Les arts décoratifs consacrent à Sonia Riquiel sa première grande exposition.
Pour fêter les 40 ans de sa maison, le visiteur part à la rencontre de la créatrice à
travers un parcours de 220 silhouettes de 1968 à nos jours.
Sonia Riquiel parle souvent dans les interviews des années 70 surtout d'une pression très
forte qu'elle a reçu lorsqu'elle est allée en Chine en voyant tous les Chinois en uniforme
parce qu'on les était encore à l'époque en uniforme et ça à mon avis c'est pas
anodin dans le caractère uniforme de la mode de Sonia Riquiel puisque une femme en Riquiel
ça se reconnaît.
Sonia Riquiel haute, enlève, supprime, détruit, fait des trous, superpose, invente le jogging
d'éponge et de velours élégant.
Oubliez tout ce que vous avez entendu sur la mode qui se démode.
Chez Riquiel on est au-delà de la mode.
La créatrice à l'imaginer des mouvements, l'infrasé, servi par la laine, la soie,
le coton, les dentelles, les fourrures, l'uni, l'oreiller, l'imprimer.
Pour l'artiste, la mode n'est pas protection, mais question.
Je sais qu'un jour une robe va me parler, je sais qu'un jour une robe va sortir toute
seule, elle sortira comme ça, je ne sais pas d'où, peut-être d'un coin ou d'un
champ visuel complètement que j'ignore et que c'est elle qui va m'agripper, que c'est
elle qui va m'attirer et qu'elle me dira, voilà ce que tu dois faire, mais je ne crois
pas que je comprends vraiment, je ne crois pas que je comprends vraiment dessus.
Lorsqu'on lui pose la question qu'elle est votre vêtement préféré, elle répondait
les années 70, celui qui dégage le visage de la femme.
Dans l'expo, se mêlent photos de mode et vidéos des déchilés.
Et la femme est de bonne humeur, chéri chienne, pas de s'intrapsant dans ses déchilés,
les mannequins dansent, jouent avec les vêtements.
Son travail entre l'anonymat et la singularité révèle l'intemporalité de son style, proche
d'une certaine théâtralité, d'une nonchalance.
Sonia collabore en noir et blanc avec la photographme Dominique Ysermann.
Le noir c'est une couleur magnifique, à peine sortie des années pop, elle réhabilite le
noir comme couleur de séduction et de liberté.
C'est assez pantalon aussi large que des jupes, aux tricots ajustés ou aux vêtements
moues en laine qu'on reconnaît une silhouette sonia riquelle.
Cinq couleurs comme cinq voyelles, cette femme de lettre inscrit sur ses vêtements
des slogans poétiques ou bien des livres.
On est devant une femme très laitrée qui a construit sa mode comme on est fait un
auteur au reconstruit son roman, page après page, qui n'hésite pas à manipuler, à
faire de la vie ou de sa mode quelque chose de très romanesque.
Femme de tempérament, comme coucou Chanel, elle a su imposer une mode à la fois réaliste
et poétique.
Une garde-robe sonia riquelle se constitue une année et elle peut se terminer dix ans
après, il y a une espèce de jeu de mécanos là-dedans qui abolit un petit peu le renouvellement,
un petit peu hystérique des modes.
Cette belle exposition s'est faite en étroite collaboration avec Sonia et sa fille Nathalie
Riquiel, qui a repris le flambeau de sa maison de mode.
La croix, Gauthier, Lagarfeld, Westwood, Castelbajac, on retrouve ici l'hommage de
grand créateur, rendu à l'automne dernier pour son défilé anniversaire.
Fidèle à la liberté du vêtement qui lui est si cher, sa maison est totalement indépendante
et ne doit de compte à aucun grand groupe de luxe.
La créatrice aimerait que les vêtements nous poussent de l'intérieur, comme une seconde
peau, cultivons notre style.
Le prêtre apporté selon Sonia Riquiel, c'est le prêtre à nous vivre.
