Bonsoir à tous, donc effectivement je m'appelle Flémentine Darmont, je travaille chez E-Wake
et le nouveau nom de Downstown New, on a changé de nom récemment, et cette publication
a été réalisée comme la dix-mars quand en partenariat avec LinkedIn, vous aurez juste
après la présentation de Nicolas Mirail qui représente LinkedIn.
Déjà quelques mots d'introduction très rapidement, c'est difficile de parler de l'évolution
des métiers, des compétences, des façons de travailler si on ne comprend pas comment
l'économie a bougé.
Donc en fait, un citoyen, un collaborateur, un candidat, un client, tout ça c'est la
même personne, elle n'est pas multiple, donc il faut absolument regarder à peu
près ce qui se passe dans l'économie.
L'économie aujourd'hui, c'est ça, c'est ce que certains appellent l'économie catère-nerre,
c'est-à-dire une économie où les entreprises savent plein de choses sur les gens et vont
en savoir encore plus avec tous les capteurs qu'on met partout par les objets communiquants
par exemple.
Une économie de la connaissance où les gens savent plein de choses sur les entreprises
en retour parce qu'il suffit de cliquer dans Google ou dans Wikipedia pour s'en
enseigner et puis le niveau éducatif qui a monté énormément avec 66% d'une classe
d'âge de l'OCDE qui atteint l'éducation tertiaire.
Donc deuxième point, c'est la désintermédiation, c'est un mot un peu savant, mais ça veut
dire tout simplement que les grands acteurs traditionnels se font un petit peu grignotés
par les communautés.
Par exemple, si vous regardez les start-up innovantes qui sont présentées au CES de
Las Vegas qui est la grande foire annuelle sur l'innovation techno, la plupart des start-up
étaient financés sur Kickstarter, pas par des banques traditionnelles.
Donc ça change quand même pas mal la donne, bon après vous avez 6 millions de gens qui
roulent en blablacar aussi, ça aussi c'est intéressant.
La flexibilité c'est le paper-use, là ça va être des choses comme le fait qu'un
pneu d'avion s'affront, c'est vendu à l'usage maintenant, c'est vendu à l'atterrissage,
c'est plus vendu avec un transfert de propriété.
Donc tout ce qui est transfert de propriété, ça t'est nu.
Et enfin tout ce qui tourne autour de la confiance, dans un monde comme ça, comment
garder la confiance, notamment quand il y a des aspirations des consommateurs en termes
d'éthique, on n'a pas particulièrement envie de manger des lasagnes aux chevales.
Alors, nous comment on a regardé l'évolution de la mutation des métiers dans ce contexte
là? On a croisé 3 sources de données sur 7 pays dans le monde, des pays matures, des
pays émergents, et on a regardé avec LinkedIn que ça vaient faire les gens, puisque finalement
je laisserai Nicolas commenter sur ce point, mais finalement c'est eux qui ont l'information
la plus vaste avec tous leurs adhérents sur ce que savent faire les gens dans le monde
et où, où est-ce qu'on sait faire quoi? Parce que les gens remplissent comme par eux-mêmes
leur profil et leurs compétences, ce qui fait qu'au bout du bout, on a une sorte de
Wikipédia de la compétence, je le laisserai valider ma formulation, mais c'est comme
ça que j'ai compris leur réseau, nous on a étudié 7000 oeuvres d'emplois dans le
monde, et puis après on a fait un sondage auprès de 500 dirigeants.
Alors, qu'est-ce qu'on a vu? On a vu déjà des bouleversements majeurs dans les métiers
et les compétences, il y a 90% des dirigeants qui attendent des changements majeurs dans
les métiers de leurs équipes, dans le monde entier.
Si vous regardez la France, il y a 90% des dirigeants français qui vous répondent, on
n'a pas les compétences dont on aura besoin pour délivrer notre modèle économique, et
ils sont quand même drôlement inquiets.
Ensuite, il y en a 40% pour lequel c'est particulièrement preignant, puisqu'ils disent
qu'un quart de mes équipes aura un métier nouveau dans les 5 ans à venir, ça veut
pas forcément dire que les gens vont changer de métier, ça peut vouloir dire tout simplement
que les gens vont avoir un intitulé de fonction identique, mais que la réalité de leur métier
n'a plus rien à voir.
Et enfin, 31% qui pensent que cette mutation va concerner surtout les métiers peu qualifiés,
c'est particulièrement fort dans le public, puisqu'ils nous répondent ça à 46%.
