J'étais prédestiné à être boxeur, du moins combattant. Je suis compétiteur dans l'âme.
Chaque chose que je fais, c'est que je sortis moins, c'est compétition, compétition, voilà.
On a tous une destinée et c'est pas un odin que je sois tombé dans ce sport.
J'ai commencé par full contact à l'âge de 16 ans. Début, mes parents, ma mère n'était pas trop
favorable, elle m'a appelé, elle voulait pas payer mes licences et donc j'y allais un peu en
cacher le coup. Je faisais entre guillemets, le mur pour aller à l'entraînement. Et au
fond, à mesure, elle s'y est fait. Elle a vu que je gagnais et que mon visage était intact.
Maintenant, à chaque combat, elle m'appelle quand elle peut pas venir donc elle est toujours
présente pour attendre le résultat de mes combats. La box, ça m'a apporté le respect,
ça m'a apporté la maîtrise de moi-même. C'est-à-dire que je suis plus calme, je respecte
soi, le respect des êtres d'autrui. C'est-à-dire que c'est beaucoup ça. On a un adversaire en face
de soi, mais dans le ring, mais en dehors du ring, c'est un partenaire. On pratique la même discipline,
on a les mêmes valeurs, on connaît les mêmes souffrances à l'entraînement. On sait de quoi
on parle tous les deux. On s'en voit tout dans la tête, vers la fin du combat, on se sert la main
et on se félicite mutuellement, donc c'est ça que j'ai apporté aussi. Notre seul adversaire
d'investir, c'est nous-même, c'est-à-dire que c'est notre pensée, c'est notre imagination,
parce qu'on s'imagine plein de choses, on se dit « bon allez, il est grand, ok, je vais bloquer,
il est louqué, je vais esquiver ». On se dit « mais non, mais non, il ne faut pas faire ça,
bon allez, fais comme tu sais faire ». Et là, il n'y a pas le pitant, et là, on stresse. Et là,
on voit tout le monde autour de nous, tout ceux qui mangent, qui rigolent. Et non, on est là,
on n'a pas faim, on n'a pas envie de rire, donc c'est vraiment un combat contre nous-mêmes.
Quand je suis dans un combat, le moment où je me déconnecte, c'est vraiment un autre
doux-moussède qui arrive, le combattant, le guerrier, c'est le moment où l'armée dit « juge,
juge, juge, fight ». Et là, c'est sans ces trois mots qui me déconnectent. J'ai l'impression
que « boom », qu'il y a un autre, une autre personne qui entre en moi, et je suis déconnecté, hop,
là je ne pense plus à rien, je suis maintenant en mode « voilà ». Je prends un coup, bam,
je redonne, j'esquive, « boom », je redonne. Ça pourrait être mon pote en face, mais là,
c'est mon adversaire. C'est ça que je ressens, c'est vraiment, je suis dans une autre dimension.
Je répète à l'ongueur de journée que je suis de meilleur, parce que je le pense vraiment,
parce que je veux le devenir, mais je ne l'ai pas prouvé, donc je suis en train de le prouver,
je suis en train de tout faire pour le prouver. Et moi, je prouve aux gens que je suis crédible,
que ce que je dis, c'est vrai, que ce ne sont pas des paroles en l'air, parce que je m'entraîne
pour, c'est que derrière, il y a énormément de sacrifices, il y a énormément de travail,
voilà ce que j'ai approuvé. Je suis de meilleur, je vais prouver à tout le monde, prouver aux gens
que je suis capable, que je suis un sportif. Je me vois acteur, moi, putain. C'est vraiment ce
qui me passionne. Je voulais être champion trans, je le suis devenu, je voulais être champion de l'Europe,
je suis devenu sur plein d'Europe, je voulais être champion du monde, voilà, je le suis. Je vais être acteur,
je serai tout coincide en fait. Je suis dans ring, il y a un public, je fais le spectacle,
je fais un show, on est là pour divertir le public en quelque sorte. En étant comédien,
humoriste, pareil, quand on est sur les planches, on est là pour divertir, on est là pour faire passer
un bon moment au public, donc on est là pour se montrer, pour faire le show, le spectacle. Donc
tout se ressemble, tout se rejoint, cinéma, la comédie et la boxe.
