Son nom et son ordre monastique est inconnu ; certaines introductions des sources manuscrites mentionnent les noms d'Herman, Johanns et Hanns, et le décrivent comme étant soit Bénédictin, soit Dominicain. Malgré cette difficulté d'identification, tous les manuscrits qui contiennent ses œuvres sont « d'accord qu'il était un moine savant qui a écrit des chansons sacrées et profanes »[1]. Il a vécu à la cour de l'archevêque Pilgrim von Puchheim en principauté de Salzbourg (1365–1396)[2],[3]. Ce dernier avait reçu sa formation de prêtre en Avignon, à la cour pontificale. Quelques chansons du moine trahissent une influence française, « peut-être même de Machaut »[3].
Le moine de Salzbourg laisse 49 chansons religieuses et 57 chansons profanes, réparties dans plus de quatre-vingt-dix manuscrits[3]. La partie pieuse, ici présentée selon l'ordre du calendrier liturgique, est généralement adressée à la Vierge et à la Trinité ; auquel s'ajoutent quelques pièces monodiques consacrées à des saints. Le moine utilise très souvent le procédé de contrafactum[3].
Le contenu des chansons profanes sont dans la veine du XIIIe siècle : chansons d'amour, aubes, chansons à boire. Musicalement de même nature que les chansons sacrées, on y trouve cependant quelques-unes à deux voix et premier exemple de notation mesurée dans l'histoire de la chanson allemande[3]. On trouve aussi le premier exemple de canon allemand, à trois voix, Martincanon[3].
Franz Spechtler (éd.), Die geistlichen Lieder des Mönchs von Salzburg. De Gruyter, Berlin 1972 (ISBN3-11-001847-0).
Nigel Wilkins, « Moine de Salzbourg (Mönch von Salzburg) », dans Françoise Ferrand (dir.), Guide de la Musique du Moyen âge, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la Musique », , 850 p. (ISBN2-213-03063-4, OCLC300177982, notice BnF noFRBNF37097426), p. 530.