Bonjour à tous. Je suis ravi d'être là. Je vais vous dire un petit peu ce que je fais parce que j'ai une diapo sur tous ces éléments-là.
Je suis effectivement professeur d'anesthétique et réanimation pas très loin, l'hôpital Cochin. Je suis vice-doyen de la Faculté de médecine Paris Descartes, qui n'est pas très loin non plus.
Je suis fondateur et directeur d'un département universitaire qui s'appelle Illumins et qui cherche à réinventer la formation des professionnels de santé.
Avant de rentrer un petit peu dans le vif du sujet, il y a deux éléments qui sont importants à bien comprendre.
A mon sens, la santé est un cas d'usage absolument fabuleux de la thématique qui vous intéresse, c'est-à-dire de l'innovation et de la gestion des technologies.
Parce qu'on assiste à leur actuel dans la santé à une accélération absolument formidable avec des impacts majeurs de tous ces aspects d'innovation.
Et ça a plusieurs conséquences. La première, évidemment, c'est une recherche qui est d'améliorer ce qu'on appelle le progrès médical en général.
Ce qu'on peut rendre comme service à nos patients, mais ça a aussi des conséquences en termes d'accélération qui sont intéressantes et importantes à comprendre.
Mais notamment dans la recherche en santé, l'évolution de certaines technologies a maintenant largement dépassé les talons qu'on utilise, ce qui est la loi de mours que vous connaissez tous probablement, c'est-à-dire la durée nécessaire pour faire évoluer des composants informatiques standardisés, etc.
Et donc on assiste en fait à d'un côté un cycle d'innovation qui s'emballe, ce qui est une très bonne chose et qui n'a jamais été aussi rapide et qui est même plus rapide que dans beaucoup d'autres domaines.
De l'autre, certaines réalités qui sont que la mise en place en pratique, l'utilisation optimale et le service rendu final pour les patients ne peuvent pas aller aussi vite pour l'instant que justement ce cycle d'innovation qui s'accélère.
Et donc un des enjeux pour faire le lien entre ce cycle d'innovation qui s'emballe et une utilisation optimale en pratique, c'est notamment l'organisation et la formation à travers ces nouvelles approches.
Et c'est ce qu'on essaie de développer avec là aussi l'idée de réfléchir à comment est-ce qu'on peut innover pas uniquement dans les outils qu'on utilise, mais surtout dans les concepts et les approches.
Et c'est de ça dont je vais vous parler.
Alors, j'ai pas de lien d'intérêt industriel à déclarer et je le fais de façon tout à fait obligatoire en étant un professionnel de santé.
Et puis comme je vous l'ai dit, je suis professeur d'anesthésie de réanimation à l'assistance publique, je suis visitoïen de la Faculté de médecine Paris Descartes.
Je suis directeur du Centre de simulation et l'humains et je suis président de la santé européenne de simulation et j'ai également un rôle à la fois dans la recherche et puis d'experts auprès des autorités de santé et notamment de la haute autorité de santé.
Alors deux images un peu bousculantes pour mettre en lumière quelques paradoxes.
La première c'est que vous connaissez sûrement Bonneau Boulevard dans ce film que vous avez peut-être tous vu également.
Et donc le lien en fait avec les professionnels de santé il est peut-être pas forcément évident pour vous parce qu'un professionnel de santé c'est tout sauf un assassin.
Et c'est tout sauf quelqu'un qui qui tu et justement ce qu'on apprend tous qu'on soit soignant médecin, firmir etc c'est comment est ce qu'on peut faire le bien et le mieux qu'on peut pour nos patients.
La réalité en fait malheureusement elle est un petit peu différente et même si on veut faire du mieux qu'on peut et bien on a des systèmes quand on les regarde et quand on les analyse qui sont pas aussi performants que ce qu'on en attend et que ce qu'on aimerait.
Et notamment en fait il y a un certain nombre de processus qui sont pas bien maîtrisés et qui ont trait notamment à de la qualité de la sécurité on va en parler.
Et qui font qu'à l'heure actuelle par exemple aux Etats-Unis la troisième cause de mortalité de patients qui sont hospitalisés après le cancer et les maladies cardiovasculaires et bien c'est les erreurs médicales.
Ce qui est pas tout à fait finalement ce qu'on attend quand on dit on veut faire le mieux qu'on peut pour nos patients.
