Mais au début, ça ne s'appelait pas le créateur associé. Ça s'appelait le marché des
artisans de Valdavia. Ce qui est arrivé, c'est que Jacqueline Gladdu, Lindo Tier,
puis avait Louise Blanchard, puis une autre fille qui s'appelait Ellen Lamotte. Elles étaient au
salon des métiers d'art à Montréal en 1974. Elles sont rendus compte qu'il y avait beaucoup de monde
de Valdavia dans ce marché-là, ce salon du verre-là. Alors, elles ont pensé faire quelque chose
de Valdavia de même. Elles se sont réunies. Elles ont réunies d'autres gens de Valdavia. Puis,
ensuite, elles ont demandé à l'interambler d'être président. Puis le premier marché qu'on a fait,
on l'a fait à la Butte. Alors, là, on entendait l'esprit des gens qui avaient été là. Et il a
fait chaud cet été-là. C'était merveilleux. En tout cas, on s'est connus là, l'ensemble du monde,
dans ce premier marché. Puis, on a décidé d'en faire un autre l'année d'apprents en 1976. Puis,
là, on l'a fait sur le terrain de la mairie. Puis, c'était l'année Résolimpique. On était la seule
activité culturelle en dehors de Montréal en 1976. On a eu des Japonais, des tchèques sur le monde
qui sont venus. Puis, là, on était beaucoup plus nombreux. Le premier année, on était peut-être
peut-être vingt-cinq. Puis, il y a l'impression d'une taine de cinquantaine de certains. Puis,
c'était des gens qui faisaient tous les médeciers. Il y avait des graveurs, évidemment, des peintres,
des gens qui avaient la céramique beaucoup. Il y avait Bernard Chaudron qui faisait le pâtissier
d'étain. Il y avait des gens qui avaient le cuir, le sages. Il y en a d'autres qui faisaient peinture
sur soi. Il y en a d'autres qui faisaient du macramé. C'était à la mode des grands macramés.
Alors, il y avait tous ces métiers-là. Donc, c'est tous réunis. Puis, on a bâti notre marché
d'été. On a fait des dons géodésiques. C'est l'année-là aussi pour attirer les gens.
Je me suis aperçue, au sein d'un métier d'art, qu'il y avait plein de monde de Val-de-Avid
que je connaissais pas, qui étaient autour d'une ou d'autre, qui exposaient aussi. Alors, on a pris
le petit livret. Puis, on a appelé le monde en janvier. Moi, j'ai appelé le monde parce que j'ai dit
que ça serait le fun de faire un marché avec Louise durant l'été, qui a eu un marché durant l'été.
Parce qu'à Montréal, ça coûte très cher. On est capteur de les enfants. On a continué ça.
Mais tu sais, il n'y avait pas de garderie d'instant-là.
Non, c'est ça. Fait que quand on faisait des choses, il fallait les faire ensemble parce qu'il y avait
des bébés. On se gardait nos bébés ensemble. En tout cas, la question de où les créateurs
sont venus, c'est venu par le temps. Le temps au Québec, historiquement, était propice à la création.
Oui, absolument. Val d'Orville, il faut absolument le dire que le but d'amerture existait. Ça, ça
faisait bouillonner les gens de la culture québécoise. Puis, là, le salon des métiers jouait un rôle
artisanalement. Puis, nous, on se connaissait. Puis, c'est comme ça que ça commençait avec ces trois familles-ci.
C'est tellement loin, tout ça, là.
Bonjour. Alors, c'est vous qui avez trouvé le nom créateur associé. Vous nous expliquez
ça. Bon, c'était si ma mémoire est bonne. C'était en 67, je crois. J'étais au bureau
de poste et puis René de Rouen était là et me voit. Bonjour, bonjour, ça va. Et dit,
pourrais-tu trouver un nom qui se ferait adéquat aux artistes ici à Val d'Orville?
