Bonsoir à tous, Antoine Lanusel, je suis rédacteur en chef adjoint, je précise de la revue Oui Demain.
Donc tout d'abord merci au mardi de l'innovation et donc à Marc Giger de nous inviter à l'occasion de la sortie cette semaine du numéro 6 de la revue.
Donc dans ce numéro nous publions un grand dossier sur ce qu'on a appelé la Blue Society qui met à l'honneur la mer et surtout les ressources qu'elle peut nous apporter à condition qu'on parvienne à l'exploiter de façon durable.
Et pour expliquer concrètement ce qu'est la Blue Society, ces espoirs nous avons invité donc cinq de ces acteurs dont Marc a donné les noms juste avant moi.
Le but de mon intervention donc ce sera moins d'entrer dans le fond de ce dossier que de vous présenter Oui Demain, ses objectifs et son cheminement depuis la sortie du premier numéro en avril 2012 il y a deux ans.
Donc Oui Demain c'est une revue trimestrielle qui est apparu au printemps 2012 et s'il fallait définir, dater son acte de naissance ce serait un petit peu avant, ce serait pendant la crise de 2008.
Alors la crise ou plutôt ce qu'on s'est dit c'est que c'était un énième épisode d'une succession de crise entamée avec évidemment le premier choc pétroli en 1973 et que bien plus qu'une crise économique c'était une crise sociétale, environnementale et une crise des valeurs que l'on traverse d'ailleurs encore aujourd'hui.
Alors une fois de plus c'est vrai on parle de reprise, la reprise semble enclencher dans un certain nombre de pays comme les Etats-Unis c'est vrai, c'est vrai aussi que le modèle du 20e siècle qui s'appuie sur l'état, la course à la consommation et les énergies fossiles reste la vision dominante et surtout le système dominant.
Alors donc le 20e siècle fait de la résistance mais en même temps il y a des brèches, des initiatives qui se créent un petit peu partout dans le monde et qui se mettent à exister à côté et même parfois avec cet ancien monde en le faisant changer par l'intérieur.
Donc l'échelle qui nous a paru la plus intéressante et la plus convaincante pour observer tous ces changements c'est l'échelle locale donc celle de l'individu, de l'entreprise, de la ville, de la région et même parfois on va jusqu'à l'état mais c'est plus rare.
Donc d'abord il y a un mouvement assez clair vers des énergies vertes et décentralisées nécessaires au vu de l'urgence climatique.
On l'a notamment raconté dans l'un de nos numéros en faisant le portrait d'une maire, d'une petite commune qui s'appelle Mondidier dans la Somme et qui conduit sa commune vers l'autonomie énergétique et ça devrait arriver assez rapidement.
Donc ça c'est un des exemples, un des exemples de sujet sur la transition énergétique donc vu à travers le prisme local.
Il y a aussi ces nouvelles façons de s'organiser grâce à Internet, aux réseaux sociaux, de consommer et de se nourrir grâce aux nouveaux circuits locaux, collaboratifs.
Le tout et c'est là que les choses deviennent très intéressantes sans attendre les grands acteurs, l'Etat, les entreprises qui ont le monopole sur la production d'énergie, de nourriture ou encore sur le système de transport.
Donc ça c'était une illustration qu'on avait publiée dans notre premier numéro qui symbolise le monde d'hier si on veut de façon un peu simplificatrice mais le monde de demain qui est en marche.
Donc pour prendre la mesure de cette nouvelle société qui est en train de naître sous nos yeux et qu'on décrit tous les trois mois dans Oui Demain, il suffit de voir par exemple que 3 millions de personnes pratiquent régulièrement aujourd'hui le covoiturage en France.
Pour comprendre qu'un sable aussi triomphant que la voiture dans la société du 20e siècle, la voiture individuelle bien sûr ne résiste pas à ce mouvement.
Donc ce constat ne fait pas de nous des anti-voitures ni des décroissants plutôt que de remettre en cause la place de la voiture dans la société.
Par exemple on préfère s'intéresser au contraire à ce qui se passe du côté de la voiture électrique avec des systèmes de bornes à rechargement que ce soit à travers l'autolib à Paris qui est un grand succès qui va doubler son nombre de places cette année
ou encore à travers ce bel exemple américain de Tesla aux États-Unis dont on a parlé dans l'avant dernier numéro 5 de Oui Demain à travers le portrait d'Elon Musk, son créateur de Tesla.