Ce sont des statistiques qui sont encore trop trop importantes.
Et puis la deuxième image c'est cette image des taxis finalement les professionnels de santé et notamment les hospitalaux universitaires c'est-à-dire ceux qui soignent et qui enseignent.
Ils sont en face d'une réalité similaire qui est la perte des monopoles.
Vous connaissez tout super et vous savez combien ça a changé les modèles économiques des taxis.
Et bien dans la santé et notamment en ce qui concerne l'information ou la formation les médecins ou les soignants avaient auparavant le monopole de la connaissance.
Et maintenant notamment avec les outils numériques que ce soit des patients vis-à-vis de leur médecin ou que ce soit des étudiants vis-à-vis de leurs enseignants en santé.
Ces monopoles sont complètement bouleversés et changent profondément la relation qui va y avoir et donc l'interaction qu'on va mettre en place et la façon de se comporter dans ces moments-là.
Donc c'est avec ces réflexions-là qu'on a essayé de repenser la façon dont on pouvait imaginer la formation des professionnels de santé en utilisant des problématiques bien réelles
et en essayant de trouver des solutions pour les adapter justement au monde de demain mais au monde d'aujourd'hui.
Alors en pratique il y a un certain nombre d'éléments qu'on va mettre en place et je vous ai parlé tout à l'heure de la notion de qualité et de sécurité des soins.
C'est peut-être pas que quand vous rentrez dans un système de soins, le fait d'être pris en charge à l'hôpital, d'être pris en charge dans un cabinet de médecin, etc.
entraîne de façon intrinsèque un certain nombre de risques qui sont liés aux médicaments qu'on va vous donner, aux interactions qui va y avoir avec des professionnels de santé, etc.
Et ces risques en fait, ils sont bien connus dans d'autres disciplines et notamment dans d'autres professions à risque comme par exemple l'aéronautique.
Quand on compare un certain nombre de statistiques qui sont liées à la sécurité professionnelle, notamment dans l'aéronautique et dans la santé,
à l'heure actuelle, chaque année il y a une petite dizaine d'avions qui s'écrasent dans le monde malheureusement,
même si c'est 2016 par exemple l'année qui a été la moins pourvoyeuse de mortalité et ça fait à peu près 1000 à 1500 morts par an pour 5 milliards de passagers transportés.
Dans la santé, aujourd'hui, simplement aux États-Unis, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, on estime que le nombre de morts liés aux erreurs médicales,
c'est un crash d'avions par jour et donc c'est le corollaire de la statistique sur la mortalité à l'hôpital.
Et en France, on a des statistiques qui sont à peu près similaires évidemment quand on les ramène à la population française
et qui montrent simplement qu'on a un énorme travail de sécurisation de nos activités à effectuer,
même si évidemment un avion qui décolle est en bon état alors qu'un patient qui vient à l'hôpital est par définition en mauvais état de santé.
Et pour vous donner une petite échelle de comparaison, vous avez ici une échelle de risque.
Sur la partie gauche, les risques les plus maîtrisés, sur la partie droite, les risques les moins maîtrisés
et vous voyez que l'aviation, comme je vous l'ai dit, fait partie de risques très maîtrisés.
L'Imalaya, ceux qui vont faire de la haute montagne comme moi, savent qu'on prend un certain nombre de risques
et entre les deux, il y a les activités médicales qui ont pour une partie des risques plutôt maîtrisés dans certaines spécialités dont la mienne
et puis dans d'autres activités, notamment tout ce qui a trait à l'urgence, des risques qui ne sont pas encore bien maîtrisés
pour lesquels il faut qu'on progresse, simplement dans l'idée de dire qu'on fait vraiment ce qu'il y a de mieux pour nos patients.
Ça, c'est le premier élément. Le deuxième élément, je vous ai parlé un petit peu de connaissance.
On est dans une période, vous le savez tous également, où on vit une vraie révolution de la connaissance.
