Donc, merci pour l'accueil déjà et bravo pour cette initiative et cette organisation.
Vous dire que dans les 15 petites minutes là, vous savez qu'après on va échanger
tous ensemble et avec vous, je voulais peut-être faire deux temps, peut-être dans un premier
temps.
J'ai sélectionné en fait quelques-uns des artistes les plus importants, c'est jamais
exhaustifs, c'est mon regard, il en manque beaucoup parce qu'aujourd'hui dans chacun
des pays de ce monde, il y a une scène qui émerge, il y a des artistes importants.
Mais en tout cas là, j'ai retracé un peu peut-être le portrait des historiques, alors
je dois m'excuser pour ceux qui connaissent bien le mouvement parce qu'on va rabâcher
des choses à qui se, mais en tout cas pour les gens plus néophytes parmi vous qui
découvraient qu'il y avait envie de comprendre les clés et quelques-uns des artistes historiques
les plus importants du mouvement, peut-être ça peut être intéressant, donc on commence.
Ok, donc je dis rien et vous allez dire qui sont les artistes? Non mais le nom est écrit
je crois.
Evidemment, voilà, difficile de ne pas commencer par Banksy, qui est un artiste qui a une quarantaine
d'années aujourd'hui qui est originaire de Bristol et le génie c'est extrêmement,
je me lance dans un truc fou là parce que je dois faire une minute sur Banksy, c'est
impossible, mais en deux mots, aujourd'hui Banksy c'est un pochoiriste, comme on peut
le voir là, sa technique c'est du pochoir, en réalité c'est un graffeur au départ,
il vient de la lettre, de la pratique de la lettre et du graffitisme vandal et puis il
a évolué vers cette pratique, son génie c'est probablement un art de la situation,
vous voyez, le génie ne va pas être dans la technique utilisée, le pochoir est assez
rudimentaire, n'a pas d'intérêt, l'intérêt de ce travail c'est plutôt le message qu'il
va porter et l'endroit dans lequel il le porte, et donc ça me fait penser en vous
racontant ça, au mur Israël-Palestine, sur le mur de Gaza, les fameux trompe-l'œil
qu'il avait fait il y a déjà une dizaine d'années, et puis une ribombelle de projets
géniaux qui me viennent à l'esprit, comme la résidence qu'il a pu faire à New York
avec chaque jour un projet qui était en train d'éclore, et puis derrière le travail
de Banksy, derrière son message, son regard sur le monde, aussi une critique du marché
de l'art, si peut-être une chose était à retenir de Banksy c'est la critique du marché
de l'art, qu'est-ce que l'art en général, qu'elles en sont ces valeurs, qu'elles sensent
l'art à dans le monde, et qu'est-ce que le marché en a fait aujourd'hui, évidemment
dans sa spéculation, dans la façon de créer des codes, de façon tout à fait artificielle.
Et donc ça c'est assez passionnant à l'image de la performance qu'il a réalisée auquel
je vous renvoie devant Central Park, il y a quelques années maintenant où il a installé
un vieux monsieur, comme on en voit un certain nombre qui vend des peintures très décoratives,
à part que ce vieux monsieur devant Central Park, il vendait des originaux de Banksy,
du Val qui valait dans le marché 50 000, 100 000, 200 000 dollars, il a mis ce vieux
monsieur qui vendait ses originaux de Banksy à 60 dollars, péniblement ce monsieur en
a vendu 3-4 dans la journée, alors que les combats se mènent dans les maisons de vente
aux enchères du monde entier pour acheter à des centaines de milliers de dollars, et
vous voyez le message venir, la vidéo a été postée le soir même et là des millions
de gens dans le monde entier se sont demandés pourquoi il n'était pas devant Central Park
à cet instant là, mais probablement il n'en aurait pas acheté, alors qu'il fantasme
secrètement d'avoir un Banksy à 200 000 dollars, vous voyez l'impact de la valeur
de l'argent à quel point c'est nocif, parce que quand c'est là à 60 dollars, personne
n'achète et puis si on considère, vous voyez donc extrêmement intéressant, bon je m'arrête
là parce qu'il y aurait beaucoup à dire jusqu'au parc d'attraction qu'il a créé
l'année dernière en Angleterre, avec une soixantaine d'autres artistes et qui parlaient
de un certain nombre de problèmes dans notre société pour faire très court.
