Moi, ça va être un peu très épuré, moins de couleur que mes collègues qui sont passés avant moi.
Tout d'abord, je tenais à remercier M. Jiget de m'avoir invité pour présenter ou pour parler de mes travaux sur l'emplatie.
Alors, pourquoi je le remercie? C'est à cause ou grâce à lui, je ne sais pas trop comment qualifier ça, que je suis là ce soir,
puisque quand je l'ai rencontré il y a à peu près trois mois, on a parlé rapidement de mes travaux sur l'emplatie.
Il a trouvé sa novateur et donc il m'a dit que ce serait pas mal que tu viennes nous parler de ton travail.
Donc voilà pourquoi je suis là ce soir.
Ce que je vous propose, puisque je dois avoir maximum 15 minutes, je ne dépasserai pas.
C'est d'aller très vite sur la manière dont je construis les choses et de vous dire dans les grandes lignes
deux mots sur les contenus des programmes d'éducation par le corps à l'empathie que je propose.
Donc à l'adresse des élèves des colles primaires et de collège, alors vous voyez bien que je ne suis pas dans la singularité,
mais dans la généralité parce qu'il me semble que tous les élèves, tous les enfants ont le droit à une éducation, à l'empathie, à une éducation émotionnelle.
Et mon projet c'est toujours bien entendu, mon dessin c'est toujours le même, c'est développer l'empathie à l'école
dès le plus jeune âge de préférence, tout simplement pour faire des enfants d'aujourd'hui, les citoyens de demain
responsables, solidaires, processaux, c'est-à-dire qu'ils soient à même de reconnaître l'autre comme une version possible de même.
C'est-à-dire donc on entendait par là éventuellement altruisme.
Alors pourquoi parler d'empathie à l'école?
Eh bien tout simplement parce que l'école de la République, l'école, les programmes, mais comme les formations initiales
accordent une place de choix aux enseignements de type, enfin à la connaissance et très peu de temps sont alloués
aux compétences psychosociales, aux développements des compétences relationnelles ou bien encore affectives.
Donc voilà pourquoi il me semble important, voire urgent, de réinjecter un petit peu de cher à l'école.
Mais c'était pas à mon sens et de tête, je parle sous le contrôle des historiens, c'était pas le projet de l'école de la République
au moins en 1881 et 82.
Alors peut-être pour avancer dans la démonstration et pour vous expliquer comment je travaille avant même de vous présenter un exemple,
il faudrait que je revienne d'abord sur ce qu'on entend par empathie parce qu'on en a parlé à deux reprises,
parce que l'empathie c'est cette, alors on en a tous une définition plus ou moins différente mais il me semble important de la définir ensemble
et de bien préciser ce que j'entends moi par empathie.
Je vais vous donner trois définitions qui en réalité reviennent au même, vous allez voir.
L'empathie ce serait cette disposition acquise, vous voulez dire, à ressentir ce qu'on ressent sans toutefois s'y confondre.
Une autre définition, l'empathie serait cette intuition de ce qui se passe dans l'autre sans toutefois oublier que l'on est soi-même,
jusqu'ici rien de Dieu, rien de neuf pardon que Dieu puisque c'est à peu près la même chose.
Et autre définition, perception du monde, subjectif d'autrui comme si on était cette personne.
Il ne vous aura pas échappé que dans tous les cas, dans tous les trois définitions, il s'agit de se mettre à la place de l'autre sans pour autant s'y confondre.
Il s'agit de prendre la perspective d'autrui sans pour autant s'y confondre.
Donc c'est pour ça qu'on retrouve systématiquement le comme-ci sans oublier que, ou bien encore sans s'y confondre.
Et en cela, l'empathie se distingue de la sympathie.
La sympathie, donc deux termes qu'on a tendance souvent à confondre.
La sympathie, eh bien, c'est considéré ou alors c'est carrément se fondre dans l'autre.
La sympathie, c'est se fondre dans l'autre.
Et si vous voulez, alors que l'empathie, vous l'avez compris, c'est plutôt prendre la distance à l'égard d'autrui.
Donc deux mots sur la sympathie.
