La santé mentale a eu une période d'ouverture, on va dire, dans un double mouvement pour moi. Le premier mouvement, c'est l'expérience de la guerre. Je ne l'ai pas connu, bien sûr. Je suis d'après-mère, ouais.
Et l'expérience de la guerre, il faut dire que la lutte contre la massivité asylère a reçu un coup d'éclairage monstrueux et très dynamisant pour un petit nombre de psychiatres. C'est que les hôpitaux psychiatriques, on appelle les asiles d'aliénés, ressemblent fortement aux contre-concentrations.
C'est le constat qu'il avait fait bon affaire. Et puis disons qu'il y a eu une deuxième, c'est mon point de vue, une deuxième accélération qui a été alliée à mai 68.
A mai 68 sont entrés massivement, dans la suite de mai 68, un certain nombre de praticiens avec l'idée qu'il fallait lutter contre l'asile et essayer d'avoir des budgets, on ne plaît ça comme ça, des budgets de déshospitalisation.
Ce qui s'est un peu mis en plein, c'est très rapidement, assidieusement, sans qu'on s'en rende compte, les budgets de déshospitalisation ont permis de fait de diminuer l'argent dépensé dans les asiles, mais avec un report sur, à l'extérieur, en plus près de la population qui a été assez faible et de plus en plus faible.
Les modifications économiques ont fait que l'affaire des 30 glorieuses, c'est-à-dire très précisément l'idée que la circulation des capitaux devait accroître, je le dis comme ça, devait accroître sensiblement le prélèvement de l'argent sur le peuple.
Ce qui s'est passé a fait que se sont mis en place progressivement en psychiatrie, même en médecine, c'est mis en place en médecine l'idée que ce qui avait été construit par le Conseil national des résistances, c'est-à-dire une santé publique qui, bien sûr, était budgetisée par l'agent solidaire, devait aussi excessivement solidaire.
Et ça, ça va disparaître de manière très précise avec un coup politique qui a été fait en 1996 par un dénommé à l'AJP qui s'appelle les ordonnances de la sécurité sociale.
Quand on lit les ordonnances sur la société sociale, les ordonnances disent ça, c'est un coup politique, mais c'est intéressant à savoir parce que c'est ce qui est en train d'infiltrer le pratique à l'heure actuelle.
Les ordonnances sur la société sociale disent si nous voulons maintenir notre degré de couverture sociale que tout le monde nous envie, il n'y a qu'une seule solution, c'est la maîtrise médicalisée des coups de santé.
On s'occupe de l'argent qui sort, tout le problème pour maintenir une décerte intéressante et même en vie à l'époque par un bon nombre de pays, puisqu'à l'époque, il faut se rappeler que nous étions le premier pays au monde pour la qualité de ce système de santé.
C'est une maîtrise des coups de santé qui était un coup politique pour dire qu'il faut faire attention à l'argent qu'on dépense dans les hôpitaux, c'est en contrôlant l'argent qu'on dépense dans les hôpitaux, dans les médecines publiques, un peu partout,
on va permettre de maintenir notre niveau de qualité que tout le monde nous envie et on a mis en place un organisme qui s'appelle la NAES. C'est un organisme qui s'appelle la NAES, avec Sarkozy s'est transformé en HHS, haute autorité de santé,
qui a décidé de considérer qu'elle était l'outil scientifique qui disait la meilleure façon de soigner, mais qui en fait était un outil qui s'appuie soit disant sur la science, pour mettre en place un vaste système de contrôle.