D'abord, dans la façon dont on va la transmettre, la connaissance, elle a d'abord été échangée à travers la parole avec des philosophes,
leurs disciples, etc., qui conservaient un certain nombre de réalités ou d'informations
et puis ensuite on a su la coucher sur différents matériaux d'abord des pierres et puis ensuite sur du papier
et on a inventé l'imprépril pour pouvoir la disséminer et avec ce type d'outil aujourd'hui, vous pouvez,
avec ce que vous avez dans la poche et avec la connexion sur le réseau internet de la Sorbonne,
accéder à toute la connaissance que vous voulez et avoir exactement les mêmes informations que moi j'ai eu
quand j'ai fait mes études de médecine par exemple, ou moi avoir des informations sur l'économie,
le métier roll dont Adnan parlait, etc., etc. Donc ça c'est extrêmement important et ce qui est encore plus important,
c'est qu'avec ces outils-là, non seulement on casse complètement le monopole de la connaissance,
mais on va pouvoir approcher une brique supplémentaire qui est l'expérience et qui fait justement la différence
entre un patient qui va chercher de la connaissance mais qui n'est pas encore capable de l'articuler
et un médecin qui a justement cette expérience-là et qui est capable de réfléchir avec la somme de réalité
sur des problématiques qu'on vient lui amener.
Évidemment les étudiants ont bien compris ça et donc ce modèle-là avec 400 étudiants dans un amphibes
que c'est les volumes de nos promotions, un enseignant et une transmission verticale de connaissance,
il n'est plus valable, il n'est plus valable parce que le monopole est complètement rebalancé,
que les étudiants ne viennent plus en cours, ils savent très bien qu'ils peuvent trouver ailleurs les éléments
qu'ils vont chercher et donc il y a des nouveaux moyens d'enseigner, des nouvelles approches,
des nouveaux usages et puis évidemment un nouveau public plus jeune,
la génération Y qui est déjà un peu âgée et puis les générations qui suivent
et qui vont demander un certain nombre de modifications dans la façon dont on interagit avec eux.
Certains parfois sont très jeunes et ça c'est une réalité, je ne sais pas si c'est bien ou pas bien,
en tout cas ça existe et il faut qu'on en tienne compte.
Alors en pratique évidemment on change beaucoup la façon dont on interagit avec les étudiants.
Vous aviez peut-être entendu parler au vu ou à prix grâce au modèle des cours en amphithéâtre,
des cours magistraux en fonction de là où vous avez été.
On évolue maintenant vers des choses qui sont beaucoup plus interactives,
qui permettent exactement de répondre à certains impératifs de cette génération,
c'est-à-dire le feedback instantané, la nécessité d'être très active dans l'apprentissage,
d'avoir des problématiques concrètes qu'on va adresser, etc.
Et dans la santé, vous savez qu'on a d'abord appris notamment la anatomie sur des cadavres
et puis à l'heure actuelle, le modèle principe de formation c'est d'apprendre sur vous,
sur les patients, c'est-à-dire les étudiants vont à l'hôpital et puis ils vont apprendre à faire des picures,
ils vont apprendre à faire des électrocardiogrammes, ils vont apprendre à faire de la chirurgie.
Et donc ils sont dans des phases où ils ne matrisent pas encore bien les gestes,
ils ne matrisent pas encore bien un certain nombre d'aspects,
et donc parfois ça se passe bien notamment quand ils sont bien encadrés, et parfois ça se passe pas bien
et ça génère un certain nombre d'accidents dont je vous ai parlé tout à l'heure.
Pour arriver à former un professionnel de santé, il va nous falloir trois étapes importantes.
Première étape, j'en ai parlé, c'est la connaissance.
Mais les deux étapes supplémentaires qui vont faire la différence entre vous
qui pouvez chercher de la connaissance et un étudiant ou un interne qui a appris,
c'est justement à la fois les compétences et puis toutes les notions de comportement.
Et donc ces trois éléments-là knowledge, skills et attitudes
qu'on va donner qui vont faire passer un étudiant naïf ou novice
à un expert professionnel de santé.
Et ces deux aspects comportement et compétence s'apprennent justement
dans l'expérience qu'on va avoir au lit du patient, dans l'interaction au cabinet du médecin,
au bloc opératoire ou dans d'autres environnements.
Et la question c'est de comprendre comment est-ce qu'on va pouvoir améliorer
cette acquisition de compétence et de comportement,
la sécuriser et faire en sorte que le patient n'en soit pas victime
comme c'est le cas à l'heure actuelle.
Et donc ce qu'on a mis en place et ce qu'on a essayé de conceptualiser,
c'est comment est-ce qu'on passe de la connaissance à l'expérience
à travers des environnements de formation qui soient adaptés,
maîtrisés et sécurisés notamment vis-à-vis des patients.