Par exemple, quand quelqu'un, il y a sympathie quand je suis en confusion émotionnelle à l'égard d'autrui,
c'est-à-dire que si quelqu'un tombe dans la trou, je suis en sympathie.
Si, émotionnellement, je ne peux pas me retenir d'être comme lui.
Donc il n'y a pas de distance entre lui et moi.
Vous voyez bien que du côté de la sympathie, on n'a pas loin la compassion qui renvoie plutôt à la version pénible de la sympathie.
Mais toujours est-il que sympathie, c'est une difficulté à mettre une distance entre moi et autrui.
Donc la sympathie, ce serait mettre l'autre à sa place.
Alors que l'empathie, vous voyez bien, cette capacité qu'on a à se distinguer d'autrui, nous permet justement de lui venir en aide.
Or ça, cette forme, donc cette compétence émotionnelle, elle s'éduque, elle se développe.
Et encore une fois, je pense qu'elle a toute sa place à l'école.
Finalement, entre sympathie et empathie, c'est une histoire de distance à autrui.
Voilà pour la sympathie et l'empathie.
Maintenant, on va encore aller plus loin puisque si on souhaite vraiment comprendre ce qu'est l'empathie,
il faut encore distinguer deux niveaux d'empathie, un niveau cognitif et un niveau émotionnel.
Je commence par le niveau cognitif.
Le niveau cognitif, c'est l'empathie, c'est se représenter les états mentaux des autres, ou l'état mental d'autrui.
C'est ce que, précisément, fait l'enseignant.
C'est ce que nous avons, par exemple, en tant qu'enseignant.
Lorsqu'on prépare un cours, on a en tête les élèves et surtout on se représente la manière dont ils vont recevoir notre enseignement.
Donc, comment notre enseignement va faire écho chez eux?
Donc là, ça peut se faire à distance.
Cognitivement, on est en empathie.
Et pour ceux qui connaissent un petit peu la version perverse dans l'empathie, il faut savoir que le pervers, justement, est très bon du point de vue de l'empathie cognitive.
On verra dessus si vous le souhaitez.
Bon, on va vite. L'empathie émotionnelle, maintenant, c'est cette capacité qu'on a à réagir aux états émotionnels des autres.
Et l'intérêt de cette empathie émotionnelle, c'est qu'elle se déclenche quasiment, presque automatiquement, dès lors que les corps sont en vis-à-vis,
dès lors que les corps sont en face-à-face, tout simplement parce que le corps n'est pas simplement un corps.
Il est également un langage. Quand on est émotionné, on transmet cette émotion à autrui et autrui ressent cette émotion.
Vous souriez, j'ai tendance à sourire, vous êtes triste, je serai pareillement triste, mais avec toujours cette distance que l'on ne retrouve pas dans la sympathie.
Donc voilà rapidement ce que je voulais vous dire là-dessus, avant de vous passer une petite vidéo que je montais avec un graphiste qui va reprendre tout ce que je viens de vous dire.
Et pour vous expliquer précisément ce que je mets en place, alors c'est un exemple bien entendu, mais ce que je mets en place pour créer donc les conditions pédagogiques
de la mise en scène collective des émotions partagées en passant par les jeux, mais surtout en passant par le corps.
Ce qui m'intéresse, et c'est peut-être encore, il faut peut-être le dire ici, c'est que le corps est également le grand oublié de l'enseignement en France.
On éduque l'esprit, on éduque la tête, mais on oublie le reste, on oublie les émotions, les affectes et donc forcément tout ce qui relève du somatic, le corps.
Donc il me semble que nous nous sommes d'abord et avant tout que des corps, donc essayons de faire attention à ce corps qui nous présente, qui nous porte, qui nous représente.
Donc petite vidéo pour Anguise de Sainte-Aise, vous de résumer de ce que je viens de vous dire, si j'y arrive, ne bougez pas.
Non, ça c'est après, ne bougez pas. Ah ouais, d'accord. Avec un petit peu de... Ça va vous mettre sans câble.
Le jeu des mousquetaires. Ce jeu consiste à faire jouir ensemble plusieurs équipes de quatre élèves.
Dans chacune des équipes, les élèves ont une position à tenir.
