Un homme d'État, c'est quatre vertus, d'abord anticipés, ensuite décidés.
C'est un homme d'âge et de taille à assumer le poids de l'État, ensuite résistés.
C'est quelqu'un qui peut prendre des décisions difficiles dans la tourmente, s'y tenir, les imposer.
C'est quelqu'un qui croit en ses valeurs, c'est fondamentalement l'exemple même de l'humanisme.
Et ensuite appliqué.
Je ne pense pas qu'on puisse être catalogué comme homme d'État si on n'a pas vraiment dirigé l'État.
Je ne vois pas de gros homme d'État qui n'est pas longuement muri les enseignements de l'histoire.
La notion d'homme d'État est plus que subjective.
Pour certains dirigeants, le débat est ouvert, on les qualifie plutôt d'hommes politiques ou pires de politiciens.
Pour d'autres, la belle étiquette d'homme d'État s'impose.
Il en est ainsi de Tlémenceau, de Gaulle, Churchill, Roosevelt, Mitterrand, Mandela.
Ils ont changé le monde, ils ont rencontré l'histoire, l'histoire qui seule avec le recul du temps peut les juger.
Mais qu'est-ce que c'est qu'un homme d'État?
Moi je vois trois hommes, trois types d'hommes, l'homme politique, grand homme politique qui peut être un très grand manœuvrier.
Mais dont la préoccupation est d'abord le destin personnel, se fait réélire d'une certaine manière.
Après il y a l'homme d'État, c'est-à-dire qu'il s'intéresse à son destin personnel,
mais il le met au service de la collectivité, au service de la nation.
Puis je crois qu'il y a une troisième catégorie d'hommes assez rare, qui est l'homme providentiel, ça dépasse l'homme d'État.
C'est-à-dire c'est celui qui va sauver la nation sans se préoccuper de lui-même.
Comment définir un homme d'État? Il me semble qu'on pourrait apercevoir différentes composantes.
D'abord le sens d'une certaine relation avec le temps, avec le temps.
C'est-à-dire qu'il faut se préparer de longues mains à des moments décisifs, et d'autre part saisir la chance quand elle passe.
Et puis peut-être avoir des idées simples, c'est Malraux qui disait un jour cherchant qui était des hommes d'État majeur à ses yeux.
Il disait au fond il faut qu'un homme d'État ait une idée simple, et la serve obstinément pour Napoléon c'est son étoile,
pour les nines de la révolution, pour de Gaulle, la France.
On pourrait ajouter probablement pour Kavour l'unité italienne, pour Ben Gurion, la naissance d'Israël, pour Bismarck l'unité allemande.
