toujours surpris.
Toujours une place aux côtés d'un pote.
Et une bière à partager.
Un compteur à éviter.
Toujours des coins à découvrir.
Des sourires à donner, des balades sans le saut.
Sans grisaille.
Sans toi.
Être encore debout et voir le soleil se lever pour glisser sur la ville.
Sans dormir dans l'herbe.
Et se faire réveiller par la rosage.
Attendre le printemps comme un putain de père Noël.
Les merveillements, la beauté des murs.
La masse gruyante, puante, bruyante.
Jamais vivre là-dedans, jamais.
Ou pas trop longtemps.
Je foule d'un parapide les sentiers éternels
et l'histoire de l'homme a voulu les rendre tous égaux.
Tous égaux dans le sang, ouais.
Tout va trop vite.
Trop vite et trop fort.
Comme d'un mauvais coup qui ne sortirait pas de la tête.
Un mauvais coup qu'on rappelle.
Y'avait ce mec en bas de la rue.
C'est quoi son nom déjà?
Comment je le serai moi?
Est-ce que je parle aux gens?
Je leur parle à tous.
A tous.
Pas de distinction de couleur, de classe, de style.
Tout ça bouffait le même béton.
La même soupe d'un tox froide qui nous colle au trip et qu'on vaut mit.
Qu'on vaut mit sur le même trottoir sale
où je m'endormis face contre terre un soir qu'avait dû être trop long.
Trop long, trop court.
Trop court pour être vrai et trop con pour courir.
Ah ouais, beaucoup trop de cons.
Des cons qui veulent pas de d'autres cons marier
et des mariers assez cons pour frapper dans les dents de l'espoir.
Des cons qu'on caresse et d'autres qu'on oublie bien vite.
Aussi vite que veulent à vie.
Pareil que tu t'agrandis.
Il y aura peut-être la place pour moi cette fois.
Et si on n'a pas, j'aurai des coudes.
Pour moi et tous les autres.
On fera disparaître cette frontière
au nom des bouchers d'un empereur en bout limite conquête.
Nous tous laissons pareil.
Pareil à aujourd'hui.
Pareil à tous les autres.
Toujours tout autant.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
