Bonjour, je m'appelle Jules et bonsoir, moi c'est Tristan, on devrait aimer faire la
conférence debout, on n'est pas du tout habitué à parler assis mais c'est les contraintes
du lieu donc on va rester assis. On a tous les deux, en fait on n'a pas tous les deux
moi j'ai 24 ans et Jules a 23 ans, on est étudiant en école de commerce tous les deux,
on n'a aucun lien avec le monde agricole, on est des purs citadins et on n'est pas spécialement
aventurier nous. Et pourtant en deuxième année d'école avec Tristan on a constaté qu'on partageait
une envie, un instinct qu'on avait tous les deux de partir le plus loin possible, de tout ce à
quoi on était habitué jusqu'ici. Donc on avait voyagé déjà tous les deux, Tristan a fait un
déchange en Chine, moi en Argentine, mais on avait le sentiment à chaque fois de rester en
surface des pays visités, parce qu'on restait dans les villes, parce qu'on côtoyait toujours le
même type de population, des jeunes qui avaient les mêmes hobbies, les mêmes sujets de discussion,
qui mangeaient la même nourriture, qui s'habillait pareil. Et puis on a tous les deux fait des études
qui nous poussait à des sujets théoriques, intéressants parfois, mais trop théoriques
à notre Louvre. D'où notre envie, Tristan, de quitter les villes, pour aller dans les campagnes,
et plus particulièrement d'aller dans les fermes, à l'endroit où se réalise le travail le plus
concret qui soit, c'est-à-dire produire de la nourriture. Et plutôt que de visiter beaucoup de
fermes et de faire une étude sur les fermiers des pays visités, on a voulu en faire peu,
mais en faire mieux, le faire mieux, et de rester à chaque fois deux semaines, trois semaines, un mois,
là où on arrivait, et travailler avec les agriculteurs locaux. Donc on n'a pas vraiment voyagé,
on a plutôt vécu dans beaucoup d'endroits pendant un an, dans lesquels on a travaillé,
c'était assez sédentaire comme voyage par l'observant. Donc c'est un projet que ça
peut être traveling farmer, c'est en 2015, on n'a fait que ça, on a bossé dans des
exploitations agricoles sur les cinq continents, donc on a commencé un mois en Uruguay,
donc un énorme choc, on arrivait chez des, comment dire, des ayatolates du bio,
mais un niveau qui était inconnu pour nous, des gens qui ne buvaient pas d'eau, donc on n'avait pas le
droit de boire d'eau non plus, parce que comme vous le savez, c'est une matière minérale et morte,
donc qui ne contient pas de vie, donc c'était que du jus de fruit, on devait presser les fruits
le plus vite possible et le boire le jus de fruit direct après. On est parti ensuite au Mexique,
dans une petite vie qui s'appelle Coolyacan, dans l'état du Sinaloa. Le Sinaloa, c'est l'état le
plus agricole du Mexique, mais c'est aussi l'état d'un cartel de drogue assez connu, donc on n'a pas
pu travailler au Mexique, comme malheureusement, on a été assez déçu, mais on a visité les
plus grandes exploitations agricoles du pays, de tomates, de conques, de poivrons qui sont ensuite
exportées aux États-Unis et consommées massivement. Ensuite, on est allé en Oregon, on a complètement
changé d'échelle dans une toute petite ferme familiale où on s'occupait d'un troupeau de
grobi en période d'annualage, donc tous les matins, ça se doit être aux aurores, on trouvait les
agneaux nouveau-né de la nuit. C'était super mignon, en part qu'il fallait castrer les mâles
tous les matins, mais à part ça tout allait bien. On est partis ensuite en stop depuis l'Oregon
jusqu'en Alaska. En Alaska, on est allé pêcher en mer, on allait pêcher le saumon et le flétan,
et on a rebâti un potager dans la maison de locaux. Ensuite, on a traversé l'océan, on est
arrivés en Nouvelle-Zélande. En Nouvelle-Zélande, on s'est occupé d'un troupeau de 250 jolis vaches
laitières au quotidien. Donc le coup de chez qui on était nous a laissé un week-end, j'ai
complètement la ferme, on a appris à leur retour que monsieur avait demandé madame en mariage,
donc ils étaient contents de nous avoir pour qu'on s'occupe de toutes ces vaches.
