Par exemple, en Europe, on a perdu 800 fabricants d'instruments de musique, quand j'avais fait une analyse pour la combinateur européenne,
qu'on n'a pas voulu bouger d'un cran. Le problème dans l'art, c'est que les gens sont très conservateurs.
Ils parlent d'art modernes, mais ils sont très conservateurs. Par exemple, on n'a aucun fabricant de clavicorde qui est devenu fabricant des pinettes.
Pas de fabricants des pinettes qui sont devenus conservateurs.
Les fabricants de classins trouvent que les pianos, c'est pas vraiment de la musique. Et ceux qui faisaient des pianos lourds comme un cheval mort en métal avec des cordes en fer,
ne veulent pas entendre parler de pianos. À Paris, par exemple, à Saint-Plaïel, on a eu un cas célèbre, dans les années 50, un pianiste a dit que je n'aurai pas là-dessus.
Pour moi, le piano, il est en bois avec des cordes en boyaux. Si c'est du fer avec des cordes en fer,
si les maîtres de force veulent occuper la musique, c'est leur affaire, mais moi, je n'aurai pas, il est parti à 2500 personnes.
Maintenant, tout le monde joue sur le piano en fonte avec des cordes en fer. Mais non, moi, je ne passerai pas sur l'électronie.
Et donc, généralement, ça casse à chaque coup. Et on a perdu des flutiers qui avaient 400 andages en Allemagne.
Par exemple, les luthiers de Mircourt, en France, avaient une spécialisation mondiale sur la lutterie.
Là, pratiquement, on perdait tout le monde. Ils sont restés assis sur un état de l'art sans bouger d'un sang.
En l'exemple, je clique le facture d'un instrument. Si vous allez dans la musique même ancienne, vous prenez, par exemple,
la viol de Gambe de Sainte-Colombes à rajouter une corde. Vous voyez, ça change tout au niveau.
À concert de Clavicorde pendant deux heures, c'est pire qu'une conférence de moi, en bout d'un moment.
La gamme chromatique, c'est un peu short quand même, si vous voulez.
Donc, je veux dire, à un moment donné, il faut bouger. Et on envahit bien entre l'art et l'évolution de la technique,
ce qui est autour, qui est assez intéressant. L'arrivée de la peinture à lui, il a changé radicalement la peinture, par exemple.
Alors, je finirais sur un cadre. La technique est l'art. L'arrivée de la photographie. C'est très intéressant,
parce que l'arrivée de la photographie, c'est rond, une lentille. Donc, les premières photos étaient rondes.
Si je prends une photo et j'applique la lentille, c'est rond. Mais on l'a tiré au carré, parce qu'une photo ronde,
c'est pas pratique, on préfère travailler sur un carré. Et c'était Kodak, au début, qui est une entreprise qui était née à Paris,
qui dit, moi, quelle est l'application? Il fallait une pause assez longue, il fallait beaucoup de lumière.
Le marché visé, c'était les peintres. Réduire le temps de pause des peintres.
Ici, vous avez l'empereur allemand, qui reste comme un con pendant une heure, pour poser sur la tableau où il est, à cheval.
Bon, on disait, on va prendre bête et l'empereur pendant une heure. Le mec, on ne bougeait pas.
Il reste là, parce qu'il y a l'empereur. Donc, on va faire une photo et beaucoup de tableaux impressionnistes.
C'est marqué d'après photographie. Je vous fiche dans votre pause. Vous avez fait la pause huit secondes, dix secondes.
C'est temps-là, mais c'est que dix secondes par rapport à une heure, ce qui est quand même pas mal, ou à plusieurs heures.
Et on a dit, à ce moment-là, les peintres, ils veulent quoi? Ils font que deux types de tableaux, principalement des portraits et des paysages.
Et vous voyez, deux photos, c'est les photos, je vous le montre en gros, c'est tous les premières photos.
On est là pour aider le peintre. Vous voyez, là, on va des peintures. C'est un portrait et un paysage.
Parce que le peintre, il fallait quitter le portrait de tout le monde, parce qu'il n'y avait pas de photographie.
Donc, il y avait des petits peintres dans tous les patelins. Et puis, de paysages qui montraient la maison, le coin et tout.
Et donc, Kodak dit, ça ne va pas à la pellicule qui arrive. Il va falloir deux formats, portrait et paysage. Vous avez toujours.
Pourquoi? Parce que les peintres faisaient des portraits et des paysages.
Et puis, ça a été tellement vite que le celui qui faisait des portraits basiques, il a été dépassé par le photo qui faisait plus le portrait,
où le paysage, vous voyez, les photos du tout début, en 1850 à 1913, elles deviennent très vite extrêmement performantes.
Du coup, pratiquement 90% des peintres dégagent. Ils n'étaient pas des grands peintres, ils tiraient le portrait.
Ils vous finançaient avec quelqu'un. Je m'ai vu sa tête. On disait, j'ai le portrait, il y avait pas mal.
Des fois, il arrangait les choses. Il fallait faire gaffe quand même, si vous voulez.
Et donc, on dit, il s'est dit que beaucoup de peintres, c'était suicidé.
