Il y en a qui vous parlent de l'Amérique, ils ont des visions de cinéma, ils vous disent
que le pays magnifique, notre Paris n'est rien auprès de ça, ces boniments la rendent
moins timide, bref on y part un jour de quatre ans, encore une plus qu'il oeuvre votre
vide, un New York cherche un dollar, parmi les gueuses et les prostruits, les émigrants
au cœur meurtrie, il dira regret en Paris. Où est-il, mon moulin, la place blanche,
mon tabac et mon bistro du coin, tous les jours pour moi c'est dimanche, où sont-ils
tous les amis, les copains, où sont-ils tous mes vieux balmusettes, leur java au
sombre la cordéon, où sont-ils tous mes faces en galette, avec un cornet de frites
de rangs, où sont-ils le don, mais mon mâtre semble disparaître, car déjà de saison
en saison, des avesses à la place du terre, on démollie nos vieilleux maisons sur les
terrains vagues de la bute, de grande banque naîtrons bien trop, ou ferez-vous alors
recul bute, vous les pauvres gosses aux apoules beaux, en regrettant le temps jadis, nous
chantons pensant à Salis, mon mâtre tombé profondé. Où est-il, mon moulin, la place
blanche, mon tabac et mon bistron du coin, tous les jours pour nous c'est dimanche, où
sont-ils nos amis, nos copains, où sont-ils tous nos vieux balmusettes, leur java au
sombre la cordéon, où sont-ils tous mes faces en galette, avec un cornet de frites
à deux rangs, où sont-ils le don, où sont-ils tous mes vieux balmusettes, leur java au
sombre la cordéon, où sont-ils tous mes faces en galette, quand je bouffais, même
sans avoir un rang, où sont-ils tous nos vieux balmusettes, leur java au sombre la cordéon,