Chez Parth Féré, plus connu aussi sous le nom de Obey, Obey, Obey qui est le visage
de ce catcher que beaucoup connaissent, on doit le retrouver quelque part sur cette fraise
que ce visage de Obey, je le vois pas, cet artiste là qui est peut-être un des peut-être
le deuxième plus important dans le monde, plus connu dans le monde, vous voyez qu'on
est dans une esthétique tout à fait différente, c'est quelqu'un qui fait une école de graphisme
au départ, donc c'est plutôt un graphiste, au départ il vient de cette culture là,
la culture skateboard également, et là son travail c'est très simple, c'est que
Chez Parth Féré, Obey détourne les codes graphiques de la propagande utilisés par
les régimes totalitaires, les nazis, les communistes manipulent les foules par des
codes graphiques, les dictateurs sont iconifiés, donc ces codes graphiques là sont là pour
nous manipuler, la publicité également en use énormément, et c'est ça que détourne
cet artiste, il détourne ces codes graphiques et cette utilisation de propagande mais pour
promouvoir son message à lui en l'occurrence, très souvent la paix dans le monde, l'anti-imparialisme
américain, et donc il s'est rendu évidemment très célèbre aussi par la fameuse affiche
d'Obama, Bleu Blanc Rouge en 2007 au moment de la campagne d'Obama, c'était pas une
commande d'Obama à l'époque, c'était un acte militant et cette affiche a porté
à incarner véritablement la campagne ensuite. Bon, très vite Invader qui est donc français
et qui peut-être fait partie aussi des artistes aujourd'hui les plus importants dans ce mouvement
en tout cas dans leur aspect historique, et là aussi on voit qu'on n'est plus dans
le pochoir, on n'est plus dans un travail graphique, on est dans en fait un travail de
mosaïque, des mosaïques comme on peut les acheter chez le roi-mère au Castorama de
différentes tailles, et vous voyez quand il a commencé ce travail il y a 20 ans, un
peu plus de 20 ans, ça paraissait presque risible, en fait ce sont les petits personnages
du jeu vidéo Space Invader, le fameux jeu Atari des années 80, et lui Invader s'est
mis dans la tête de les libérer en quelque sorte, ils envahissent le monde ces personnages,
et donc on en a par exemple à Paris un peu plus de mille et il a envahi comme ça des
villes dans le monde entier en créant des maps chaque fois qui retrassent tous les endroits
qui ont été envahis, à part qu'au bout de 20 ans après avoir envahi donc une partie
du monde, les fonds sous-marins il y en a un à 3-4 mille mètres de profondeur, il y
en a un autre qui est parti dans la fusée ariane décollée de Cap Canaveral, vous voyez en
étant allé au bout du trip c'est tout simplement un travail fou, un travail conceptuel en réalité
que l'artiste a mené au-delà de ces personnages qu'on croise à chaque coin de rue, donc
un vrai travail conceptuel mondial autour d'une culture populaire des années 80, de
ce jeu vidéo auquel tous les gens de cette génération ont pu jouer, et que lui a rendu
réel dans le monde réel, donc assez fascinant, j'hier que tout le monde connaît probablement
français également, une trentaine d'années, 33 ans de mémoire, et là peut-être un des
travaux les plus intéressants de Gière dans les favelas 2008 si je dis pas de bêtises,
non c'est peut-être un peu après, je pense 2010, personne peut m'aider, 2010 merci
beaucoup, et là vous voyez un travail en trois étapes, Gière donc armé de son appareil
photo rencontre les habitants des favelas Rio de Janeiro, prend en photo les gens qui
rencontrent en particulier ses yeux, ses regards, première étape du travail, deuxième
étape collage in situ, de façon participative avec les habitants de ce travail, puis ensuite
la photo de l'installation qui va devenir l'objet d'art, c'est la photo qui ensuite
est vendue dans le marché, l'oeuvre in situ, l'installation va être éphémère, elle
va durer six mois, et la photo qui reste, on reste le témoignage, et donc Gière vous
l'avez aussi probablement vu récemment, il avait par exemple l'été dernier recouvert
la pyramide du Louvre pour créer une anamorphose, il a recouvert le panthéon, il a recouvert
la BNF, il a recouvert beaucoup de choses, voilà, et certains mauvais esprits le comparent
à Martine, vous vous rappelez Martine quand on était petits? Martine à la plage, Martine
à la plage, j'avance, je m'accline devant Blue parce que Blue c'est vraiment là aussi
un des artistes les plus importants de cette scène, alors beaucoup de collectionneurs
même ne le connaissent pas parce qu'en fait il n'y a pas de travail de marché avec Blue,
il ne décline pas, il travaille de rue, on travaille d'atelier, il n'y a pas de travail
d'atelier, il n'y a pas de marché en dehors de quelques séries graphiques que l'artiste
fait pour vivre ou survivre, son travail c'est uniquement dans la rue, c'est son
intégrité à lui, donc c'est probablement un vrai anarchiste, graffeur aussi à l'origine
mais qui a évolué vers ce travail plus figuratif, et là tout l'emblème de Blue, vous savez
à qui me fait penser cette image, j'espère qu'il n'y a personne de sa famille parce
que je vais avoir des problèmes, vous vous rappelez de Jacques Seguela, de cette phrase
à la con, si t'as pas ta Rolex à 50 ans, c'est que ta part et si ta vie est capable
de dire une connerie pareille, je crois que c'est la meilleure réponse qu'on peut porter
à Seguela, et vous voyez cet homme qu'on peut imaginer avec du pouvoir, avec sa cravate,
avec ces espèces de Rolex mais qui l'enchaînent, comment son pouvoir et sa richesse l'enchaînent
ne le rend incapable, Blue travaille beaucoup sur ces questions, je vous renvoie à une
vidéo en particulier, comment elle s'appelle cette vidéo, Muto Muto Muto Muto Muteo,
géniale, absolument génial de son travail vous verrez performatif dans la rue, et pour
Banksy je voudrais vous renvoyer, la plupart d'entre vous connaissent peut-être, mais
à son film, Banksy Ariz et un film il y a maintenant 6 ans, 7 ans, qui s'appelle
Faites le mur en français. Faites le mur et en anglais exit from the gift shop.