Ils m'ont leur cherché l'entour. En long, en large, en travers, on a fait un suicide, point barre.
Les autres sont devenus photographiques, vous verrez, ceux qui étaient peintres.
Parce qu'après, ils retouchaient un peu. On disait, d'ailleurs, c'est un métier de fainéant en photographes.
Ils me disaient qu'il a le portrait où il y a alors qu'avant, il fallait qu'il râme.
Et donc, ceux qui n'étaient pas des bons peintres sont devenus des photographes.
Et les autres ont perdu le marché fondamental, qui étaient les portraits et les paysages.
Et on estime que l'explosion de la peinture est venue de l'arrivée de la photographie.
Plus besoin de représenter la réalité, puisqu'on a une photo qui la représentera de toute façon mieux que vous.
Et donc, vous pouvez partir sur tous les sentiers que vous voulez,
puisqu'on est déchargé de cette travail fondamentale, et sur lequel on était jugé,
à savoir si c'était bien ce qu'était devant.
Et là, vous arrivez de l'académie du réalisme, du pot.
Voilà ce que donne la peinture, juste après la photo.
C'est-à-dire qu'on n'a plus besoin d'être dans la haute tendance et tout.
On ne vous dit pas, c'est pas exactement ça. Le problème ne se pose plus, ça devient un art.
Le 6e art, c'est la photo qu'a pris, 7e art, c'est le cinéma.
Et notamment en Europe, d'où est venu la photo, tout se libère.
Donc il va rester des peintres qui sont en fait des gens qui s'expriment, des choses à dire.
On a perdu tous ces 95% de peintres qui n'étaient pas vraiment des peintres,
dans le sens où l'on l'entend aujourd'hui.
Vous voyez, la variété que ça peut donner,
puisque on a une explosion dans tous les domaines.
Assez souvent, on a eu ça la Renaissance, l'arrivée de la peinture à lui,
il a changé radicalement tout, pour vous montrer.
Dernier point, j'arrive à la fin.
Il arrive aussi, par exemple, une des révolutions coperniciennes qui arrive dans les tuyaux,
c'est le maquillage photonique.
Aujourd'hui, si vous voulez faire de la beauté rouge à lèvres, par exemple,
si vous voulez le dior rouge pétan, le dior d'attaque pour le soir,
rouge, c'est de l'oxyde de titane qui donne ce rouge particulier.
C'est un oxyde métallique.
Si vous voulez faire rose, il faut refaire toute la recherche, le développement, les tests,
puisque vous êtes plus sur la même terre rare ou sur le plus le même pigment.
Vous ne pouvez pas faire beaucoup de catégories.
Mais le monde a des couleurs, l'arc-en-ciel, par exemple,
où les ailes d'un papillon, si vous prenez les ailes d'un papillon,
il n'y a pas de peinture dessus, il n'y a pas de pigment, il n'y a rien de chimique.
C'est simplement un reflet sur un cristal des compositions de la lumière.
Les papillons, c'est les plus belles couleurs que vous avez sur Terre,
où vous pouvez les mouiller et qu'il ne coulera pas de couleurs.
C'est qu'il y en a, ils vont rejeter le verre plutôt que l'autre, etc.
Et il arrive maintenant une poudre de basse qui est de plus de mini-crystaux,
que vous allez travailler pour les faire sortir, rejeter sur le verre, sur le rouge, sur le blanc.
Exactement si c'est passé pour la photo, avec le CCD.
Quand vous dites, mais venez-vous, vous voyez un écran,
c'est marqué 36 millions de couleurs, il n'y a pas de peinture,
vous pouvez les voir dedans, il n'y a rien, il n'y a pas de pigment.
On est dans une logique optique, on est dans la photonique et l'optique et l'opto-électronique.
Et là, c'est un basculement copernicien,
parce que ceux qui font des produits de beauté aujourd'hui, vous voyez,
il y a des milliers de peaux qu'il peut y avoir sur toutes les terres, les machins, les produits.
Et là, en bascule, ils font embaucher des spécialistes.
Et là, on pourra faire 1000 teintes en rouge à lèvres, tout ce que vous voulez,
puisque l'origine de la couleur n'est plus liée à la Chine,
sous les sources de l'Oréal, vous verrez quand il a annoncé ça il y a quelques années au Grand Congrès,
ça a sonné comme un coup de tonnerre dans ce monde-là,
mais c'est exactement ce qui s'est passé dans la photo,
ce qui s'est passé dans l'électronique, c'est évolutionnaire,
parce que là, on arrive au niveau du produit qui se rend plus inerte,
pas de problème de toxicité, etc.
Il y a une soixantaine de milliers de chercheurs qui sont sur les pigments dans le domaine de la beauté.
Donc ça va scouiller le secteur en ouvrant le système.
Pour vous montrer, il y a d'autres choses.
Voilà, merci de votre attention.
Là, c'est bon, c'est que l'évolution peut prendre des voix qu'on n'attendait pas.
Par exemple, on est passé de l'homme des caméras au business woman directement,
alors qu'on pensait que ça allait être une brute...
Voilà, c'était pour vous distraire ce soir.
Merci de votre attention.
