Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
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Le 1er novembre 1954, l'insurrection éclate en Algérie.
Mais la guerre qui s'annonce va aussi se jouer sur le sol français.
Très tôt, la résistance algérienne va chercher un appui auprès les forces progressistes en France.
Mais la gauche de Mandaise-France, Émiterran, Serralio-Colonialisme et le PCF de Maurice Torres refusent de se prononcer pour l'indépendance.
C'est donc à l'extrême gauche, avec des militants trotskistes et libertaires, que se constitueront les premiers réseaux de soutien.
La Fédération Communiste Libertaire, la FCL, est alors la principale organisation Libertaire en France.
Elle attire notamment des jeunes rebutés par les gémonistes alignènes dans la classe ouvrière.
Georges Fontenis, un instituteur parisien, en est un des principaux animateurs.
On est au 145 Kedvalmi. C'est là que nous sommes installés à la libération. C'était aménagé, comme c'est devenu, évidemment.
Donc à l'époque de la guerre d'Algérie, nous étions là. Nous avions même pas le téléphone, à l'époque le téléphone était rare dans Paris.
Nous avions au café à côté.
Nous avions déjà participé à la lutte anti-coloniale à propos de la Tunisie, avec des critiques de Bourguiba, bien sûr.
Nous étions beaucoup intervenus pendant la guerre d'Indochine. Donc pour nous, l'anti-colonialisme était déjà une sorte de tradition.
Au moment de l'insurrection, nous avions le contact avec des camarades comme Ducan, Valero et quelques autres, qui étaient en vue de construire un mouvement algérien,
un mouvement libertaire algérien. Ce mouvement sera construit quelques mois plus tard sous le nom de mouvement libertaire nord-africain, NLNA.
Léandre Valero travaille alors comme ouvrier à Algée depuis août 1954. Il participe à la fondation du MLNA, liée à la FCL. Dès avant l'insurrection, son groupe est en contact avec les indépendantistes du mouvement de Messali Hatch, qui deviendra, après l'insurrection, le mouvement national algérien ou MNA.
Nos camarades du MNA avaient des problèmes, notamment en ce qui concerne les responsables, parce qu'au cours d'une de nos réunions, ils nous avaient fait comprendre que les responsables qu'il y avait, notamment à Algée,
avaient une importance assez importante pour eux, donc ils ne pouvaient pas se permettre, par exemple, de faire des tracts, de distribuer, etc.
Nous, le MLNA, c'était mis à leur disposition. On faisait des tracts, parce qu'ils nous donnaient une rédaction, et on les distribuait nous-mêmes, dans les quartiers tels que Baba Loëttes, Sainte-Gène, tout les quartiers d'Alger, de même que nous vendions le libertaire à la crier.
En 1954, alors que le Maroc et la Tunisie sont en route pour l'indépendance, l'Algérie reste mouette. Messali Hatch semble en panne de stratégie. Une poignée de jeunes activistes vont le déborder.
Ils font alors en octobre 54 le FLN, Front de libération nationale, pour passer à la lutte armée. Leur campagne débute par une vague d'attentats qui surprend la France. Nous sommes le 1er novembre 1954.
Tout de suite, nous avons dit, vivent l'indépendance algérienne. Et nous avons eu une réunion aux 145 ans d'almy, où nous avons décidé de sortir un numéro axé sur les événements d'Algérie, et une affiche vive l'Algérie libre, qui était bien significative.
Cette affiche a été immédiatement mobilisée en quelque sorte, toutes nos forces de la région parisienne, et Paris a été couvert de cette affiche.
Évidemment, la police est venue derrière pour en arracher le plus possible, et au lendemain de ce collage, dans tous les quartiers, dans tous les arrondissements, la police était présente pour partitionner un autre siège aux 145 ans d'almy.
Le FLN est encore méconnu. C'est donc tout naturellement que la FCL collabore avec le MNA de Messali Hatch, qui est alors la principale organisation ouvrière algérienne.
Au moment où se déclenche l'insurrection, le MNA est omniprésent, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Nous-mêmes, aux libertaires, nous recevons, nous fréquentons des leaders du mouvement national algérien.