Voyez ce film, j'aimerais tellement être à votre place si vous ne l'avez pas vu pour le redécouvrir la première fois.
C'est l'ADN de notre mouvement.
Bon, très vite. Alors pour ceux qui connaissent un peu l'art, l'histoire de l'art, qu'est-ce qu'il fout là, Jacques-Vy Léglé, 88 ans?
Les nouveaux réalistes, les affichistes des années 50.
En fait, on est comme obsédés de trouver nos racines, parce que c'est un mouvement récent, le street art.
Vous voyez, il a une origine Vandal, Graffiti, 70 New York.
Puis il a une origine, je dirais, dans sa partie plus figurative, années 80, milieu des années 80, en France.
Donc il y a deux origines, une origine de l'étrage, de la pratique Vandal, de Graffiti, une origine plus figurative, d'accord?
Et en fait, au-delà de ces deux origines 70, 80, d'où ça vient? En fait, ça vient de partout, ça vient des grottes de Lascaux,
à l'essence même de l'histoire de l'homme, et puis ça passe par Brassail, dans les années 30, 40, qui prend en photo des Graffiti.
Alors c'est quoi les Graffiti de Brassail, dans les années 30, avant même que le Graffiti n'existe, telle qu'on l'entend aujourd'hui?
Eh bien, c'est les soldats qui partent à la guerre et qui laissent un petit bout à la crée de cœur avec les initiales d'amour,
ou sur un arbre gravé dans une écorce, ou bien gravé dans un train ou dans des toilettes publiques.
Et donc Brassail, et puis Villeglé, Rotélar et Moins dans les années 50, ils prennent un bout de la rue,
ils prélèvent un bout de la société, un bout de ce qui se passe dans la rue et de la culture,
et puis ils le posent sur toi et ça rentre dans le musée, à l'image de ce qu'on peut voir ici.
Et puis vient ensuite, par exemple, un Ernest Pignornès, qui dans les années 60 aussi a un travail préparatoire en atelier,
puis un collage in situ dans la rue. Et c'est comme ça qu'Ernest Pignornès, c'est au moment de l'appel de la bépierre,
vous voyez, avec les SDF qui vivaient dans la rue, tous ces 100 abris dans les années 60,
et bien lui va coller des SDF justement dans les rues de Paris pour relayer cette appel de la bépierre et faire parler.
Donc on voit bien la pratique militante et tout ça, ça existe avant même que le mouvement constitué aujourd'hui n'existe.
Donc toutes les racines du mouvement, et il y en a beaucoup d'autres, je pense ça se lotit camien et beaucoup d'autres.
Bon voilà, on en parlait.
Alors la vraie question c'est, est-ce qu'ils sont heureux, Villeglé et Ernest Pignornès, d'être un peu raffilié à nous aujourd'hui,
je crois que oui, il faudrait leur poser la question, mais en tout cas ils sont souvent présents dans des débats,
des rencontres autour des questionnements de l'art urbain, de l'art de la rue,
et c'est finalement une forme de deuxième jeunesse qui leur est offerte, enfin j'aime bien le voir comme ça en tout cas.
Bon très vite et peut-être je vais m'arrêter là après, mais soon, un magnifique artiste américaine,
expo permanente du MOMA, exposition personnelle au Brooklyn Museum l'année dernière,
sélectionnelle à Biennale de Venise il y a quelques années, où elle sera en radeau avec des amis,
un radeau d'une construction artisanale, vous voyez, soon elle vit en communauté,
elle passe du temps avec dans un village en Afrique, où elle travaille pendant quelques semaines, quelques mois,
au profit de la communauté pour fabriquer des choses dans le village.
