Bon, on ne pouvait pas faire meilleure introduction par rapport à la magie puisque je vais faire un peu de bouteaux.
Je ne suis pas directeur adjoint du développement, mais ça n'a aucune importance.
Je ne suis qu'un modeste grand reporter, c'est le titre exact, mais ça n'a pas beaucoup d'importance.
Donc d'abord bonsoir, merci d'être là.
Je vais essayer de vous parler du point, je vais essayer quand même aussi d'introduire sur des données plus générales pour que tout le monde puisse participer
parce que je crois aussi qu'il y a un volet un peu participatif à vos rencontres.
C'est vrai que moi je suis au point aujourd'hui, mais je vais vous parler avant de deux choses qui m'ont frappé au cours de ma carrière professionnelle, on va dire,
qui malheureusement pour moi commence un peu à être longue.
La première, c'est que à cette époque-là je travaillais à Libération, j'étais membre du conseil d'administration de Libération.
Ça devait être, à mon avis, en 94-95 et on discute de savoir qu'il y a un gars qui s'appelle Frédéric Filliot et il est toujours dans la presse
et il est correspondant aux États-Unis et il dit qu'il y a un truc extraordinaire, c'est internet, il faudrait qu'on s'y mette, tout le monde s'y met aux États-Unis.
Alors V.Juli autour de la table, il était quelques-uns, ah bon, c'est quoi? Alors voilà, il commence à expliquer ce que c'est qu'internet, tout ça,
et ce que ça peut avoir comme conséquence en termes éditoriales, en quoi le numérique peut changer complètement la donne.
Et très vite, la question est de savoir, ok, on va avoir un nouveau contenu, on va avoir un nouveau support, et ce support, qu'est-ce qu'on en fait?
Donc très vite, la discussion a lieu de savoir si on va mettre les articles de libération papier sur ce support libération web,
à l'époque ça n'existait pas, et si on le fait payer. Et on dit non, non, non, internet c'est moderne, il faut absolument que ce soit gratuit.
Et il y a toute une conversation, et à ma grande honte, je dois dire, que je faisais partie de ceux qui, soi-disant, étaient modernes
et qui applaidaient donc pour qu'on mette les papiers de libération gratuitement sur le web. Alors à l'époque c'était complètement loufoque,
parce que peut-être certains d'entre vous s'en souviennent, mais on pouvait lire les articles de libération gratuitement, la veille,
parce que dès que les papiers étaient faits, il était scanner, il était numérisé, on le mettait sur le site de libération web,
et donc on pouvait accéder la veille gratuitement à un contenu qu'on faisait payer le lendemain, je me souviens plus à l'époque combien ça coûtait.
Et ce qui est amusant, c'est que, si on peut dire, c'est que tout le monde ensuite, nous-mêmes avions copié ce qui se faisait aux États-Unis,
et ensuite tout le monde va copier ce que nous avions fait à l'époque. Libération a été le premier support web qui a lancé,
enfin le premier journal papier qui a lancé un support web, d'autres ensuite sont venus dans la course, ont dépassé libération et notamment,
donc comme chacun sait, le monde, sur un modèle qui était à l'époque le même modèle que celui de libération avec des papiers de qualité, etc.,
puis les choses ont évolué, et aujourd'hui, on s'aperçoit qu'au fond, quand les gens viennent chercher de l'information aujourd'hui sur le web,
ils ne le font pas forcément sur des marques qui sont les marques traditionnelles de l'information, c'est-à-dire le Figaro, le monde, etc.,
mais beaucoup de gens, par exemple, vont chercher de l'information sur Google, vont chercher de l'information sur Orange, etc.
C'est-à-dire qu'on a vu un déplacement qui s'est opéré, des marques dont c'était le métier et qui faisaient profession de vente de l'information
vers des gens dont ce n'est pas du tout le métier. Google n'a pas pour vocation de fabriquer de l'information,
et pourtant c'est le premier site sur lequel on rentre, mais il y a Orange, il y en a encore beaucoup d'autres.
Tout ça pour dire que cette première innovation formidable, vous en avez parlé et vous avez totalement raison,
ça a été une révolution extraordinaire qui n'a pas bouversé que la presse, mais le numérique a bouversé de façon, de fond en comble, la presse.