De là, on a eu deux fois deux semaines absolument incroyables en Mongolie. On a vécu avec des nomades
au plein milieu de la steppe. Ce qu'on faisait concrètement, on les aidait à traire leur vache,
leur brebis, leur yac ou leur jument. Les juments, ça stresse cette fois par jour, c'est beaucoup,
et on ne faisait rien d'autre. Et ensuite, on a quitté la neige Mongole pour arriver dans le
désert en Israël. On a travaillé dans un lieu magnifique, très biblique, dans le désert de la
Valais du Jourdain, entre la Jourdanie Israël, dans des champs de palmiers d'Athiété. Et pour
finir, on a fait trois semaines au Ghana. On a vécu avec des planteurs de cacaos, donc on les aidait
tous les jours à faire tomber les cabosses et les ouvrir à la machette. On extrait à la fève
pour que les fèves soient envoyées en Europe pour que vous mangeiez du chocolat. Donc voilà notre
parcours. Super, c'est vraiment éclaté. Ça fait plein de super anecdotes à raconter en soirée.
Mais on a conscience qu'on n'est pas désavanchéux de l'extrême du tout. Les autres projets,
ce soir, ont certainement plus de mérite. Ce qu'a fait Siméon est extraordinaire et on n'a pas fait,
on n'a pas pris de risques comme toi. Ce n'est pas de la fausse modestiste. Ce qu'on veut vous dire,
c'est qu'il y a des gens qui subissent des aventures. D'autres qu'on choisit,
s'il y en a beaucoup qui sont plus extraordinaire que la nôtre. Et l'intérêt qu'on vient de vous
parler, ce n'est pas qu'on vous raconte nos exploits. C'est juste qu'on vous parle un peu peut-être de
la réflexion qu'on a eue, parce que pendant un an, on n'a pas eu internet trop, on avait beaucoup de temps,
c'est beaucoup ennuyé. Donc on avait eu le temps de réfléchir. Et maintenant, après, c'est quelques anecdotes,
on n'a pas parlé un peu de notre réflexion sur l'aventure. Et ce qui nous a amusé avec Tristan, c'est qu'on a vécu la
même aventure, factuellement. On a fait, on allait dans les mêmes pays, on a rencontré les mêmes
personnes. On va même dire qu'on ne s'est pas quitté de nos semelles pendant un an. Et pourtant,
on a vécu deux aventures complètement différentes. Et c'est ce dont on voudrait parler aujourd'hui,
c'est pourquoi on y est venu, plus le vécu de chacun ou le ressenti de chacun de l'aventure qui
est radicalement différent. Le sens qu'on a donné à l'aventure qu'on a vécu pendant dix mois n'a pas été
le même du tout. Donc je vais parler en mon nom seulement, et pas au nom de Tristan qui aura des choses
bien différentes à dire, sur moi les éléments qui m'ont plu, qui m'ont intéressé, qui m'ont motivé
pendant ces dix mois de voyage. Et je dirais qu'il y a trois éléments principaux qui m'ont animé,
parce que pour être net avec vous, je vous parle d'agriculture, de ferme, de travailler dans les
champs, mais moi ce n'est pas ce qui m'intéressait le plus. Ça m'a plu, c'était le centre du sujet,
mais ce n'était pas ma préoccupation principale, ce n'était pas ce qui m'animait tous les jours. Trois
éléments qui font partie de l'aventure, et c'est ce que j'ai aimé dans l'aventure, m'ont marqué plus
que ça. Le premier, ce n'est pas celui auquel on pense le plus, et pourtant c'est le plus important
à mes yeux, dans la façon dont on a conçu notre projet, c'est le vide de l'aventure. L'aventure,
on la perçoit de loin souvent, comme quelque chose de palpitant, on enchaîne les péripéties,
il y a un mouvement permanent, des rebondissements en permanence, etc. Mais nous, moi en tout cas,
la façon dont j'ai conçu ces dix mois, c'était comme un vide absolu qui s'est fait. Un vide déjà