C'est d'ailleurs à ce titre que, quelque temps après, grâce à l'intervention de Daniel Guérin et en dépit de l'opposition larvée des trotskysts de Lambert, j'ai pu rencontrer à Angoulême Messali Hatch.
Au fond, notre position, ça a été celle, à partir du milieu de l'année 55-56, le soutien critique. C'est-à-dire que nous étions à fond derrière le peuple algérien, nous en disant attention, il ne s'agit pas de constituer une république bourgeoisie nationaliste, il s'agit de passer à une transformation sociale.
Et je dois dire que ça n'a pas été facile. On leur disait, nous, on veut bien vous aider, mais il ne faut pas oublier l'essentiel, à savoir que vous allez vous débarrasser d'un impérialisme, mais vous allez avoir le vôtre.
Ensuite, et vous verrez que le vôtre vaut largement celui que nous allons vous aider à vous débarrasser. Aujourd'hui, on constate qu'effectivement, ce que nous disions était vrai.
J'adhérais à la fiscale début 55. Je suis allée en partie parce que, à cause de l'Algérie un petit peu, j'ai été sensibilisée au problème colonial, effectivement.
Peut-être parce qu'on n'était pas loin de l'époque de la résistance et que j'avais été frustrée de la résistance par mon jeune âge. J'envie ce qu'il n'y avait plus à faire.
L'affiche Vive l'Algérie Libre, il y avait une affiche qui était très belle, autant que je me souviens, Vive l'Algérie Libre, qui avait été saisie par la police, mais bon, ils avaient réussi à en cacher quelques exemplaires.
Et donc, on a collé ces affiches. On vendait les libertaires. Je ne sais pas si c'est la première fois où j'ai collé l'affiche, mais on s'est fait arrêter par la police.
On s'était aperçu qu'à la goutte d'or, dans le quartier de la goutte d'or, il y avait beaucoup d'Algériens qui se rassemblaient les samedis.
Donc, on allait vendre le libertaire là-bas, mais il y avait un monde fou quoi.
Ça faisait comme une sorte de place où ils se rassemblaient, ils discutaient, ils allaient boire un coup dans les bistros.
Ce qu'il y a, c'est que les Algériens, ils aimaient bien acheter le Libre, parce qu'on avait un langage tellement, comment dire, tellement tranché en leur faveur,
que bien sûr, puis il y avait quelques nouvelles d'Algérie par des copains qui étaient là-bas.
Et il est arrivé qu'on vend 200 exemplaires du libertaire dans l'après-midi.
Pour moi, la Fédération Communiste Libertaire a eu une importance exceptionnelle dans la lutte contre la guerre d'Algérie.
Parce que d'abord, on est des premiers, tout à fait les premiers à avoir clairement dit que nous étions pour l'indépendance de l'Algérie,
reconnaître au peuple algérien le droit à disposer de lui-même. Ça, ça a été clair et net.
La deuxième chose, c'est que nous avons été les premiers à dénoncer la torture.
Parce que la torture, c'est quand même la chose la plus abominable qui puisse s'imaginer.
Ça nous ramène aux camps de concentration nazi, ça nous ramène à la Gestapo, c'est quelque chose d'épouvantable.
Et voilà que des Français qui se réclamaient de la France, parait-il de la patrie des droits de l'homme,
qui eux-mêmes, ils étaient en train d'accomplir en Algérie ce qu'avaient fait les nazis.
Si on entrait à l'FCL, je crois là en 54, mon programme me votait quoi.
L'FCL a toujours défendu les causes de libération nationale.
En avant, il y a eu la Tunisie déjà, on en parlait dans le Libertére, et ensuite, c'était l'insurrection algérienne.
Donc ça allait être ça, d'aller soutenir, quoi.
Et dans le Nord, c'est le MNA qui a demandé quelqu'un, dans le Nord de l'Apprend,
à Roubaix pour monter un comité de soutien. Donc on l'envoyait là-haut.