C'est vrai que cette révolution, on l'a subie, on a, pour dire la vérité, on l'a absolument pas réfléchi,
et on a fait finalement ce que les autres faisaient. Le résultat, c'est que bien entendu, ça a eu un effet néfaste,
puisque ça a littéralement, si ça a augmenté, vous avez raison, si ça a augmenté le nombre des lecteurs qui sont attachés à un titre ou à un article,
il y a effectivement de plus en plus de gens qui lisent les articles de journaux, puisqu'ils peuvent y accéder par internet.
Le problème aussi, c'est que ça a liquidé les recettes et qu'aujourd'hui, on se retrouve dans une situation que l'on n'a jamais connue.
C'est-à-dire que certes, il y a des jeunes qui arrivent, Atlantico pour le web, vous avez un journal papier qui vient de se lancer en France qui s'appelle l'Opignon,
vous allez bientôt, à la fin du mois, avoir un journal américain, enfin une déclinaison d'un journal américain vers Ytifer qui va venir en France,
mais il n'en demeure pas moins que la crise du journalisme, la crise de, enfin du journalisme tel qu'il a été inventé par Theophrastre Renaudot dans ce pays-là,
n'a jamais connu une telle acuté aujourd'hui, et une des raisons de cette grave crise que traverse la presse dans le monde entier, et notamment en France,
c'est lié effectivement à l'arrivée d'Internet. Donc on voit qu'une innovation peut avoir un effet néfaste, même si, effectivement, ça a des effets absolument formidables,
parce que, bien entendu, ça a permis le multimédia, parce que ça a permis à des gens effectivement d'accéder à des contenus presse
auxquels ils n'avaient pas l'argent, peut-être même ni le loisir d'accéder quand on n'avait que le support papier.
Donc on voit bien qu'une innovation de rupture comme ça, là, très forte, cette innovation-là a pu fabriquer quelque chose qui est néfaste et qui est une crise.
Cette crise, évidemment, elle est une crise financière, elle est une crise du lectorat, tous les journaux, les derniers chiffres sont terribles,
et ça touche toute la presse quotidienne de façon extrêmement massive, mais ça commence à toucher aussi la presse hebdomadaire, ça touche aussi un journal comme le point.
Cette crise-là, elle est évidemment très complexe, sans doute le web n'est pas la seule raison.
Là, par exemple, une autre innovation qui n'est pas une innovation de rupture, mais qui est une innovation de service, qui est la fabrication des gratuits.
Les gratuits sont arrivés, et bien entendu, qu'en arrivant, les gratuits sont venus prendre des parts de marché à la presse traditionnelle.
Cette presse traditionnelle, qui est le support fondamental sur lequel toute l'information et le droit démocratique de savoir reposent,
parce que ce qu'il faut voir, c'est qu'ici tout le monde a compris que, par exemple, le matin, les radios, si les radios n'avaient pas les journaux,
pratiquement, il n'y aurait pas une rédaction radio qui est susceptible de fabriquer un journal digne de ce nom, tel qu'on les développe toutes les demi-heures,
sur toutes nos chaînes de radio nationale, encore plus sur les radios périphériques, enfin les radios de la bande FM.
Donc cette presse nationale, elle est en grande difficulté, elle est en difficulté parce qu'il y a des innovations, on vient de le dire,
mais elle est aussi en difficulté pour des raisons internes qui sont liées, évidemment, à l'absence d'innovation.
C'est-à-dire que la presse écrite, comme d'ailleurs la presse télévision, comme la presse radio, a fait des efforts, mais évidemment elle n'en fait peut-être pas assez.
C'est-à-dire qu'on voit bien qu'il y a des conservatismes. Dans la presse écrite, par exemple, il y a des secteurs qui ont continué d'avancer.
L'imprimerie, par exemple, a connu des progrès formidables, mais il y a d'autres secteurs qui n'arrivent pas à progresser.
Par exemple, la distribution en France, notamment, mais c'est aussi dans d'autres pays, a beaucoup de mal à se tenir.