Et donc on a appris pendant longtemps dans la vie réelle,
vous avez ici une petite photo je ne sais pas si vous voyez bien
d'un service de réanimation où il y a des étudiants qui apprennent
et puis on commence à apprendre avec des outils de simulation
exactement comme des cockpit artificiels
ou des simulateurs de vol dans l'aéronautique,
et bien il y a maintenant des patients robots,
des interfaces informatisées, je vais vous en montrer quelques-unes,
qui vont pouvoir apprendre à des étudiants ou à des professionnels
à soigner et pouvoir faire des erreurs
sans que ça aille de conséquence sur les patients.
Et puis quand on va dans ce modèle-là,
et bien on va passer par des interfaces robotisées
ou qui vont recréer des environnements de soins,
mais on peut aussi passer vers des environnements qui sont complètement virtuels
et utiliser le concept de jeux vidéo,
non pas pour se divertir mais pour apprendre
et faire de ce qu'on appelle des jeux sérieux, je vous en parlais,
où on combina la fois un contenu de formation
et un vecteur vidéoludique et interactif.
Alors il y a maintenant beaucoup beaucoup de outils de simulation,
certains sont historiques comme le cadavre par exemple
et puisqu'ils se développent beaucoup maintenant,
des interfaces synthétiques, robotisées ou virtuelles,
qui vont recréer exactement ce qu'on peut voir dans différentes situations
et permettre justement de l'apprentissage
pour des étudiants ou pour des professionnels qui sont déjà formés
et répondre à la problématique de comment j'utilise
le nouveau matériel qui vient de sortir,
dont on sait qu'il va rendre un service important,
uniquement si je sais bien le maîtriser.
Et c'est la même stratégie avec des médicaments,
avec des outils au bloc opératoire,
avec des stratégies d'organisation, etc.
Et c'est ça vraiment qui permet de faire en sorte
que d'un côté on ait de l'innovation rapide
et de l'autre de la mise en place qui soit performante
avec ce lien justement de formation entre les deux.
Alors en pratique on a énormément d'approches,
je vous le disais juste pour vous montrer quelques exemples.
Vous avez ici un environnement de soins,
vous avez des soignants qui sont dans le centre de simulation
et au lieu de prendre en charge un patient,
ils sont en train de prendre en charge un mannequin,
un robot qui va réagir exactement comme un patient.
Donc ce mannequin est en train de faire une hemorrhagie
du tube digestif et on va être obligé de l'endormir
pour aller mettre une caméra dans son estomac.
Et exactement comme on prendrait en charge un patient,
eh bien on va faire la même chose.
Et ce qui est très intéressant c'est que si vous voyez
dans le coin, je ne sais pas si je peux mettre ma souris.
En haut, ici vous avez une vitre centaine
et derrière cette vitre centaine,
il y a un pupitre de commande qui permet de gérer
l'ensemble de la situation et puis surtout un formateur
qui va analyser tout ce qui est fait
et qui va débriffer avec les personnes qui travaillent ici.
Pour comprendre ce qui s'est passé
et comment ils peuvent s'améliorer
quand ils prendront en charge
un certain nombre de patients à l'hôpital.
Et c'est à partir de ces expériences simulées
qu'on va pouvoir apprendre, on apprendra plus sur vous
et c'est plutôt une bonne nouvelle.
On a la même approche et pour vous montrer
que finalement c'est des approches conceptuelles
et pas uniquement des outils,
on a la même approche avec des acteurs.
Attendez, je ne sais pas si vous...
Voilà c'est bon, pardon.
Donc simplement pour vous dire
qu'en fait cette approche-là
elle n'est pas dépendante de technologie robotisée
et qu'on peut la faire très simplement aussi
avec des acteurs.
Travailler la relation avec un patient
le fait de dire bonjour, de se comporter correctement,
de donner des informations qui sont intelligibles
c'est extrêmement important
et non seulement c'est extrêmement important
mais en plus ça participe à la relation de soins
et au traitement des patients.
