Au commencement, l'arrocade est une autoroute, en boucle, reliée à d'autres autoroutes.
Elle a pour objectif de détourner le trafic de transit et une partie du trafic local pour
laisser respirer le centre urbain, jugé alors à se fixier. L'arrocade s'est construite par
tronçons successifs durant 27 ans et s'élargit par tronçons depuis 18 ans. En 1967, l'arrocade
est construite à la campagne, en même temps que la ville moderne. Elle commence par enjamber la
garonne par le pont d'Aquitaine et poursuit son avancée d'Est en Ouest en rive gauche. En 1989,
sa construction reprend, là où elle avait commencé en rive droite 22 ans plus tôt. En 1993,
elle est bouclée et commence alors à s'élargir. En 1958, l'arrocade est un objet routier,
pensé par les services de l'État, inscrit au cinquième plan. Son tracé ne bougera quasiment
pas jusqu'à la réalisation du bouclage complet en 1993. L'arrocade assure la mise en relation,
non seulement des rives de la garonne, mais aussi du système des grandes voies rayonnantes et du
centre urbain avec le reste de la métropole. Aujourd'hui, l'arrocade est une autoroute
en milieu urbain. Elle est un maillon du système à la fois indispensable et aujourd'hui surutilisé.
Trois notions conjugées permettent de mieux comprendre la réalité de l'arrocade. La première
notion, le trafic. Le trafic désigne le nombre moyen de véhicules passant en un endroit donné au
cours d'une journée. En 2014, de 80 000 à 120 000 véhicules par jour sur une arrocade conçue pour
en supporter 60 000. Les poilsaux représentent de 6 à 12 % du trafic. La deuxième notion,
le déplacement. Le déplacement est le mouvement d'une personne de plus de 5 ans sur une
voie publique, tout mode de transport confondu entre une origine et une destination. En 2009,
226 000 déplacements jour sur l'arrocade. 64 % des déplacements sont internes à
l'agglomération. Cependant, la fonction de transit est importante pour le positionnement
de bordeaux métropoles sur l'axe d'échange péninsulibérique Europe du Nord. 65 % des
déplacements en heure de pointe du matin, c'est-à-dire entre 7 et 9 heures, sont détragés
entre le domicile et le lieu de travail. La troisième notion, la congestion. La congestion
d'un réseau routier et la situation dans laquelle une augmentation du trafic provoque un
ralentissement global ou un arrêt. La congestion débute lorsque la vitesse baisse au-dessous de 30
kmh. En 2015, on note la stabilité des moments de congestion sur l'arrocade à l'exception
d'aggravation ponctuelle sur les voies d'accès vers où depuis l'autoroute 62,
autoroute de Toulouse, et la RN89, route de Libourne.
On compte 122 000 emplois salariés regroupés autour de l'arrocade, soit 36 % de l'emploi
salarié de la métropole. Entre 1970 et 1990, de nombreuses entreprises
implantent la proximité de l'arrocade. Le foncier est financièrement abordable, la
visibilité maximale, en particulier les terrains à proximité directe des échangeurs.
Il existe encore aujourd'hui des opportunités, mais le territoire de l'arrocade doit évoluer,
pour s'adapter à la société contemporaine. Les grands centres commerciaux sont en train
de devenir sujets d'expérimentation urbaine, avec des parkings silo, des immeubles de
logement au-dessus de la surface commerciale, et bien d'autres possibles.
L'opération d'intérêt métropolitain Bordeaux Aéroports a pour objectif de développer
ce pôle d'excellence aéronautique, d'ores et déjà importants pour voyeurs d'emplois.
L'opération campus est un outil au service de l'affirmation de l'université, en tant
qu'acteurs majeurs du dynamisme économique, social et culturel métropolitain.
Que voit-on lorsqu'on parcourt les 45 km de l'arrocade? Un couloir ou domine l'étalue
artificielle? Avec ça il a un bosquet de pain ou un rideau de feuillus, une prairie
humide ou un majestueux cèdre. La construction de l'arrocade a impacté le réseau des ruisseaux
qui se jettent dans la garonne. Ils ont été canalisés, entraînant la disparition des
rives boisées, de certaines fonctions écologiques et d'espèces spécifiques. Un couloir donc
d'où émergent quelques architectures repères pour celui qui prend le temps du coup d'œil.
