La logique de rentabilisation, de marchandisation de la santé
n'a cessé de se développer au travers des réformes,
comme en particulier la loi Hôpital Patient Santé Tritoire.
Si toutes disent vrai dans l'intérêt des patients et la qualité des soins,
elles intrument salisent en réalité l'HAS pour arriver à leur fin.
Elles sont toutes dans une logique que nous dénonçons depuis des années
qui est celle de la baisse des dépenses remboursées.
Nous dénonçons le caractère antidémocratique de cette auto-autorité de santé.
En 2013, dans un contexte régressif pour la psychiatrie,
les CMA et le collectif des 39 convoquent des assises citoyennes.
Patients, familles, psychiatres, infirmiers, psychologues, psychanalystes,
travailleurs sociaux, syndicalistes et citoyens se retrouvent
pour partager leur regard sur la situation politique.
Les techniques cognitives et comportementales,
réduisant les êtres à leur comportement,
dominent le paysage intellectuel et représentent
l'unique et indépassable horizon du législateur,
au détriment de toute autre forme de pensée, de clinique.
Le DSM, catalogue comportementaliste de maladies,
séduit ceux que l'efficacité économique du service public
intéresse davantage que sa qualité.
La haute autorité de santé s'appuie sur le DSM pour la cotation des actes,
produisant ainsi une normalisation des pratiques.
Le premier paradigme, c'est la pensée unique
et le modèle exclusif médico-biologique.
Il est en train de s'effondrer pourquoi?
Parce que depuis 30 ans, malgré les millions,
les millions, les millions de dollars investis dans la recherche
génétique, dans la recherche biologique,
dans la recherche à l'imagerie cérébrale,
on n'a aucun marqueur biologique.
Et puis il y a évidemment les conflits d'intérêts
qui ont été dévoilés entre ceux qui ont des postes
universitaires importants aux États-Unis en particulier
et les laboratoires pharmaceutiques.
Tout ça a créé une crise de confiance très profonde
dans la méthode des DSM.
Alors, qu'est-ce que je demande au fond,
que notre mouvement demande du point de vue, comme ça,
des revendications?
C'est assez sain d'abord
que l'on n'enseigne plus le DSM dans les facultés de médecine.
On cesse de formater les futurs médecins et les futurs psychiatres
et surtout les médecins généralistes qui prescrivent
80% des psychotrocs,
qu'on cesse de les formater avec le DSM.
Je pense qu'il est important de considérer
que les processus dont on parle sont des processus longs et longs.
Mais pendant que ce long processus opère,
c'est de la vie qui se fait.
Et vraiment, le bon protocoeil, c'est le mot
compliqué de fausse-partout.
Des moments de cette régression.
2008, le discours de Nicolas Sarkozy et Anthony
criminalisent les patients
et y misent l'État dans le cadre thérapeutique.
2009, la loi Hôpital Patient santé territoire
affiche l'objectif de ramener les hôpitaux
à l'équilibre budgétaire,
regroupement des établissements,
des procédures directeurs, etc.
2011, la loi dite des soins sans consentement
banalise le recours à la contrainte.
En 2017, au moment de la publication de cette vidéo,
la situation s'est dégradée,
malgré la succession des gouvernements.
Comme beaucoup, j'avais été choquée
par les propos de Mme Carlotti,
condamnant la psychanalyse
au profit de méthodes qui marchent,
précisant cette phrase qu'on a beaucoup entendue
à cette tribune, que les choses soient claires,
ne auront les moyens pour agir que les établissements
qui travailleront dans le sens
où nous leur demanderons de travailler.
Y aurait-il une bonne et une mauvaise ingérence?
Ou est-ce l'ingérence qu'il faut condamner
par principe?
L'État n'a pas plus à définir
la vérité historique que la vérité scientifique.
Qu'il réduise à la source et,
de facto, la formation et la recherche
à un seul ensemble de propositions,
ici les sciences cognitives et comportementales,
à l'exclusion de tous les autres,
comme l'a bien rappelé Mme Carlotti,
me paraît très rare.
Car c'est d'une part
condamner la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle
un être aussi valide que le négationnisme
et aussi farfelu que le créationnisme,
et c'est d'autre part
accordé à la haute autorité de santé,
un pouvoir d'autant plus exorbitant
que son infaillibilité
n'a toujours pas été promulgée et scientifique.