Donc ce que vous voyez là c'est la même chose que la simulation
avec des mannequins mais avec des acteurs
ou avec des actrices. Donc là la personne qui vient de rentrer dans le cabinet
c'est une actrice qui va jouer le rôle d'une patient
et l'étudiant qui est devant elle
va être en charge de comprendre
quelle est sa maladie, pourquoi elle vient,
comment est-ce qu'on va lui expliquer, quel traitement va lui donner
et puis on débrief ensuite de la même façon
pour travailler avec l'actrice
et avec l'étudiant
à comment est-ce qu'on améliore
justement ce qu'ils vont faire au quotidien.
Donc là il est en train de lui expliquer
qu'elle est un peu folle parce qu'elle demande plein de médicaments
et qu'il vaut mieux aller voir un psy
ce qui n'est pas tout à fait la bonne façon
de réagir dans ces cas-là.
Et puis je vous disais
on peut travailler dans des environnements qui sont complètement virtuels
et on a recréé des environnements de soins
donc ça c'est la salle
d'accouchement de l'hôpital où je travaille à Port Royal
que vous avez de façon statique
mais vous allez voir ce que ça donne quand on peut le mettre
sous forme de jeux vidéo
dont le but va être justement d'apprendre
et non plus de jouer
et qui va servir justement des objectifs d'apprentissage
autour du soin.
Donc je vous ai dit c'est un logiciel
ou un programme qui peut être basé sur internet
qui peut être basé sur votre ordinateur etc.
qui va combiner un scénario d'apprentissage
et des objectifs d'apprentissage
donc c'est le cours que vous faisiez auparavant en amphithéâtre
avec des vecteurs vidéoludiques
et qu'on va pouvoir interfacer
soit dans des environnements
qui sont plutôt fantastiques
et plutôt type jeux vidéo
notamment sur certaines approches qu'on développe là
plutôt pour les patients
des approches qui sont très réalistes
et qu'on développe des approches qu'on développe plutôt
pour les professionnels de santé
vous avez ici l'exemple d'un programme qu'on a développé
pour l'armée française pour apprendre
justement la prise en charge
des blessés sur le terrain
Alors en pratique ça donne ça
vous avez là une vidéo de quelqu'un
qui est en train de jouer dans un environnement hospitalier
et vous voyez qu'on a exactement
les mêmes possibilités d'interaction
c'est un programme qu'on développe avec un de nos partenaires
qui est une société qui s'appelle Medusims
les mêmes possibilités d'interaction
que dans la vraie vie
vous allez pouvoir demander à l'infirmière
ou son avatar qui est en face de vous
de faire un soin
vous allez pouvoir emmener le patient au scanner
vous allez pouvoir interpréter les images de l'écograph
vous allez pouvoir regarder les constants vitales
vous rendre compte que le patient qui est devant vous
en temps réel il va se saigner
il va falloir prendre une décision rapidement
parce que sinon ça va pas bien se passer
et on n'est pas obligé d'être uniquement à l'hôpital
évidemment mais on peut être aussi au cabinet d'un médecin
donc là vous avez un cardiologue qui va prendre en charge
un patient qui vient pour des troubles du rythme
et il va l'osculter
alors je vais vous remettre le son
et vous allez entendre les bruits du coeur
voilà il y a encore l'autre vidéo qui tourne
et vous allez pouvoir entendre
les bruits des poumons
vous allez pouvoir entendre un certain nombre de choses
et on va vous donner
exactement comme dans la vraie vie
un certain nombre d'informations
par exemple là on va lui faire une échographie
c'est l'écographie du coeur de la patient
du coeur virtuel et on va pouvoir l'interpréter
exactement comme on demanderait à un étudiant
ou un cardiologue dans la vraie vie
donc c'est des programmes qui sont très réalistes
qui permettent de remplir des objectifs
d'apprentissage parfaitement maîtrisés
puisqu'ils sont designés pour ça
et qui permettent justement d'apprendre
dans des environnements sécurisés également
et de pas mettre les patients en première ligne
vis-à-vis des gens qui sont en apprentissage
vous avez à avoir
une deuxième coupe d'écographie
et puis on n'est pas obligé d'être
au cabinet du médecin
puisqu'on va designer des environnements exactement comme on veut
et on peut être aussi sur le bord de la route
donc là c'est un autre programme
qu'on a mis en place avec le SAMU
et toujours cette société Medusims
