Bonsoir. Donc je m'appelle Arnaud Dubois, je suis enseignant chercheur à l'Institut d'Optique.
Et avec mon collègue David Syré, nous allons vous parler du transfert depuis un laboratoire de recherche,
le laboratoire Charles Fabry vers une start-up d'Amai médical d'une technique d'imagerie biomédicale qu'on appelle l'OCT.
OCT, c'est un acronyme, un acronyme de optical coherence tomographie, un terme anglais qui désigne une technique optique d'imagerie tomographique,
c'est-à-dire en coupe des tissus biologiques. Les images d'OCT sont obtenues de manière non-invasive avec une résolution de quelques micromètres et jusqu'à une profondeur de l'ordre du millimètre.
L'OCT, c'est une sorte d'écographie optique, on envoie de la lumière sur le tissu biologique et on détecte la provenance et l'amplitude des éco-optiques, c'est-à-dire de la lumière qui est rétro diffusée par les microstructures à l'intérieur des tissus.
Alors, à cause de la vitesse de la lumière qui est très supérieure à celle des ultrasons, ici les éco ne sont pas détectés directement mais de manière indirecte par corrélation au moyen d'un interféromètre en lumière faiblement cohérente.
Bon, l'OCT, c'est un des grands succès de l'imagerie optique biomédicale depuis une vingtaine d'années. L'impact majeur de l'OCT est en oftalmologie.
L'OCT est la seule technique qui permet de visualiser les différentes couches de la rétine, comme vous pouvez le voir, avec une telle précision.
Et aujourd'hui, l'OCT est couramment utilisé pour le oftalmologie, pour le diagnostic et le suivi de maladies rétiniennes tels que la dégénérescence maculaire liée à l'âge, le glaucombe ou le déme maculaire.
L'OCT est intéressante en gastroenterologie pour détecter les tumeurs sur la paroi de l'esophage ou du colombe.
L'OCT est également intéressante en cardiologie pour visualiser l'intérieur des artères.
En dermatologie, l'OCT commence à être utilisé comme aide au diagnostic de maladies et en particulier des tumeurs.
Mais, comme vous pouvez le voir, la résolution des images et la profondeur de pénétration est insuffisante pour visualiser correctement les structures de la peau et l'échelle cellulaire.
La peau est un milieu où la lumière est fortement diffusée et elle est difficile pour la lumière de pénétrer, la diffusion brouille les images.
Ici, vous pouvez voir une image de peau et une image de coupe histologique.
Cette image est obtenue avec un microscope optique à partir d'une fine tranche qu'on découpe dans un tissu prélevé et que l'on coule.
Le rêve, je dirais, c'est de pouvoir obtenir ce genre d'image directement sur le patient en temps réel sans aucune préparation.
Alors moi, ça fait une bonne quinzaine d'années que j'en rêve et que j'y travaille en tant que chercheur.
Et après des années de recherche au laboratoire, on a élaboré une nouvelle technique d'OCT qui offre à la fois une très haute résolution, un micro-mètre,
une pénétration jusqu'à un millimètre et la capacité de fonctionner en temps réel sur du vivant.
Donc cette invention a été brevetée et ma contenue du potentiel et de cette invention et de l'enjeu, j'ai souhaité la valoriser en créant une start-up.
Pour cela, j'ai contacté la FIE, la filière Innovation Entrepreneur de l'Institut d'Octique, et j'ai proposé ce projet de création d'entreprise à la FIE
et un groupe d'élèves ingénieurs dont Anaïs Baru et David Siré ont travaillé à ce projet pendant deux ans dans le cadre de leur formation à la FIE.
Bon, au laboratoire, nous avons reçu le soutien du CNRS, un an d'ingénieur de valorisation, Olivier Lévec, et des financements de l'IDEX Paris-Saclet et de la région.
Et finalement, nous avons créé la société d'Amai médical en septembre 2014 avec Anaïs et David, donc mes deux associés qui, je dois dire,
mettent toute leur énergie, leur motivation et leur talent dans cette aventure, et je profite de l'occasion pour les féliciter et les remercier publiquement,
ainsi que toute l'équipe, Angéline Morieras, Olivier Lévec et Isham Azimani.
Voilà, et donc je vais maintenant passer la parole à David Siré, le directeur général de d'Amai médical.
Bonjour. Donc moi, je vais revenir un petit peu plus sur le projet de création d'entreprise suite au transfert de technologie.
Donc pour développer ce projet, d'abord dans le cadre de nos études ici à l'Asie Optique, il y a eu plusieurs missions.