Le travail, c'était d'abord de rechercher des gens pour former un comité de soutien aux Algériens.
Mais comme ça, sans point de repère quoi.
Pour les repères que j'avais, c'était avec les Algériens.
Je passais avec eux, avec le MNA. Là-bas, je vendais le Libertére sous ma place publique.
Il y aura peut-être des clients pour discuter, mais ma cache, rien du tout.
La seule vente de Libertére, c'était dans le Café Algérien.
Tout le monde l'a acheté là-bas.
Et bien, notre soutien actif, il s'est traduit d'abord par nos articles,
toute notre campagne de presse qui n'a pas cessé.
Nous avons même participé à des recherches d'équipement,
qui ensuite, par des transits très compliqués, parvenaient au Maki Algérien du MNA.
Il y avait beaucoup d'armes de points. Je crois même qu'on a pu leur faire obtenir des mortiers et des choses comme ça.
C'était des portages de valise, des rendez-vous, des expéditions, bien camouflées.
Et puis, nous avions les filières de la frontière.
Il y avait la filière Suisse et il y en avait bien d'autres.
Je me souviens d'avoir transporté, c'était le numéro 1 du MNA en Algérie,
d'avoir transporté à l'Ariodrome d'Alger, qui se situait à Mésan Blanc, à côté de Mésan Carré.
Nous sommes arrivés à l'Ariodrome, celui-ci était entouré par des militaires et puis des gendarmes.
Et on a compris qu'il était attendu.
On a fait demi-tour sur les chapeaux de roue et puis on est rentrés à Algérie, arrivés dans la ville d'Alger.
Il m'a demandé de le laisser tirer en boulevard, c'est ce que j'ai fait. Je ne l'ai plus revu.
J'étais dans la nièvre, mais j'étais assez isolé, donc c'était assez difficile.
En fait, de mes actions, ça me demandait toujours dès les placements.
Alors des placements en scouteurs pour faire des collages d'affiches de nuit, ou pour aller faire des distributions de tractes par-dessus le mur des casernes,
ou pour aller voir des copains qui avaient pu récolter une ou deux armes à droite à gauche pour les refiler aux copains algériens.
Alors on les stockait et on les ramenait à Paris à l'occasion.
J'ai transporté des déserteurs d'un endroit à un autre, toujours sur un scouteur.
Je crois que ça n'est beaucoup un scouteur à l'époque.
J'ai transporté une valise de... Bon, c'était la FCL qui était allée les chercher et chercher ses insignes en Suisse.
Et c'était des insignes de la Hélène.
Donc c'était une grosse valise pleine de ses insignes qui était très très lourde, donc c'était difficile d'être un peu discret dans le métro avec ça.
Là moi là j'ai apporté à un espagnol de la FCL qui s'appelait Rodrigues.
Donc je me suis assise sur un banc, il est arrivé, on ne s'est pas parlé, j'ai posé ma valise et puis au bout d'un moment il est parti avec la valise en fait.
Voilà, c'est comme ça que ça se passait. On surveillait qu'on n'ait pas été suivis tant que possible.
Mais en dehors de ça, j'ai aussi prêté ma piole pour des réunions de dirigeants algériens.
J'ai su leur nom un jour, mais maintenant je ne m'en souviens pas.
Mais à cette époque, je devais leur laisser ma chambre sans les voir au cas où j'aurais été interrogée pour ne pas avoir à les reconnaître.
Donc je les ai croisés dans les escaliers, j'ai baissé les yeux, je n'ai pas regardé en fait.
Voilà, ils se sont réunis dans la piole, ils ont fait ce qu'ils avaient à faire.
L'azur du 1er mai, il y avait eu une manif à l'île et tous les algériens étaient descendus avec les banderoles libérées, mes saliades.
Là, la police est intervenue, les flics se sont mis entre nous et les algériens.
Tandis que le défilé français continuait au son de la Marche de la 2e DB, on s'est retrouvé 2, 3 à la fin.
Enfin, je m'étais mis d'abord parce que je savais que ça allait qu'à Stanie.