où on va prendre en charge ce patient
qui a eu un accident de moto
et on va apprendre comment il faut le manipuler
comment lui rêve son casque
pourquoi il faut l'emmener rapidement à l'hôpital etc
donc tous ces environnements
finalement peuvent recréer n'importe quelle situation
de soins et apprendre à des étudiants
et c'est ce qu'on est en train de montrer
à travers différents travaux de recherche
alors évidemment la question c'est
au-delà de l'aspect ludique, intéressant, innovant etc
à quoi ça sert
est-ce qu'on va apprendre avec ces environnements
et est-ce que ce qu'on va apprendre
va nous permettre de mieux soigner nos patients
puisque c'est la question qui nous intéresse au départ
et la réponse pour l'instant elle est parcellaire
et en tout cas elle nous permet
de répondre
à des questions sur l'apprentissage
sur ce qu'on appelle le transfert d'apprentissage
et puis sur l'impact pour nos patients
et on a un certain nombre de données
scientifiques qui permettent
de montrer que la réponse
en termes d'apprentissage est positive
de façon claire
c'est à dire que quand on utilise ces approches
de simulation on apprendra toujours mieux
que les environnements d'apprentissage
classiques notamment les cours ou les TD
sur des compétences
techniques ou sur des comportements
et la réponse en termes d'impact
sur les patients elle est sous forme
d'une tendance à travers toutes les études
qu'on analyse
mais qui n'est pas statistiquement
significatif c'est à dire qu'on n'arrive pas
à montrer encore que ces éléments
là permettent clairement
d'amolir la qualité
globale des soins et la réponse
si elle ne vient pas de l'aspect global
elle vient de l'aspect détaillé
et c'est un exemple dans ma spécialité
qui montre que quand on forme
des internes à utiliser
ce qu'on appelle des cathétères centros
c'est à dire des grosses perfusions qu'on va mettre
dans le coût des patients
eh bien quand on les forme là-dessus
en simulation, quand ils vont
mettre en place ces éléments là chez des patients
ils feront moins d'erreurs, ils feront moins de complications
et ça se traduira par des durées de séjour
en réanimation et à l'hôpital
qui sont moins importantes
et ce qui est très intéressant au-delà de l'impact
éthique pour nos patients
c'est aussi qu'il y a un impact médico-économique
et notamment à l'échelle
d'un service de réanimation d'une dizaine de listes
qui peut y avoir dans beaucoup d'hôpitaux
on économise quasiment 800 000 euros
par an, ce qui est pas négligeable
et donc il y a
un intérêt très important
à comprendre que
au-delà de l'innovation
faire bien ou mieux
ce qu'on fait tous les jours
et probablement un élément
c'est pas de l'innovation de rupture
c'est de l'innovation incrementale et c'est extrêmement important
pour améliorer ce qu'on fait au quotidien
alors il y a beaucoup d'avantage
à ces approches-là
évidemment vous avez compris qu'on est dans des environnements sécurisés
qu'on met en place le concept
de ce qu'on appelle la delivery of practice
c'est-à-dire on peut s'entraîner autant qu'on veut
on n'est pas obligé d'attendre
qu'il y a un patient qui vienne avec tel ou tel problème
pour apprendre, on peut le faire 25 fois dans la matinée
et quand ça correspond par exemple
à l'apprentissage autour de la règle cardiaque
c'est pertinence, c'est-à-dire que la règle cardiaque
heureusement c'est quelque chose de rare
c'est quelque chose qu'on doit apprendre
parce que ça peut arriver
et le faire 25 fois dans une matinée
sur des mannequins c'est possible
le faire 25 fois dans une matinée sur des patients
ça n'est pas possible, bien heureusement
et donc c'est des apprentissages qui sont évidemment basés
sur l'expérience et qui permettent de faire en sorte
que si on modélise
une courbe d'apprentissage X ou Y
que vous avez là
les premières phases où l'étudiant
ou le professionnel de santé
et novice et où la besoin d'améliorer sa performance
peuvent être réalisées en simulation
à l'intérieur où vous voulez maintenir vos compétences
notamment dans la formation continue
peuvent être également mises en place
avec de la simulation
ça permet également
d'acquérir un certain nombre de compétences
je vais passer dessus rapidement
mais en tout cas des compétences spécifiques
et notamment sur la chirurgie c'est très important
parce qu'on travaille beaucoup beaucoup