parce que notre outil n'était pas très rempli en Mongolie concrètement, on se levait le matin,
on allait très heureusement, on avait deux heures de pause, on allait très heureusement,
deux heures de pause, on allait très heureusement, cette fois dans la journée. En Israël, ça c'est
la Mongolie, il n'y avait pas grand monde autour de nous comme vous pouvez voir, en Israël et comme
à peu près partout dans les fermes autour de nous, on travaillait le matin mais l'après-midi, rien et
rien, c'est-à-dire on n'a pas de bar avec des amis ou refaire le monde, il n'y avait pas de bar
et on n'avait pas d'amis, j'avais juste Tristan. Donc concrètement, pas grand chose à faire. En
plus de ça, on s'est imposé avec Tristan de ne pas se connecter sur internet en 1000 dimanches,
on publier nos articles. En plus de ça, je me suis imposé parce que la tentation était grande de ne
pas me lancer de nouveaux défis, de ne pas se dire aller, je vais profiter de ce temps libre pour
faire quelque chose d'efficace, apprendre une nouvelle langue, apprendre des choses qui auraient
pu m'être utiles et j'ai fait l'effort aussi de ne pas réfléchir. Pendant dix mois de ne pas me
poser de questions, en tout cas, pas de manière volontaire. Pourquoi ça? Pour justement jouir
de ce vide et ça doit vous paraître ennuyeux comme ça et ça l'a été par moment et ça a été dur
par moment en effet. Mais l'apport d'une telle démarche et ce que l'aventure m'a permis, c'est d'une
part un certain apaisement évident puisque quand on n'a pas d'activité, on n'est plus relâché. Mais
bon, dix mois de relâchement, c'est beaucoup. Et surtout, j'ai trouvé que le fait de faire le vide
en soi, de ne pas réfléchir, de ne pas se poser de questions, permet de mieux voir en soi, de mieux
se comprendre. C'est-à-dire qu'une pensée qui émerge, que je sens venir, une sensation, une émotion,
je sais qu'elle vient du fond de moi puisque elle ne vient pas de ma raison dont je pourrais douter et
donc je ne doute pas de son authenticité. Bref, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais ce que
je veux dire, c'est que c'est cette démarche, c'est ce vide de l'aventure qui est moi le plus plus
apporté et c'est ce qui m'a permis d'avoir le sentiment de progresser pendant ces dix mois et
de ressortir plus éveillé que je ne l'étais en partant. Une deuxième dimension propre à notre
aventure, un peu dans la même veine que cette volonté de ne pas tout contrôler, de se laisser
un peu aller, moi de laisser aller mes pensées, mais aussi de laisser aller nos actes, les choses
qui se passaient dans notre journée et notamment apprendre à accepter l'imprévu, apprendre à
accepter ce que la vie nous proposait par moment. Je vous donne un exemple. On s'était dit avec
Christian que depuis Phoenix, on allait rejoindre Alaska d'une manière ou d'une autre sur la route,
on s'est retrouvé un peu bloqué au nord de San Francisco, personne ne prenait en stop, on avançait
50 km par 50 km et puis un jour, il y a ce bonhomme qui nous a pris dans sa voiture en stop qui nous
a dit je pars à Hawaii demain, il faut que je vende ma voiture. Deux heures plus tard, on était
au volant de sa voiture sans permis international, sans assurance, sans papier du véhicule. On a
remonté la côte ouest américaine jusqu'au milieu du Canada. Un matin au Canada, la voiture a
flanché, on l'a laissé sur le bord de la route, on est repartis en stop, on a fait les 3500 km qui
nous séparait d'un courage en stop en quelques jours. A une corrige, on ne savait pas où aller,