La première mission, c'était une mission technique. Donc on a développé la technologie, c'est-à-dire qu'on a mis en œuvre l'invention qui a été brevetée au laboratoire,
ici au laboratoire Charles Fabry. Donc on a commencé la première année, on a développé un prototype sur table optique qui faisait un mètre sur un mètre
et qui nous a permis de valider la qualité d'imagerie. C'est-à-dire que ça nous a permis de produire des images avec une pénétration de l'ordre du millimètre
et une résolution cellulaire de l'ordre du micro-mètre. Donc le problème, c'est que déjà c'était encore un peu encombrant pour devenir éventuellement un produit commercial,
mais surtout les temps d'acquisition étaient encore très longs, c'est-à-dire qu'il fallait attendre une demi-heure avant de pouvoir avoir une image.
Donc on a ensuite travaillé sur cette preuve de concept et notamment sur la vitesse d'imagerie. On en a profité pour miniaturiser tous les éléments,
simplifier le processus d'acquisition des images et ça nous a permis d'obtenir avec la même qualité d'imagerie des temps d'acquisition beaucoup plus rapide
et on a de l'imagerie en temps réel, c'est-à-dire qu'on peut produire 10 images par seconde.
Donc la deuxième chose en tant que projet de création d'entreprises, c'est d'étudier les domaines d'application.
Arnaud en a cité quelques-uns qui sont utilisés en OCT, mais avec ses nouvelles performances, avec cette innovation, quels étaient les domaines d'application les plus intéressants,
notamment pour ensuite créer une société viable à long terme économiquement.
Donc il y a plusieurs domaines d'application, il y a des premiers domaines d'application comme les laboratoires de recherche en biologie en général
pour imager un phénomène dynamique à l'intérieur d'un échantillon, les laboratoires de recherche sur petit animal vivant également,
notamment pour tout ce qui concerne les tests précliniques dans l'industrie pharmaceutique, et également la cosmétologie qui était intéressante
pour imager les effets des produits cosmétiques sur des échantillons de peau reconstitués.
Mais bien entendu, Arnaud en a déjà un peu parlé, le marché qu'on a jugé le plus intéressant et qu'on a ciblé c'était celui de la dermatologie.
Les progrès faits grâce à l'innovation technologique dans les performances d'imagerie montraient, avait une vraie valeur ajoutée pour l'examen des tissus de la peau
avec cette résolution et cette profondeur et surtout sur des tissus vivants, sans besoin de le prélever.
On a fait une étude de marché un peu plus poussée sur le segment de la dermatologie, donc on a vu qu'il y avait plusieurs strates de segments de marché
et qu'il fallait avec un milieu hospitalier des grands centres de recherche qui allaient être intéressés pour appréhender les premiers de cette technologie,
pour nous aider dans notre développement et ensuite des segments de marché, notamment avec le milieu libéral qui constituait la grande majorité des dermatologues,
donc des potentiels clients. En conséquence de cette étude de marché, on a élaboré une proposition de valeur qui concerne le dépistage des cancers cutanais.
Au sein de la dermatologie, le problème qu'on cible, c'est le dépistage précoce des cancers cutanais qu'on a vu un problème de santé publique.
Le cancer qui a le plus augmenté ces dix dernières années, on dit qu'il a doublé. Il y a une incidence qui est mondiale et qui cible notamment les pays
pour lesquels la population a une peau plutôt claire avec un enseignement fort, donc le meilleur exemple pour ça, c'est l'Australie,
avec des statistiques assez élevées concernant le mélanome notamment.
Et de plus, il y avait une importance du diagnostic précoce. En effet, pour un mélanome qui est détecté de façon précoce, donc un mélanome localisé,
le chance de survie suite à un traitement est d'environ 88%. Alors que lorsqu'on le détecte tard, le taux de survie baisse à 18%.
Donc il y avait un vrai impact, un vrai besoin de santé publique concernant ces pathologies et en plus, une vraie importance du diagnostic précoce.
De plus, les méthodes actuelles de diagnostic ne sont pas du tout adaptées, elles sont encore archaïques.
Aujourd'hui, quand on va chez son dermatologue, dès qu'on a une anomalie sur la peau, que ce soit un grain de beauté, une tâche noire,
celui-ci va analyser visuellement l'anomalie ou tout au plus avec un dermatoscope, c'est une loupe éclairante.
Et systématiquement, dès qu'il a un doute, il va faire donc une biopsie, il va prélever l'anomalie, il va l'envoyer un laboratoire d'analyse
où sera fait l'examen histologique pour obtenir au microscope optique cette fameuse coupe histologique.