avec des environnements 3D
ou avec des environnements vidéo
et avoir ces éléments-là
notamment sur des aspects de simulation
ça fait beaucoup de sens
et ce qui est très intéressant c'est que vous avez compris
à travers tout ce que je vous ai raconté
qu'on a parlé beaucoup de formation
mais on peut aussi parler d'évaluation
et faire en sorte qu'un étudiant
ou un professionnel de santé
puisse être évalué
et montrer qu'il a des compétences définies
avec des niveaux seuils
qui sont intégrés
c'est particulièrement important
surtout quand nos systèmes de santé
imaginent certifier
ce qu'on peut faire
c'est d'avoir des programmes
où vous avez fini le programme
et vous avez une note
un feedback, un retour
alors là c'est moi qui l'ai fait pour la vidéo
je n'ai pas eu des très bonnes notes mais je ne suis pas cet récit
et où on va vous montrer ce que vous avez fait
ce que vous n'avez pas bien fait
ou ce que vous n'avez pas fait du tout
et vous pouvez apprendre comme ça
vous avez ensuite les références qui vont être importantes
et vous pouvez recommencer autant de fois que vous voulez
si vous avez perdu votre patient
c'est pas très grave
et surtout ce qui est important c'est que vous avez appris à partir de ça
vous avez appris à partir de vos erreurs
et vous pouvez recommencer
et puis ne plus refaire les mêmes erreurs et progresser
et faire en sorte que quand vous verrez cette situation
dans la vraie vie
le moment où il faudra être réactif
ou il faudra bien comprendre ce qu'il faut faire pour sauver le patient
vous l'aurez compris parce que vous l'aurez déjà fait
en simulation
alors les perspectives à partir de tous ces éléments là
et c'est vraiment matière à discuter
c'est un exemple parmi d'autres
des innovations qu'il peut y avoir en santé
c'est d'abord
la notion de banque de contenu
et notamment la possibilité d'exporter
ces contenus là sur différentes interfaces
pour de la formation je vous ai montré des mannequins
mais ça peut être des ordinateurs quand on parle de jeux sérieux
ça peut être des avatars de conversations
ça peut être des environnements 3D
ça peut être des environnements en mobilité
tablettes, smartphones etc.
qu'on maîtrise déjà
ça peut être des casques de réalité virtuelle qui sont en train de se démocratiser
et puis ça peut être aussi des environnements
très impressionnants qui sont ce qu'on appelle
de la réalité immersive
ça c'est un autre exemple de ce qu'on fait avec un partenaire
qui s'appelle DASOSYSTEM
qui est relativement connu dans le monde de la simulation
et qui s'intéresse à la santé avec nous
et où dans une pièce complètement blanche
on est capable de projeter un environnement virtuel
dans laquelle cette personne peut se promener
et qu'elle voit en relief
donc vous allez voir elle va se reculer pour faire le tour du lit
qui n'existe pas mais qu'elle voit en relief
et elle va pouvoir interagir avec tout le matériel
et faire en sorte que par exemple
cette patiente qui est enceinte
accouche dans des bonnes conditions parce qu'elle a appris en virtuel
alors évidemment vous voyez pas bien
parce qu'il y a beaucoup d'éclairage
je vous le repasserai tout à l'heure
c'est l'animation de la descente du bébé
dans la filière maternelle
et la naissance
d'un nouveau nez
avec une prise en charge
qui est complètement interactive
et la possibilité de modéliser ça
qui est absolument unique au monde
ce qui est intéressant
à partir de là
c'est que le concept de simulation
il s'applique
en sourceant des données de vie réelle
idéalement des données
de plus en plus importantes
voire des données massives
pour créer des modèles de simulation pertinentes
c'est ce qui a été fait là aussi dans l'aéronautique
les simulateurs de vol par exemple
ils ont existé parce qu'on avait des données de vie réelle
qui permettait de modéliser ça
de façon pertinente et bien de la même manière
la vie virtuelle simulée dans la médecine
va nous permettre
de l'apprentissage comme je vous l'ai montré
mais au-delà de ça ce qui est très intéressant
c'est qu'à partir du moment où on a un modèle de simulation
qui est pertinent on va pouvoir appliquer
une partie de la recherche qu'on fait
une partie de la formation qu'on fait sur ces modèles
virtuels et faire un retour
pour améliorer la vie réelle
et c'est ce qu'on est en train de faire
notamment avec notre partenaire