on est parti en stop en se disant on prendra la première destination qu'on nous offre, on est
parti dans un petit port de pêche qui s'appelle Homer, là on savait pas quoi faire. On a été
pris en stop par une dame qui nous a dit je cherche de la main d'oeuvre pour planter des
patates, on allait planter des patates dans son jardin. Enfin bref, une acceptation de choses
auxquelles on n'était pas préparés, on n'a pas vécu à ce rythme là pendant un an, c'est très
fatiguant, mais en tout cas ça m'a appris quelque chose que je ne faisais pas avant, de lâcher
prise, de parfois se laisser aller et de gagner en spontanéité. Et si je parle de cette démarche,
si je l'ai trouvé intéressante, c'est que d'un coup elle l'a rendue absurde dans mon
esprit tout un tas de questions que je me posais en partant. Les questions que peut-être beaucoup de
jeunes se posent à mon âge, qu'est-ce que je veux faire de ma vie, quelle est ma passion,
où est-ce que je veux être dans 10 ans? Et à vivre comme ça, je me suis, mais bon ça va
paraître pédant de dire ça comme ça, mais en m'appuyant sur Marc Orel, qui est un livre qui
m'en pensait pour moi même, un livre qui nous a beaucoup touché avec Tristan, ou Marc Orel dit
ne te laisse pas troubler par la représentation de ta vie tout entière. Et c'est cette idée qui nous a...
Pardon, vous bien sûr? Ne te laisse pas troubler par la représentation de ta vie.
L'idée, d'en penser pour moi même de Marc Orel. L'idée c'est de réussir à écouter son envie
et y aller, y aller à fond et ne pas avoir peur que ça sorte des sentiers battus, ne pas avoir peur
d'aller sur des voies qui ne sont pas celles de d'habitude, et de savoir s'y lancer. Ça peut
paraître naïf dit comme ça, le retour à la hérité sera peut-être différent, mais j'y crois,
j'y ai cru et c'est grâce à l'aventure que je le vois. Troisième dimension de l'aventure pour
moi, elle sera moins égocentrée rassurez-vous, c'est évidemment le rapport à l'autre et la
bienveillance que fait naître l'aventure, le fait d'être confronté à des peuples aussi
différents. Évidemment on a été confronté à des gens avec des codes, des valeurs, des critères,
de jugement complètement opposés aux nôtres ou complètement différents. Évidemment j'ai été
surpris d'arriver en Alaska de trouver les gens plus individualistes, plus centrés sur eux-mêmes,
où en mongolique les gens soient plus violents, la façon dont ça nous parlait était assez rugueuse.
Au Ghana, j'ai trouvé les gens avec qui on était moins efficaces, peut-être moins travailleurs qu'on
l'est. Et alors le premier réflexe, ça peut être de les critiquer au nom des vertus que je défend,
mais ça n'a aucun sens. Et naturellement, il n'y a pas d'autre attitude qui vaille face à ce genre
d'adversité, que de s'étonner et de s'intéresser face aux gens qui sont face à nous. Et c'est ce qui
est venu naturellement, ce qui n'était pas inné en moi en tout cas avant de partir. Et même plus
que cette capacité à s'intéresser à l'autre et à être ouvert, à ne pas juger, à être ouvert
d'esprit, moi c'est la bienveillance qui m'a plu. C'est le fait de, comme je ne pouvais pas me
comparer à ces gens, comme je ne pouvais pas me mesurer à ces gens, comme je ne pouvais pas les
juger et que je savais que eux ne me jugaient pas, je ne pouvais avoir pour eux que des sentiments
positifs, vouloir leurs bien authentiquement, bref, de la bienveillance qui est un sentiment que je
trouve magnifique et qui est, je pense, le plus bel apport de cette aventure pour moi. Et pas pour Tristan.
