On a cherché une traduction qui soit à la fois parfaitement compréhensible par tout le monde dans un langage dite moderne mais totalement plausible avec cette musique et dans cet esprit de la fin du XIXe, et pour nous c'était très important cette histoire de langue.
On ne doit pas se poser cette question à l'opéraire.
Moi je pense que l'opérette en général, sa nature est d'être dans la langue du public. La Chauxaurie est une pièce tellement célèbre.
Évidemment, on a intégré une mémoire viennoise et une musique viennoise faite de danse, de polka et de valses viennoises, tout ça.
Des personnages viennois, des mentalités viennoises, même des proverbes viennoises.
Il est très important d'agir dans la langue du public. C'est un échange qui, si on ne le fait pas, il y a une barrière qui est qu'on rie de ce qu'on lit dans les surtitres et non plus des personnages avec lesquels on communie.
Quand on chante, on est complètement guidé par la musique, qui donne le rythme, qui donne l'intonation, qui donne l'intention aussi.
Dans les scènes parlées, on est un peu démunis et on doit créer un rythme. Ce n'est pas très facile. Et de passer de l'un à l'autre, ça demande aussi un travail beaucoup plus théâtral, beaucoup plus fin de ce point de vue.
Tous les personnages sont doubles et jouent un autre personnage à un moment donné, ce qui donne des quiprocos invraisemblables parfois.
C'est un peu un cont'alma viva d'opéret, une espèce d'aristocrate bourgeois très sûr de lui, un peu fier, un peu hautein et qui se prend les pieds dans le tapis à la fin. C'est le dindon de la farce.
Dans cette pièce-là, comme dans la vie parisienne de Fenback, il n'y a pas d'un côté le public et de l'autre côté le spectateur.
Les gens viennent se voir, même on pourrait à un moment, dans la soirée inversée, mettre le public sur la scène et mettre les comédiens et les chanteurs dans la salle. Il y a cette circulation.
Sous-titrage ST' 501