Alors, je vais m'arrêter deux minutes sur cette histoire de métiers peu qualifiés,
les petits métiers, on a déjà vu des vagues importantes de mutations dans les petits
métiers.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'intiépine dans un aéroport, ça a plus du tout la
même tête aujourd'hui qu'il y a 10 ans.
Regarder le fonctionnement d'une caisse d'assurance maladie, ça n'a plus rien à voir, il y a
de la télétransmission.
Donc tout ce qui va être flux de transmission de données, machine-to-machine, dans la distribution
où vous avez des choses comme l'EDI, qui est de la transmission machine-to-machine
aussi, ça élimine des facteurs, où ça fait complètement changer, les petits métiers
administratifs qui étaient à l'interface entre les entreprises.
Donc ça veut dire qu'il faut redispatcher les gens, il faut les faire réallouer les
équipes.
Donc c'est ce qui s'est fait par exemple dans l'Aérien, on a réalloué les équipes
qui étaient sur ce genre de métier, ou dans les agences de vente qui avaient fermé, vers
d'autres métiers.
Il y a un très bel exemple, ça a été très réussi, c'est la MAIF que j'ai interviewé
dans l'étude, où ils ont fait un gros programme de transfert des effectifs administratifs vers
la relation client, qui est leur priorité, leur priorité actuelle.
Voilà, mais c'est pas facile à faire, c'est des gros programmes de migration des effectifs,
c'est pas du tout facile à faire.
Après il y a aussi la question de qu'est-ce que c'est un métier, et est-ce que demain
c'est pas les métiers moyens qui seront concernés par ce sujet, surtout quand on écoute
les stats d'Andrew McAfee ou MIT, qui annoncent que 47% des emplois peuvent être automatisés
aux États-Unis.
Donc ça, je laisse la question en suspens, il y a quand même des choses qui se profilent
avec les systèmes experts comme Watson, dans lequel IBM a investi un milliard d'euros,
et une intelligence artificielle qui peut aller beaucoup plus loin dans le traitement
du travail comitif.
Donc ça pose quand même beaucoup de questions, cette histoire de petit métier, et qu'est-ce
que c'est qu'un petit métier? Ensuite, qu'est-ce qui fait bouger les métiers? C'est essentiellement
la technologie, c'est vraiment majeur, et les métiers qui bougent le plus, ce sont
les métiers qui sont directement concernés par la technologie.
Ça peut paraître comme évident, mais en tout cas c'est ce qui est sorti de notre enquête.
Qu'est-ce que cherchent les entreprises? Qu'est-ce que cherchent les dirigeants? D'abord
un terme de compétence technique, une espèce de trio de tête qui est innovation, technologie
et relations clients.
Pourquoi? Parce que c'est complètement lié.
On ne peut plus innover sans techno, et la relation client aussi se fait souvent beaucoup
par la techno.
Si vous regardez à nouveau dans l'Aérien ce que fait Air France, ils ont inventé Air
France Connect, donc ils interagissent en continu avec leurs clients, leurs utilisateurs,
par les réseaux sociaux.
L'autre paquet, c'est les compétences comportementales, ce qu'on va trouver là-dedans, c'est l'adaptabilité,
c'est comment n'a pas trop de visibilité sur ce qui va se passer en charge des gens
qui vont s'ajuster rapidement.
Le travail en équipe, parce que ça, ça permet une meilleure coopération et la production
d'offres avec une expérience client fluide pour le client, et le stress, ça sort extrêmement
fort dans notre enquête.
Le stress qu'il faut savoir, si on s'arrête deux minutes sur ça, c'est que c'est quelque
chose qui, c'est un mot qu'on n'employait pas avant les années 90.
Le stress, c'est venu pour grande partie justement du numérique, parce que c'est
une accélération du travail cognitif au quotidien.
Un cadre moyen, ça reçoit 150 mètres jour.
Il y a une étude d'atose fameuse qui montre que, quand on tourne à 150 mètres jour, en
fait, on perd 60 minutes de productivité par jour, parce qu'on est constamment dérangé
ou saturé par des sollicitations à caractère cognitif.
Donc ça, il faut y faire face.
Il n'y a pas que ce facteur, il y a aussi l'individualisation des situations, l'individualisation
des rémunérations, qui ont fait que tout ce que les sociologues du travail appellent
le coping, le fait de pouvoir s'en sortir collectivement, a été un petit peu attaqué.