Là, par exemple, les bras tendus parallèles au sol. L'autre fait la chaise accueillée contre le mur. Le troisième se tient sur une jambe.
Et le quatrième, que l'on appellera le joker, court autour de ses camarades selon un parcours très défini.
Les trois élèves qui ont à tenir les positions peuvent interpeller le joker pour se faire remplacer.
L'équipe qui tire le plus longtemps toutes les positions gagne la manche.
Ce qui implique que le joker soit attentif aux mimiques, aux expressions du visage, aux positions des corps de ses camarades pour venir prendre la place en cas de sollicitation.
En appichant immédiatement une réaction appropriée, le joker transmet de façon précise et éloquente à la fois sa conscience de la situation de ses camarades et son propre engagement enversé.
Ainsi, en tant qu'intuition vécue des états affectifs de ses camarades, sa faculté d'empathie instruit les autres en lui.
Partager des sensations vécues donne ainsi à chaque élève la possibilité de reconnaître ses camarades comme une version possible de lui-même.
C'est à l'heure que l'empathie advient.
La séquence suivante, je l'ai construite tout simplement parce que vous voyez les anciens dans les établissements primaires ou dans les collèges, mais ton travail au marre c'est bien intéressant, mais ça ne concerne que le corps cuide de l'esprit.
Encore une fois, c'est un exemple. J'aurais proposé par la suite, vous voyez bien, le jeu des muscutaires savants puisque il faut réinjecter de l'esprit, on va en remettre.
Après la réponse trouvée au VLV par l'enseignant, cet élève a le choix de remplacer le coéquipier dont il perçoit par l'empathie les difficultés à tenir une position.
Partant du principe que le ressenti précède le verbe, au cours ou à l'issue de chacun des jeux proposés dans le cadre de ce programme d'éducation par le corps à l'empathie, les élèves sont toujours invités à mettre un mot le ressenti.
Le tour verbale est l'opposition d'apprendre la mesure et le sens de l'autre autrement dit à cultiver l'empathie.
Le programme dont il s'agit, c'est un suivi d'une corde de 20 classes d'élèves de CM1 et de CM2 suivies sur deux années. Ça faisait 450 élèves pris en charge sur deux ans.
Dans chacune des classes, une intervention entre 15 et 20 interventions par an, les résultats montrent que tout d'abord, ce qui est intéressant, c'est que les garçons rattrapent les filles en matière d'empathie.
Socialement, on sait que les filles sont socialisées pour être plus empathiques, etc. Et là, les garçons rattrapent les filles, ce qui n'est pas une mince affaire.
La violence à l'école est réduite et on passe de 16 à 6% en deux ans.
Et enfin, au dire des enseignants, les élèves parlent plus facilement de même de leur ressenti et surtout ont un bagage de mots beaucoup plus conséquent pour parler de même, pour parler de leur corps et pour parler du corps d'autrui.
C'est tout bénéf pour nos enfants que de les éduquer à l'empathie dès le plus jeune âge et ça préfigure une société meilleure pour eux.
Je vous remercie, mais je vais quand même vous mettre mes livres puisqu'il faut faire un petit peu de pub, mais je ne sais pas comment.
Je vais vous en dire deux mots quand même parce que je pense que j'ai encore deux minutes.
C'est tout simplement pour ce que ça intéresse, c'est de voir le cheminement parce que, initialement, je me suis d'abord intéressé au mineur des lincans, c'était pour répondre à la sollicitation de tout à l'heure.
Je traîne mes guêtres en prison depuis d'une vingtaine d'années et je me suis rendu compte que finalement, les mineurs notamment, leur problème quand ils passent à l'acte violent,
enfin, me semble-t-il, c'est mon hypothèse, c'est qu'ils font preuve d'une anesthésie momentanée de l'empathie.
Voilà, et c'est sans doute pour ces raisons-là qui passent à l'acte. Et ensuite, je me suis posé la question de savoir pourquoi attendre de réprimer alors qu'il est possible de prévenir, et donc ça a donné le second ouvrage, que vous avez sous les yeux le corps dans la relation aux autres avec un sous-titre,
pour une éducation à l'empathie et qui s'adresse plus particulièrement aux élèves d'école primaire et de collège. Je vous remercie.