d'AssoSystem à la fois en termes de formation
mais aussi en termes de recherche
et d'AssoSystem le fait de façon très intéressante
à différentes échelles
notamment à l'échelle de la cellule
où ils sont en train de réinventer
ce qu'on appelle le drug design
c'est-à-dire la capacité à synthétiser
des molécules on en reparlera peut-être
si vous le souhaitez
au niveau des organes
et notamment avec l'exemple du coeur
au niveau de l'organisme ça c'est ce qu'on fait
mais on peut aussi aller à l'échelle macro
c'est-à-dire au niveau d'un hôpital
d'une institution
d'un système de santé qu'on peut simuler
à partir du moment où on a des paramètres
et des modèles qui sont pertinents
et au niveau d'un organe
vous avez ici un exemple d'un hologramme
ça c'est ce qu'on présente sur le centre
vous avez un coeur
et c'est pas un coeur simplement
dessiné en 3D c'est un coeur qui bat
c'est-à-dire que c'est un coeur qui est modélisé
à partir de données réelles
et que vous allez pouvoir manipuler
de façon aussi réaliste qu'un vrai coeur anatomique
et dans lequel vous avez des modèles
sur les flux sanguins
des modèles sur tout le fonctionnement
des valves etc
et sur lesquels on va pouvoir
designer pour chaque patient
avant une intervention éventuellement
des paramètres spécifiques
qui vont pouvoir permettre
de travailler sur des environnements
qui sont simulés mais complètement adaptés
à chaque patient
alors évidemment il y a encore beaucoup de questions
à partir de ces modèles-là
mais c'est ça qui est intéressant
à chercher
la première question c'est
comment est-ce qu'on met en place ces modèles
simulés
et comment est-ce qu'on passe des modèles classiques
à
des modèles interactifs
à des modèles un peu plus modernes
en intégrant justement ce type
d'environnement de formation
que ce soit sur les robots, les mannequins etc
ou les environnements virtuels
la réponse c'est probablement la possibilité
d'arriver à avoir en fonction
des outils et des concepts qui vont être
adaptés c'est à dire qu'on pourra plus
résoudre tout avec des cours
mais il y aura une partie de cours, il y aura une partie
d'expérience à l'hôpital qui est important de maintenir
et entre les deux, qui sont les deux brics classiques
qu'on utilise à l'actual, vous mettriez
de la simulation, vous mettriez des jeux sérieux
vous mettriez des interactions avec des acteurs etc etc
c'est ce qu'on appelle le concept de blend learning
c'est à dire l'articulation
de différentes modalités pédagogiques
il y a beaucoup d'éléments autour de l'évaluation
je vous ai dit qu'on avait quelques réponses
sur l'utilité de ces approches-là
il faut aller encore un petit peu
plus loin en termes de recherche
sur les impacts évidemment parce qu'encore
une fois ce qu'on cherche à faire
c'est rendre service à nos patients
en finalité et puis
comment est-ce qu'on crée
des parcours d'apprentissage qui soit
idéalement le plus interactif possible
qui soit adaptatif et qui soit personnalisé
de la même façon qu'on crée des parcours
de soins qui sont aussi adaptatifs
qui sont aussi interactifs et qui sont aussi
personnalisés pour nos patients
voilà ce que je voulais vous dire
et quelques petits messages à emporter chez vous
d'abord
en termes d'apprentissage
les concepts d'apprentissage et notamment l'évolution
avec ces environnements simulés
ces environnements virtuels évoluent extrêmement rapidement
ça
déstabilise d'ailleurs parfois certains enseignants
qui
la conceptualisation
évolue parfois un peu moins vite
que celle de leurs étudiants
justement l'enjeu c'est d'arriver à les aider
à prendre le pas de cette transformation numérique
évidemment
la simulation et les environnements virtuels
non seulement sont une part du futur
de la formation en santé mais vont devenir
une part incontournable
extrêmement importante c'est
vers ça que les systèmes de santé
vont
et de façon tout à fait positive
que ça nécessite une réflexion
pour l'intégrer dans ce qui existe
de façon intelligente et faire en sorte qu'on en
prenne le meilleur
pour nos
nos cursus de formation et puis évidemment
sur le sur ce chemin
on soit capable de répondre
à un certain nombre de questions qui permettront
d'utiliser ces approches
au mieux pour servir l'apprentissage
et surtout pour servir nos patients. Merci beaucoup
de votre attention.