Pour vous dire à quel point Jules était bienveillant, il arrive à s'intégrer merveilleusement avec les gens
chez qui on est à l'aide, où je me défile de trouver dans la photo qui est derrière moi.
Moi, avec mes lunettes en bleu, on me juvote assez facilement, mais Jules suit la chemise dorée,
donc vraiment c'est un caméléon. Donc ouais, moi c'est assez différent,
mais ressentis, une chose qu'il faut savoir avant que je prenne la parole, c'est que moi je suis beaucoup
moins intelligent que Jules, je réfléchis beaucoup moins. Donc moi je vais vous parler d'autres choses,
je ne vais pas vous parler de réflexion, je vais vous parler de sentiments plutôt et de ressentis.
Et je vais revenir avant de commencer sur le pourquoi de cette aventure. Nous, on est dans
notre chambre, sur notre campus HEC, entouré de gens très intelligents, voilà, dans notre petite
prison dorée. Et moi j'avais un sentiment extrêmement fort que je suis sûr que d'autres
dans cette salle partage, de dépossession, c'est-à-dire de me sentir dépossé de ma vie,
de me rendre compte que la société était parvenu à un stade où on avait un rôle extrêmement
précis et qu'on déléguait un ensemble de tâches à d'autres personnes. Ça c'est le produit de
l'évolution économique, c'est-à-dire que voilà, on a quelqu'un qui produit notre nourriture,
quelqu'un qui nous transporte, quelqu'un qui montre une autre maison, quelqu'un qui répart
notre voiture, etc. Et moi je ne sais pas pourquoi, c'est un sentiment, c'est pas une réflexion,
mais ça m'embête. J'aime bien apprendre à faire les choses par moi-même. Et nos études sont
très théoriques, donc j'ai été content d'apprendre à faire des choses par moi-même cette année,
et moi la pêche c'est vraiment un plaisir immense. Donc cette photo elle a été prise en Alaska,
l'histoire est assez dingue, on voulait pêcher et on nous a proposé de partir pêcher le King Crab
en Alaska trois mois, payé 100 000 dollars, mais c'est un métier qui est trop dangereux,
on n'a pas pu dire oui. Néanmoins on a été hébergé par un monsieur qui avait une compagnie de
pêcher en mer, qui nous a emmené pêcher en mer, donc vraiment les choses se font d'une manière
ou d'une autre. Mais ce poisson là pour moi il est encore mieux. Il est plus petit, il a été
pêché en bon voli, c'est une petite perche soleil d'une trentaine de centimètres, et je l'ai un jour
en allant se balader dans la steppe à repérer un point bleu, donc je suis allé voir et c'était
un lac, je suis revenu avec ma canapèche le lendemain, et en parlant avec les gens je me faisais comprendre
qu'il y avait des poissons mais pas de canapèche etc. Et donc ce poisson là, je pense pas qu'il
soit bon objectivement mais c'est le meilleur poisson que je mangeais de toute ma vie, on l'a fait
avec des odions, il y a un peu de poivre, franchement c'était magique. Donc moi vraiment j'insiste
au point là que réapprendre des gestes ancestraux, très simple, très très simple, ça a été pour moi
le coeur de l'aventure. L'aventure c'est peut-être faire beau chose que ce qu'on a l'habitude de faire,
ça c'est quelque chose que j'ai pas eu l'habitude de faire petit. Pendant un an on a produit la
nourriture, donc au-delà de la pêche, la chasse on a pratiqué aussi un peu, ce qui m'a beaucoup
touché c'est la production agricole. Ça c'était en Uruguay, en Uruguay on n'ouvrait pas le frigo
avant l'air pas, et tout le monde partait dans les champs, revenait avec ce qu'il avait cueilli,
on cuisinait quelque chose. C'était magique au moment et la production agricole produire à manger,
c'est une fonction qui est magnifique par ce qu'est essentiel et retrouver ces gestes là pour moi
c'était le coeur de l'aventure. De petit à partait, je sais pas si j'ai le droit de faire un petit
placement de produit, mais on est rentré il y a six mois et depuis je monte une activité d'installation
de potager sur Paris et en Marlieu Parisien. Donc moi aussi je suis un peu impacté par le retour et
j'essaie de perpétuer ça en France parce que je pense que c'est vraiment une source de bien-être
là que le bien-être alimentaire c'est surtout un bien-être mental en fait de pouvoir produire un peu de nourriture.
