Dans la première moitié du 20e, je pense que les hommes ont même parfois été les précurseurs.
Pourquoi? Parce que au tout début du 20e siècle, par exemple, il y a eu un mouvement qui s'appelle le mouvement du renouveau.
C'est le mouvement du modernisme vietnamien.
Il y a un livre qui vient de sortir là-dessus, à la suite d'un colloque organisé par l'Université de Provence.
Et comme certains autres rechercheurs vietnamiens, j'y ai participé aussi.
Donc ce mouvement a été initié par des lettres, mais des lettres donc des confuciens, mais qui ont lu ce qu'on appelait les nouveaux livres.
C'est-à-dire les livres en Chinois, mais qui parlent des pays occidentaux et de la culture de la civilisation occidentale.
Donc il y a eu ce mouvement moderniste et c'est ce mouvement moderniste qui a permis,
enfin avant ce mouvement moderniste, il y a évidemment eu la scolarisation dans le système sous la colonisation,
une scolarisation qui a permis pour la première fois l'accès à la scolarité pour les filles.
Mais ce mouvement moderniste vietnamien était le premier mouvement patriote qui encourage cette écriture à base de caractères latins
pour transcrire le par les vietnamiens et qui a encouragé aussi la présence des maîtresses et des élèves-filles.
Ce mouvement était organisé par des hommes. Donc il y a eu cette participation des femmes à ce mouvement moderniste, mais elles étaient minoritaires.
Et la phase suivante, ça a été justement la presse féminine, les femmes qui étaient journalistes, écrivaines, poétesses, élitrices,
et c'est là que les femmes ont été majoritaires dans le féminisme.
Mais elles ont été encouragées et ils ont eu le support, le soutien des personnalités masculines,
à la fois très, ils ont été connus, respectés, qui avaient un prestige indéniable dans le mouvement patriote, anti-colonialiste.
Et justement, la première organisation féminine vietnamienne, si on ne compte pas cette revue,
qui avait un éditeur français, homme, et c'est cet éditeur français qui a invité Mme Chiung-Hun,
qui a été la première édactrice en chef de cette revue.
La première revue féministe vietnamienne, la première revue qui a laissé sa trace et sa marque profonde,
s'appelle Gazette des femmes, elle était tenue par les femmes, mais avec la participation très forte des hommes
parmi les lettres, les mieux connues et les plus prestigieux de l'époque.
Et la première organisation véritablement féministe, organisation, c'était une organisation
qui a vu le jour en 1926 à Hue, dans la cité impériale, et c'était initié par un grand patriote vietnamien,
l'être confusé, un mémolearniste, qui s'appelle Phan Baotiao.
Et il y a eu un autre homme très très connu et très très populaire dans le sud, dans les années 1926,
ou même un peu plus tard, dans les années 30, jusqu'à son arrestation et il a été ensuite déporté
à Poulos Condors par les autorités françaises, cet homme était, il a fait la faculté de droit en France
et à son retour, il s'est fait journaliste, il a créé un journal qui s'appelle La cloche félée,
il s'agit de Nguyen, c'est quelqu'un qui était très très connu, très très populaire dans le sud,
très très populaire, non seulement auprès des intellectuels, mais aussi des paysans.
Et tous ces hommes ont écrit des choses pour faire valoir l'image des femmes dans l'histoire,
aussi bien l'histoire ancienne que dans l'histoire contemporaine vietnamienne de l'époque.
Donc tous ces hommes ont été féministes de manière différente, parce qu'ils étaient très différents,
mais tous féministes et l'opinion générale des intellectuels modernistes de l'époque était féministe.
C'est lié à cet égalitarisme dont je vous ai parlé depuis tout à l'heure,
c'est lié aussi à la situation commune de coloniser et le mouvement anti-colonialiste avait besoin
de la participation féminine, avec grand besoin de la participation féminine.
Il y a eu un phénomène analogue pendant les guerres françaises et surtout américaines,
où dans les répressions les plus dures, les femmes avaient des facilités pour se bouvoir,
pour se dépasser, pour participer, pour aider la révolution.
Les révolutionnaires n'ont pas manqué d'en tirer le meilleur profit possible.
Les patriotes vietnamien-confuséens ou modernistes formés à l'Occidentale
ont été portés aussi par cette tentation très forte.
Je pense que le mot juste est celui qu'a utilisé François Stébault qui parlait
de la nationalisation des femmes et du féminisme.
En fait c'était ça, parce que les femmes étaient utiles,
pouvaient rendre au service à la cause nationaliste.
Elles ont été vraiment privilégiées par tous les intellectuels patriotes.