Enfin voilà, c'est Kerouac, c'est une hippie ou une post hippie,
et c'est une artiste fascinante qui travaille beaucoup aussi sur des questions d'écologie,
très souvent la matière marron au fond c'est du mara café qu'elle vernie sur ses oeuvres.
Dans la rue c'est un travail sur papier donc très éphémère qui a une durée de vie très limitée,
et puis en atelier c'est un travail sur milard, sur bâche qu'elle peut faire.
Il y a Ticlinda Yafale qui est ce duo d'artistes américains.
Voilà, Momo ni quelqu'un.
Je m'arrête là parce qu'on pourrait faire deux heures,
mais en gros, je voudrais juste terminer par vous dire que peut-être
une des obsessions en permanence c'est de se demander qu'est-ce que c'est un mouvement?
C'est quoi cet engouement du street art depuis tellement d'années?
Vous voyez en tout cas depuis dix ans probablement.
Est-ce que c'est un mouvement artistique?
Alors pour beaucoup, y compris des artistes, ce n'est pas un mouvement
parce qu'un mouvement est constitué par un...
et des mois.
Comment vous dites?
Un manifeste.
C'est ça qui définit un mouvement artistique.
Tous les grands mouvements sont bâtis sur des manifests
dans lesquels les artistes se confortent ou pas.
Mais dans notre mouvement, si vous me permettez cette expression de mouvement
puisqu'il n'y a pas de manifeste,
il y a probablement un ADN.
Et c'est cet ADN qui constitue de mon point de vue ce mouvement.
Et l'ADN de ce mouvement, c'est par essence sa gratuité,
sa présence dans la rue accessible à tous.
C'est un vrai...
Pardonnez-moi de le voir comme ça aussi,
mais une espèce de machine d'accessibilité à l'art.
Vous voyez ces murs qui se répandent dans le monde entier.
Enfin pour des gens qui sont passionnés
et qui ont envie de transmettre ce que l'art incarne,
c'est-à-dire des valeurs,
un regard différent sur le monde,
c'est gagné.
C'est pas à la FIAC à 50 000 euros la première œuvre
avec de l'art conceptuel en plus,
ou probablement il faut l'avoir étudié pendant quelques années
pour comprendre de quoi on parle,
qu'on va démocratiser l'art.
C'est pas le marché de l'art qui va démocratiser l'art.
Le marché de l'art, c'est pour les 1%.
Sans parler de toutes ces spéculations.
Mon regard est un peu caricaturale, je m'en excuse,
mais c'est réellement le fond de ma pensée.
Et dans ce mouvement, une accessibilité,
un regard sur le monde, un côté militant.
Tout le monde est là en train de plaquer un côté.
Mais il y a quand même cette ADN-là.
Une mondialisation, c'est le premier mouvement
dans l'histoire de l'art qui est mondial,
qui émerge dans chaque pays.
Dans chaque pays, il y a une scène artistique
issue de ce mouvement.
C'est la première fois que ça s'opère.
Et puis pour finir,
probablement un mouvement générationnel.
C'est celui d'une génération,
maintenant de plusieurs, ça s'élargit.
Mais c'est un mouvement
qui est incarné par une génération,
ou plusieurs générations dans beaucoup de pays,
et qui aussi s'est propagée par les réseaux sociaux.
Finalement, c'est un mouvement
qui vient disrupter en quelque sorte
de mon point de vue l'art et le marché de l'art.
Même si tout n'est pas rose,
ce mouvement génère aussi un marché
et peut-être un jour, il attendra ses limites.
Je crois pas que ce soit le cas aujourd'hui,
mais le sens où me semble-t-il,
les artistes gardent leur intégrité
et ne se trahissent pas, me semble-t-il,
malgré le marché.
Voilà, j'ai fait très court, pardon,
ou très long, je ne sais pas,
mais le temps est venu de laisser la parole
à une artiste que j'aime beaucoup.
Je peux rendre l'hommage?
Je n'ai pas de texte, mais je...
Non.
Alors, vous savez,
je vais permettre d'amener aussi cet artiste,
parce que vous allez voir,
elle va venir avec d'étranges moustaches.
Et c'est un des problèmes de ce mouvement.
Il y a très peu de femmes.
Peut-être que ça serait intéressant
d'avoir ton regard là-dessus.
Et en tout cas, elle s'appelle Caching.
Elle fait un travail fabuleux
dans le monde entier, en particulier aux États-Unis.
Et on peut l'applaudir.
Applaudissements
