Dans le cadre de cette vidéo, je me propose de vous expliquer en venant compléter le
propos du document dans le matériel complémentaire sur la distance professionnelle, à part des
exemples les trois règles fondamentales qui constituent la distance professionnelle. En
quoi je rappelle que les trois règles ne sont pas nécessairement chronologiques, c'est-à-dire
que dans la manière dont je vais les expliquer, elles ne sont pas nécessairement à suivre à la
lettre et elles ne sont pas nécessairement numérotées ou à suivre dans un ordre en particulier.
La première de ces règles, c'est passer de mes préférences aux références. Prenons un exemple,
je suis animateur, dans mon nez que collectif de 1000h et je discute avec des enfants, un petit peu
de la pluie du beau temps. À un moment donné, un jeune garçon vient de me parler de sa religion
et essaye de m'exposer, de m'argumenter en quoi cette dernière est-elle intéressante,
est-elle pertinente? Moi de mon côté, je suis ateïste et par conséquent, dans ma vie quotidienne,
je n'accorde pas beaucoup d'importance à la question religieuse. Par conséquent,
le premier réflexe que j'aurai, ce serait de me dire qu'est-ce qu'il est en train de me raconter
et de venir de suite lui donner comme information. Écoute, ton propos ne m'intéresse pas et qui,
plus est, la religion n'a aucun sens pour moi. C'est ce qu'on peut appeler de préférence,
c'est-à-dire ce vers quoi je préfère. Or, que disent les références? Que disent les textes? Que
disent la loi et les autres fondamentaux dans lesquels je travaille? Ils disent la liberté
d'expression, ils disent la liberté de conscience, ils disent la liberté de croyance. Par conséquent,
dans le cas dans lequel je suis, je ne peux pas me permettre de laisser parler mon moi, mais plutôt
d'intervenir en tant qu'animateur. Ce qui m'intéresse donc, c'est comment l'enfant
compta-t-il sa religion, comment la perçoit-il et qu'est-ce que lui en pense-t-il? Et non pas,
ce que moi j'en pense ou comment je me présenterai à travers cet exemple-ci. La deuxième règle,
c'est m'orienter plutôt qu'orienter. Un peu plus subtil, s'orienter soi-même, c'est se donner
les moyens, comme une boussole, de récupérer suffisamment d'informations pour être en capacité
d'agir. Agir, oui, mais pas n'importe comment. Pas agir pour l'autre, mais agir pour soi. Prendre
un exemple à nouveau, nous sommes dans une réunion de travail et l'un des collègues me fait part
d'un message plutôt, on va dire, en colère, avec des mots plutôt ambiguus, c'est-à-dire qu'il pourrait
relever de plusieurs sens, ce qui ne sort pas clair son instant. Le premier réflexe que je
pourrais avoir, ce serait de rebondir sur un coup de tête, et donc ainsi de le récupérer et de
le signifier, mon incompréhension, voire ma propre colère, car les termes utilisés vont un petit peu
me chambouler. Sauf que s'orienter soi-même, c'est essayer déjà de faire l'effort, de comprendre
à travers le champ mexical utilisé, ce qui se passe pour l'autre et pour soi, de la situation donnée,
et ainsi de se donner des pistes pour pouvoir prendre le temps et se cibler, et ainsi agir en
conséquence. Enfin la dernière règle, problématiser ensemble, c'est tout simplement essayer de faire
la distinction entre la personne et l'action commise. Encore une fois, autre exemple, quelqu'un
vient de faire ce qu'on pourrait qualifier d'un acte compromettant, une bêtise par exemple, un enfant pris en
flagrant délit. La question c'est, est-ce que c'est l'enfant qui est la source d'un mot, ou est-ce
que c'est de l'action qui est engendrée de conséquences? C'est plutôt la réponse numéro 2.
Problematiser ensemble, c'est donc remettre en questionnement l'objet exécuté, mais non pas la
personne. Enfin pourquoi ensemble? Parce que tout simplement le postulat de la distance, c'est
d'essayer d'amener le nôtre aussi à sautant interroger, cela permettra de lui donner le moyen de rebondir
et de réagir, de de, pour moi et pour lui, de travailler ensemble à une forme de comprenie et de
tolérance respective, de la distance professionnelle.
