Je m'appelle Violette, alors Violette, c'est vivant. J'ai toujours été dans les fleurs, je suis née dans un champ de muguet et de violette le jour du 1er mai.
Et puis j'ai toujours aimé les fleurs, et dans la l'école je faisais des petits bouquets pour ma maîtresse.
Ce que j'aimais c'était les récitations, les chansons et la tête en l'air, regarder les arbres, regarder les papillons, les oiseaux, tout ce qui est beau dans la nature.
Avec mes fleurs j'oublie tout et j'ai besoin de ça. Ma vie c'est mes fleurs, si j'ai plus mes fleurs je meurs. Je me trouve toujours comme à 20 ans.
Moi je suis arrivée avec un caillis de chanson, je voulais chanter et je chantais. J'étais une petite fille, j'ai travaillé sur la place Vittorugo chez une floriste, mais moi je voulais travailler pour moi.
Comme j'avais pas d'argent j'ai pu venir dans cette boutique. Le 5e, oui c'était le moins cher de Paris. C'était le 14 juillet 1959.
Je voulais être libre, j'ai toujours aimé être comme un papillon. Je suis une abeille aussi parce que je travaille beaucoup. J'aurai une nuit, je suis toujours là.
Le matin c'est moi qui vais acheter mes fleurs à Rangis, alors je vais à 8 ou 9 heures du matin et puis le soir je suis là jusqu'à 2 heures du matin.
Je vais rentrer tout ça et puis de parler avec les gens parce que j'aime bien voir les gens. Moi je suis bien sur le trottoir la Parisienne.
J'ai fait mon bikini, j'aime beaucoup garder les choses, d'ailleurs ça se voit. Vous pouvez voir dans la vitrine, les coques, les poules, j'aime ça.
C'est ma voiture, je l'aime bien, ça fait 20 ans que je l'ai. Là je l'ai prise aujourd'hui et j'ai la petite voiture dessus. C'est toujours photographié ça tous les jours.
Il y a beaucoup de personnes qui viennent chez moi se plaindre, c'est sûr. Les gens sont tristes, c'est la crise, ils nous parlent de la grippe et tout, ça va mal.
Il n'y a que moi qui chante. Oui, je suis toujours contente et si je ne suis pas contente des gens, qu'est-ce qu'ils vont faire?
Ils vont venir me voir si on me fait la gueule, c'est pas la peine. On m'en vit, on me dit qu'est-ce que vous faites pour être comme ça?
J'ai même des médecins qui l'ont ici, mais ce n'est pas possible.
Je ne sais pas qu'est-ce qui m'a rendu comme ça. J'aime bien le bon Dieu parce que ça avec lui je suis mariée aussi, je suis comme une bonne sœur.
Ça fait du bien quand même d'être aimée, on m'aime beaucoup. Si je ne suis pas là, on va dire où c'est qu'elle est partie, qu'est-ce qu'elle a, on s'inquiète.
On me met des petits mots sur la porte, je suis passée et quoi, c'est pas encore ouvert. On vient me voir de partout, d'Amérique, de Tokyo, de Russie.
Moi je suis contente. Demain c'est la fin du monde, on s'en fout.
Profitez-en ce soir.
Ne laissez entrer que le joli chaud de la vie.