Donc par exemple, une des raisons pour lesquelles nous avons de moins en moins de journaux qui se vendent, c'est que l'année dernière, nous avons dû perdre 1037 points de presse.
L'année d'avant, nous en avions perdu 1200. Il est probable que cette année, on sera à peu près sur ce même étage.
Donc en fait, on voit que les points de presse, c'est-à-dire les maisons de la presse, les canabelsales, les kiosques, etc., tout ça est en train de progressivement s'effondrer.
Ça s'effondre parce qu'évidemment, il n'y a pas l'innovation qui est susceptible d'accompagner une vente correcte au numéro de cette presse.
Donc là aussi, on voit que le développement de cette crise, il est à la fois inégal. Il y a des secteurs qui évoluent, des secteurs qui n'évoluent pas.
Il est combiné. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui entraînent ou il y a des innovations qui entraînent d'autres fiasco qui eux-mêmes peuvent entraîner d'autres innovations.
Et l'inverse, c'est vrai. Alors par exemple, on a parlé de Classico de l'Atlantico aujourd'hui tout à l'heure. Il y a quelque chose qui est amusant.
Moi, j'ai participé, je fais partie des cinq fondateurs de Mediapart. Donc Mediapart, c'est un site internet. Donc tout le monde faisait de l'information en continu.
Et donc pour fabriquer de la valeur, il y a une innovation qui est fabriquée, qui est créée, qui est inventée, qui consiste à dire,
on arrête de faire l'info en continu, on arrête de balancer comme ça de l'info, de l'info, de l'info tout le temps, et on va donner rendez-vous simplement trois fois par jour à ses lecteurs.
Donc cette innovation, ça a l'air de rien, mais ça a été un vrai choc. C'est-à-dire que tout à coup, vous lancez un site internet et vous dites,
on arrête la course infernale de l'information en continu, 24 heures sur 24, vous avez des dépêches, il suffit de regarder pratiquement tous les sites.
Le Figaro est le plus réussi. Le site du point fait ça aussi, et je trouve que d'ailleurs les chiffres le montrent, il est revenu en 10e position le site du point en faisant l'info en continu.
Mais c'est une course folle qui oblige d'ailleurs à faire des papiers qui sont des papiers accrocheurs parfois et peut-être pas toujours extrêmement bien vérifiés, pas tout le temps.
Bon, parce qu'on est dans une espèce de mainstream comme ça qui oblige, à une certaine époque, on changeait au monde, on changeait toutes les 8 minutes la une,
parce qu'il fallait qu'il y ait une course à l'audience. Donc aujourd'hui, on s'est un peu calmé, mais je pense qu'un site comme le Figaro doit changer sa une toutes les 20 minutes.
Tout les 20 minutes, vous avez un nouveau papier qui vous oblige ou si vous êtes vraiment drogué, allez chercher voir ce qui se passe.
Et donc là, tout d'un coup, il y a une innovation qui apparaît, qui consiste à dire, au lieu de faire ça, on va faire 3 jours en dos dans la journée et au lieu de donner gratuitement l'affaire, on va la faire payer.
Et à la surprise générale, cette innovation a marché puisque on peut dire tous les sites de France et de Navarre.
Donc on va attendre que notre ami d'Atlantique Ouvienne, mais si tous les sites sont déficitaires, y compris celui du point, le site de Mediapart, lui, gagne de l'argent.
Donc là aussi, on voit que quelque chose qui était très néfaste pour la presse, une innovation en chassune, une autre, c'est à dire que vous avez la révolution internet,
vous avez le numérique qui arrive, il y a tout un tas de gens qui se disent, il faut faire du gratuit, tout un tas de gens qui se disent, il faut faire de l'infant continuer.
Et puis tout d'un coup, il y en a, au bout d'un certain nombre d'années, il y a quelqu'un qui dit, ben non, on va faire autrement.
Il y a une innovation et tout d'un coup, on se dit, tiens, c'est bizarre, ça gagne de l'argent. Donc ça n'a pas gagné l'argent les deux premières années,
mais les deux dernières années qui viennent de s'écouler, ce site, et encore une fois, c'est le seul, a gagné l'argent.
