Et on passe de la mer à la montagne avec une expédition sur les traces des
glorieuses anciens. Il y a 150 ans, une cordée ouvrait la voie d'une des plus
hautes montagnes françaises, la barre des écrins dans les Alpes. Un groupe a voulu
leur rendre hommage en grimpant pratiquement dans les conditions d'époque.
Henri Dreyfus et Régis Roanet ont réussi à les suivre jusqu'au sommet. Regardez.
À première vue, on les croirait légèrement fous. En réalité, le sont
infiniment moins que les pionniers auxquels ils rendent hommage. Edward Wimper et quatre
compagnons de cordée, à l'assaut du plus haut, saument mes français derrière le mont blanc,
habillés comme pour une simple balade. Des espadrilles, un pantalon de velours et un sac à
dos qui scisaille les épaules. 150 ans après cet exploit, une poignée d'alpinistes a voulu
reproduire au plus près ce parcours initiatique, oublier le temps d'une ascension, les affres
de la modernité. Mettre de côté tous les soucis de la vie quotidienne, ne pas avoir
de téléphone portable, tout le temps qui sonne, de connexion internet, pouvoir discuter tranquillement
de tout, de rien, avec des compagnons de cordée et d'aventure. Parmi ces compagnons,
il en est un qui incarne cet anachronisme. J'espère que les aménageurs ne construiront
jamais de refuges ici, jamais de cabanes et qu'ils le laisseront à sa sauvagerie. Sylvain Tesson,
écrivain et aventurier, toujours à la fu d'une belle rencontre. Ce massif n'a pas été détérioré
par toutes les installations métalliques. Pour lui, la montagne est une valeur refuge,
trop souvent négligée. C'est vraiment pas la mode, toutes les valeurs qui se jouent sur ces parois
c'est le sens de la solidarité, de la liberté, de la responsabilité, de l'adaptation, tout ce qui
est à l'antipode de ce qu'on vit dans les villes. Prendre le temps, retrouver quelques forces lors
d'un bivouac dans le valon de Bonne-Pierre, la même où l'accordée de Wimper s'était établie avant
l'ascension finale. Une progression débutée de nuit, avec toujours à l'esprit la prouesse
réalisée par les aînés. On a toujours un respect par rapport aux anciens, par rapport à ce qu'ils
ont fait, parce que vous allez voir, passer l'alcool des écrans, pour nous ça va nous paraître pas trop
compliqué, mais il faut s'imaginer avec le matériel d'époque, ouais c'était une aventure.
Sans crampons, ni piollées mais en espadrilles, Wimper et ses acolytes vont devoir tailler chacune
des marches qui les mènent au sommet avec une e h. On va vers la brèche, les conditions sont
excellentes, l'esprit de Wimper est avec nous. Un effort incomparablement plus difficile qu'au
aujourd'hui, même si la satisfaction d'atteindre l'assim demeure. Un exploit personnel, bravo,
je pensais jamais, si j'avais su je serais jamais monté quoi, ça c'est clair. Effort récompensé,
grâce à une cordée, un brin désuète. Ce sculpteur a pu admirer son oeuvre,
déployé au sommet, ultimommage, à cette formidable épopée. C'est un travail de fourmis, la reconstitution.
