Nous sommes ici dans le cadre du festival du Cap Verre pour participer à l'événement dans ces lieux où le rêve prend forme.
C'est à dire que souvent on rêve de quelque chose et il reste un rêve.
Mais ici, le rêve se concrétise comme si il se matérialise et on le vit.
Je suis dans cet air qui tourmente, dans cette âme tourmentée qui a besoin de musique, qui a besoin de groove pour se libérer,
qui a besoin du son du tambour pour s'approcher au vivre cette vérité.
Je suis dans différents lieux en même temps, comme si je suis au Maroc, en Algérie, en Belgique, à Paris, à Tokyo, à New York, en Égypte.
C'est indéfini, pas précis et c'est ça qui rend la chose intéressante.
C'est-à-dire qu'on est toujours à la recherche de l'autre, celui qui n'existe pas.
C'est-à-dire que nous, nous ne sommes rien, c'est ce que nous cherchons qui est tout.
Et finalement, nous sommes là, couverts.
Ces rencontres, ces différentes cultures, je pense à Nenad, qui est serbe, qui est guitariste, qui joue merveilleusement bien.
Et il est au service de la musique. Finalement, nous sommes au service de la musique.
Je pense à John Granquin, qui est batteur. Il est de Strasbourg, mais il vit à Paris.
Il joue de la batterie d'une manière extraordinaire. Il glisse dans l'espace, il glisse dans le rythme.
Aussi au service de la musique, je pense à Adil Mellrani, qui est marocain et qui joue des percussions, qui chante et qui défend l'université of Gnawa, qui défend le groupe,
mais qui défend la musique, mais aussi nous sommes tous au service de la musique.
Il y a Alion Wad, de Dakar, qui joue de la basse et qui fait partie du projet depuis le début.
Nous, on était l'Orchestre National de Barbès à l'époque, tout sommes devenus amis.
On a fait d'autres projets ensemble et la scène nous réunit.
Il y a aussi Ismael Benpopo, qui joue des claviers et qui chante un magnifique pianiste, qui est algérien et qui fait partie aussi du Université of Gnawa.
On défend ce feeling qui est en nous, parce que c'est une histoire de feeling aussi.
Et il est important de se sentir bien, quelque part, dans un endroit pour donner le meilleur de soi-même et il est préférable de se sentir bien, d'être heureux.
Donc ne pas hésiter à chanter son feeling, à jouer de cet instrument qui est le feeling d'abord, avant de jouer l'instrument, avant même de penser.
C'est cette chose forte en nous qui circule en nous et qui fait qu'on sente les choses et qui fait qu'on sente qu'il faut rester plus longtemps dans cet endroit où il faut le changer.
C'est des petites choses mais qui sentent en nous et qui harmonisent notre quotidien, qui harmonisent cet instant, qui est pour moi quelque chose qui dure comme une éternité.
Il est important de vivre ça, il est important de faire confiance à ça, ça à la vie et c'est ça sa beauté aussi et c'est pour ça que nous sommes là aujourd'hui.
Il est important de vivre l'instant, de sentir à travers le bruit autour, à travers nos mouvements, à travers nos actes, à travers ce qu'on peut voir aussi.
Il est important de capter l'instant, de le saisir, de le vivre comme une éternité, sentir ses pas, sentir l'ouverture de sa fenêtre, voir le matin et sa lumière, voir les arbres bouger, voir les feuilles danser au rythme du vent,
de ce souffle qui est la vie et jouir de ces moments, il est important de les vivre, souvent on le sent plus tard ou très tard,
tous les cas on les sent à des intervalles différentes selon les gens, selon leur sensibilité mais on va tous au même endroit donc tout le tard on arrive à réaliser ça.
T'as Gnawid ou l'art d'Egnawa, cette musique, cette culture qui est en train de nous attraper tout le monde, comme un langage de jadis d'il y a longtemps,
un langage qui a rapport avec la musique et cette universalité qui revient à la confrérie des Gnawa qui sont des musiciens thérapeutes qui font des lillards, des nuits, de musique, de chants, de danse, de l'encent, des odeurs, des couleurs
et qui emmènent les gens à se libérer avec la danse, avec le groove surtout, il est important qu'il y ait ce groove et le groove chez les Gnawa est partout comme dans le rock ou dans le swing du jazz ou dans le reggae et partout.
Et quand le groove nous attrape en adhère et la musique d'Egnawa, comme la musique en général, à cette vertu, ce pouvoir au-delà de la magie, au-delà de cette science, de ces belles mélodies, de cette belle musique, il y a cette inspiration, c'est-à-dire nous sommes inspirés par ce langage ancien
et donc on puise là-dedans, on vient chercher un son ou transformer une mélodie, transformer une phrase et l'emmener à se balader ailleurs et à rencontrer le rock ou le jazz.
Ce qui est important, c'est que cette belle musique et la musique des Gnawa trouvent un équilibre et trouvent sa place sans la froisser, sans l'écraser dans un autre espace.
Et ce métissage pour moi, il est la solution pour demain.
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