On essayait de franchir les rangs des flics. Moi, j'ai réussi deux autres ports.
Bon, j'étais dans la bagarre avec eux.
Un jour, j'ai distribué un track du AMLO à plan d'aider la résistance algérienne, par exemple à saboter les matériels de guerre et compagnie.
Enfin distribuer, c'est ça qu'on parlait. Il fallait les mettre dans des stations de bus. Tu ne pouvais pas distribuer en grand jour parce qu'ils étaient tout de suite embarqués.
Je les posais dans des stations de bus et il y a deux douaniers qui se sont pensés.
C'était à Turquois, pour loin de la frontière, deux douaniers qui se sont pensés, contrôle d'identité.
Dès le lendemain ou sur le lendemain, perquisition à l'hôtel où c'est que j'étais.
Et que jour après, le 29 juin, j'étais arrêté avec 20-25 algériens.
Il a été défendu par Yves Deschaisel, qui défendait beaucoup les algériens aussi.
Avoir les juges, les juges tout étonnés, qui me demandent, mais vous, vous êtes français.
Ils répondaient, on s'était, non, c'est ouvrier. Il n'y a pas de frontières, enfin c'est ouvrier.
On n'a pas compris la réplique, enfin ils disaient ça. Ils comprenaient pour le juge, évidemment.
Bon bah en fait contre trois algériens responsables, et puis ouais, on était condamnés à l'un de prison.
Pierre Morin est le premier militant français à être incarcéré pour sa solidarité avec la résistance algérienne.
La FCL lance des comités de soutien, de grand nom yadère, Daniel Guérin, Claude Bourdez, Yves Deschaisel, ou encore André Marty.
Pierre Morin, il n'est pas qu'on en parlait beaucoup parce que bon, j'étais un copain, il était un tool.
Donc on recommandait à tout le monde de lui écrire pour qu'il se sente moins seul. Donc je lui ai écrit.
Un bon militant, je lui ai écrit assez souvent.
Ça m'est assez facile de me souvenir de la première fois que je l'ai vu, puisque c'est le jour où il est sorti de prison,
et qu'il attend avec une bande de copains.
La photo a été prise quand je suis sorti, la première fois. C'est un langue de la santé.
Il y a eu une hausse, un chauffeur de taxi, un gros dire d'ailleurs.
Celui-là, je ne me rappelle pas.
Tout au fond, c'est moi. Je vais me reconnaitre quand même, même si j'ai veilli.
Ici, George Fontenis, dans le fond, derrière, il y a une copine du groupe de la Nieuvre.
Quant à Suzan, je ne sais pas ce qui avait planqué par là, mais enfin...
Ici, Yacli, un Algérien, qui bossait avec nous, mais...
On a cassé le visage à cause de... C'était dangereux à cette époque-là.
Il va être toujours fergof.
La situation devient intenable.
Répression policière et pourside judiciaire systématique vont contraindre la FCL, en juillet 1956,
à décider la suspension du libertaire.
Une partie des militants passe alors dans l'acte en destinité.
Nous avons continué très rapidement, mitérents, qui a interdit nos meetings, qui nous a fait poursuivre.
Les saisies et les interdictions du journal ont été multipliées,
et nous avons été convoqués au palais de justice de Paris.
On nous a fait entendre qu'on aurait notre repos.
A l'imprimerie, des agents de la police, du pouvoir, venaient et supprimaient un article.
Ce que nous faisions, il fallait un certain courage, car nous n'étions pas riches.
Quand la numéro était saisie, nous ressortions un numéro spécial avec pratiquement le même compte.
Nous avons eu une chance qu'il ne soit pas interdit.
Je me souviens du Conseil national où on a décidé de la disparition du libertaire.
Il y avait des copains qui n'étaient pas d'accord.
Mais enfin, la majorité a pensé qu'on ne pouvait pas faire autrement.
C'est vrai qu'on ne pouvait plus fonctionner.
On n'arrivait plus à sortir le journal, puisqu'il était saisie à chaque fois.
Il y avait des copains qui avaient des amants d'appeler.