Parce que c'était à peu près le début ou la deuxième année des expositions exposantes
qu'on appelait à l'époque, d'ailleurs, des artisans de Val d'Orville. Parce qu'il dit,
il y a comme des problèmes, il y a un mélange entre les artistes, les artisans. Certains
disent que les artisans, c'est pas, c'est pas des créateurs véritables, ils veulent pas être
mesdés, c'est avec les artistes, comme par exemple les graveurs, etc. Parce qu'il y avait,
ici, à l'époque, c'est Michel, t'as m'as tremblé sur l'île, il y avait une espèce
d'atelier de gravure communautaire que lui avait créée dans son propre atelier, qui
maintenant se trouve ailleurs dans les larges. J'ai dit, bon, j'ai dit, écoute, t'as besoin
de ça pour quand, mais il dit ça va vite parce que, il dit, ce soir, il y a une réunion
des artisans, des artistes, puis à l'époque, c'était à l'intrambler, cérémiste, qui
était le président. J'ai dit, OK, si je trouve aujourd'hui, je lui donne, écoute,
téléphone, et puis, décidons ce soir. Il dit, d'accord. Alors là soir, vers 7 heures,
pas loin de 7 heures, j'ai téléphone, j'ai trouvé, j'ai expliqué l'histoire, etc.
Alors il me dit, ah oui, je partais, j'étais sur mon dépendre, j'ai dit, ton téléphone
tombe à point. J'ai dit, écoute, je peux suggérer un nom que j'ai trouvé qui pourrait
nommer à la fois les artistes et les artisans. Et je lui donne l'un nom que j'avais trouvé
qui était les créateurs associés d'Avaldavid. Alors, je reçois la nouvelle de lendemain
où on me dit, ça a été voté à l'unanimité. Bon, ça va être le nom. Et comment j'en suis
venu à ce nom-là? Alors, j'ai arrivé chez moi après avoir rencontré René de Rouen,
et je m'étais dit, qu'est-ce que la différence entre un artiste et un artisan?
Pourtant, les deux ont quelque chose de similaire, mais où s'arrête le mur entre les deux?
Et là, il m'est venu une idée assez spéciale. Je me suis mis à penser à Léonard de Vinci,
Micalange et d'autres. J'ai dit aux autres, au fond, c'est eux qui étaient les grands
créateurs, mais souvent ceux qui les aidaient dans leur toile étaient des étudiants. En
or, c'était la façon de l'enseigner à l'époque, on les faisait venir et là, on
travaillait sur la toile du maître pour découvrir des ombres et des ongles. Et j'ai dit, en
réalité, le créateur, c'est celui qui est lent, c'est celui qui pense, la création
se fait dans la tête et la main accomplit la pensée, la rend possible. Et c'est comme
ça que finalement, je me suis dit, en réalité, chaque créateur est doublé d'un artisan.
L'artisan, c'est la main qui accomplit, alors que le créateur, c'est dans la pensée.
Pardon. Et ce qui est intéressant là-dedans, bon, j'ai rencontré, souvent, il mérite
de rencontrer Claude Savard, qui est un photographe bon, aurait dit, quand je prends ma photo,
je donne un mouvement à la caméra, ce qui crée cette impression-là. Et c'est là que
j'ai dit, ce qui est extraordinaire, ta main agit, ton artisan travaille. C'est pas ta caméra
qui travaille, c'est toi, c'est ton artisan, c'est ta main, le geste que tu poses, alors
que tu donnes une réalité à la pensée que tu as quand tu regardes l'image. J'ai dit,
on pourrait attribuer ça à toutes les formes d'art finalement, que ce soit en musique,
en peinture, quoi que ce soit. C'est toujours la main qui accomplit. Le poet écrit, le
peintre paie, le musicien joue. Donc il y a un mouvement qui fait que le corps participe
à la véritable création. À la création, on n'est pas qu'une idée, qu'une pensée,
sinon ça demeurait abstrait.
C'est qu'au marché, on faisait du raccour, on cuisait de la céramique sur place, on
invitait les gens à venir décorer leur pièce, puis les cuits, et puis on montait
un four sur place avec Pierre Saint-Denis, c'était une idée de Pierre Saint-Denis d'ailleurs,
de Père Suracou sur place. Et ensuite, on a fait le même blafondri avec André Fournel
et Pierre Leblanc, alors les gens pouvaient couler des sculptures dans le sable sur place.