Ça passait aussi le concret, l'apprentissage du concret par des petits travaux, on a voici dans le
BTP, on a l'ASCAT, genre étant pris en stop, surtout avec une pêleteuse parce que le gars c'est bien
entendu avec nous et qui veut bien nous prendre son chantier, ça c'est un nouvel évent. Au-delà
d'apprendre tous ces gestes simples et concrètes pour moi sur la signification même de l'aventure,
j'ai été ému pendant 12 voyages par la force de la nature et pour moi c'est aussi ça l'aventure
étant un citadin. Ce paysage là quand on est dans une voiture qui roule ça va bien, quand on est à
côté d'une voiture en panne et qu'on a vu un grizzly il y a une demi-heure ça va vraiment bien.
Et pendant certaines parties de notre voyage on a vraiment été conscients que la nature est
écrasante parfois, on l'oublie parce qu'on a tout contrôlé dans nos villes mais en Alaska
quand le froid peut vous tuer, la désorientation, les bêtes sauvages c'est vraiment très impressionnant
et en fait on se sent plus vivant, quand on sent que la nature est autour de nous et que les équilibres
se font et se défoncent, on se sent bien. Et dernière petite photo toujours en Alaska,
ça c'était avec quelqu'un qui nous a pris en stop et qui nous a permis d'arriver au bout à 50 kmh
sur l'autoroute dans son vieux camping-car pour montrer encore une fois l'immensité. Donc voilà
ce qui m'a plus marqué c'est pas tant des réflexions que des sentiments et l'apprentissage de gestes
super simples et magnifiques. Bref vous voyez qu'on a vécu deux aventures différentes Tristan et moi
et ce qu'on trouve intéressant justement c'est que ce qui fait l'aventure pour chacun entre nous
c'est pas tant le fait de partir à l'autre bout du monde, de rencontrer d'autres peuples,
d'autres civilisations que l'état d'esprit dans lequel on s'est mis chacun en partant,
le cheminement intérieur ou pour Tristan je ne sais pas comment s'appelle mais l'instinct
qui l'a poussé et l'ouverture paraît facile pour finir mais c'est ce en quoi on croit vraiment
à Tristan c'est que l'aventure elle s'arrête pas maintenant qu'on est rentré de voyage c'est qu'on
peut chacun continuer à vivre une vie avec un esprit un peu aventurier, un peu aventureux dans
notre vie quotidienne. Pour moi ça passe un peu comme je vous l'ai dit par un refus de nier ma
liberté et me laisser aller où mes envies me portent quelle qu'elle soit avec force. Et pour moi
ça passe par se vénager des espaces d'aventure encore dans mon quotidien que ce soit par des
loisirs ou par des choix professionnels un peu iconoclastes mais qui répondent plus à des
attentes personnelles. Voilà, je voudrais un petit remerciement avant de finir pour une entreprise
sur laquelle on n'aurait pas pu partir parce que ça va être cher de faire un voyage comme ça qui
s'appelle class qui fait des machines agricoles donc si vous devez acheter un tracteur sur le
weekend il y a des concessions classes super en région parisienne et on peut vous faire
peut-être une réduction donc vraiment merci à eux et merci aux organisateurs de la conférence
et merci à vous pour 20 minutes d'attention on sait que c'est beaucoup. C'est sympa de vous avoir écouté.