On n'avait du mal à sortir le fric. Il n'y avait plus de solution.
Nous avons choisi de passer à l'actualité, de recréer des groupes clandestins,
de sortir des journaux non autorisés et de voir comment les choses se passeraient.
Je me souviens que les camarades qui étaient contre nous disaient
qu'à la première action un peu forte qu'on allait faire,
on allait se faire coincer par les flics et que ce serait la fin de mon mort.
Ils avaient de très peur de ça.
J'ai passé dans la clandestinité parce que je ne pouvais pas faire autrement.
Je venais de recevoir mon ordre de route pour rejoindre le 3e régiment d'infanterie coloniale ALG
puisque c'est là que j'étais convoqué, donc régiment discipliné en troisième rick.
Et comme je ne voulais pas qu'il n'était pas question pour moi d'aller faire la guerre en Algérie,
je n'avais pas le choix. Donc pour moi, c'était automatiquement la soumission et la clandestinité.
Paul s'est caché, donc il avait eu plusieurs endroits où il logeait, où je le rejoignais de temps en temps.
Moi je travaillais à l'usine, alors en sortant de l'usine, je prenais le métro
parce que le métro, c'est ce qu'il y a de mieux pour voir si on est filé en fait.
On était en cavale, on avait quand même des points de chute, on avait conservé des liaison.
Il fallait aussi avoir des planques, des faux papiers. Donc tout ça, la FCL avait très bien su le faire.
Pierre Morin vivait dans une cabane au fond d'un jardin dans un banlieue.
Moi, j'avais réussi à loger chez une campagne d'un camarade très actif qui habitait dans le 18e arrondissement.
Je n'ai jamais eu si froid que cet hiver-là. Et passer des mois sans chauffage, c'était quand même très dur.
La majorité ayant approuvé le passage à l'élection des civilités, envoyait des subsidies, ce qui nous permettait de vivre fichement.
Bien entendu, j'étais loin de ma paix d'enseignants.
Nous étions contents quand nous pouvions nous partager à la fin du mois quelque chose qui ressemblait au SMIC.
Pendant la clandestinité, on a continué de travailler. Tout de suite après le moment où on a décidé la suppression du libertaire,
l'apparition du libertaire, on a dû commencer à faire un numéro de la volonté du peuple.
Cette volonté du peuple, évidemment, circulait sous le manteau et nous avions la distribuée,
car ça ne se vendait pas, la distribuée soit dans les sorties de métro importantes.
Je me rappelle par exemple avoir participé à une distribution à la porte d'Hélida ou à la sortie des usines,
que ce soit à Thompson, Renault ou Citroën.
Pendant la clandestinité, la composition de cette volonté du peuple, ça a été ma principale activité.
On avait une imprimerie scolaire, freinée, l'école freinée, et il fallait composer les phrases lettre par lettre.
Il fallait beaucoup, beaucoup de temps, donc j'arrive à en sortir un ou deux numéros, on a dû sortir, je pense.
Le soutien direct à la résistance algérienne était beaucoup plus difficile, et nous avions déjà beaucoup à faire pour nous survivre.
Mais en même temps, au cours de cette cavale, nous avions pris contact avec des appelés qui voulaient résister, et certains noms de maquis se sont constitués.
Et nous avons eu pendant un certain temps l'illusion que dans le pays allait se développer une situation insurrectionnelle.
L'histoire a montré que nous nous rompions largement.
Au printemps 1957, une équipe de la FCL plastique un local parisien du mouvement fascisant de Poujade.
Dès lors, la traque policière s'intensifie.
Car il m'a arrêté un mois après, à 9h00, sur le terrain de Suisanne, quand on a gamin, et j'avais une fausse carte d'identité.
On va à l'hôtel, chacun de la chambre est séparé.
Enfin, on se retrouve dans la même chambre, évidemment.
Et le matin, je me suis retrouvé de nouveau à la santé.
Nous étions quand même suivis, en particulier par la direction de la sécurité du territoire, la DST.
J'ai voulu rejoindre ma compagne et mes figues qui étaient en vacances en Bretagne.