Alors Oui Demain qui c'est d'abord François Siegel, le fondateur de la revue avec son frère Jean Dominique qui est derrière lui.
François et Jean Dominique à qui on doit pour faire très très court sur leur parcours notamment le monde de la création du monde hebdomadaire au début des années 2000.
Ensuite le rédacteur en chef de la revue s'appelle Jean-Louis Marzorati et absent il n'a pas pu venir ce soir donc qui a derrière lui une carrière de grand reporter,
Isabelle Lefort qui est rédactrice en chef de Oui Demain Initiative. Alors Oui Demain Initiative c'est le supplément qui est consacré au monde de l'entreprise.
Donc on a des dossiers dans lesquels interviennent un certain nombre d'entreprises qui nous suivent et pour rebondir sur ce que disait Marc tout à l'heure le dernier numéro
était consacré à l'utopie et à tous ces projets qui ont comme beaucoup commencé au stade de l'utopie.
Et donc moi je suis rédacteur en chef adjoint avec une carrière un tout petit peu plus courte dans le milieu de la presse. Il y a aussi comme Bastin qui est là-bas à gauche qui alimente le site internet
et Mairet Sous qui est chargé des partenariats. Voilà donc l'équipe au complet c'est une petite équipe resserrée mais efficace.
Donc autour de nous comment fonctionnent-on? Il y a une communauté de journalistes, de chercheurs et d'experts parce qu'il faut bien alimenter cette revue qui fait à peu près 200 pages
sans compter son supplément tous les trois mois donc c'est des experts journalistes, chercheurs qui nous aident à alimenter la revue et aussi le site internet d'ailleurs de plus en plus.
Oui demain c'est aussi de la radio avec la chronique de François Siegel chaque semaine sur France Info et on l'espère, une émission de télé bientôt pour on va dire compléter l'écosystème.
Mais c'est avant tout, j'irai une communauté, d'abord une communauté de lecteurs parce que ce qui nous a surpris dès la sortie du premier numéro c'est le nombre de courriers.
Je sais que ça a surpris François qui a pourtant lancé un certain nombre de titres de presse, de courriers de lecteurs qui nous disaient avant tout merci, merci d'apporter enfin des bonnes nouvelles.
Et ça c'était assez régulier et tout ça corrobore un chiffre que j'ai lu la semaine dernière dans la croix, c'est donc dans leur dernier baromètre annuel qui dit que 61% des Français aujourd'hui trouvent que les médias feront trop de place aux mauvaises nouvelles.
Donc il y a vraiment de ce côté là une demande du lectorat pour des nouvelles un peu plus positives, pesées, contrastées mais positives.
Donc nous sommes aussi associés à des événements comme le LH Forum de Jacques Attali au Havre ou encore le World Forum Lille auquel nous nous sommes associés cette année, l'année dernière pardon en 2013.
Et aussi à des réseaux d'entrepreneurs. Beaucoup d'entrepreneurs nous suivent, suivent huit demains avec grand intérêt.
Comme par exemple le réseau des entrepreneurs d'avenir qui regroupe des centaines d'entreprises autour de valeurs comme la responsabilité sociale et le développement durable.
Alors un mot donc, enfin je pense que pour décrire la ligne éditoriale de la revue mieux vaut passer par les sujets.
Donc dans le premier numéro de Huit Demain en 2012 on a cherché à comprendre un petit peu quelle pourraient être les bases de cette nouvelle société qui se dessine sous nos yeux.
Donc pour cela on a publié une grande interview du prospectiviste américain Jeremy Rifkin que vous devez certainement tous connaître aujourd'hui puisqu'on en a copieusement entendu parler depuis.
Donc cette vision pour faire simple qui est vraiment à la base de notre réflexion puisqu'on estime qu'on trouve là les fondamentaux.
Elle est basée sur une décentralisation de l'énergie avec le tous-producteur d'électricité associé aux énergies renouvelables, aux nouvelles technologies.
Et c'est une vision qui nous a paru enthousiasmante. Pourquoi? D'abord parce qu'elle répond à l'urgence climatique, celle de réduire nos émissions de CO2.
Et de deux parce qu'elle sous-tend la création de millions d'emplois. Ça c'est Rifkin qui le dit.
Enfin parce qu'elle donne à l'échelon local et donc à l'individu les clés du changement de modèle.
Parmi les autres tendances lourdes que nous avons captées dans l'ère du temps dès le premier numéro, il y avait aussi une forte aspiration à ralentir,
à prendre son temps et à retrouver un lien avec la nature y compris lorsqu'on vit en ville.
