Il y a des créations que je fabrique, et puis c'est seulement deux ans après que je comprends vraiment ce que j'ai voulu raconter.
Et ça, c'est aussi très important de laisser cette part de l'absolu en soi.
C'est-à-dire si toute la tête, finalement, avait ce raisonnement, je pense qu'on ne serait pas en création.
Je crois qu'il y a cette part d'absence, d'abîmes, de choses qui nous traversent, qui fait qu'on y va.
Et on fait des choses par moments qui sont complètement sensées.
Mais c'est ça. C'est la part, c'est la part personnelle de chaque artiste.
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Il y a des spectacles qu'on n'a pas fait depuis dix ans, et il y a une vraie mémoire du corps.
Ça, c'est sûr. Et c'est bien parce qu'il ne s'agit pas d'apprendre des mouvements, mais bien d'une chose qui émane profondément de son être,
et qui s'inscrime de dessous le corps, de dessous la peau.
Ça se fabrique comme si le sens, la mémoire, comme ça finissait par pousser ce bras, et du coup, si on retrouve le sens, on retrouve le corps.
En plus, si on attribue après une petite analyse de ce qu'on fabrique,
si on a travaillé sur le poids du corps, le relâché, la segmentation,
enfin, il y a des textures de corps, des matières très abstraites.
On retrouve assez rapidement.
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Il n'est pas sœur, le corps. Il n'est pas sœur.
Mais, évidemment, c'est le corps, c'est la chair, c'est la peau, c'est le sang.
C'est évidemment là. C'est évidemment le corps physique, complètement, complètement.
Ça aussi, notre agilité, c'est ça les prises de risque qu'on a chaque soir en tournance.
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