Tout ça pour dire que ce système de la presse qui globalement est dans une crise très très profonde, il est aussi dans une espèce de révolution,
et donc c'est vrai qu'il y a des signes qui sont avant-coureurs, peut-être on l'espère, qui montrent qu'effectivement il y a peut-être un nouveau modèle qui apparaît,
mais en tout cas, ce nouveau modèle-là, on continue de détruire beaucoup de journaux aux États-Unis, et en gros, en France, on est toujours dans une destruction de valeur massive
qui est masquée par le fait que, comme vous le savez tous, c'est le contribuable qui aujourd'hui, en fait, alimente la presse française.
La presse française n'existerait pas s'il n'y avait pas le contribuable qui mettait très très largement ces deniers pour essayer de maintenir ces titres en l'État.
Donc on voit que, en fait, cette innovation qui est au cœur du système, et pas seulement parce qu'il y a le numérique, encore une fois, il y a des secteurs qui se sont beaucoup améliorés
dans la presse française, dans la conduite de la copie, je parlais tout à l'heure de l'imprimerie, mais on pourrait se rendre ou trouver d'autres exemples.
Ce système est dans une crise noire, et pourtant, il y a des innovations qui se font, et donc on voit qu'on est dans un moment-là qui est évidemment masquée par le fait qu'on est sous la subvention
qui modifie un peu les choses, parce qu'en réalité, quasiment toute la presse quotidienne, si on était aux États-Unis, tous les journaux que les liens français auraient disparus,
ils perdent tous de l'argent, et probablement qu'il y ait un grand nombre d'hebdomadaires, quand vous allez sur un point, quand vous allez dans un casque, je ne sais plus exactement combien de titres vous avez,
mais vous devez avoir 3.500 titres qui sont dans un casque, parce que vous avez une loi de 45 qui oblige à promouvoir, à distribuer largement tous les titres au nom de l'égalité des citoyens devant les sources d'information.
Donc ça, par exemple, c'est un autre aspect du problème, c'est que ce truc-là en 45 est un truc formidable, très démocratique.
On dit, voilà, à partir d'aujourd'hui, c'était le Conseil national de la résistance qui établit un programme et qui dit, il faut que les citoyens puissent avoir accès de façon égalitaire au journaux.
On oblige les distributeurs de journaux, les NMPP, puis maintenant, ça a d'autres noms, on les oblige à mettre en casque les titres qui se présentent, qui ont obtenu un numéro de commission parentitaire.
Le résultat, c'est qu'évidemment, tout ça est absolument invendable, et qu'on voit bien que cette innovation de 45 devrait être transformée par une autre innovation aujourd'hui, mais il y a des freins.
Donc c'est tout ça, c'est ce bouillon de culture dans lequel on est, qui est assez amusant à étudier, et qui, quand on est à l'intérieur, est un peu déprimant.
Pourquoi c'est déprimant? Parce qu'en fait, on ne fait que subir. C'est-à-dire que ce qui est absolument fascinant quand on est à l'intérieur du système, c'est qu'en réalité, cette crise est absolument subie.
On ne voit pas comment les éditeurs, notamment les éditeurs français, qu'est-ce qu'ils font pour agir? Par exemple, c'est amusant de voir que Varity Fair, qui s'installe, est un journal américain.
Moi, je n'ai pas mémoire d'un investissement privé, d'une création de journaux qui soit le fait d'un homme privé. C'est-à-dire que les gens qui sont très riches en France, c'est le cas de l'actionnaire majoritaire du point, ils peuvent acheter des journaux,
ils peuvent acheter des clubs de football, ils achètent des vignobles. Donc ça, c'est vrai, mais des créations de titres, il n'y en a quasiment pas. Et quand ils existent, on a parlé de l'opinion tout à l'heure, c'est parce qu'il y a toujours un cas particulier.
Donc là, il se trouve que c'est le départ de Nicolas Betout du groupe LVMH qui préside largement au lancement de l'opinion. On voit qu'il y a une difficulté d'investissement, c'est-à-dire qu'on voit de la destruction de valeur,
mais on voit qu'il y a aussi une difficulté à investir dans un secteur, et c'est tout à fait normal, puisque c'est un secteur qui perd de l'argent, qui n'a pas encore trouvé son équilibre.