Donc toujours dans ce premier numéro, il me semblait avoir mis un autre visuel, c'est pas grave.
Nous avons publié un reportage sur le renouveau de l'utilisation du cheval dans une ville comme Bruxelles par exemple.
On a aussi raconté le retour de la végétation en ville à travers les jardins partagés, les façades végétalisés.
Donc voici un extrait du sujet sur le retour du cheval en ville à Bruxelles.
Donc le monde ralentit aussi sous l'effet des nouvelles technologies.
Par exemple la démocratisation, Marc Giger en a parlé tout à l'heure et c'est très bien qu'il y ait une rencontre qui s'organise à ce sujet
parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de choses parfois imprécises qui sont dites sur l'impression 3D.
Néanmoins c'est un sujet qui nous a semblé très important pour poser les bases de ce monde de demain
car l'impression 3D c'est pour faire très court la possibilité de se remettre à fabriquer des objets au niveau local
avec des process très peu gourmands en matière et aussi personnalisables
donc le rôle et le choix de l'individu qui entre à nouveau en ligne de compte.
Alors voilà pour la ville qui retrouve de la verdure.
Et nous nous sommes intéressés pour revenir aux grandes théories puisque j'en viendrai à la théorie de la Blue Society qui nous intéresse ce soir
entre autres à celle de l'économie circulaire.
Alors à travers une grande interview de l'ancienne navigatrice Hélène MacCarture
qui est devenue en bassadrice un système où finalement on n'est plus propriétaire de ces objets
puisqu'ils sont destinés à être reconditionnés à l'infini.
Donc l'économie circulaire c'est un peu la rencontre entre l'écologie et l'économie collaborative
qui elle aussi est un pilier de cette société qui dessine devant nos yeux.
Donc ce qui est intéressant avec Hélène MacCarture c'est qu'elle a entraîné dans son sillage comme partenaire
des poids lourds, vraiment des poids très très lourds de l'industrie comme Cisco, Renault
qui commencent eux aussi à se poser des questions et même font plus que commencer à se poser des questions sur leur modèle
et comment ils vont exister demain.
Donc bien sûr il y a tous ces projets, ces initiatives positives mais il y a aussi des forces contraires
les modèles du 20e siècle qui subsistent et qui font eux aussi partie de nos champs d'exploration.
Donc dans Oui Demain on parle par exemple des gaz de schiste.
Alors sur ce point il faut bien voir que notre revue reste un observateur et non un militant.
Donc on sait, pardon, et donc pas un militant parce qu'en fait on ne se définit pas du tout ni comme des croissants
ni évidemment de l'autre côté comme défenseur des modèles du 20e siècle mais plutôt comme des pragmatiques.
C'est à dire qu'ici sans entrer dans le débat économique et sans fin qu'on a traité dans Oui Demain extrêmement complexe
sur les gaz de schiste on peut considérer qu'il s'agit pour faire très court d'une perte de temps et d'argent
et qui serait peut-être plus judicieux d'investir dans le renouvelable qui lui affecte nettement moins l'environnement
et surtout le renouvelable qui constitue le carburant du futur système énergétique
qui se dessine déjà dans certains pays.
On a récemment vu que le Danemark avait pourvu l'an passé 30% de ses besoins énergétiques
avec la seule énergie éolienne donc voilà à camp en France.
Donc mais si nous sommes ici ce soir c'est parce que dans notre là je passe en revue les couvertures
des nouveaux suivants c'est parce que dans notre dernier numéro qui sort jeudi prochain
nous avons décidé de parler de la mer.
Alors le point de départ de ce dossier ce fut la rencontre de Philippe Vallette
le directeur du centre national de la mer à Boulogne qui s'appelle aussi Nozika
qui nous a fait part d'une conviction de sa conviction que la mer
qui comme vous le savez recouvre près des trois quarts de la surface du globe
renferme une bonne partie si ce n'est l'ensemble des ingrédients pour un futur
qui nous a qualifiés de désirables.
Alors pourquoi désirables?
Parce que premièrement cela permet de préserver l'environnement tout temps
créant une source de prospérité pour l'homme.
Alors en cela aussi ça crée un système désirable
parce que l'homme a besoin de se nourrir, de se fournir en énergie et de se soigner
et en creusant tous les chercheurs et la documentation
vers laquelle nous renvoyait Philippe Vallette
on s'est rendu compte que finalement il y avait presque des solutions à tout dans la mer.