L'arrocade Bordeaux Aéroports présente la spécificité d'être fortement doté en
franchissement, aérien et souterrain, mais ceci ne présente que peu d'intérêt en
matière d'image métropolitaine. Le travail sur le dessin de l'échangeur est aujourd'hui
une priorité pour faire évoluer l'arrocade vers plus de qualité urbaine. Le 11B, qui
dessert l'aéroport de Bordeaux Mérignac, est un échangeur en forme de trèfle. Il présente
de longs bretelles d'entrée et de sortie qui favorisent la séparation des flux tout
en conservant une vitesse élevée. Cet échangeur est favorable en termes de trafic, mais il
est consommateur de fonciers, difficilement utilisable pour améliorer l'urbanité.
Le 7, qui dessert hésine le vigiant, est en forme de l'osange simple. Il présente
des bretelles d'entrée et de sortie parallèles à l'arrocade. L'échangeur est économe
en fonciers, mais le système d'intersection entre bretelles et voies supérieures induit
la concentration des flux et donc l'engorgement.
Le 13, qui dessert p-sac-alouette, est en forme de double l'osange. La juxtaposition
de deux franchissements supérieurs induit des intersections claires avec répartition
des flux suivant les différentes directions. Les bretelles d'entrée et de sortie sont
parallèles à l'arrocade et le vaste carrefour supérieur pourrait être retravaillé pour
créer une place publique multimodale. C'est un échangeur vertueux.
De 2003 à 2013, l'État, la région Aquitaine, le département de la Gironde et Bordeaux
Métropole ont mis en œuvre la protection de 23 quartiers exposés à des nuisances
de bruit supérieur à 60 DBA. En 2007, la vitesse maximale autorisée passe de 110
kilomètres heure à 90. L'analyse in situ confirme un effet bénéfique sur la pollution
avec une baisse de 15 à 25% des teneurs en dioxyde d'azote et des particules en suspension.
Bougez de nouvelles mobilités pour plus de fluidité.
L'arrocade supporte deux périodes de points de quotidiennes, le matin de 7 à 9 heures,
puis de 16 à 19 heures. L'enjeu est aujourd'hui d'expérimenter des dispositifs de régulation
afin d'optimiser les capacités du réseau routier.
Les expérimentations pourraient porter sur trois points essentiels. Le premier point
est un usage plus intense de l'arrocade. Le deuxième point est la fluidité préférée
à la vitesse. Les études prouvent que c'est lorsque la vitesse moyenne oscillent entre
50 et 70 kph, que la capacité en termes de trafic est optimale. La baisse de la vitesse
pourrait s'accompagner de la réduction de la largeur des voies avec la possible création
d'une quatrième voie multimodale sur en prise constante.
Le troisième point est la régulation comme principe, c'est-à-dire assurer à tous la
régularité des allures et la fiabilité des temps de parcours.
Nous faisons aujourd'hui des propositions pour un usage plus intense de l'arrocade,
avec l'insertion de transport collectif, la promotion du covoiturage avec réservation
d'une voie dédiée durant les heures de pointe, le décalage des heures d'embauche
dans les entreprises, les institutions publiques, les universités, une information dynamique
pour les conducteurs, l'aménagement des voies d'accès à l'arrocade en grandes
allées métropolitaines, l'aménagement de pôles multimodaux à partir des stations
de tramois et vécubes ainsi que des pistes cyclables, travailler, étudier, entreprendre
vers une métropole attractive, habiter, se divertir, valoriser des lieux de vie.
4 grands sites de projets ont été mis en évidence.
L'OEM Campus Valais Créative, avec 10 000 emplois nouveaux attendus dans les filières
de la santé et du laser.
L'OEM Bordeaux Aéroports, avec 10 000 emplois nouveaux attendus dans les secteurs de l'aéronautique,
du spatial et de la défense.
L'OEN Bordeaux Eure-Atlantique, avec son quartier d'affaires et d'innovation, a 2h05
de Paris.
Le développement du site de Bordeaux Nord est à l'étude, centré sur les vocations
économiques et ludiques et l'aménagement de nouveaux quartiers résidentiels.
L'intégration de l'arrocade à la réflexion sur les nombreux sites de projets pourrait
en faire une véritable vitrine du dynamisme métropolitain.
Autour du lac, avec la réalisation d'un réseau de chemins et de pistes cyclables en
lien direct avec les différents quartiers et les grands équipements sportifs.
Sur la plainte de bouliac, avec la mise en oeuvre expérimentale d'une agriculture
urbaine basée sur la valorisation d'un paysage remarquable, couplé à la prévention
du risque inondation.
Au niveau de la coulée verte entre le Pug et les ontines, avec l'installation d'une
passerelle piétonnée cycliste au-dessus de l'arrocade, puis la mise en relation des
équipements de loisirs existants.
