En l'iciée, c'est une personne qui maîtrise un savoir-faire, qui est la tapisterie d'Obu-SON,
qui me concerne. En l'iciée, c'est aussi une personne qui a des connaissances au niveau de l'histoire
de l'art, histoire de la tapisserie. C'est une personne qui aime l'art, qui est aussi un créateur.
C'est une personne qui travaille aussi avec des artistes, des concepteurs, des architectes. C'est une
personne qui aime toucher au textile, à matière, au fil, qui aime les couleurs, qui aime aussi
transmettre. C'est ça un lycée, actuellement. La composition d'une œuvre textile, c'est la
collaboration d'un lycée et d'un artiste ou d'un architecte, d'un designer. Donc selon l'œuvre
à réaliser, le travail du lycée n'est pas le même. Il y a une réflexion en amont sur les possibilités,
les choix de matière, les choix de grosseur textile. S'il n'y a qu'une texture, s'il y a
plusieurs contextures, s'il y a des matières un peu spéciales comme l'or, comme l'argent,
selon la volonté de l'artiste de travailler quelque chose de réaliste, quelque chose de
décoratif, quelque chose de luxueux. Nous ne sommes pas sur les mêmes valeurs de tissage,
nous avons un travail très différent. Il y a de plus en plus une exigence de matière,
de technique. Et ça, effectivement, ce n'est pas l'artiste qui va amener la technique,
mais c'est le lycée. C'est ça la part du prise par le lycée dans la création. C'est très
intéressant pour un lycée d'amener une part de technique différente d'une réflexion. On ne reste
pas à toujours tisser qu'il y a une trentaine d'années. Et justement, pour les nouveaux lycées
qui vont venir, qui vont s'installer, il y a un intérêt aussi pour eux de travailler différemment
que travailler leurs grands-parents ou leurs parents. Quand on est artisan lycée, effectivement,
c'est nous qui travaillons sur le carton. On se sert de ce que l'on appelle nous un carton
photographique. C'est une grande photo, en fin de compte, à l'échelle de l'heure. Et on retravaille
en donnant des indications. Ou alors, on retravaille avec un calque et on apporte des annotations.
Alors, selon la discussion avec l'artiste, ce travail en commun, l'artisan intervient sur le
carton et il apporte, en fonction de ce qu'il soit une feuille, une fleur, selon la volonté de l'œuvre,
certaines indications qui sont importantes pour lui. Parce que c'est lui qui va réaliser la
tapisserie. Il va être aussi maître d'œuvre, souvent en collaboration avec un collègue ou avec
un de ses employés pour travailler et lui apporter toutes les indications possibles.
C'est un métier où nous sommes producteurs aussi, créateurs, interprètes et producteurs.
Donc, on doit se savoir faire, on doit le maîtriser pour pouvoir le produire. Beaucoup d'artisans
lissiers sont partis de la retraite. Il y a un renouvellement. Cette transmission,
elle est importante qu'elle soit faite actuellement. Parce que nous ne sommes pas très nombreux et
les lissiers qui sont encore en activité sont des gens qui ont un certain âge.