J'étais à peine arrivé que j'ai été cueilli par la DST qui les surveillait.
Il est arrivé un moment où vraiment, on a eu l'impression qu'on ne boutissait rien.
Il n'y avait pas de mouvement de rappeler qu'il s'était constitué, qu'il formait un maquis ou je ne sais quoi.
On voyait bien qu'on avait plus d'expression publique, donc il fallait bien finir.
C'est là que j'ai décidé de me rendre.
Je me suis rendu.
Donc je suis allé dans un commissariat et j'en ai dit voilà, c'est moi. Comme ma photo était affichée dans les commissariats, c'était pas tellement compliqué.
En Algérie, le mouvement Libertaire nord-africain se désagrège lui aussi.
MLNA n'a plus existé après quand le FLN a pris l'importance qu'il avait pris, qu'on n'a plus à distribuer des tractes, il n'y a plus de raisons d'être.
Et puis ensuite, on s'est dit sous nous-mêmes, parce que les Indiens, il y en a qui ont été déportés dans les camps algériens,
d'autres qui sont rentrés en France, puis d'autres qui ont été tués.
Personnellement, il était grand temps que je m'en aille parce qu'en plus de mes activités, disons Libertaires, on m'avait mobilisé dans la territorial.
Alors j'avais le choix soit d'accepter l'uniforme, soit de partir et prendre le maquis avec nos amis algériens.
Alors j'ai choisi de revenir et rejoindre ma famille en France.
La FCL est écrasée par la répression et plusieurs de ses militants sont incarcérés comme Georges Fontenis ou Pierre Morin qui se mariera en prison avec Suzanne.
Paul Philippe lui mènera une dure grève de la faim en prison pour ne pas être envoyé dans les troupes coloniales.
La FCL disparut, une partie de ses militants poursuivra la lutte sous d'autres formes.
Est-ce qu'on était peut-être baulés? J'en sais rien, t'es bien, on y croyait tellement, maintenant je dirais.
Mentre. Pour moi non. Je ne remis rien.
Mais c'est sûr que le passage à la camp d'estinité, c'est un choix qui est difficile parce qu'on se laisse, on est forcément entraîné.
Il y a une espèce de cercle vicieux, après ça on a impréné vers des actions qui sont de plus en plus minoritaires.
Donc on ne peut plus s'élargir, on ne peut pas progresser.
Nous étions quand même relativement peu nombreux par rapport à cette masse que représentait le MNA d'abord, le FN ensuite.
Nous avons été considérés comme quantités négligeables et nous l'étions bien un peu.
Nous avons aidé, c'est sûr, nous avons participé à la réflexion.
Il est sûr que parmi les gens du MNA d'abord et du FN ensuite, il y a des gens que nos discussions ont éclairé.
Mais comment on mesurait l'impact exact? C'est très difficile.
C'est assez difficile aujourd'hui de porter un regard sur l'action qui a été menée à l'époque.
Parce qu'on ne peut pas faire de comparaison entre l'atmosphère et ce qui se passait à l'époque et ce qui se passe aujourd'hui.
C'est vrai que si c'était aujourd'hui et qu'on refasse la même chose, ça serait certainement une erreur totale, c'est sûr.
A l'époque, je suis pas sûr, je suis encore partagé. Je n'ai pas l'impression qu'on avait le choix.
Nous avons au fond travaillé peut-être en pure perte en ce qui considère notre influence directe et tant pis.
C'était notre devoir.
Je ne crois pas qu'on puisse regretter grand chose.
Dans ma toute façon, il n'y a rien à regretter tout ça.
Pour moi, la solidarité à ce que ce soit débutant en France ou ailleurs, ça continuait quoi, d'une manière ou d'une autre.
Là, on nous a rayé de la carte.
Je pense que c'est parce qu'on avait raison. C'est pas l'inverse.
Si à ce moment-là, on l'avait renoncé à faire cela, on aurait renoncé à notre âme, on aurait renoncé à notre rôle.
Mais là, vraiment, on aurait perdu toute raison d'être.
Sous-titrage ST' 501