Nombre d'entre nous s'épuise chaque jour
à tenter de traduire leurs pratiques
dans cette novelange appouvrissante
puisque nous sommes contraints
à passer sous les fourches codines
si nous voulons continuer
à faire notre travail soignant en institution.
Nous travaillons avec des personnes
prises dans une histoire
sur plusieurs générations,
un réseau de relations humaines et sociales,
et aucune approche de cette complexité
d'étendre être univoque
et s'imposer à tous et en toute circonstance.
Ainsi, un certain nombre d'entre nous
et j'en suis construis leurs pratiques
en s'appuyant sur la psychanalyse
et la psychothérapie institutionnelle.
Mais il ne nous viendrait pas à l'idée
d'en faire une approche exclusive.
Et nous nous insurgirions de la même manière
contre une telle prétention totalitaire.
Car l'humain atteint psychiquement
à besoin avant toute chose
de rencontrer des soignants qui le respectent
afin de pouvoir évoluer.
Quelles que soient les causes
de nos maladies, elles ne se soignent pas
comme les autres maladies.
Nous souhaitons rappeler au législateur
que les patients en psychiatrie
sont des êtres humains, des citoyens,
et que la loi du 5 juillet 2011
les met dans une situation d'exception
et donc en marge de la société.
Elle autorise et banalise
le recours à la contrainte.
La contrainte au soin.
Mais dans une démocratie, nous espérons
que tous les points de vue peuvent être entendus.
Nous connaissons ceux des associations
et fédérations d'îtes représentatives
auditionnées jusqu'à présent.
Elles ne nous paraissent pas défendre
le type de prise en charge
qui nous a permis à nous de pouvoir
reprendre pied dans la réalité
et de nous réinsérer dans le tissu social.
Merci.
Merci.
Dans la démarche psychiatrique,
les principaux intéressés,
les malades mentaux,
comme on les appelle de façon bizarre,
sont à travers
les comportements les plus divers
d'une hypersensibilité
à tout ce qui les entoure.
Tout l'importance de traiter ces entours
cela peut sembler
très simple, mais
on sait bien que le simple
est tout le contraire du simplisme.
D'où les réflexions epistémologiques
les plus écus distincts
de façon permanente
à l'alignation sociale
et à l'alignation psychotique,
la double alienation.
La première entre
l'alignation sociale
dans l'ordre du politique
dans l'ordre du politique
de l'organisation concrète
des projets nationnels
etc.
Pendant que la seconde
est de l'ordre, pourquoi pas
transcendentale.
Tout ceci implique une analyse
permanente aussi bien au niveau
de l'organisation
micro-sociale de l'établissement.
Soigner l'hôpital
pour éviter tous les faits d'alignation
très progrés de voir
qu'il ne parle pas de l'établissement.
Les politiques de santé publique
demeurent
insuffisamment fondées
sur l'évidence scientifique.
L'évidence
parlée de la preuve comme d'une évidence
c'est quelque chose qui est extraordinairement
daté, comme s'il y avait
une espèce de visitation
de l'esprit qui faisait qu'il succombe
à l'éclat, à soutenir de la vérité.
Tout ceci appartient
à une épistémologie
qui est complètement dépassée.
C'est l'évidence scientifique
qui est fabriquée
par tout un dispositif
et on veut nous faire croire
que c'est là quelque chose
qui repose sur la consultation
désintéressée des résultats auxquels la science est parvenue
alors que ça n'a rien à voir.
C'est quelque chose qui est fait
pour dissuader
de toutes délibérations publiques
et de toutes délibérations politiques.
Comme si justement
il n'y avait pas de choix, il n'y avait pas d'élaboration.
Il n'y avait rien du tout.
C'était quelque chose qui s'imposait
par la seule force des choses
comme si on pouvait couper une politique
c'est-à-dire une orientation
en attire d'action gouvernementale
de la politique comme activité.
Un gouvernement
quoi qu'il en est et quoi qu'il dise
c'est un gouvernement
qui est composé d'hommes
et c'est un gouvernement des hommes par les hommes
même s'ils le nient
même s'ils s'en défendent
même s'ils précolisent au nom de la vérité scientifique
l'administration des choses.
Quand un gouvernement
veut installer
l'administration des choses
à la place du gouvernement des hommes
ce qu'il obtient et ce qu'il met en place
ce n'est pas l'administration des choses
c'est l'administration des hommes
et c'est l'administration des hommes
qui traitent les hommes comme des choses.
Merci.
Non, il y a le boulot à faire
et puis à faire une contredonde.