Donc qu'est-ce qu'on rêve d'avoir finalement dans ces équipes? On rêve d'avoir ce personnage
que vous avez derrière moi, qui est un caméléon, c'est-à-dire c'est quelqu'un qui sait faire
plein de choses, et il sait faire des choses qui sont parfois contradictoires.
Donc c'est un très bon, c'est quelqu'un qui est super bon en analytique, mais c'est
aussi quelqu'un qui est très bon à la tribune.
Moi, j'ai interviewé des gens d'une boîte de high-tech française très célèbre, ça
s'appelle Parrot, qui fait des drones, qui fait des casses de musique, et ils m'ont
dit, nous, on embauche des ingénieurs, et on les met à la tribune, parce qu'ils
parlent super bien de leurs produits, on n'embauche plus de chef de produit.
Donc voilà, c'est fini, le chef de produit chez Parrot.
Donc ça veut dire que typiquement un HEC qui tape à leur porte, ça les intéresse
pas forcément autant qu'avant.
Maintenant, il faut les trouver, ces ingénieurs qui savent tout faire, c'est pas forcément
évident, il faut les payer, et puis après, il y a quand même une question autour de
toute cette histoire d'adaptabilité, c'est-à-dire qu'il faut aussi des gens qui tiennent le
cap, et que si on n'a que des gens très adaptables, on peut avoir le revers de la
médaille de l'adaptabilité, qui est, est-ce que ce sont des gens engagés?
Alors, ces compétences comportementales, on les trouve, on les recherche, ça c'est
basé sur les offres d'emploi, on les cherche partout dans le monde, on pourrait se dire
que c'est l'apanage de l'Occident qui est plus terciarisé, c'est pas vrai, partout
dans le monde, c'est recherché.
Donc c'est intéressant de voir que finalement l'un des très terciarisés, parce que l'un
de ces spécialisés dans le software Lighting, donc en fait c'est une économie terciarisée,
et puis la Chine est déjà à 30% de taux de tercière, donc c'est quand même la marque
du tercière.
Alors, où est-ce qu'on les trouve? Là, je me base sur les données de LinkedIn.
Où se loge ces compétences comportementales? Plutôt en Occident, c'est plutôt en Occident
qu'on les trouve.
Mais ça, ce qu'il faut regarder, c'est d'abord, je reviens sur cette histoire de terciarisation
qui est plus ancienne, donc c'est normal, les gens se sont mis plus dans le tercière
à ces compétences comportementales, mais il y a aussi un phénomène culturel, c'est-à-dire
qu'on ne parle pas de soi pareil dans tous les pays du monde.
Aux US, on va dire qu'on est bon en leadership, en team building.
En Inde, on va dire qu'on est bon en C++ et en autocad.
Si vous regardez les profils qui sont dans la base, c'est ça qui sort.
Donc ça montre bien que dans chaque pays, il y a une dimension culturelle qui fait que
certaines compétences sont valorisées plutôt que d'autres.
Et la France n'est pas extrêmement forte en termes de compétences comportementales
parce que ce n'est pas quelque chose qu'on valorise beaucoup chez nous, on est très
cartésien, on ne veut pas afficher sur son profil des choses qui font un petit peu
pipo si vous me passez l'expression, alors que vu de la fenêtre des Américains,
ce n'est pas du tout perçu comme du pipo et donc ils le mettent extrêmement en valeur.
Alors les métiers qui montent, les métiers qui descendent, ce qu'on a trouvé dans la
base LinkedIn, c'est déjà un gros ensemble autour de la marque, de la vente, du marketing.
Je reviens sur ce que j'ai dit en introduction, sur créer la marque, créer l'affect autour
de la marque, c'est très important et dans tous les pays, une grosse progression de l'économie
sociale et solidaire et de la santé.
Pour la santé, c'est dû au vieillissement, ce qu'on appelle la silver économie.
Et qu'est-ce qui descend ou qui se dilue? En fait, c'est une notion de dilution, c'est-à-dire
que c'est des métiers qui se sont banalisés, qui du coup sont devenus des compétences.
La compétence est un sous-ensemble du métier.
Donc on va trouver gestion de projets, pourquoi? Parce que tous les gens dans le réseau LinkedIn
vont afficher qu'ils savent faire de la gestion de projets.
Donc c'est complètement banalisé, c'est à peu près comme si encore aujourd'hui je
me mettais que j'étais experte bureautique, ça fait un petit peu daté parce qu'autant
il y a vingt ans, c'était nouveau, autant aujourd'hui, c'est complètement banalisé.