Et ça, ça, ça prend du temps sous qu'un jour, le... la napade va rendre son diagnostic
et le dermatologue pourra mettre en place le traitement, le cas échéant.
Donc sur cette chaîne de valeur, il y a plusieurs problèmes.
Donc je l'ai dit, c'est long pendant 15 jours, le patient quand même, il attend sa réponse, il attend son diagnostic.
Donc c'est assez anxiogène.
Et la deuxième chose, c'est que c'est un processus qui est peu fiable,
dans le sens où un tiers de melanome sont non diagnostiqués, en effet, comme le dermatologue se bat sur des critères de surface,
des critères macroscopiques en surface, il rate parfois la pathologie qui se situe dans les profondeurs du tissu.
Et la deuxième chose, c'est que 50% des biopsies étaient évitables à l'inverse,
parce que au final, le diagnostic se révèle à être bénin dans 50% des cas.
Donc nous, ce qu'on propose face à ce besoin de santé, c'est une technologie,
c'est un dispositif d'imagerie médicale qui se présente de façon ergonomique,
comme de façon analogue à l'écographie, un chariot médical relié à une sonde dans laquelle est intégrée la technologie
qu'on aura miniaturisée et qui peut venir se positionner sur toutes les anomalies du corps de façon simple par le dermatologue
et qui va produire en temps réel donc les ces images tomographiques en coupe à l'échelle cellulaire
sur un millimètre de profondeurs et qui va permettre donc au dermatologue directement dans son cabinet
de détecter de façon précoce l'apparition d'une pathologie.
Donc pour résumer, ça permet d'améliorer la prise en charge du patient,
parce qu'il a son diagnostic dès le premier rendez-vous.
Le diagnostic, vis-à-vis de la pathologie, il est fait beaucoup plus tôt,
puisqu'on analyse des critères plus fiables en profondeur et microscopique.
Ça permet d'éviter le recours à la chirurgie systématique,
un gain pour le patient manifestement, et de réaliser des économies sur l'ensemble du processus de diagnostic.
Et pour optimiser l'utilisation de ce dispositif, le modèle idéal, c'est la télédermatologie.
C'est-à-dire que le patient arrive chez son dermatologue, celui-ci acquiert toutes les images de toutes les lésions
pour lesquelles il a un doute, et va pouvoir les transférer à l'expert du diagnostic,
donc à l'anatomopathologiste qui fait l'examen histologique normalement,
il va pouvoir les transférer à l'anatomopathologiste par un réseau sécurisé
qui va récupérer les images, les interpréter et rendre son diagnostic immédiatement.
Donc le patient repart avec sa réponse en une seule consultation.
Donc voilà, l'équipe, on est trois co-fondateurs de la société.
On s'est rapidement entouré de collaborateurs pour faire grandir le projet.
Donc on a deux ingénieurs qui travaillent ici au laboratoire.
Et on a recruté, à la fin de l'année 2014, une responsable des recherches cliniques
pour ajouter le profil médical à l'équipe qui nous manquait.
On a également des collaborations en cours et futurs avec le milieu médical
avec lequel on fera nos études cliniques pour valider la preuve de concept clinique de la technologie.
On a notamment une collaboration très privilégiée avec l'Hôpital Saint-Louis de l'APHP
mais également avec le CHU de Saint-Etienne.
En termes pour finir, en termes de modèles économiques et de ressources,
donc l'objectif c'est donc de vendre le dispositif et de mettre également le dispositif qui s'accompagne de consommables.
Donc il y aura un revenu récurrent sur lequel on pourra jouer et petit à petit faire baisser le prix du dispositif
pour éventuellement, idéalement au final, le mettre à disposition de centres de diagnostic ou de cabinet de consultation
tout en jouant sur les revenus récurrents avec les consommables et la maintenance.
Les ressources, on a vécu jusqu'ici par des subventions publiques majoritairement de BPI France
mais également avec un prédonneur scientipose qui est intéressant pour au moment de l'accélération de la société.
Et en termes de mentorats, on s'est entouré pour le côté technique d'Altran
grâce au concours de la Fondation pour l'Innovation d'Altran qu'on a remporté en 2014
et de Roche pour tout le côté industrie pharmaceutique et milieu médical.
Des perspectives, donc après toutes ces subventions publiques, il faut falloir lever un peu plus d'argent
donc on prévoit fin 2015 de faire une première levite fonds en capital risque prévu entre 1,5 et 2 millions d'euros.
Je vous remercie pour votre attention.