Alors il n'a pas pu être présent ce soir et il s'en excuse d'ailleurs
mais on tenait à le remercier chaleureusement pour son aide à porter sur le dossier
et aussi pour son aide à porter sur cet événement qui nous a aidé à organiser.
Donc on s'est rendu compte en entrant dans ce dossier de la mer
que les ressources étaient d'abord sous-exploités aujourd'hui
les ressources qu'on trouve dans l'eau
et qu'elle pouvait apporter à elle seule tout ou presque de ce qui est nécessaire
et notamment que demain et même aujourd'hui on pourrait continuer à manger du poisson
à condition de bien gérer les stocks et pourquoi pas aussi
à continuer à pratiquer une aquaculture qui respecte les écosystèmes.
Il faut préciser que l'aquaculture est aujourd'hui
déjà à l'origine d'un tiers des produits de la mer qu'on consomme aujourd'hui.
Donc il y a un énorme filon à poursuivre sur ce secteur
à condition bien sûr de gérer bien les exploitations.
Donc on s'est rendu compte aussi qu'on ne connaissait qu'un pour cent
de la biodiversité marine, ce qui laisse augurer d'immenses révolutions
dans la recherche médicale, sachant qu'aujourd'hui
plus d'un produit, un médicament, pardon, anticancerre sur deux,
est issu de molécules venant de la mer.
Alors je dirais que ce dossier tombe bien
parce que de plus en plus on entend un certain nombre de personnes
appeler à investir davantage dans tous les secteurs de l'économie marine.
Et le dernier en date, c'était Michel Rockard,
séjourci dans la tribune, qui a déclaré, je cite,
« Ce n'est pas en copiant l'Allemagne que la France restera
une grande puissance économique, mais en se projetant sur les mers ».
Alors je pense aussi à Cap sur l'avenir, une lecture que je vous conseille,
c'est le dernier livre de Christian Boucher.
Christian Boucher est le directeur d'études et de recherches sur la mer,
de pardon du centre de recherche et d'études sur la mer.
Et Christian Boucher liste lui aussi les secteurs porteurs pour la France,
notamment le fret, qui reste la méthode de transport la moins polluante à ce jour,
et qui correspond à peu près à 90% aujourd'hui des échanges qui se font sur Terre
et sur lequel Christian Boucher appelle la France à monter en puissance
avec ses ports, avec le port du Havre notamment,
puisque ce secteur va encore augmenter de façon exponentielle dans les années à venir.
Alors, le même Christian Boucher évoque aussi les réserves de Terre rare,
ces métaux qui sont présents dans à peu près tous les nouveaux appareils électroniques,
télé, iPhone, tablettes.
Donc, c'est Terre rare dont la France pourrait détenir, selon les dernières estimations,
30 à 40% des réserves mondiales,
donc situées dans le Pacifique au niveau notamment de la Polynesie française.
Donc, c'est là que nous, oui, demain, allons nous interroger certainement
dans un prochain numéro sur l'opportunité de puiser dans ces ressources renouvelables,
parce qu'il faut savoir que la Blue Society,
c'est un état des lieux globales de tout ce qui se trouve dans la mer,
et c'est aussi du pétrole, du gaz, massivement présent dans l'océan,
souvent d'ailleurs à des profondeurs qui rendent leur exploration assez risquée
du point de vue environnemental.
Maintenant, on descend jusqu'à 7000 mètres.
Il faut savoir que la catastrophe environnementale qui a eu lieu aux États-Unis il y a quelques années,
ça se passait à peu près à 2 000 mètres.
Donc là, on va à 7000 mètres.
Donc, attention à ça.
Il y a aussi évidemment la question de l'émission d'EGAS à Eiffel Serre
dans la prise en compte de cette économie qui existe et qui se développe.
Mais pour nous, au niveau de la rédaction Nui Demain,
je dirais qu'on garde la même position.
Plus on investira dans les énergies renouvelables,
qui elles sont bien sûr illimitées et pourraient, elles aussi,
les énergies renouvelables marines alimenter à elles seules la croissance mondiale,
si on prend l'ensemble des énergies ou le motrice et les liens, etc.
Plus on les exploitera rapidement moins,
on prendra de retard sur la construction d'un nouveau modèle de société nécessaire
puisque on le voit chaque trimestre dans nos numéros.
L'actuel arrive à expiration.
Voilà, je vous remercie.