Je trouve que c'est un élément qui est tellement important pour les visteurs, alors
c'est ça que je voulais dire, vu que c'était l'écrire dans ceci, c'était ouvert à tout
le monde. Il y avait du coupé, puis il y avait des choses sérieuses et moins sérieuses.
C'est la revue des métiers d'art du Québec, qui s'occupe le signe, et puis finalement,
j'avais convaincu tout le monde de nous grouper au salon des métiers d'art. Alors,
c'est ce qui avait été écrit, puis on a le poster ici avec la main à six doigts,
puis des photos du marché pour enseigner les gens qui recevaient cette revue-là.
Donc, on s'était groupés, on était une grosse gang, en avance à l'onde des métiers d'art,
et puis ça, ça a fait connaître Balder, en fait, beaucoup, parce qu'il y a pas 140 000
personnes, ça fait que de nous voir toutes groupées, ça donne beaucoup plus de force
que un par un, qui a perdu un peu partout dans la grande salle. Alors ça, c'était
une autre belle expérience qu'on a eue. Voilà.
C'est une question qu'on peut se poser, on se demande le rôle des créateurs associés
qu'est-ce que ça a donné. C'était plus que juste se réunir pour faire un marché.
C'est un milieu de vie. On vivait ici, on se rencontrait, qu'est-ce que tu fais,
ça nous intéressait et tout. Puis en même temps, la culture, c'est vivant.
C'est basé sur des genres, c'est pas des monuments, c'est pas des statues,
c'est pas des restaurants. La culture, c'est du monde qui crée quelque chose.
C'est pour ça que c'est important, l'annonce créateur associé, c'est du monde qui
invente, qui sont préoccupés par des valeurs qui ne sont pas nécessairement toujours
l'argent ou réussir. Alors moi, toute ma vie, c'est ça. J'essayais de défendre
ça, la culture, la création. J'étais dans le conseil de la culture
de Laurentie, partout, tout le temps, parce que j'ai toujours voulu que la culture
a le même niveau que les sports, les préoccupations des gens. Je pense que
j'en ai pour ma vie. J'ai moins de temps qu'il reste, mais en tout cas,
j'ai toujours voulu faire ça. On peut se demander si il reste une bonne question.
Qu'est-ce que serait Valdeavid s'il n'y avait pas eu les créateurs associés?
Qu'est-ce que c'est? C'est un centre de plein air, peut-être, c'est sûr.
On a des parcs pour lesquels on s'est beaucoup battus aussi. On a un parc,
on a une piste claire, on a ça, mais la culture, ça serait qu'il n'y en aurait pas.
Il n'y aurait pas non plus de relève. C'est ça que je trouve intéressant, c'est
que les jeunes viennent. On a les arts locaux, ils font d'autres choses que nous.
Ils font de la danse, ils font de la musique. Le mouton noir qui est venu.
Ensuite, il y a Patouane, il y a les maletés, c'est-à-dire les contes maletés.
Il y a toutes sortes d'autres jeunes qui sont venus parce qu'il y a un milieu,
puis ils savent que les gens vont être intéressés à les écouter,
puis qu'ils ne sont pas toujours des marginaux. C'est ça qui est arrivé.
À la force du nom, on a arrêté d'être marginaux.
Marginal, plutôt, on était comme une force dans un endroit.
Puis ça, tu creuses ça à la force de discuter ensemble.
C'est pas facile, c'est pas un affaire qui s'improvisent non plus.
C'est à long terme.
Je pense que la force des gens qui constituent ce groupe-là,
on le voit aujourd'hui par toutes les choses qui se maintiennent.
Ça donne une force au mouvement lui-même.
Je pense que c'est ça. Finalement, les créateurs associés,
c'est un affaire qui est resté dans l'esprit.
C'est un esprit plus qu'autre chose.
Je pense que c'est pas un but qu'on avait au début,
mais c'est un affaire qui est la conséquence
de tout le travail qu'on a fait dans le fond.
On a beaucoup travaillé, je pense que c'est ça aussi.
C'est un affaire qui est resté dans le fond.
C'est un affaire qui est resté dans le fond.
C'est un affaire qui est resté dans le fond.
C'est un affaire qui est resté dans le fond.
C'est un affaire qui est resté dans le fond.