Alors gestion de projets est tombée, comme ça c'est dilué.
IT aussi, c'est un peu plus surprenant, mais c'est quand même le cas parce que finalement
IT, tous les métiers s'en sont emparés, dans toutes les annonces on voit bien qu'on
demande aux gens de savoir maîtriser le RP afférant à leur fonction.
Et puis à HA aussi, c'est parce qu'il y a le fait que dans les départements, les
gens se mettent à acheter chacun de leur côté des choses et ils ne passent plus nécessairement
par le département à HA, donc il y a une sorte de dilution de ce métier-là.
Voilà, donc là je reviens juste deux secondes sur la cartographie de ce que je viens de
dire.
On voit très clairement l'économie sociale et solidaire qui progresse très fort dans
les pays anglo-saxons et ça, ça vient probablement aussi d'un fonds de saut sculturel important,
c'est-à-dire que dans les pays, si on regarde finement quels sont ces métiers-là, ils sont
souvent corrélés à la paroisse, à la pastoral en fait, donc c'est pas mal lié aussi probablement
au protestantisme.
Voilà.
Mais ça progresse dans d'autres pays et beaucoup dans les pays occidentaux.
Quelques exemples de métiers, vous allez retrouver tous les métiers autour des réseaux
sociaux qui se structurent, au départ il y a avec le community manager, maintenant il
y a tout un tas de social media strategists, analystes, voilà.
Vous allez retrouver dans la pub en ligne des métiers très pointus, le re-targeting,
le real time bidding, donc vraiment ce sont des métiers qu'on a complètement muté et
puis tout un tas de métiers autour de la marque, brand ambassador, et tous les métiers
aussi autour du soin à domicile, coordinateur de soin à domicile, social worker.
Et ensuite, comment on travaille demain, alors là j'ai quelques éléments à vous donner,
c'est le télétravail, c'est simplement notre enquête qui dit que les gens estiment
que ça va se développer très fortement, je sais pas dire si ça va vraiment avoir
lieu, parce que depuis le temps qu'on en parle c'est pas forcément évident que ça
se produise.
Ce qui est intéressant c'est que c'est un déclaratif qui est aussi le fait des dirigeants
des pays émergents.
Alors c'est vrai que ça aide aussi quand on n'a pas forcément un infrastructure
routière parfaite pour faire se déplacer les gens.
Bon et je voudrais conclure sur ça, je pense que je suis dans les temps, je voudrais vraiment
insister sur l'entrepreneuriat.
Moi la chose qui m'a le plus surprise quand j'ai ouvert la boîte de LinkedIn, donc quand
ils m'ont livré leurs jeux de données, je pensais trouver plein de gens qui avaient
des fonctions à caractère IT ou marketing, enfin je savais pas très bien mais en tout
cas des métiers de ce type.
En fait ce que j'ai trouvé dans la base c'est que le premier intitulé de fonctions
de toute leur base c'est entrepreneur, enfin ça s'appelle owner, il y a des founders
donc toutes ces terminologies ou des terminologies comme consultant mais consultant, commerciale
indépendant donc c'est le retour du VRP de toutes ces professions indépendantes et
c'est extrêmement massif dans la base et c'est en croissance et c'est beaucoup en
croissance notamment en France.
Et si on regarde les chiffres officiels macroéconomiques on voit exactement la même chose c'est-à-dire
qu'en France par exemple on est à 11% d'indépendants mais la progression dans les dernières années
a été de 85% donc c'est absolument massif, le stock de l'emploi dans notre pays c'est
du salariat mais les flux c'est indépendant et c'est pareil en Angleterre, regardez les
derniers chiffres du chômage ils sont tombés à 7% de 8 à 7% mais sur les 4 premiers mois
de l'année toutes les créations d'emploi en Angleterre ont été le fait d'indépendants
même chose aux Etats-Unis, tous les chiffres concordent donc voilà c'est petit encore
mais c'est vraiment le flux de création d'emploi et tous ces gens se regroupent dans des espaces
de co-working qui s'appellent des tiers lieux qui sont extrêmement bouillonnants,
allez voir je vous recommande d'aller faire un petit tour du côté de la mutinerie à
Paris, la poudrière annoncée, j'ai même été visité un bio Hacker Space, ça existe
ça s'appelle la paillasse et c'est dans le sentier, enfin c'est vraiment un univers
très très foisonnant je sais pas encore ce qui va en sortir mais en tout cas ça mérite
d'être vraiment observée de très près, voilà et je vais m'arrêter ici.