Et s'il n'y avait pas encore une fois cet argent public, tout ceci serait par terre. Donc c'est amusant, on va dire, mais un peu frustrant d'assister à ce spectacle.
Je ne pense pas qu'il y ait un autre secteur dans lequel, à la fois, il y a autant de choses qui bougent et à la fois autant de choses qui se détruisent sans que le nouvel équilibre que l'on voit arriver,
par exemple, je ne sais pas, la métallurgie par exemple, on a vu les choses ont vécu, puis ensuite elles sont mortes, et on trouve à chaque fois le système de l'offre ou de la demande,
on trouve sa manière de s'équilibrer. Là, on n'a toujours pas trouvé l'équilibre, donc je ne sais pas comment tout ça va se terminer.
Il est probable que l'année qui arrive, là, va être une année assez intéressante, parce qu'enfin on va avoir des choses à paraître,
c'est-à-dire en fait très massivement des comptes d'exploitation qui vont être dans le rouge du fait de l'effondrement de la publicité.
Encore une fois, ça ne touche pas que la presse écrite, ça touche aussi la télévision, la radio, ça touche tous les médias.
Et donc il y a peut-être qu'à un moment donné, il y aura cette prise en compte, cette prise de conscience, qu'on ne peut pas continuer comme ça,
à déverser des milliards d'euros, parce que c'est de ça dont on parle, chaque année, pour essayer de sauver un secteur,
au seul motif qu'il participe, on va dire, de la démocratie, et qu'effectivement dans un pays démocratique, il est important qu'une presse existe.
Mais si on mettait de côté cet argument démocratique, politique, fondamental, mais si on le mettait de côté,
il est très probable qu'on s'aperceverait que l'année 2013-2014 va être une année qui va être absolument charnière,
puisque il est probable que la quasi-totalité des médias en France se retrouveront dans une situation déficitaire.
Donc je m'excuse de ce tour de table un peu, de ce portrait rapide, un peu noir, mais je crois que c'est quand même la réalité des choses.
On attend que le point d'équilibre se fasse, il forcément, il se fera un jour. Ça a été dit, il y a un point qui est positif, c'est qu'effectivement,
il y a de plus en plus de gens qui lisent des choses, qui les regardent, etc.
Un autre point positif, c'est qu'effectivement en termes de contenus, on peut dire que notamment la révolution du numérique a permis le multimédia,
et ça je ne sais pas si vous êtes très férus de ça, mais il y a des choses absolument merveilleuses, notamment dans l'équipe,
mais il y a d'autres sites qui font des choses absolument exceptionnelles, mais des journaux aussi étrangers qui font des choses absolument merveilleuses.
Donc c'est vrai qu'en tant que lecteur, grâce au numérique, c'est vrai que les journaux, les journalistes ont été obligés d'améliorer des contenus,
et c'est à l'aussi, il y a eu beaucoup d'innovations qui ont été faites, mais par exemple il y a un truc qui est absolument fascinant,
c'est que chaque année, quand vous demandez aux citoyens français s'ils ont confiance dans leur presse,
eh bien chaque année vous vous apercevez que le taux de confiance baisse, c'est à dire que la baisse tendentielle du taux de confiance,
et elle est manifeste. Or, quand on parle de valeur, donc c'est vrai qu'on parle souvent de valeur comptable,
mais pour ce qui concerne nos métiers, la principale valeur c'est évidemment la confiance que les lecteurs ont dans ce que l'on fait.
Les jours où plus personne n'aura confiance dans les journaux, ben voilà, ils n'y auront plus. Donc c'est vrai que ça, c'est aussi quelque chose qui est inquiète.
Vous avez de plus en plus de gens qui lisent des journaux de presse, ils les lisent plus sur la support papier, mais ils les lisent autrement,
mais d'un autre côté, vous avez aussi de plus en plus de gens qui se montrent circonspecs, quant à l'honnêteté, etc., etc., des journalistes.
Donc tout ça est quand même assez paradoxal, inégal, combiné. Donc je n'ai pas parlé du point, mais peut-être que j'en parlerai plus tard.
